Littérature africaine

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La littérature africaine, et principalement la littérature subsaharienne, a la spécificité de se nourrir abondamment de l'oralité. Elle aborde les thèmes de la civilisation africaine, de ses mœurs, ses cultures, ses pratiques bref le reflet ou l'image de l'Afrique ancestrale. La littérature africaine moderne est récente. Elle est née au contact de deux mondes, le monde occidental et africain alors que des écrits antiques peuvent conduire à classer la littérature africaine parmi les plus vieilles au monde.

Les littératures historiques[modifier | modifier le code]

Inscriptions coptes et arabes dans une église du Vieux Caire.
Stèle montrant l'alphabet phénicienne, Tophet de Carthage, Tunisie.

La littérature de l'Égypte antique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature de l'Égypte antique.

La littérature de l'Égypte antique s'écrivit en égyptien ancien pendant plusieurs siècles, de l'époque pharaonique jusqu'à la fin de la domination romaine. Aujourd'hui, cette langue survit comme le copte, qui est encore la langue liturgique de l'Église copte. Ainsi, la littérature égyptophone d'Afrique (avec la littérature sumérienne de Mésopotamie) est la littérature la plus vieille du monde.

La pierre de Rosette fut la clé de la redécouverte de l'égyptien ancien, dont la connaissance était perdue depuis la fin de l'époque romaine. Il s'agit d'un fragment de stèle en granodiorite qui montrait le même texte en hiéroglyphes, en écriture démotique, et en alphabet grec. Découverte pendant l'invasion de Napoléon, elle fut traduite par le français Jean-François Champollion.

Parmi les œuvres les plus connues, on trouve le livre des morts des Anciens Égyptiens, les textes des pyramides, et livre de la vache et du ciel. En général ces livres sont soit écrits en scripte hiéroglyphique ou hiératique sur des rouleaux de papyrus, soit gravés en scripte hiéroglyphique sur des murs de pierre dans les monuments d'Égypte.

La littérature phénicienne, grecque, et latine[modifier | modifier le code]

La civilisation carthaginoise était un grand empire à l’emplacement de la Tunisie actuelle. Sa littérature disparut après les guerres puniques, avec la destruction des bibliothèques à Carthage ; cette littérature s'écrivait en phénicien mais aussi en grec ancien. Les auteurs les plus connus étaient Diogène Laërce et Clitomaque.

Pendant la dynastie des Ptolémées, quand l'Égypte était une colonie grecque, la bibliothèque d'Alexandrie devint la plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité. Selon Ibn Khaldoun, 'Amr Ibn al-'As détruisit cette bibliothèque en 642 en accordance avec l'ordre du calife Omar[1].

Après les guerres puniques, Rome était le pouvoir principal en Afrique du Nord. Afrique romaine produisit plusieurs œuvres littéraires en latin. Parmi les auteurs latinophones les plus célébrés on citera Terence, Apulée, Florus, Sulpice Apollinaire, Nonius Marcellus, Terentianus dit le Maure et Fronton. Le philosophe et théologien Augustin d'Hippone qui écrivit des Confessions était aussi auteur latino-berbère. Il se définit lui-même comme un écrivain punique[2], mais la langue maternelle de ce Père de l’Église catholique était probablement le latin.

Pendant le Moyen Âge, les universités musulmanes protégèrent plusieurs textes grecs et latins traduits en arabe. Sans cette préservation en Afrique, il est probable que plusieurs œuvres auraient disparu.

La littérature en amharique[modifier | modifier le code]

Bible éthiopienne du XXe siècle.
Article détaillé : Littérature éthiopienne.

De par l'existence du système d'écriture guèze, l'Éthiopie entretient une très ancienne tradition littéraire remontant à son époque axoumite. La littérature ancienne, dominée par l'enseignement religieux, est essentiellement morale dans son contenu.

La littérature amharique commence à se développer vers le XIIIe siècle, au cours de la dynastie Zagwe. On peut distinguer essentiellement trois périodes majeures dans le développement de la littérature amharique moderne du XXe siècle correspondant à la période de l'occupation italienne (1935-1941), la période post-indépendance (1941-1974) et la période post-révolutionnaire (1974-aujourd'hui) [3].

La philosophie écrite éthiopienne s'étend sur douze siècles de production littéraire[4]. On distingue un premier temps de traduction littéraire, dominé par Le Fisalgwos (Le Physiologue) et Biä’afä Mikael (Le Livre des philosophes).

