Chinua Achebe

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Albert Chinualumogu Achebe
Description de l'image Chinua Achebe - Buffalo 25Sep2008 crop.jpg.
Alias
Chinua Achebe
Naissance
Ogidi (Nigeria)
Décès (à 82 ans)
Boston (États-Unis)
Activité principale
Distinctions
Margaret Wrong Memorial Prize (1959)
Nigerian National Trophy for literature (1960)
Commonwealth Poetry Prize (1972 et 1979)
Nigerian National Merit Award (1979)
Peace Prize of the German Book Trade (2002)
Prix international Man Booker (2007)
Auteur
Genres

Œuvres principales

Chinua Achebe (né le à Ogidi et mort le à Boston) est un écrivain nigérian d'expression anglaise. Romancier et poète, il débute avec Le monde s'effondre (Things Fall Apart) qui est, avec Le Malaise (No Longer at Ease), son œuvre principale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Albert Chinualumogu Achebe — il change son prénom au cours de ses études pour un prénom Igbo classique — est né dans l’est du Nigeria. Cinquième de six enfants[1], ses parents, tous deux des Ibos : Isaiah Okafo et Janet Achebe, sont de fervents chrétiens.

Bon élève, Achebe obtient une bourse et poursuit des études au Government College d’Umuahia (une ville qui figure souvent dans ses livres) de 1944 à 1947, puis à l’université d’Ibadan de 1948 à 1953, année où il obtient son diplôme de BA. Avant d’entrer à la Nigerian Broadcasting Corporation (NBC), Achebe effectue quelques voyages en Afrique et aux États-Unis et travaille quelque temps comme professeur d'anglais. Il suit une formation à la BBC, et commence à travailler à la NBC en 1954.

En 1958, il écrit son premier roman, Things Fall Apart (Le monde s’effondre)[2]. Il participe à une conférence controversée sur les écrivains africains au sein de l'université Makerere (Ouganda), en 1962.

À la fin des années 1960, il s'illustre dans le conflit du Biafra, dans lequel il soutient le parti sécessionniste du colonel Odumegwu Emeka Ojukwu[3].

Il est nommé en 1972 rédacteur en chef du périodique Obike. En 1987, le dirigeant de l’un des principaux partis du Nord musulman lui demande d’être son adjoint. Il accepte afin de montrer à ses compatriotes qu’il est possible, venant de l’Est du pays, d’adhérer à un parti du Nord, dirigé par un mollah.

Après avoir enseigné dans de nombreuses universités anglaises, américaines et nigérianes, il est professeur au Bard College, dans l'État de New York, puis à l'université Brown[1].

En 1990, un accident le cloue dans un fauteuil roulant[1].

Il meurt le 21 mars 2013[3] dans un hôpital de Boston[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Son travail est une méditation profonde sur le colonialisme. Ses romans mettent en situation des héros africains à la croisée de deux mondes : un monde occidental avec une rationalité abstraite, sans justice, et une Afrique dont les valeurs traditionnelles disqualifiées rendent ses sujets handicapés pour les temps nouveaux. C'est l'un des plus célèbres auteurs africains d'expression anglaise[2]. Cela lui vaut à plusieurs reprises une nomination pour le prix Nobel.

Le monde s'effondre (1958) décrit une Afrique devant le choc de l'arrivée des Européens, porteuse de valeurs anciennes qu'Achebe veut mettre en avant. Ce livre connaît dès 1969 un tirage de 400 000 exemplaires et atteint en 1987 trois millions d'exemplaires. Il est traduit en 45 langues.

Dans les Termitières de la savane, il décrit une Afrique prise par la corruption, la position fausse des intellectuels, où la femme est l'avenir. Nadine Gordimer a analysé ce roman.

No Longer at Ease (Le Malaise) se passe au Nigeria à Umuofia et à Lagos, dans les années 1950, avant l'indépendance.

