Jean Charles L'officier

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Jean Charles L'officier
Jean Charles L'officier.jpg
Fonctions
Chef d'entreprise
Vice-président
Lafarge
Biographie
Naissance

Hanoï (Tonkín), Indochine Française
Décès
(à 60 ans)
Hôpital américain de Paris
Nationalité
Formation
Activité
Famille
Lanafoërt - Chapelain L'officier
Mère
Henriette (de) Sabail
Fratrie
Soeur, Charlotte Chapelain L'officier
Enfant

neveu Pierre Chapelain L'officier

petit neveu Christophe et Nathalie Chapelain L'officier
Parentèle
Louis Lanafoërt (arrière-arrière-grand-père)
Elmire Lanafoërt-Doat (arrière-grand-mère)
Jean François Doat (arrière-grand-père)
Louise Doat-Sabail (grand-mère)
Alfred Sabail (grand-père)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Grade militaire
Distinctions
File-2.jpg
D'azur à l'aigle éployée de gueules au chef d'or de trois étoiles sinople.

Jean Charles L'officier[1], né le à Hanoï, (Tonkin, Indochine française), et mort le à Neuilly-sur-Seine est un chef d'entreprise français, qui fut vice-PDG du Groupe Lafarge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et famille[modifier | modifier le code]

Descendant et héritier d'une famille de la noblesse de robe de Gascogne qui remonte au XIIIe siècle, les Lanafoërt-Doat,[2], et les de Sabail, il est le frère de Charlotte Chapelain L'officier (1910-2001), et fils de Henriette (de) Sabail[3](1880-1962), petit-fils d'Alfred (de) Sabail, et arrière petit-fils de Elmire Lanafoërt-Doat (1809-1880) et arrière arrière petit-fils de Louis Lanafoërt (1782-1819). Il est cousin de la famille de Sadirac de Montesquiou, de Villeneuve, Dehon-Dahlman et de Jean Cavaillès.

Charlotte Chapelain L'officier (soeur), Studio Harcourt Paris, 1934

Il fit ses études à l'université de Paris[4], et fut licencié en droit[5], suivant la tradition familiale. Il est chevalier de l'Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte.

La Seconde Guerre mondiale et les cadets de Saumur[modifier | modifier le code]

Élève officier, puis lieutenant, durant la Seconde Guerre mondiale, à l'école de cavalerie de Saumur[6], dans la 5e compagnie du train, Il participe[7]héroïquement[8],[9], à la tête de sa brigade (la 34ème, la brigade l'officier[10])[11] à la defense de la loire, et de Saumur. Il fait partie des fameux Cadets de Saumur[12],[13]. Il est Croix de Guerre 1939-1945.

Une carrière internationale dans le monde des affaires[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, il fut directeur financier[14], puis président[15] du Bon Marché à Paris, puis secrétaire général de Poliet et Chausson[16]. Il entra rapidement au sein du Groupe Lafarge en 1950 sous la direction de Marcel Demonque, qui lui confia le développement du groupe à l'international.

Président de Lafarge Maroc (1950-1955)[modifier | modifier le code]

Il commença par le Maroc en créant en 1950 pour Lafarge[17], la CADEM (société des ciments artificiels de Mecknes) et en 1953[18], la deuxième cimenterie du pays. Très vite, la filiale du Maroc, représenta en 1955, 35 % de la production totale du groupe Lafarge[19].

Président de Lafarge Canada (1956-1961)[modifier | modifier le code]

Puis Marcel Demonque lui confie le marché nord-américain, au travers d'une filiale constituée pour l'occasion en 1956, sous le nom de Lafarge cement of North America (LCNA), installée d'abord à Vancouver puis à Montréal (où il eut pour adjoint Olivier Lecerf, futur patron de Lafarge) [20],[21],[22]. Elle est cotée à la bourse de Toronto. Il en est président de 1956 à 1961. Il est resté jusqu’en 1971, administrateur de la chambre de commerce France-Canada.

Président de Lafarge Brésil (1961-1963), et de l'ensemble des filiales du groupe (1961).[modifier | modifier le code]

Il obtient en 1961, la direction de l'ensemble des filiales du groupe à l'étranger[23],[24],[25](Lafarge en 1971, réalisa plus de 50 % de son chiffre d'affaires à l'étranger[26]), il développa et présida (1961-1963) notamment la filiale Lafarge au Brésil et y résida plusieurs mois entre 1961 et 1963.