La littérature berbère[modifier | modifier le code]

Écritures tifinaghs anciennes près d'Essouk au Mali.

Il n'y a pas une seule langue berbère, mais plusieurs. La famille des langues berbères comprend tamazight, chleuh, kabyle, rifain, chaoui, chenoui, et autres. Elles se répandent principalement en Maroc, en Algérie, en Mali, et en Niger.

Le touareg, une langue berbère du Sahara centrale, s'écrit en l'alphabet tifinagh depuis le IIIe siècle av. J.-C. ; en l'abjad arabe, depuis l'époque médiévale ; et en l'alphabet latin, aujourd'hui officiel en Mali et Niger.

Pendant Printemps berbère (Tafsut Imazighen) de mars 1980, plusieurs berbèrophones en Kabylie et à Alger manifestèrent pour l'officialisation de la langue tamazight en Algérie. En 2002, ils réussirent. Aujourd'hui alors on voit une renaissance de littérature berbérophone.

La littérature en arabe[modifier | modifier le code]

Ibn Battûta, un explorateur marocain célébré pour ses récits de voyages.
Article détaillé : Littérature de langue arabe.

Avec la conquête musulmane d'Égypte et du Maghreb à partir des années 600, il y eut une diffusion de la langue arabe en Afrique. Les centres de scolarisation les plus importants était au Caire et à Alexandrie, en Égypte, et à Tombouctou au Mali, où se trouvait l'ancienne université Sankoré. Même aujourd'hui on estime qu'il y a au moins 300 000 manuscrits cachés dans les bibliothèques et dans les collections privées à Tombouctou, dont la plupart en arabe, avec quelques manuscrits en peul et en songhai[5].

Parmi les écrivains d'expression arabe, les plus célèbres sont l'explorateur médiéval marocain Ibn Battûta et l'historien tunisien Ibn Khaldun. Pour l'époque contemporaine, Naguib Mahfouz, d'expression arabe, reçoit le prix Nobel de littérature en 1988[6].

Les littératures orale et écrite subsahariennes[modifier | modifier le code]

Article connexe : Littérature afrikaans.

La littérature orale[modifier | modifier le code]

Griot (1910) avec un xalam.
Article détaillé : Griot.

En Afrique de l'Ouest, la littérature est souvent orale et transmise par les griots. C'est une façon de raconter proche à la musique[7]. Les griots suivent une formation spécialisée et parlent des langues nigéro-congolaises.

Cette littérature orale peut être la prose ou la poésie. La prose est souvent mythologique or historique en contenu. La poésie, souvent chantée, est fréquemment l'épopée narrative, la poésie rituelle, les épigrammes, les proverbes, des énigmes, la poésie adressée aux rois et autres dirigeants, et les chansons d'amour ou du travail[7],[8].

Parmi les œuvres principales se trouve l'épopée dont la plus connue reste celle de Soundiata Keïta (1190-1255), empereur du Mali. À côté de l'épopée Mandingue, il existe d'autres genres d'épopées africaines. On trouve par exemple chez les Fangs d'Afrique Centrale l'épopée du Mvett. Un récit à plusieurs épisodes qui opposent deux peuples, celui des mortels d'Oku et les immortels d'Engong.

La littérature écrite[modifier | modifier le code]

Solomana Kante inventeur du n’ko a écrit :

  • Méthode pratique d'écriture n'ko (date ?)
  • Traité de sciences en n'ko, vers 1960

NB: En plus de l’ajami (écriture arabe) et des alphabets dérivés de l’alphabet latin, l’Afrique noire possède aussi plusieurs écritures qui lui sont propres : - Écriture Bamoun - Mandombe - Alphabet N’ko - Tifinaghs ( écriture des touareg, également subsahariens) - Vaï - Winanckôkrousè

La littérature en français[modifier | modifier le code]

La littérature nord-africaine[modifier | modifier le code]

La littérature subsaharienne[modifier | modifier le code]

Article connexe : Roman colonial.

Périodes et auteurs[modifier | modifier le code]

« La naissance d’une littérature africaine au sens « classique » du terme est généralement datée de l’entre-deux-guerres[9] ». Avant cela, l'Afrique est d'abord sujet de récits de voyage et d'exploration au xixe siècle[10], puis du roman colonial[11] lequel connaîtra son apogée entre les années 1920 et 1940[12], ce qui se superpose donc, en terme temporel, avec les débuts de la littérature écrite par les Africains.

