Vacheron Constantin

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Vacheron Constantin
logo de Vacheron Constantin

Création 1755
Fondateurs Jean-Marc Vacheron
Forme juridique Société anonyme de droit suisse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Slogan « Faire mieux si possible, ce qui est toujours possible » - F. Constantin (1819)
Siège social Genève, Drapeau de la Suisse Suisse
Direction Louis Ferla
Actionnaires RichemontVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité Horlogerie
Produits Montres
Société mère RichemontVoir et modifier les données sur Wikidata
Effectif 1100
Site web www.vacheron-constantin.com

Vacheron Constantin est une manufacture suisse de montres et d’horloges fondée en 1755[1],[2]. Depuis 1996, elle est une filiale du groupe suisse Richemont[3]. Vacheron Constantin est une des manufactures horlogères les plus anciennes du monde, avec une histoire de fabrication de montres ininterrompue depuis sa fondation[1],[4]. Elle emploie environ 1’200 personnes dans le monde en 2018, dont la plupart sont basées dans les usines de fabrication de l’entreprise situées dans le Canton de Genève et la Vallée de Joux en Suisse[5].

Vacheron Constantin est une manufacture horlogère très respectée[5],[6],[7],[8],[9]. Voici certains des principaux clients et propriétaires célèbres de montres Vacheron Constantin: la reine Élisabeth II, le pape Pie XI, Napoléon Bonaparte, Marlon Brando, William James, John D. Rockefeller, Diana, princesse de Galles, Harry S. Truman, les frères Wright, pour ne citer qu’eux[10],[11],[12],[13],[14]. La montre de poche Vacheron Constantin n° 402833 (1929), possédée par le roi Fouad Ier d’Égypte, est une des montres les plus chères jamais vendues aux enchères, pour la somme de 2,77 millions de dollars américains (3’306’250 CHF); la vente a eu lieu à Genève le 3 avril 2005[15],[16]. En 2015, Vacheron Constantin présente la montre de poche référence 57260, qui détient aujourd’hui le titre de montre mécanique la plus compliquée au monde, avec 57 complications[17],[18].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

François Constantin

Vacheron Constantin est fondée en 1755 à Genève, en Suisse, par Jean-Marc Vacheron, un horloger indépendant[1],[19],[20]. C’est un ami proche des grands philosophes des Lumières Jean-Jacques Rousseau et Voltaire; les trois hommes partagent un intérêt commun pour la philosophie, la science et l’horlogerie[21],[22],[23]. En 1770, l’entreprise de Vacheron invente la première complication horlogère au monde et, neuf ans plus tard, crée les premiers cadrans moteur tournés. Le fils de Jean-Marc Vacheron, Abraham Vacheron, reprend l’entreprise familiale en 1785[20]. L’entreprise réussit à survivre à la Révolution française (1789-1799). En 1810, Jacques-Barthélemy Vacheron, le petit-fils du fondateur, reprend la tête de l’entreprise. Il est le premier à lancer les exportations vers la France et l’Italie[1],[24].

Plus tard, Jacques-Barthélemy réalise qu’il n’est plus en mesure de gérer l’entreprise seul. Afin de voyager à l’étranger pour y vendre les produits de l’entreprise, il a besoin d’un partenaire. C’est ainsi qu’en 1819 François Constantin s’associe à Vacheron[1]. L’entreprise continue ses activités sous son nouveau nom de Vacheron & Constantin. La devise de l’entreprise (toujours d’actualité), «Faire mieux si possible, ce qui est toujours possible», fait son apparition dans une lettre de Constantin à Jacques-Barthélemy[25]. La lettre est datée du 5 juillet 1819[24].

François Constantin voyage dans le monde entier pour y faire connaître les montres. Le principal marché de l’époque est l’Amérique du Nord[1]. En 1833, Vacheron et Constantin engagent Georges-Auguste Leschot pour superviser les opérations de fabrication. Leschot est également un inventeur, dont les créations s’avèrent de véritables réussites pour l’entreprise. Ses inventions ont un impact considérable sur l’industrie horlogère en général, et il est la première personne à homogénéiser les mouvements des montres dans les calibres. En 1844, Georges-Auguste Leschot reçoit la médaille d’or de la Société des Arts de Genève, qui avait particulièrement apprécié le dispositif pantographique de Leschot - un dispositif capable de graver mécaniquement des petites pièces et des cadrans[25].

