Chronographe

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Un chronographe Prononciation du titre dans sa version originale Écouter dans l’acception moderne du terme, est une montre équipée d’une aiguille indépendante que l’on peut démarrer, stopper et remettre à zéro, en vue de mesurer un intervalle de temps. Dans le langage commun, on utilise souvent et abusivement le terme chronomètre pour désigner un chronographe. Le nom est dérivé du grec khrónos (χρόνος), signifiant le temps ; et gráphô (γράφω), écrire.

Lorsque l’heure est absente, on parle de compteur.

Le plus souvent, le chronographe est actionné par des poussoirs permettant d'enclencher le comptage (départ ou start), de l'arrêter (arrêt ou stop) et de faire la remise à zéro (reset). Dans la terminologie horlogère, c’est aussi une complication, c'est-à-dire une fonction additionnelle ajoutée à une montre, au même titre que la date, les phases de la lune ou la sonnerie.

Historique[modifier | modifier le code]

Chronographe « Compteur de Tierces » de Louis Moinet, 1816

Le « Compteur de Tierces » de Louis Moinet est reconnu et attesté par de multiples expertises indépendantes comme le premier chronographe de l’histoire[1]. Commencé en 1815 et terminé en 1816, il s’agit d’un instrument d’observation astronomique dont l'aiguille centrale, qui fait un tour en une seconde, peut être démarrée, arrêtée et remise à zéro par un poussoir. Il est complété de trois compteurs, de minutes, d’heures et de 24 heures. Louis Moinet peut également être considéré comme pionnier de la haute fréquence en horlogerie, cette pièce battant à 216,000 vibrations par heure, afin d’en mesurer le 1/60ème de seconde. Elle est aujourd’hui conservée à Neuchâtel, Suisse.

Auparavant, l’horloger belge Hubert Sarton (1748-1828) a présenté à la société d’émulation de Liège une « montre chronométrographique » qui pourrait être précurseur du chronographe moderne.

John Arnold père (1736-1799) est réputé avoir travaillé à la conception de compteurs nécessaires à l’indication du 1/60ème de seconde.

Le mot « chronographe[2] » a été utilisé plus tard pour la première fois en horlogerie par Nicolas-Mathieu Rieussec (1781-1866), horloger installé à Paris, qui a créé, et fait breveter en 1821, un système de mesure des temps courts, à l’aide d’un cadran tournant surmonté d’une aiguille fixe munie d'un petit réservoir d'encre. La trace de l’encre laissée sur le cadran permettait de déterminer le laps de temps que l’on souhaitait mesurer.

Un chronographe analogique du XIXe siècle.
Un chronographe bracelet Gallet.
Détail du mécanisme d'un chronographe Junghans J88.

Louis-Frédéric Perrelet (1781-1854), conçut en 1827 une montre avec deux aiguilles des secondes : l’une des aiguilles pouvait être arrêtée à volonté, et par un deuxième appui sur le poussoir elle reprenait la place qu’elle aurait eue si elle ne s’était pas arrêtée[3]. C'est l'ancêtre des systèmes à rattrapante modernes.

Vers 1836, Joseph Thaddeus Winnerl (1799-1886) a inventé le cœur de chronographe, came en forme de cœur permettant facilement la remise à zéro de l'aiguille des secondes[4].

Enfin en 1861 Henri-Ferréol Piguet, qui travaillait pour la maison Nicole & Capt à Londres, a réalisé le premier chronographe moderne, montre dotée d'une aiguille supplémentaire commandée par un poussoir unique permettant le départ, l'arrêt et la remise à zéro[5].


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Et Louis Moinet… inventa le chronographe », Web,‎ (lire en ligne)
  2. Le mot chronographe existait déjà mais avait d’autres significations telles qu’un recueil de dates historiques, ou encore une date cachée dans les lettres d’une phrase.
  3. Exposition Universelle de 1855, Rapports du Jury Mixte International, Tome I, Paris, , p.413 p.
  4. « Revue Chronométrique », Revue Chronométrique, éditée à Paris, 56e année, Vol. 3, p.165,‎
  5. « Journal Suisse d'Horlogerie », Journal Suisse d'Horlogerie, p.309,‎