En 1972, un critique écrit qu'Achebe, ainsi que Armah et Okara, sont en train d'ouvrir « de nouvelles voies au roman africain », notamment en dénonçant les maux de la société africaine. Mais, étant donné la situation politique, ils doivent déguiser leurs critiques : d'où leur tendance à la « satire sociale et politique[4]. »

Citations[modifier | modifier le code]

« Des auteurs comme Ernest Hemingway ont représenté la population noire africaine comme des sauvages et sont ainsi à l’origine d’un immense blasphème. C’est pourquoi j’ai décidé de tenter d’écrire des livres où les personnages étaient des Africains comme je les connais. »

En 1965 :

« Pour ma part, je serais plus que satisfait si mes romans pouvaient déjà montrer à mes lecteurs que leur passé — avec toutes ses imperfections — n'était pas une longue nuit de sauvagerie dont ils ont été délivrés par les premiers Européens agissant au nom de Dieu. »

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Margaret Wrong Memorial Prize (1959)
  • Nigerian National Trophy for literature (1960)
  • Commonwealth Poetry Prize (1972)
  • Commonwealth Poetry Prize (1979)
  • Nigerian National Merit Award (1979)
  • Peace Prize of the German Book Trade (Prix de la paix des libraires allemands) (13 oct 2002) : « Le jury a voulu honorer l’un des auteurs les plus lus d’Afrique, devenu un classique de son vivant. »
  • En 2004, Achebe refuse, pour protester contre la politique actuelle de son pays natal, le titre de Commander of the Federal Republic (CFR), le deuxième titre honorifique le plus important au Nigeria ; il rejette cette distinction une seconde fois en 2011[1].
  • En 2007, il reçoit le Prix international Man Booker pour l'ensemble de son œuvre[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • Titres originaux :
Things Fall Apart, 1958
No Longer at Ease, 1960[5]
The Sacrificial Egg and Other Stories, 1962
Arrow of God, 1964
A Man of the People, 1966
Chike and the River, 1966
Beware, Soul-Brother, and Other Poems, 1971 (prix du Commonwealth 1972)
How the Leopard Got His Claws (avec John Iroaganachi), 1972
Girls at War, 1973
Christmas at Biafra, and Other Poems, 1973
Morning Yet on Creation Day, 1975
The Flute, 1975
The Drum, 1978
Don't Let Him Die: An Anthology of Memorial Poems for Christofer Okigbo (éditeur avec Dubem Okafor), 1978
Aka Weta: An Anthology of Igbo Poetry (coauteur), 1982
The Trouble With Nigeria, 1984
African Short Stories, 1984
Anthills of the Savannah, 1988
Hopes and Impediments, 1988
Home & Exile, 2000
  • Quelques titres en français :
La Flèche de Dieu, 1964
Le monde s'effondre, 1966 (date de parution en France)
Le Malaise, 1974 (date de parution en France)
Les Termitières de la savane, 1988
Tout s’effondre, 2013
Éducation d’un enfant protégé par la Couronne, 2013

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f « Mort de Chinua Achebe, l'un des pères de la littérature africaine », sur LeMonde.fr,‎
  2. a et b Décès de l'écrivain africain Achebe, Le Figaro, 22 mars 2013.
  3. a et b « L'écrivain nigérian Chinua Achebe est décédé à Boston », sur jeuneafrique.com,‎ (consulté le 22 mars 2013)
  4. Cité par D. Stewart, Le roman africain anglophone depuis 1965, L'Harmattan, p. 11
  5. Macmillan Readers publie en 2005 une version simplifiée (réécrite par John Milne) de No Longer at Ease.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Haseeb Ahmed, Chinua Achebe : hero in quest, Shree Niswas Publications, Jaipur, 2009, 207 p. (ISBN 9788188730575)
  • (en) Helen Chukwuma (dir.), Achebe's women : imagism and power, Africa World Press, Trenton, N.J., 2012, 351 p. (ISBN 978-1-592-21870-7)
  • (en) Phanuel Akubueze Egejuru, Chinua Achebe: pure and simple : an oral biography, Malthouse Press, Ikeja, Nigeria, 2002, 214 p. (ISBN 978023148X)
  • (en) Herbert Ekwe-Ekwe, African literature in defence of history : an essay on Chinua Achebe, African Renaissance, Dakar, 2001, 186 p. (ISBN 1903625106)
  • (en) Jago Morrison., The fiction of Chinua Achebe, Palgrave Macmillan, Basingstoke, 2007, 185 p. (ISBN 9781403986726)
  • (en) Nahem Yousaf, Chinua Achebe, Northcote House in association with the British Council, Tavistock, 2003, 134 p. (ISBN 074630885X)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]