Archives secrètes de La Charité-sur-Loire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les archives secrètes de La Charité-sur-Loire sont les archives secrètes du Grand quartier général français découvertes par hasard le 19 juin 1940, en pleine déroute française, par les troupes allemandes, dans un train abandonné, à La Charité-sur-Loire.

Historique[modifier | modifier le code]

Après la percée du front de l'Aisne le 9 juin et l'occupation de Rouen, le GQG effectue un mouvement de repli de la Ferté-sous-Jouarre à la Charité-sur-Loire.
Devant l'avance allemande, le quai d'Orsay et le GQG font transporter loin de Paris leurs archives et documents diplomatiques secrets[1], qui arrivent pour une partie dans 5 camions à Montrichard le 10 juin[2], une autre partie arrivant transportée par train sur Briare le 15 juin. Ce dernier ensemble est séparé en 5 échelons : le premier échelon transportant des archives par camions et 4 autres par train, ayant pour départ Gien, qui devaient passer par Briare et la Charité-sur-Loire pour être ensuite dirigés sur Vichy.
Le dernier train doit partir le 16 juin à h 10, mais par suite de difficultés techniques, il ne part qu'à h 45. En raison de l'encombrement des voies, la marche est extrêmement lente et il arrive à la Charité-sur-Loire à 15h, où il est bloqué à cause d'attaques de l'aviation allemande sur les ponts des voies ferrées de la région. À 18 h 45, les blindés allemands arrivent dans la gare et capturent le train[3].
Ils alertent alors le général-major Ulrich Liß (Ulrich Liss)[4],[5], chef de la 3e section du GIc, l'un des services secrets de la Wehrmacht, qui fouille minutieusement le convoi et s'empare d'un butin stupéfiant : des documents confidentiels et secrets qui auraient dû être détruits, et dont le contenu est ensuite envoyé par l'occupant à Berlin.

Contenu des archives[modifier | modifier le code]

Le volume 4 Tome II des Documents Diplomatiques Français de 1940, publié par le Ministère des Affaires Étrangères, indique que la liste a été dactylographiée le 5 novembre 1940 sous le no 476/CFT. Parmi ces documents on peut citer :

  • le texte d'accord de la coopération de l'armée française avec l'armée belge daté du 9 novembre 1939 ;
  • le détail de la couverture des troupes de l'Escaut daté du 15 novembre 1939 ;
  • le programme d'action et les identités des agents spéciaux français en Roumanie, dirigés par Léon Wenger de la Pétrofina, chargés de détruire les installations pétrolières ravitaillant le Reich ;
  • les codes utilisés par les alliés ;
  • une note confidentielle sur la conduite de la guerre, en particulier sur l'attitude à observer envers les pays neutres aidant l'Allemagne nazie comme la Suède en l'occurrence ;
  • une convention militaire française, secrète, avec la Suisse :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Accoce et Pierre Quet, La guerre a été gagnée en Suisse, l'affaire Roessler édité par la librairie académique Perrin
  • Documents Diplomatiques Français : 1940 Tome II Volume 4 publié par Ministère des Affaires Étrangères

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  • Les ouvrages cités en bibliographie et en lien externe
  1. Dossiers de la Charité-sur-Loire
  2. Moscou et nos archives
  3. Documents Diplomatiques Français : 1940 Tome II Volume 4, publié par le Ministère des Affaires Étrangères, pages 869 à 87
  4. /LISS_ULRICH.html Ulrich Liss sur geocities.com
  5. Il sera par la suite commandant de la 304e division d'infanterie