Corine Marienneau

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Corine Marienneau
Naissance (65 ans)
Paris 8e, France
Activité principale Bassiste et chanteuse
Activités annexes Actrice
Genre musical Rock et pop
Instruments Guitare basse

Corine Marienneau, née le à Paris, est une bassiste et chanteuse française. Elle est notamment connue pour avoir été membre du groupe de rock Téléphone.

Biographie[modifier | modifier le code]

Corine et sa sœur jumelle sont nées d'un père ingénieur dans une famille de cinq filles. Dès l'âge de quatre ans, elle prend des leçons de piano et de danse. Elle tente en vain le concours des Petits Rats de l'Opéra. Elle chante à tue-tête le soir dans son lit. Un de ses plaisirs est d'écouter du gospel[1]. Après avoir obtenu un bac scientifique, elle part en 1972, comme fille au pair durant un an aux États-Unis, à Princeton, dans l'État du New Jersey.

De retour en France, elle enchaîne des petits boulots et se consacre à la danse contemporaine et aux claquettes, dans différentes troupes. En 1974, elle devient locataire d'une maison à Saint-Cloud où elle rencontre, notamment, Jacques Higelin, Valérie Lagrange, mais aussi Jean-Louis Aubert, Richard Kolinka et Louis Bertignac. Elle a une relation amoureuse, et musicale, avec Louis Bertignac. Ils entrent tous deux dans le groupe Shakin' Street pour finalement former le groupe Téléphone avec Aubert et Kolinka[2].

Période Téléphone[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Téléphone (groupe).

Malgré l'opposition de Jean-Louis Aubert, qui ne veut pas de « gonzesses » dans l'équipe, Corine Marienneau devient la bassiste du groupe à la fin de l'année 1976. « Je ne m'en rendais pas compte, mais la femme en moi a morflé durant ces années-là. Pour m'intégrer au groupe, j'étais devenue une espèce d'être asexué, androgyne. En tournée, seule au milieu de quarante mecs, je n'avais pas d'autre choix que d'occulter ma féminité et de porter les amplis. Mais le plus insupportable, c'était le rapport aux groupies[1]. »

Les concerts, les albums et les tournées se succèdent, avec beaucoup de succès, un accueil fort du public, quelques déboires, une vie de groupe épuisante et quelquefois tendue, de la drogue, et de l'alcool aussi, des relations passionnées et des jalousies. Louis Bertignac se détourne un peu d'elle et Jean-Louis Aubert la récupère au sortir d'une tentative de suicide, pour une relation, qui reste en pointillé : « Le rock, c'est le désir, aussi. Le fluide amoureux qui circulait entre Corine, Jean-Louis et Louis dans Téléphone faisait fantasmer. Et, en même temps, c'était transgressif, car une femme met en danger l'équilibre naturel du groupe[3]. »

Durant les sessions de l'album Un autre monde, Corine Marienneau écrit une chanson intitulée Les bêtes, chanson simple qui vient d'une amie qui lui disait « plus j’vois les hommes, plus j’aime les bêtes », associé à un documentaire sur les lions. Au final, elle reste dans ses cahiers jusqu'à l'album Bertignac et les Visiteurs en 1987[4].

Après la sortie de l'album Un autre monde, elle commence à travailler hors du groupe. D'abord, au second semestre 1984, elle écrit avec Bertignac et Éric Serra deux titres du film Subway de Luc Besson : It's Only a Mystery et Gun And People. La première, chantée par Arthur Simms, fait un carton en France. Puis elle apparaît dans le film Moi vouloir toi de Patrick Dewolf avec Jennifer et Gérard Lanvin en 1985. À l'origine, elle devait s'occuper du casting musical avant de jouer dans le film à la demande de Lanvin qui voit en elle une actrice. Elle produit également avec Louis le titre de la bande originale, Je les regarde encore des Blessed Virgins[4].

Entre temps, le groupe retourne en studio pour écrire, composer et enregistrer un nouvel album — un double cette fois-ci — produit par Steve Levine. Mais l'ambiance durant ces sessions au Château de Miraval près de Brignoles dans le Var est très tendue et elles n'avancent pas comme prévu. Pour faire patienter les fans, le groupe publie le single Le jour s'est levé. Cette chanson est une source de tension supplémentaire au sein du groupe car cette chanson, écrite par Jean-Louis Aubert, est considéré plus comme un single de ce dernier que de Téléphone selon Corine Marienneau[4], ce qui ne l'empêche pas d'être classé quatrième du top 50 en février 1986.

Téléphone remporte la première Victoire de la musique de l'histoire dans la catégorie album rock de l'année en 1985 pour l'album Un autre monde, ce qui fait de Corine Marienneau la première femme en France à recevoir une Victoire de la musique rock.