Cette littérature est souvent découpée entre une période « coloniale » et une période « post-indépendance » car nombre des ouvrages sont inspirés par les réalités de l'époque, produisant d'abord des ouvrages critiques du colonialisme puis des œuvres dénonçant les régimes africains autoritaires[13].

Ces tendances ne sont évidemment pas totalement homogènes. Ainsi, à la période « coloniale », L'Enfant noir, du Guinéen Camara Laye, paru en 1953, et devenu un classique de la littérature africaine, fait l'objet de vives critiques, notamment de la part de Mongo Beti, précisément parce qu'il ne dénonce pas suffisamment le fait colonial[14],[15]. Pour la période « post-indépendance », Le Devoir de violence, du malien Yambo Ouologuem, paru en 1968 et qui reçoit le prix Renaudot, une première pour un Africain[16], est lui aussi critiqué pour avoir mis en scène la collaboration africaine au colonialisme[17] ; l'auteur est aussi accusé de plagiat[18],[19].

Quant aux auteurs, « les critiques classent aujourd’hui les écrivains négro-africains en quatre générations : les pionniers, essentiellement des poètes (Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon Damas), les écrivains des environs des indépendances africaines (C. Laye, Mongo Beti, F. Oyono, Cheikh Hamidou Kane…), la génération de 1967 à 1980 (Ahmadou Kourouma, Yambo Ouologuem, Sembène Ousmane, Sony Labou Tansi, Henri Lopes, Williams Sassine, Alioum Fantouré, V. Mudimbe, Tierno Monénembo, etc.) et la génération d’après 1980, dans laquelle figurent plusieurs femmes (Ken Bugul, Calixthe Beyala, Véronique Tadjo, Aminata Sow Fall, etc.)[20] ». Amadou Hampâté Bâ et Fatou Diome sont aussi cités parmi les auteurs d'importance[21],[22].

Évolution de la littérature au cours du xxe siècle[modifier | modifier le code]

Eric Mendi entouré de Guillaume Oyônô Mbia et de l'épouse de ce dernier.

En 1921, René Maran reçoit le prix Goncourt pour son roman Batouala. Bien qu'il ne soit pas à proprement parler africain puisqu'il est né Guyanais et élevé en métropole, il a écrit son roman alors qu'il est fonctionnaire colonial en Afrique-Équatoriale française[23]. Il y décrit la vie quotidienne en Centrafrique, à l'époque l'Oubangui-Chari ; le roman est un « sévère réquisitoire » contre les abus de la colonisation[24] mais aussi une peinture des « vices » africains[25],[26]. Son écriture comporte de nombreuses innovations et originalités[27]. Il est considéré comme précurseur de la négritude, quoiqu'à titre personnel, il émettait des réserves quant à ce mouvement[25],[28].

L'après-guerre, le courant de la négritude[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, apparaît le mouvement de la négritude, un courant littéraire et politique, rassemblant des écrivains noirs francophones, dont Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Léon-Gontran Damas, Guy Tirolien, Tchicaya U Tam'si et Léopold Congo-Mbemba[29]. Lié à l'anticolonialisme, le mouvement influence par la suite nombre de personnes proches du Black nationalism, s'étendant bien au-delà de l'espace francophone. Le terme est forgé en 1935 par Aimé Césaire dans le numéro 3 de la revue des étudiants martiniquais L'Étudiant noir. Le concept est ensuite repris par Léopold Sédar Senghor dans ses Chants d'ombre (1948) ; il l'approfondit, opposant « la raison hellène » à l'« émotion noire »[30]. D'après Senghor, la négritude est « l'ensemble des valeurs culturelles de l'Afrique noire » et « un fait, une culture. C'est l'ensemble des valeurs économiques, politiques, intellectuelles, morales, artistiques et sociales des peuples d'Afrique et des minorités noires d'Amérique, d'Asie et d'Océanie. » Le mouvement est portée par une revue, fondée en 1947, Présence africaine[31].

La négritude est critiquée, parfois violemment, dès la génération d'écrivains africains suivante[32], en particulier par les anglophones[33], mais son influence se poursuit et reste forte, surtout chez les francophones[34], au moins jusqu'aux années 1980[35].

Au-delà de la négritude[modifier | modifier le code]

Les décennies 1950 et 1960 voient l'essor du roman africain d'expression française avec l'aide des maisons d'édition françaises[36].

