Complication (horlogerie)

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Montre à complication Greubel Forsey Invention Piece 1.

En horlogerie, une complication est une fonction autre que l'affichage de l'heure et des minutes. Elles sont particulièrement recherchées par les amateurs de montres mécaniques.

Description[modifier | modifier le code]

Ces fonctions peuvent être astronomiques (phase de la Lune, équation de temps, quantième perpétuel, heures du lever et du coucher du Soleil), pratiques (chronographe, grande sonnerie, répétition des minutes), techniques (date rapide, stop seconde), aiguilles des secondes, ou pour améliorer la précision de fonctionnement (à l'origine, le tourbillon).

Les complications sont des modules ajoutés au mouvement de la montre. Une pièce dite compliquée induit également une notion de haut savoir-faire horloger qui s'exprime autant dans la manufacture du calibre que dans le degré de finition du modèle.

C'est souvent l'accumulation de mécanismes dans l'espace réduit d'un boitier qui complexifie les montres. Parmi les montres les plus complexes du monde, on peut citer :

  • Le modèle "Référence 57260" de Vacheron Constantin, son mouvement, totalise 57 complications contenues dans l'espace d'une montre de poche. Ce travail a été réalisé par trois Maître Horlogers pendant huit ans[1].
  • Le modèle "Aeternitas Mega 4" de Franck Muller, son mouvement, composé de 1483 pièces, totalise 36 complications contenues dans l'espace d'une montre-bracelet [2].
  • Le "calibre 89" de Patek Philippe, une montre de poche comptant 33 complications[3].

Affichage de la date et du jour[modifier | modifier le code]

Quantième[modifier | modifier le code]

Mouvement avec un disque des quantièmes.
Mouvement avec un disque des quantièmes.

L'affichage des quantièmes sur un disque est la complication horlogère la plus courante. Il prend généralement la forme d'un disque sur la périphérie du mouvement, sur lequel sont marqués les nombres de 1 à 31. Le disque avance chaque jour à minuit. Un « Guichet » (ouverture dans le cadran permet de voir la date du jour. La « Date rapide » permet un réglage direct de la date sans changement de l'heure, on y acccède généralement par une position intermédiaire de la couronne. Le guichet est généralement placé à 3 ou 6 heures. La taille des chiffres est limitée, car il faut faire tenir les 31 écritures sur la périphérie. C'est pour cela que Rolex, notamment, a placé une loupe devant le guichet date de nombreux modèles.

Jours de la semaine[modifier | modifier le code]

Montre russe avec jour et quantième.

Généralement en complément de l'affichage des quantièmes, il s'agit d'afficher les jours, du lundi au dimanche.

Grande date[modifier | modifier le code]

Affichage grande date.

La « grande date » a la même finalité qu'un disque de quantièmes, mais son fonctionnement est différent. Il y a deux disques indépendants, pour afficher les deux chiffres des quantièmes, ce qui permet un affichage centré sur le cadran, et bien plus grand.

Calendrier annuel[modifier | modifier le code]

Un calendrier annuel ajoute, au décompte des quantièmes, un suivi du mois. Le mécanisme prend en compte la durée des mois (30 ou 31 jours), mais ne connaît pas la durée du mois de février. Il doit donc être réglé une fois par an, au premier mars[4].

Calendrier perpétuel[modifier | modifier le code]

Au calendrier annuel, le calendrier perpétuel ajoute un décompte sur quatre années, ainsi, il tient compte des années bissextiles. La date ne doit donc être réglée que pour les années bissextiles sautées, soit trois fois tous les 400 ans (par exemple, au premier mars 2100, 2200, 2300, mais pas 2400)[5]. Le « Quantième perpétuel séculaire » prend en compte les cycles de 100 ans du calendrier grégorien avec les années bissextiles sautées tous les 100 ans. La date doit donc être réglee seulement une fois tous les 400 ans[6].

Fuseaux horaires[modifier | modifier le code]

Complication GMT[modifier | modifier le code]

Montre Yema avec compliation GMT.
Montre Yema avec compliation GMT.