Vice-PDG du groupe Lafarge[modifier | modifier le code]

Enfin, il fut nommé vice-PDG du groupe Lafarge en 1968[27],[28],[29]. Il devait prendre la présidence du Groupe Lafarge[30], en remplaçant Marcel Demonque, mais une grave attaque cérébrale en mars 1971, mit un terme à sa carrière[31]. En désespoir de cause, le président Demonque appela Olivier Lecerf pour le remplacer. Il fut pressenti quelques mois avant son accident cérébral pour prendre la succession de Paul Huvelin, président du CNPF (le patronat français), mais son accident mit fin à ce projet[32].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Baptisé le 14 août 1920, à Plaisance du Gers[33], berceau historique de sa famille, il est très attaché a la Gasconne et n'a de cesse de reconstituer le patrimoine immobilier historique de sa famille, notamment en essayant de racheter les deux châteaux familiaux, celui des Lanafoërt à Lasserade puis celui des Sabail à Montus. Il échoue pour des raisons de jalousie familiale, et après avoir restauré l'hôtel particulier historique de la famille (Hôtel de Lanafoërt-Chapelain) à Plaisance, il entreprend de construire une chartreuse, près de Lasserade, au village du Couloumé, la Bergerie, en rachetant une partie des 50 hectares qui appartenaient à sa famille. Il permet au village du Couloumé d'avoir l'électricité, et à la ville de Plaisance du Gers, sa piscine, en fournissant gratuitement le ciment[34]. Il est un ami du sénateur Abel Sempe. Il reçut également à Plaisance, en 1968 et 1970 son ami, Pierre Trudeau[35], alors Premier ministre du Canada, pour des vacances privées et pour assister en 1970 au baptême de son petit neveu, Christophe Chapelain L'officier.

Il se marie à Antoinette Marie Simon (1904-1993), héritière Poliet, originaire de Nancy et fille de Gustave Louis Simon (1868-1926), maire de Nancy et entrepreneur[36], et de Marguerite Marie Pauline Houbeaut, elle est propriétaire de la Briqueterie Petit Jean à Mekhnes.

Descendance[modifier | modifier le code]

Pierre Charles Chapelain L'officier, lycée français Paul Valéry de Meknès, Royaume du Maroc