Par la suite, et particulièrement à partir des années 1990, cette littérature « se diversifie tant sur le plan thématique que sur celui de l’esthétique et de l’écriture[37] » et elle entend explicitement se dégager de son caractère identitaire et revendicatif et aspire à être une littérature se devant de n'être considérée qu'au seul critère de ses qualités intrinsèques[38],[39].

Tendances actuelles[modifier | modifier le code]

À partir de 2010, un nouvel engouement se fait sentir, dont témoigne la multiplication des concours et autres initiatives littéraires à travers le continent. Ainsi, en 2012, le Salon international du livre d'Abidjan est-il relancé après huit ans d'éclipse[40], en 2013 se créent les Grands prix des associations littéraires[41], en 2014 est lancé, au Tchad, le festival Le souffle de l'harmattan[42].

La littérature en portugais[modifier | modifier le code]

La littérature lusophone en Afrique se trouve principalement en Angola et en Mozambique, les deux provinces portugaises d'autrefois.

La littérature angolaise provient du XIXe siècle. La diversité de la culture d'Angola se reflète dans la diversité de sa littérature, ce qui traditionalement était combative et satirique. Comme colonie de Portugal, Angola est un pays lushopone. La plupart des auteurs écrit en portugais, mais il y a plusieurs tribus distincts et le portugais n'est pas la première langue de chaque angolais.

En 2006, l'écrivain angolais José Luandino Vieira gagna le prix Camões, mais il le refusa pour « des raisons personnelles et intimes »[43],[44]. Agostinho Neto, le premier président d'Angola, était lui-même un poète illustre[45]. Autres écrivains angolais célébrés sont Viriato da Cruz, Antonio Jacinto, Oscar Ribas, Mario Antonio, Arlindo Barbeitos, Henrique Abranches, Pepetela, et Botelho de Vasconcelos.

Quant au Mozambique, on trouve là-bas les romanciers Paulina Chiziane, Mia Couto, Lina Magaia, Orlando Marques de Almeida Mendes, et Lília Momplé ; les nouvellistes Luis Bernardo Honwana et Ungulani Ba Ka Khosa ; et les poètes José Craveirinha et Noémia de Sousa[46],[47].

La littérature en anglais[modifier | modifier le code]

Olaudah Equiano, écrivain anglophone d'Afrique.

Les œuvres en anglais les plus connues qui viennent de l'époque de colonisation sont en général des narrations d'esclavage, pour exemple The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano (1789) de l'affranchi éponyme ou le moins connu mais également excellent Autobiography of Nicholas Said. Olaudah Equiano devint une figure influente de l'abolition de l'esclavage.

En 1911, le ghanéen Joseph Ephraim Casely-Hayford publia ce qui est probablement le premier roman africain anglophone, Ethiopia Unbound: Studies in Race Emancipation. Pendant la même période, des pièces de théâtre commença apparaître. En 1935, Herbert Isaac Ernest Dhlomo d'Afrique du Sud publia la première pièce anglophone d'Afrique, The Girl Who Killed to Save: Nongqawuse the Liberator. En 1962, Ngugi wa Thiong'o de Kenya écrivit le premier drame d'Afrique d'Est, The Black Hermit, une histoire d'avertissement contre le tribalisme (le racisme entre les tribus africains).

En 1986, Wole Soyinka devint le premier écrivain africain après les indépendances qui gagna le prix Nobel en littérature. (Le francophone Albert Camus, né en Algérie, eut gagné le prix en 1957.) En 1991, une autre anglophone, Nadine Gordimer, gagna le même prix ; et en 2003, l'anglophone J. M. Coetzee le gagna aussi[48]. Nadine Gordimer et J. M. Coetzee étaient les deux sud-africains ; ils combattirent l'apartheid.

La littérature en swahili[modifier | modifier le code]

En Tanzanie, le swahili est devenu la langue officielle en 1966 ; ce pourquoi la littérature anglaise n'a pas eu un grand impact dans le pays. La poésie en swahili avait déjà une tradition ancienne qui s'étend sur des centaines d'années auparavant. Le manuscrit le plus ancien nous étant parvenu date du XVIe siècle et serait écrit dans un dialecte du kiswahili du Nord proche du kiamu, mais dans un état évidemment ancien. L'un des grands innovateurs est Shaaban Robert, qui en 1934 a commencé à écrire dans un style traditionnel sur les sujets tels que le colonialisme et le nationalisme. Il a écrit aussi des romans : Kufikirika (1946) et Kusadikika (1951)[49].