Remaniement[modifier | modifier le code]

Après la mort de François Constantin en 1854 et celle de Jacques-Barthélemy Vacheron en 1863, l’entreprise est reprise par différents héritiers. En 1862, Vacheron Constantin devient membre de l’Association pour la recherche des matériaux non magnétiques.

En 1877, Vacheron & Constantin, Fabricants, Genève devient le nom officiel de l’entreprise[26]. En 1880, l’entreprise commence à utiliser la croix de Malte comme symbole, ce qui est toujours le cas aujourd’hui[1]. C’est un clin d’œil à un composant du barillet en forme de croix permettant de limiter le degré d’armage de ce dernier.

En 1887, Vacheron & Constantin est remaniée en une société par actions[27]. La même année, le Troisième œuf impérial de Fabergé contient, comme surprise, une montre de femme Vacheron Constantin. Vacheron & Constantin obtient une médaille d’or lors de l’Exposition nationale suisse de Genève, en 1887, visant à récompenser les réalisations remarquables de l’entreprise[28]. La première boutique Vacheron & Constantin ouvre à Genève en 1906.

Durant la Grande Dépression, Vacheron & Constantin se retrouve dans une situation difficile[25]. En 1936, Charles Constantin prend la tête de l’entreprise, et c’est la première fois depuis les années 1850 qu’un représentant de la famille Constantin devient président de Vacheron & Constantin. Toutefois, en 1940, Georges Ketterer rachète à Charles Constantin la majorité des actions de Vacheron & Constantin[29].

Histoire moderne[modifier | modifier le code]

Georges Ketterer meurt en 1969 et son fils, Jacques Ketterer, lui succède à la tête de Vacheron & Constantin. En 1970, l’entreprise change officiellement son nom en Vacheron Constantin[29].

Vacheron Constantin est touchée par la crise du quartz durant les années 1970 et 1980[30]. Lorsque Jacques Ketterer meurt en 1987, Vacheron Constantin change de mains. Sheikh Ahmed Zaki Yamani, ancien ministre saoudien du Pétrole et des Ressources minérales et collectionneur passionné de montres, devient l’actionnaire majoritaire de l’entreprise, avant d’incorporer Vacheron Constantin dans son portefeuille de titres personnels[31]. En 1996, tout le capital d’actions de Vacheron Constantin est racheté par le groupe suisse Richemont[3],[32].

En 2004, Vacheron Constantin ouvre son nouveau siège social et sa manufacture à Plan-les-Ouates, Genève[33]. Le bâtiment du siège social de Vacheron Constantin a été conçu par Bernard Tschumi et est cité pour son importance architecturale[34],[35],[36],[37]. En octobre 2005, le groupe Richemont nomme Juan Carlos Torres président directeur général de l’entreprise[38]. À l’heure actuelle, l’entreprise est un membre actif de la Fédération de l’industrie horlogère suisse FH et fabrique environ 20’000 montres par an[39],[40],[41].

Devise et slogan[modifier | modifier le code]

La devise de l'entreprise (toujours d'actualité) est «Faire mieux si possible, ce qui est toujours possible»[25],[42],[43]. Elle fait son apparition dans une lettre de Constantin à Jacques-Barthélemy datée du 5 juillet 1819[25],[42].

Fabrication horlogère[modifier | modifier le code]

Une montre de poche Vacheron Constantin au Metropolitan Museum of Art, New York

Inventions et brevets notables[modifier | modifier le code]

Voici certaines des réalisations importantes de Vacheron Constantin dans le domaine de la fabrication horlogère.

  • En 1790, création de la première complication horlogère[1].
  • En 1824, création d’une montre de poche à heures sautantes[1].
  • En 1885, création de la première montre non magnétique contenant un assortiment complet de leviers fabriqué à partir de matériaux capables de résister aux champs magnétiques. Sa construction inclut un balancier, un ressort spiral et un axe de levier fabriqués en palladium; les bras du levier sont en bronze, et l’échappement en or.
  • En 1901, obtention du premier Poinçon de Genève pour ses montres[1].
  • En 1929, création d'une montre de poche «Grande Complication», la n° 402833, pour le roi Fouad Ier d'Égypte[1],[44].
  • En 1955, fabrication du mouvement à remontage manuel le plus plat au monde, le calibre 1003[1].
  • En 1992, création de la répétition minutes la plus plate au monde, le calibre 1755[1].
  • En 2015, création de référence 57260, la montre/montre de poche mécanique la plus compliquée jamais fabriquée, à 57 complications[17],[18].