La complication dite GMT permet d'afficher l'heure d'un deuxième fuseau horaire. Pour cela, il y a une quatrième aiguille (dans le cadran principal ou en sous cadran), qui fonctionne comme celle d'une montre 24h : c'est à dire qu'elle fait un tour complet en 24 heures, et non douze, étant en haut à minuit. Elle est réglable indépendamment. Ainsi, sur la photo ci-contre, l'heure locale se lit normalement (10h15). L'aiguille supplémentaire pointe vers l'index « 4 », mais, fonctionant en 24 heures, elle indique en fait 8 heures. Il est donc 8h15 sur le deuxième fuseau horaire suivi. La lunette tournante sur ce modèle permet de suivre un troisième fuseau horaire, décalé, sur la photo, de quatre heures par rapport au deuxième, il est 12h15 sur ce troisième fuseau.

Chronographe[modifier | modifier le code]

Montre Omega Speedmaster équipée d'un chronographe.
  • Chronographe : permet la mesure d'une durée, généralement sous la forme : seconde, minutes, et heures. Toutefois, certains chronographes de montres de poignet permettent la mesure au quart, dixième, voire dix millième de seconde. Le chronographe est souvent appelé, à tort, "chronomètre" dans le langage populaire. La dénomination "chronomètre" est en fait une certification donnée à des montres dont les mouvements ont réussi avec succès différents tests de qualité et de fiabilité (précision, résistance à différentes températures, etc.) organisés par le COSC (Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres).
    • Chronographe à retour en vol ou « Flyback » : permet de lancer un nouveau chronométrage lorsque le premier est déjà en marche en appuyant sur un seul poussoir (généralement en appuyant sur le poussoir de mise à zéro).
    • Chronographe à « rattrapante » : une deuxième aiguille permet de mesurer des temps intermédiaires, puis de « rattraper » instantanément l’autre aiguille principale du chronographe.
    • Chronographe « concentrique » : permet une lecture plus « intuitive » de la durée mesurée : dans un seul cadran.
  • « Réserve de marche » : Indication du temps de fonctionnement restant, avant que la montre ne doive être remontée. Ce temps peut varier de 36 heures à une cinquantaine de jours.
  • Indication de l'heure GMT (sur 24 h) généralement réglable séparément de l'heure principale, elle permet par là même l'indication d'un second fuseau horaire.

Sonneries[modifier | modifier le code]

  • Grande et petite sonneries : émet un signal sonore au passage des heures et des quarts. La petite sonnerie sonne les quarts sans répéter les heures, la grande sonnerie sonne les quarts en répétant les heures[7].
  • Répétition : permet de sonner les heures à la demande après l'activation d'un poussoir (souvent situé entre 7 h et 9 h). Généralement le mécanisme produit un son différent pour les heures, quarts et minutes (en indiquant les heures -ton grave- les quarts -ton grave et aigu- et les minutes -ton aigu). Des variantes de cette complication sont la répétition de la date ou des quarts seulement[8].
  • Réveil : permet de programmer une sonnerie pour une heure.

Complications de conception[modifier | modifier le code]

Montre avec aiguilles rétrogrades.
  • « Stop seconde » permet d'arrêter l'aiguille des secondes pour une mise à l'heure précise.
  • Aiguilles « Rétrograde » : Il s'agit d'un système d'affichage non circulaire. L'aiguille n'effectue pas un tour complet, mais un trajet d'un point A à un point B. Une fois la mesure de A à B effectuée, l'aiguille retourne « en arrière » au point A, d'où le nom de « rétrograde ». Un tel affichage peut s'appliquer à presque toutes les indications d'une montre (secondes, minutes, heures, date et même jour de la semaine ou chronographe.)
  • Les heures ou minutes « sautantes » : il s'agit du saut de l'aiguille, ou plus souvent de l'affichage numérique, lors du passage de l'heure ou de la minute. Cela facilite une lecture en évitant de cacher une partie du chiffre.
  • « Seconde morte » : la trotteuse bouge ponctuellement une fois par seconde, et non pas continuellement. Contrairement aux montres à quartz (où la seconde est presque toujours "morte"), sur une montre mécanique, elle relève d'une véritable complication.
  • L'heure mystérieuse : cette complication esthétique consiste à donner l’impression qu'une ou plusieurs aiguilles "flottent", n'étant apparemment reliées à aucun axe. Cette complication est le plus souvent réalisée à l'aide de disques transparents solidaires de l'aiguille et entraînés par l'extérieur.