Après la promotion du single, la bassiste propose au groupe une année sabbatique en mars 1986. Cependant, quelques jours plus tard, sous la pression de leur manager François Ravard et de leur maison de disque Virgin, elle remet le groupe au travail. Il faut dire que le groupe compose un double album et qu'une tournée avec sept soirs à Bercy est prévue. Malheureusement, après deux répétitions, la situation dégénère totalement dans le groupe et Jean-louis Aubert quitte le groupe pour se lancer dans une carrière solo[4].

La fin du groupe est officialisée le [5].

Période Les Visiteurs[modifier | modifier le code]

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Corine forme avec le guitariste Louis Bertignac (ici au Festival des Vieilles Charrues en 2016) les Visiteurs.

Juste après la séparation du groupe Téléphone, Corine Marienneau fonde un nouveau groupe avec le guitariste Louis Bertignac : les Visiteurs[réf. souhaitée]. La nouvelle formation, accompagné de musiciens tels que le guitariste Serge Ubrette, le pianiste Loy Ehrlich et le batteur Afid Saidi, donne un concert sur la jonque La Belle de Canton à New-York puis enregistre l'album éponyme qui est enregistré à Paris et produit par John Potoker. Il contient une nouvelle chanson de Marienneau, intitulée Les bêtes, écrite à l'origine pour l'album Un autre monde et restée inutilisée.

À la sortie le 1er avril 1987, l'opus, comme celui de Jean-Louis Aubert Plâtre et Ciment, connait un échec commercial dû à la séparation du groupe Téléphone, même s'il est bien accueilli par les critiques. Cependant, le single Ces idées-là (écrit par Louis Bertignac) connait un grand succès avec 400 000 exemplaires vendus.

En 1988, après le départ de Serge Ubrette, le groupe enregistre et publie le single Jack, dont le clip est réalisé par Costa Kekemenis, avant de repartir en tournée (dont le festival Festival de Roskilde au Danemark) avec de nombreux changements de musiciens.

En 1989, Louis Bertignac et Corine Marienneau participent à la série de Canal + Les Jupons de la Révolution dans les rôles des chanteurs de rue, révolutionnaires et chroniqueurs populaires à l'occasion du bicentenaire de la Révolution Française. Entre temps, Corine Marienneau donne naissance à une petite fille[1]. Puis Les Visiteurs recherchent un nouveau batteur pour leur tournée et c'est Topper Headon, le batteur des Clash fraîchement sorti de 15 mois de prison pour une histoire de drogue, qui est recruté. Quelques mois plus tard, ce dernier quitte le groupe et est remplacé par Hervé Verne pour l'enregistrement d'un prochain album et la reprise de Pas assez de toi de Mano Negra pour l'album Diversion.

En 1990, le second album des Visiteurs, enregistré à Memphis et produit par Jim Gaines, est publié. C'est un échec critique et commercial, leur maison de disque Virgin préférant miser sur Jean-Louis Aubert (avec l'album Bleu Blanc Vert) pour récupérer le public de Téléphone. La tournée qui suit voit une succession de musiciens qui viennent et qui partent.

Le 1er janvier 1991, Corine Marienneau annonce à Louis Bertignac qu'elle se retire provisoirement de la musique, mettant fin au groupe Les Visiteurs[réf. souhaitée].

Depuis 1991[modifier | modifier le code]

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Après la séparation du groupe Téléphone, puis celui des Visiteurs qu'elle formait avec Louis Bertignac, la bassiste Corine Marienneau se retire provisoirement du milieu de la musique pour s'occuper de sa fille et d'elle-même. Vivant des royalties issues des ventes discographiques de Téléphone (surtout des compilations pour les vingt ans du groupe), elle se lance donc dans une thérapie pour « comprendre l'être humain » avec le philosophe-psychologue Alvaro Escobar. Elle étudie pour cela l’anatomie, la physiologie, les médecines naturelles, la psychologie... elle dit faire des expériences de télépathie et de modification d’états de conscience qui « transforment son approche des mystères de l’existence et de la destinée humaine », selon sa biographie officielle[6].

Entre temps, elle tente de se lancer sérieusement dans une carrière d'actrice mais d'une part, les rôles proposés sont sans imagination (la bassiste dans un groupe de rock) et d'autre part, certains projets n'aboutissent pas, comme celui de Robert Wise, le réalisateur de West Side Story, qui voulait Corine Marienneau pour le rôle d’une fermière polonaise qui cache des prisonniers évadés du camp voisin d'Auschwitz.

En 1993, Corine Marienneau commence à travailler sur les titres d'un futur album solo. Bien qu'elle n’ait pas participé aux sessions d’enregistrement de l'album de Louis Bertignac Elle et Louis, elle le suit, d'abord comme spectatrice dans la salle, jusqu'à ce que le guitariste l'appelle à monter chanter les chœurs sur plusieurs titres à Bobino pour le Festival Débranché Europe 2.