Classement environnemental[modifier | modifier le code]

En décembre 2018, le Fonds mondial pour la nature (WWF) publie le rapport officiel du classement environnemental de 15 grandes marques d'horlogerie et de joaillerie suisses[45],[46]. Vacheron Constantin, ainsi que 3 autres manufactures, dont notamment Jaeger-LeCoultre et Cartier, sont classés dans la catégorie «Moyenne supérieure», ce qui indique que l'entreprise a déjà mis en place des mesures pour limiter l'impact de ses activités de fabrication sur l'environnement et le changement climatique[45].

Dans l'industrie de la joaillerie et de l'horlogerie, on s'inquiète souvent du manque de transparence relative aux activités de fabrication et à l'extraction de matières premières précieuses telles que l'or, une des principales causes de problèmes environnementaux tels que la pollution, la dégradation des sols et la déforestation[45],[46]. La situation est particulièrement grave dans les pays en développement produisant la majorité de l'or, notamment la Chine, la Russie et l'Afrique du Sud[47],[48],[49],[50]. On considère que le secteur de l'horlogerie et de la joaillerie consomme plus de 50% de la production annuelle mondiale d'or (plus de 2'000 tonnes); toutefois, dans la plupart des cas, les entreprises horlogères ne peuvent, ou ne veulent, pas indiquer d'où viennent leurs matières premières et si les fournisseurs de ces matières premières utilisent des technologies d'extraction écologiques[45].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k l et m « Birth of the Vacheron Constantin Manufacture of Haute Horlogerie - Vacheron Constantin », sur heritage.vacheron-constantin.com (consulté le 13 décembre 2018)
  2. « Company Overview of Vacheron & Constantin SA », sur www.bloomberg.com (consulté le 1er février 2019)
  3. a et b « Compagnie Financière Richemont SA - Juan-Carlos Torres to succeed Claude-Daniel Proellochs as Chief Executive of Vacheron Constantin », sur www.richemont.com (consulté le 11 décembre 2018)
  4. (en-US) « 260 Years of Excellence (Paid Post by vacheron from NYTimes.com) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  5. a et b (en-US) Victoria Gomelsky, « Brand Awareness is the Goal at Vacheron Constantin », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  6. « 5 reasons collectors love Vacheron Constantin | Christie's », sur www.christies.com (consulté le 11 décembre 2018)
  7. MR PORTER, « Introducing Vacheron Constantin », sur Introducing Vacheron Constantin | About Time | The Journal | Issue 387 | 05 September 2018 | MR PORTER (consulté le 11 décembre 2018)
  8. « Vacheron Constantin - Fondation de la Haute Horlogerie », sur www.hautehorlogerie.org (consulté le 2 janvier 2019)
  9. (en) « In The Shop: The Vacheron Constantin Historiques Collection », sur HODINKEE Shop (consulté le 3 février 2019)
  10. (en-US) Alan Seymour, « The Royal Treatment », sur Revolution, (consulté le 15 janvier 2019)
  11. (en-US) M. Shanken Communications Inc, « Father Time: Swiss Watches », sur Cigar Aficionado (consulté le 5 janvier 2019)
  12. ALAN SEYMOUR, « Six Decades of Watchmaking Excellence », sur Sotheby's
  13. (en-US) « World's oldest watchmaker opens boutique in Beirut », sur Executive Life, (consulté le 16 février 2019)
  14. « 5 reasons collectors love Vacheron Constantin | Christie's », sur www.christies.com (consulté le 13 janvier 2019)
  15. « King Fouad Vacheron & Constantin, Genève, No. 402833, case No. 251058. », sur catalog.antiquorum.swiss (consulté le 26 novembre 2018)
  16. « The 24 Most Expensive Watches Ever Sold At Auction », Business Insider, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  17. a et b « Vacheron Constantin reference 57260 - the most complicated watch », sur reference57260.vacheron-constantin.com (consulté le 30 novembre 2018)
  18. a et b (en) « Hands-On: The Vacheron Constantin 57260, The Most Complicated Watch In The World (Exclusive Live Photos, Thoughts) - HODINKEE », HODINKEE, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  19. Nancy Wolfson, « Cigar Aficionado March/April 1998, With 243 Years of Experience, Swiss Watchmaker Vacheron Constantin Continues to Push the Horology Envelope »
  20. a et b Jean-Marc Vacheron: 1731 – 1805, Suisse, Le Point
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  22. « Opening of "Treasures of Vacheron Constantin - A Legacy of Watchmaking since 1755" Exhinibition », sur National University of Singapore (consulté le 26 février 2019)
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Lien externe[modifier | modifier le code]