Fonctions astronomiques[modifier | modifier le code]

Montre avec phase de lune.

Les complications astronomiques s'inscrivent dans une tradition qui remonte aux horloges astronomiques du moyen-âge. L'indication des phases de la Lune est une complication relativement répandue. Sa forme la plus courante est celle d'un disque partiellement masqué sous le cadran (cf photo), et portant deux images de la lune, qui est entraînée par une rue de 59 dents et avancée, comme le le disque de date, d'un cran chaque jour. Ainsi, la durée du mois lunaire est approximée à 29,5 jours, ce qui est à 44 minutes de la réalité. Cela signifie qu'après environ deux ans et demi, l'indicateur de phase de lune « retarde » d'une journée[9]. Il existe de nombreuses autres complications astronomiques, beaucoup plus rares :

  • Indication de l'heure de lever et de coucher de la Lune ou du Soleil.
  • Indication des coefficients de marées.
  • Équation du temps : affiche la différence entre le temps solaire «vrai» (celui de la nature) et le temps solaire «moyen»[10]
  • Carte du ciel.

Fonctions techniques[modifier | modifier le code]

Animation d'un tourbillon.
  • « Tourbillon » permet de compenser les influences liées à la gravité terrestre sur le mouvement de la montre et en principe d'améliorer la précision. L'utilité du tourbillon se vérifie quasi-exclusivement dans les montres à gousset. (la position de la montre sur son porteur étant toujours la même).
  • « Mécanisme à sec » (sans huile) ce qui demande un usinage et des matériaux très coûteux.
  • « Régulateur », les aiguilles des heures et des minutes ne sont pas coaxiales, l'aiguille des minutes étant le plus souvent au centre, ce qui permet de favoriser la lecture des minutes. Cette complication est nommée en référence aux horloges-régulateur qui possédaient cette caractéristique, c'est aujourd’hui surtout une originalité de design [11].

Fonctions non-horlogères[modifier | modifier le code]

Certaines montres intègrent des affichages totalement indépendants du mouvement d'horlogerie : une boussole, un thermomètre, un baromètre par exemple.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « La Cote des Montres : La montre Vacheron Constantin Référence 57260 - La montre la plus compliquée de Vacheron Constantin réalisée sur demande », sur www.lacotedesmontres.com (consulté le )
  2. « La Cote des Montres : Franck Muller Aeternitas Mega 4, la montre-bracelet la plus compliquée au monde », sur www.lacotedesmontres.com (consulté le )
  3. « Quand les horlogers compliquent pour le rêve - SWI swissinfo.ch », sur SWI swissinfo.ch (consulté le )
  4. « Dictionnaire de l'horlogerie - Quantième bissextile », sur bellesmontres.com
  5. « Dictionnaire de l'horlogerie - Quantième perpétuel », sur bellesmontres.com
  6. « Dictionnaire de l'horlogerie - Quantième perpétuel séculaire », sur bellesmontres.com
  7. « Montres à sonnerie - Fondation de la Haute Horlogerie », sur www.hautehorlogerie.org (consulté le )
  8. « Montres à répétition - Fondation de la Haute Horlogerie », sur www.hautehorlogerie.org (consulté le )
  9. « Montres à phases de lune - Fondation de la Haute Horlogerie », sur www.hautehorlogerie.org (consulté le )
  10. « Montres à équation du temps - Fondation de la Haute Horlogerie », sur www.hautehorlogerie.org (consulté le )
  11. « Drôles de montres », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne, consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]