Le , après deux heures de set, Louis Bertignac rappelle Corine Marienneau, qui est au fond de la salle, à venir jouer sur scène Ces idées-là avant de faire venir Jean-Louis Aubert et le batteur Richard Kolinka pour une reformation improvisée de Téléphone. Elle refuse dans un premier de prendre la basse sur Un autre monde par peur de ne plus pouvoir jouer, pour se contenter d'y faire les chœurs, avant d'accepter de prendre son instrument à la demande du public. Le groupe réuni interprète quatre titres ce soir-là. Émue, Corine Marienneau est de retour dans la musique.

Puis en 1995 les médias s’intéressent de nouveau à elle, qui fait de nombreuses apparitions pour parler de son expérience dans le rock français et réalise un documentaire sur le gospel à Memphis, avant de se faire de nouveau discrète en 1996.

En 1996, alors qu'elle a écrit trois chansons pour son album, la maison de disques de Téléphone publie le coffret des 20 ans du groupe comportant des inédits, dont Je brûle, écrit par elle, qui est présenté dans une version d'essai qu'elle n'a pas validée. De plus, la réunion pour les vingt ans de Téléphone est finalement annulée.

Alors que Corine Marienneau continue d'écrire ses chansons, elle souhaite la collaboration de Louis Bertignac pour son album. Cependant, ce dernier est occupé dans la tournée de son album Bertignac '96[6].

Le 22 janvier 2002, Corine Marienneau sort son album solo : Corine. Un album acoustique, qui a mis du temps à s'élaborer, « douze chansons inédites, cosignées Bertignac, qui commencent nettement mieux (le très agréable Les hommes que j'aime) qu'elles ne s'achèvent (une Berceuse incongrue en forme de Marseillaise) »[7],[1]. L'accueil de cet album reste relativement confidentiel. Quatre ans plus tard, en 2006, elle publie ses souvenirs de son épopée rock, Le Fil du temps[8].

Le 11 septembre 2015, les trois autres membres du groupe Téléphone se retrouvent pour un unique concert sous le nom Les Insus dans la petite salle parisienne Point Éphémère, sans Corine Marienneau qui n'a pas été contactée[9].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Corine joue dans le film Moi vouloir toi réalisé par Patrick Dewolf sorti le 11 décembre 1985. En février 2008, elle est à l'affiche du court métrage En attendant demain réalisé par Pascal-Alex Vincent.

En janvier 2011, elle est sur les écrans avec le film Angèle et Tony d'Alix Delaporte, dans lequel elle joue le rôle d'une grand-mère. La même année, elle fait la « nounou » dans le premier film de Kad Merad, Monsieur Papa, avec Vincent Pérez et Michèle Laroque.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Avec Téléphone[modifier | modifier le code]

Avec Les Visiteurs[modifier | modifier le code]

Album Corine (2002)[modifier | modifier le code]

Enregistré et réalisé à Paris par Louis Bertignac et Marc Berthoumieux

  1. Les hommes que j'aime (Corine Marienneau / Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 02:50
  2. Inachevés (Corine Marienneau - A. Escobar / Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 03:41
  3. Je suis femme (Corine Marienneau - A. Escobar / Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 04:07
  4. QQJTM (Corine Marienneau - A. Escobar / A. Ehrlich - Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 04:10
  5. L'étranger (Corine Marienneau / Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 03:25
  6. Te dire (Corine Marienneau / Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 05:03
  7. Pauvre cœur (Corine Marienneau / Corine Marienneau - Cyril Denis - Louis Bertignac) - 03:15
  8. Elle est là (Corine Marienneau - A. Escobar / Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 03:27
  9. You Don't Have to Cry (Stephen Stills) - 02:46
  10. Petit homme (Corine Marienneau / Corine Marienneau - Bruno Delport - Louis Bertignac) - 04:28
  11. Salut à toi (Corine Marienneau / Corine Marienneau - Louis Bertignac) - 04:34
  12. Berceuse (Rouget de l'Isle) - 01:41

Participations[modifier | modifier le code]

  • 1985 : elle participe aux titres Guns & People et It's only Mystery de la bande originale du film Subway
  • 1989 : Diversion - basse et chant sur Pas assez de toi (titre de Mano Negra repris par Louis Bertignac)
  • 1990 : elle participe avec Richard Kolinka à l'album Ouf ! du chanteur Olive
  • 1992 : Royal de luxe, La Véritable Histoire de France - basse et chœurs sur Tremblez pas et Toi moi et moi
  • 2007 : elle chante en duo avec Buzy la chanson inédite Qui dit amen, qui dit adieu sortie dans la compilation L'Important (n'est pas d'être important)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Autobiographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]