La première œuvre en prose moderne en swahili vint en 1934, avec le livre Uhuru wa watumwa de James Juma Mbotela. Il fut bientôt traduit en anglais et a été saluée par les Britanniques comme un travail pionnier, tandis que les indigènes étaient plus indifférents, et l'a considéré comme trop favorable au pouvoir colonial. Ces dernières années, l'authenticité du livre a même été remise en question[50].

Le traducteur de la Bible Aniceti Kitezera créa en 1945 un volumineux roman dans la langue kikerewe. Il ne pouvait pas trouver un éditeur qui voulait publier l'œuvre, et a commencé à s'auto-traduire en swahili. En 1981 la traduction et le travail étaient effectué. Bwana na Bibi Myombekere Bugonoka na na Ntulanalwo Bulihwali ("M. et Mme Myombekere Bugonoka et Ntulanalwo et Bulihwali») est alors un roman de plus de mille pages sur les enfants de trois générations et est une des œuvres littéraires les plus importantes dans toutes les langues africaines.

Mathias E. Mnyampala (1917-1969) fut un juriste, historien et poète qui participa de façon significative au décrochage ethnique de la littérature d'expression swahilie, en poésie en particulier. D'origine ni insulaire, ni côtière, ni swahilie et né dans la région de Dodoma au centre de la Tanzanie, il parvient à devenir un maître des formes classiques de la poésie des Swahilis du rivage occidental de l'océan indien. Par son œuvre se laisse entrapercevoir une puissante dynamique de diffusion à l'échelle continentale du kiswahili et de ses lettres classiques. Elle comprend plus de vingt-cinq livres dont une anthologie[51] de ses poèmes, des traités d'histoire de sa région natale[52], de la langue swahilie, des poèmes religieux et politiques. Mathias E. Mnyampala a aussi rédigé son autobiographie[53] à la fin de sa vie. Militant du socialisme tanzanien ujamaa na kujitegemea et grand patriote, il sera jusqu'en 1966 le président de l'association nationale des poètes ou UKUTA "le rempart" qui avait pour charge la diffusion de la langue officielle par la poésie.

Reconnaissances[modifier | modifier le code]

