Communautés de l'Arche (Jean Vanier)

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Ne doit pas être confondu avec Communautés de l'Arche (Lanza del Vasto).

Les communautés de L'Arche sont des associations qui accueillent des personnes ayant un handicap mental. À L'Arche vivent et travaillent ensemble des femmes et hommes handicapées mentaux et ceux qui les accompagnent, appelés « assistants ».

L'Arche a été fondée par le Canadien Jean Vanier en 1964, à Trosly-Breuil dans le département de l'Oise. En 2018, L'Arche est présente sur tous les continents, dans 37 pays. La fédération internationale de L'Arche regroupe 152 communautés (35 en France) et plus de 10 000 membres[1].

La mission de L’Arche est de faire connaître ce que peuvent apporter des personnes ayant un handicap intellectuel, à travers une vie partagée, au sein de communautés, et de leur permettre de prendre leur juste place dans la société. Chaque communauté regroupe des lieux d’hébergement (les « foyers »), et de travail (accueil de jour, services d’aide par le travail, etc).

Le projet de L'Arche[modifier | modifier le code]

Jean Vanier, fondateur de l'Arche, avec John Smeltzer, membre d'un foyer.

Le projet de L’Arche repose sur une idée forte « le vivre avec » plutôt que le « faire pour ». Au sein d’une communauté, la personne ayant un handicap, reconnue comme une personne avec des dons et des fragilités, a la possibilité de développer un projet de vie, de faire des choix et de prendre la parole.

Les jeunes sont des acteurs majeurs des communautés de L'Arche. Chaque année, des centaines de jeunes s'engagent dans cette vie partagée pendant quelques mois. En France, les jeunes sont appelés des volontaires de service civique. Le regard de ces jeunes sur le handicap, sur la personne humaine s'en trouve transformé. L'Arche en France est membre fondateur du Comité du service civique associatif.

Fonctionnement institutionnel en France[modifier | modifier le code]

Chaque communauté est établie en association à but non lucratif (loi de 1901), et fait partie de la Fédération de L’Arche en France, dont la Fondation, La Fondation des Amis de L’Arche est reconnue d’utilité publique.

Chaque association gère un ou plusieurs établissements médico-sociaux. Ceux-ci sont encore aujourd'hui tous en grande partie financés et contrôlés par les Conseils Généraux (Départements) et/ou les DDASS (Directions départementales des affaires sanitaires et sociales, représentant l’État). Il y a plusieurs foyers de vie ou d'hébergement, un service d'accueil de jour ou centre d'activités de jour, et parfois un établissement ou service d'aide par le travail (ESAT).

Ces associations sont toutes affiliées à la Fédération de L’Arche en France, et réparties en 6 régions. En 2018, plus de 1 800 personnes avec un handicap vivent dans l’un des foyers de L’Arche en France, et 700 personnes avec un handicap participent aux ateliers de jour. Avec un statut d’association loi 1901, L’Arche en France dispose de différents organes décisionnaires : le conseil d’administration, l’assemblée générale et le conseil national, qui regroupe les coordinateurs régionaux, le directeur et quelques autres personnes.

La Fédération de L’Arche en France est affiliée à la Fédération Internationale de L’Arche, aussi appelée « L’Arche Internationale ».

Historique[modifier | modifier le code]

En 1964 Jean Vanier, un ancien officier de marine, rencontre le monde du handicap intellectuel (notamment dans des hôpitaux psychiatriques), sur l'invitation du Père Thomas qui était venu à Trosly-Breuil à l'automne 1963 pour être l’aumônier du Val Fleuri, une résidence pour des personnes ayant un handicap mental. L'aventure de L'Arche a alors débuté. Touché par leur détresse, il invite deux hommes, Raphaël Simi et Philippe Seux, à s'installer avec lui dans une maison du village de Trosly-Breuil (département de l'Oise) qu'il appellera L'ARCHE sans se douter de ce que cette communauté de L'Arche allait devenir.

Très rapidement, des jeunes, également touchés par l’exclusion dont sont victimes les personnes en situation de handicap, le rejoignent et se mobilisent pour fonder d’autres foyers, en France, puis à l’étranger au Canada, aux États-Unis puis dans des pays en voie de développement où les personnes ayant un handicap intellectuel vivent dans des conditions particulièrement difficiles, l’Inde, le Honduras, la Côte d’Ivoire…

La nécessité pour les communautés de s’organiser entre elles, à travers le monde, s’est aussi rapidement fait sentir. Pour accompagner et soutenir la naissance des communautés sur les différents continents, encourager la solidarité, une fédération internationale des communautés de L’Arche, aussi appelée « L'Arche Internationale » est créée en 1972.

En mars 2013, Jean-Jacques Goldman participe à une action visant à collecter des fonds pour soutenir les activités des communautés de L'Arche[2].

En 2014, L'Arche fête son Jubilé avec de nombreuses actions menées par les communautés du monde entier.