Il n'a pas d'enfant et s'occupe de son héritier, son neveu Pierre Charles Chapelain L'officier (1937-2018) qui le suivit au Canada et au Maroc, où il fut étudiant au lycée français Paul Valéry de Meknès puis étudiant en droit à l'université de Bordeaux où il obtint son diplôme de notaire. Appelé sous les drapeaux pour la guerre d'Algérie, à son retour, il ne put continuer dans cette voie et suivit une carrière classique dans le milieu bancaire. C'est son unique fils, Christophe Chapelain L'officier, qui est aujourd'hui le dernier chef de famille.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le fonctionnaire de l'état civil à Hanoï a omis l'apostrophe du nom L'officier et il est indiqué Lofficier à la place de L'officier, orthographe initiale sur l'acte de naissance de son père, le capitaine Pierre Marius L'officier (acte de naissance de Pierre Marius L'officier (1872-1916), Périgueux le 28 octobre 1872, carnet militaire et diplôme de la Légion d'Honneur. Archives familiales Chapelain L'officier). De même, sur son acte de baptême en date du 14 août 1920 à Plaisance du Gers, il est bien indiqué Jean Théodore Alfred Pierre Charles L'officier. [Certificat de Baptême, copie en date du 12 mai 1938, Paroisse de Plaisance du Gers, année 1938, folio 4, et archive familiale Chapelain L'officier.]
  2. Sa grand-mère, Louise Doat, est l'arrière petite-fille de Jean-Marie Doat, conservateur des hypothèques d'Eauze, petit-fils de Jean Baptiste Doat (1732-1792), conseiller du roi, juge en chef et magistrat Royal à Eauze, époux de Jeanne de Mibielle et arrière petit-fils de Jacques Doat, conseiller du roi, avocat en parlement, 1er Consul d'Eauze en 1727, cousin de Jean de Doat, président de la Chambre des comptes de Navarre, et auteur de la Collection Doat (1663-1670), sur l'histoire des provinces du Sud Ouest de la France, d'abord conservée dans la bibliothèque Colbert puis acquise en 1732 par la Bibliothèque du roi avec les autres manuscrits du célèbre ministre. Le blason des Doat fut enregistré en 1696 dans les registres de Charles d'Hozier, cela lui coûta 20 livres plus les frais d'enregistrement (Armorial des Landes, tome II, 1865, écrit par le Baron de Cauna, gallica.bnf.fr). Enfin, son arrière grand-mère, Josephe Elmire Lanafoërt, est la dernière des Lanafoërt, qui font partie de la noblesse de robe, depuis une lettre patente de Henri IV, en date du 11 février 1592. Pour finir, sa mère Henriette (de) Sabail, est l'arrière petite-fille de François de Sabail (1730-1785), conseiller du roi et son lieutenant en Rivière-Basse (acte de naissance en date du 12 juin 1840 de Alfred Sabail (1840-1927), son père, né au Château Montus, Castelnau en Rivière-Basse (archives familiales Chapelain L'officier).
  3. Extrait acte de décès, de Madame Henriette (de) Sabail, en date du 28 octobre 1962, registre 1962, folio 29, Mairie de Plaisance du Gers. Henriette (de) Sabail, dont la particule a disparu à la Révolution, est la fille de Alfred (de) Sabail (1840-1927), notaire et maire de Plaisance et est la descendante de François de Sabail (1730-1785), conseiller du roi et son lieutenant en Rivière-Basse.
  4. Le petit journal Parti social français, « Du pont de Bercy au point du jour, accidents de la rue », le Petit Journal,‎ (Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France, "jean Charles Lofficier")
  5. De Alain Chatriot, Danièle Fraboulet, Patrick Fridenson, Hervé Joly, Dictionnaire historique des patrons français, Paris, Flammarion, , 1617 p. (ISBN 9782081255166), fiche bibliographique Marcel Demonque (1900-1974),https://books.google.es/books?hl=fr&id=EUqRLUIkuugC&=marcel+demonque&q=marcel+demonque#v=snippet&=marcel%20demonque&f=false, dernier et avant dernier paragraphe.
  6. Colonel Rémy, La résistance française a commencé le 3 septembre 1939., Paris, Plon, (ISBN 978-2259004374), p. 132
  7. Robert Milliat, Le dernier Carrousel : Défense de Saumur 1940, Paris, Arthaud,
  8. Pierre Nord, Guy Arnoux, Le sacrifice des cadets de Saumur, Paris, Édition du Masque, 32 décembre 1946, 153 p. (ISBN 9782706269394), p. 44,45,62,64,69
  9. extrait du livre Le sacrifice des Cadets de Saumur, de Pierre Nord et Guy Arnoux, p. 43: « il a bien fallu que l'ennemi se soit laissé tromper, subjuguer et dominer, dans un duel où, pour une fois, au siècle du matériel, les forces morales l'emportent sur la matière (...) où les brigades d'E.A.R du train des lieutenants Maure et Lofficier se battent bravement ».
  10. Bruno Destour, « Le dernier Caroussel ou la résistance des cadets de Saumur », www.chronicus.com, la Seconde Guerre mondiale, les dossiers.,‎ , Partie 2, page 2 la brigade Lofficier Partie 3, page 4 déroulement de la Bataille (www.chronicus.com)
  11. « par suite du débordement à leur droite, les Brigades des Lieutenants MAURE et LOFFICIER replient leur groupe de combat (…). » (...) "Liaison prise (…)des lieutenants Maure et Lofficier". (...) "Les Lieutenants MAURE et LOFFICIER se replient à minuit sur Vihiers (…): récits de la bataille, Partie 3, Les cadets de Saumur, de Bruno Destour, page 4.