Le 8 décembre 2014, en France, pour la première fois, la légion d'honneur a été remise à une personne en situation de handicap mental Jean-Pierre Crépieux, en tant que co-fondateur de L'Arche[3].

Événements et controverses en France[modifier | modifier le code]

Deux personnes accueillies décèdent dans l’incendie d’un foyer[modifier | modifier le code]

Le 7 mars 2005, deux personnes handicapées mentales, Anne-Lise (31 ans) et Michel (50 ans), meurent dans l’incendie de leur foyer « La Vigne » situé à Trosly-Breuil[4].

Arrestation du Père Gaël Carissan[modifier | modifier le code]

Le 7 décembre 2010, la gendarmerie est intervenue sur le site de l’ESAT de Trosly-Breuil pour mettre en garde à vue le Père Gaël Carissan présent depuis deux ans à l’Arche en tant que bénévole puis volontaire de service civique depuis septembre 2010. Il a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineur et envoyé à Rennes pour y être inculpé et incarcéré suite au dépôt d’une plainte[5],[6] en juillet 2010 par une victime.

Le Père Gaël Carissan avait été envoyé par Msg Ornellas, archevêque de Rennes qui, informé en juillet 2008 de cette relation avec un mineur par la victime elle-même, avait envoyé le prêtre à l’Arche pour exercer un travail manuel après audition et procédure canonique.

Abus sexuels du cofondateur de l'Arche, le Père Thomas[modifier | modifier le code]

En 2007, Anne-Claire Fournier de la communauté de Trosly-Breuil révèle à quelques personnes qu’elle a été abusée sexuellement par le Père Thomas, cofondateur de la Communauté de l’Arche avec Jean Vanier. Aucune suite n’a été donnée bien qu’il était connu que le père Thomas avait fait l’objet d’une condamnation extraordinaire en 1956 par le Saint Office pour un motif non divulgué. Il s’avèrera que celui-ci était également de même nature avec des abus sexuels sur des moniales dominicaines. En avril 2014, une autre victime du Père Thomas demande à être entendue. Jean Vanier ainsi que deux conseils ecclésiastiques , un archevêque et un cardinal, refusent de l’écouter. Directement contactée, la direction de l’Arche International prend au sérieux les deux témoignages et informe Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et accompagnateur spirituel de l’Arche International. Une enquête canonique est constituée sous la responsabilité de ce dernier. Quatorze témoignages ont été recueillis entre décembre 2014 et mars 2015. Les conclusions de l’enquête canonique confirmant la véracité des faits sont diffusées en mars 2015 aux membres de l’Arche et rendues disponibles uniquement sur le site de l’Arche Internationale[7].

Le Père Max de Guibert accusé de viols et agressions sexuelles sur mineurs[modifier | modifier le code]

Parallèlement aux révélations concernant le Père Thomas, une autre affaire secoue l’Arche le 9 juin  2015 avec l’arrestation du Père Max de Guibert, 54 ans, accompagnateur de la communauté de « la Ruisselée » dans la Sarthe, pour une mise en examen[8]  pour des faits de viols et agressions sexuelles sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité, perpétrés entre 1993 et 2007 sur 6 plaignants. En septembre 2015, les plaignants étaient au nombre de 15[9],[10].

Chute mortelle de Pauline Adell[modifier | modifier le code]

Le 27 juin 2018, peu avant minuit, Pauline Adell âgée de 26 ans, une pensionnaire du foyer « La Promesse » à Pierrefonds dans l’Oise, a perdu la vie en tombant de la fenêtre de sa chambre située au deuxième étage[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. "L'Arche International".
  2. Loup Besmond de Senneville, « Jean-Jacques Goldman participe à un clip en faveur de l'Arche », sur http://www.la-croix.com, La Croix, (consulté le 20 mars 2013).
  3. « Reportage de L'Elysée sur la remise de la légion d'honneur »,
  4. Carlos Da Silva, « Deux handicapés meurent dans l'incendie de leur foyer », Le Parisien, Faits divers, 8 mars 2005.
  5. Article de Gérard LEBAILLY « Un ancien prêtre de Saint-Malo écroué » paru dans le Ouest France du week-end du 11 décembre 2010
  6. " Liaison dangereuse. Le prêtre quitte la prison pour l'abbaye " - Le télégramme - 10 décembre 2010
  7. (en-US) « Père Thomas - News - L'Arche internationale », sur www.larche.org (consulté le 31 juillet 2018).
  8. « Un prêtre mis en examen pour viols sur mineurs dans la Sarthe » - BFMTV - 11 juin 2015
  9. « Sarthe : de nouvelles plaintes contre l’abbé Max de Guibert » - France 3 Pays de Loire – 29 septembre 2015
  10. « Obligation de pointage levée pour le père Max de Guibert » - Le Maine libre – 5 avril 2017
  11. Oise Hebdo, n°1270 du 4 juillet 2018.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]