  12. Patrick de Gmeline, Les Cadets de Saumur, juin 1940, Paris, Presses de la Cité, , 397 p. (ISBN 9782258034761), p.383 la 34ème Brigade du sous-lieutenant L'officier
  13. Guillaume Berteloot et Patrick de Gmeline, Avec les Cadets de Saumur, le vents de l'histoire, Paris, Éditions du Triomphe, , p.132
  14. « Au Bon Marché, extrait du journal L’Économie, mars 1950 », sur www.entreprises-coloniales.fr, mise en ligne le 18 octobre 2014, dernière modification 5 août 2018, page 22.
  15. Au Bon Marché, extrait du journal ''L'Economie'', avril 1950
  16. Léon Dubois, Lafarge coppée, 150 ans d'industrie, Paris, Belfond, , 321 p. (ISBN 2714421466), p. 61
  17. Acte notarié du 12 janvier 1950, Archives Groupe Lafarge Paris, année 1950, folio 4 pages 12. Archives de la famille Chapelain L'officier.
  18. « notre histoire », sur lafargeholcim maroc
  19. Dominique Barjot, Lafarge : l'ascension d'une multinationale à la française (1833-2005). Relations internationales 2005/4 (n 124)., Paris, page 25
  20. Dominique Barjot, « Lafarge: l'ascension d'une multinationale à la française (1833-2005). », relations internationales 2005/4 (n 124), pages 27,‎
  21. (en) Dominique Barjot, (dominique.barjot@paris-sorbonne.fr) is professor of economic history,University of Paris-Sorbonne (Paris IV), « The Americanization of the European Cement Industry: Lafarge in Comparative Perspective,from Fashion to a Structural Change », Business and Economic History on line.,‎ vol 7, 2009 (lire en ligne)
  22. extrait article de la conférence de Dominique Barjot, Business and Economic History on-line : "Such was the origin of Lafarge Cement of North America (LCNA), formed in April 1956, placed under the guidance of Jean-Charles Lofficier, and floated on the Toronto Stock Exchange. Under Lofficier’s leadership, the new firm was able to hold its own in a sluggish market and against the fierce competition put in its way by APCM. Aided by chair Frank Ross, then governor of British Columbia, LCNA soon availed itself of American management techniques (including the concept of the “break-even point”). LCNA then took over two major ready-mix operations.
  23. Alain Chatriot, Danièle Fraboulet, Patrick Fridenson, Hervé Joly, Dictionnaire historique des patrons français, Paris, Flammarion, , 1617 p. (ISBN 9782081255166), voir la page de la Fiche bibliographique de Marcel Demonque (1900-1974) https://books.google.es/books?hl=fr&id=EUqRLUIkuugC&=marcel+demonque&q=marcel+demonque#v=snippet&=marcel%20demonque&f=false, dernier et avant dernier paragraphe.
  24. British Columbia Archival Union List (BCAUL) James Sinclair Fonds, (1908-1984) ancien ministre canadien, ancien administrateur Lafarge cement of north America (c’est le grand_père maternel de l'actuel premier ministre canadien Trudeau). The library of the University of Bristish Columbia Special Collection Division. Échange de correspondance du 30 novembre, 4 décembre, 19 décembre 1969 et 11 février 1970 avec Jean Charles l’officier. Il travaillait sous les ordres de Jean Charles L’officier au Canada.
  25. Une du journal Le Soleil (Quebec), Samedi 11 septembre 1965, sur un investissement de 35 millions de Dollars de Lafarge au Quebec
  26. Philippine Donnelly, « Lafarge, une entreprise familiale devenue un groupe mondial », La Croix,‎
  27. Alain Chatriot, Danièle Fraboulet, Patrick Fridenson, Hervé Joly, Dictionnaire historique des patrons français, Paris, Flammarion, , 1617 p. (ISBN 9782081255166), Fiche Bibliographique Marcel Demonque, dernier et avant dernier paragraphe
  28. Revue de la Chambre de Commerce française au Canada, décembre 1970, numéro 615, page 5 et 6 (voir photo). (numerique.banq.qc.ca)
  29. Léon Dubois, Lafarge coppée, 150 ans d'industrie, Paris, Belfond, , 321 p. (ISBN 2714421466), p. 97
  30. (en) Christian Staller, Enduring Sucess : what we can learn from the history of outstanding corporations, Stanford, Stanford Business Books, p157
  31. Mireille Rusinak, Les bons, les brutes et les autres : Les grands Patrons, comment ils ont pris le pouvoir et comment ils l'ont gardé., Paris, Belfond, , 324 p. (ISBN 9782714464729), pages 234-235
  32. Entre 1950 et 1956, Jean Charles L'officier fut le délégué général du syndicat des fabricants de ciments, et de ce fait membre de droit de la direction du CNPF français : Dictionnaire historique des patrons français de Alain Chatriot, Danièle Fraboulet, Patrick Fridenson, Hervé Joly, Flammarion, 2010, fiche bibliographique de Marcel Demonque
  33. registre de la paroisse de Plaisance, Certificat de baptême, copie en date du 12 mai 1938, Paroisse de Plaisance du Gers, année 1938, folio 4, et archive familiale Chapelain L'officier.
  34. Bon de commande du ciment par le groupe Lafarge, Archives municipales, Plaisance du Gers, 1959, archives familiales Chapelain L'officier
  35. Léon Dubois, Lafarge coppée, 150 ans d'industrie, Paris, Belfond, , 321 p. (ISBN 2714421466), p. 301
  36. Archives familiales Chapelain L'officier, document concernant l'émigration au Brésil en date du 15 mars 1963