L'Afrique compte quatre lauréats du prix Nobel de littérature[54] : Wole Soyinka, 1986, nigérian, d'expression anglaise ; Naguib Mahfouz, 1988, égyptien, d'expression arabe ; Nadine Gordimer, 1991, Sud-Africaine, d'expression anglaise. J.M. Coetzee, d'expression anglaise, originaire d'Afrique du Sud, naturalisé australien en 2006, reçoit le prix Nobel en 2003[55].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Prolégomènes, 3e partie, Ed. Quatremère, trad. de Slane, p. 89-90-125
  2. "Saint Augustin et le problème de la survivance punique", Revue Africaine, 94, 1950, p. 239-282.
  3. Melakneh Mengistu, Map of African littérature, Branna, 2005
  4. Claude Sumner, L'éthique en philosophie éthiopienne: les normes de la moralité, Éthiopiques n°36, 1er semestre 1984 - vol. 2 n° 1 [lire en ligne]
  5. (en) Matthias Schulz et Anwen Roberts, « The Rush to Save Timbuktu's Crumbling Manuscripts  », Der Spiegel,‎ (lire en ligne).
  6. AFP, « Les lauréats africains du prix Nobel », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. a et b (en) African literature, The Columbia Electronic Encyclopedia, 6e éd., Columbia University Press [1]
  8. George Joseph, op. cit. pp. 306-310
  9. Hage 2009, p. 82.
  10. Jean-Marie Seillan, « La (para)littérature (pré)coloniale à la fin du XIXe siècle », Romantisme, no 139,‎ , p. 33-45 (36-37) (DOI 10.3917/rom.139.0033)
  11. « Introduction aux discours coloniaux », Université de la Réunion
  12. Jean-François Durand, « Littératures coloniales, littératures d'Empire ? », SIELEC
  13. Kesteloot 2012, p. 45-53.
  14. Bernard Magnier, « Remember Mongo Béti », RFI,‎
  15. Ooupoh Bruno Gnaoulé, « Histoire littéraire et littératures africaines », Les cahiers du GRELCEF, no 7,‎ , p. 74 (lire en ligne)
  16. « Le Prix Redaudot. 1968 Yambo Oualoguem », sur museerenaudot.com
  17. « Yambo Oualoguem, l'enfant terrible des lettres francophones », Émission Grand Angle, TV5 Monde,‎
  18. « Prix Renaudot 1968, le Devoir de violence avait disparu sous les polémiques qu'il avait déclenchées. Ce classique introuvable est désormais disponible », L'Humanité,‎ (lire en ligne)
  19. Sénamin Amedegnato, « L'autopsie d'un « plagiat » : Le devoir de violence (Yambo Ouologuem) vs Le dernier des justes (André Schwartz-Bart) » (Actes du colloque international 16-17 juin 2000), Traverses, Université Paul Valéry, Montpellier III, no 2 « Langues en contact et incidences subjectives »,‎ (lire en ligne)
  20. Colloque 2005, p. 455.
  21. « Les grands auteurs africains de langue française », Afrique contemporaine, no 241,‎ , p. 116-117 (DOI 10.3917/afco.241.0116, lire en ligne)
  22. « La littérature africaine francophone, de 1950 à nos jours », sur abebooks.fr
  23. Sélim Lander, « Qui était vraiment René Maran, le premier Goncourt Noir ? », sur mondesfrancophones.com,‎
  24. Jacques Chevrier, « L’itinéraire de la contestation en Afrique noire », Le Monde diplomatique,‎ , p. 24 (lire en ligne)
  25. a et b Camille Poirier, « Goncourt oubliés 4 : René Maran, 1921 », L'Express,‎ (lire en ligne)
  26. Maurice Guimendego, « Le roman Batouala de René Maran : portrait satirique du colonisateur ou materia prima pour l'histoire ? », Francofonia, Université de Cadix, no 10,‎ , p. 61-77 (lire en ligne)
  27. Didier Amela, « Vers un renouvellement de l'écriture romanesque dans la littérature francophone d'Afrique subsaharienne : La polka de Kossi Efoui », Éthiopiques, no 77,‎ 2e semestre 2006 (lire en ligne)
  28. Lilyan Kesteloot, Histoire de la littérature négro-africaine, L'Harmattan, (lire en ligne), p. 57
  29. « Aimé Césaire, le courant de la négritude », sur assemblee-nationale.fr.
  30. Amadou Oury Ba, « « L’émotion est nègre, comme la raison est hellène » : d'une philosophie organologique allemande vers sa récupération en Afrique occidentale », Éthiopiques, no 81,‎ 2e semestre 2008.
  31. Hage 2009, p. 93.
  32. « Négritude », dans Encyclopédie Larousse en ligne (lire en ligne)
  33. Hage 2009, p. 102.
  34. Denise Brahimi, Langues et littératures francophones, Ellipses, , p. 32
  35. « Aimé Césaire et le mouvement de la négritude », RFI,‎
  36. Hage 2009, p. 96-97.
  37. Tirthankar Chanda, « Les indépendances au miroir des littératures africaines », RFI,‎
  38. Kesteloot 2012, résumé.
  39. « La littérature africaine en français cinquante ans après les indépendances », Bibliothèque nationale de France,‎
  40. Milton Kwami, « Côte d'Ivoire. Salon international du livre d'Abidjan - Le ministre de la culture lance l'évènement », sur africanouvelles.com,‎
  41. « Les Grands Prix des Associations Littéraires. Règlement du concours », sur musanostra.fr.
  42. « Le festival « Le souffle de l’Harmattan » 3e édition ça sera du 14 au 17 décembre », sur tchadinfos.com,‎
  43. Angolan author Vieira refuses Portugal's top literature award (lire en ligne)
  44. Angolan writer turns down Portuguese-language literature prize (lire en ligne)
  45. Agostinho Neto : poète et homme politique angolais, numéro spécial de Latitudes, nos 41-42, 2012, 144 p.
  46. Simon Gikandi, ed., Encyclopedia of African Literature, Routledgen 2002. (ISBN 978-0415230193)
  47. Douglas Killam & Ruth Rowe, eds., The Companion to African Literatures. James Currey & Indiana University Press; 2000. (ISBN 0-253-33633-3)
  48. Notice bibliographique sur J.M. Coetzee sur le site de l'Académie suédoise
  49. Norström Ridæus (1995), s. 13-14.
  50. Norström Ridæus (1995), s. 14.
  51. Mnyampala, M. E. (1963). Diwani ya Mnyampala (Vol. 5). East African Literature Bureau.
  52. Mnyampala, M. E. (1954). Historia, mila, na desturi za Wagogo wa Tanganyika. Eagle Press.
  53. Mnyampala, M. E. (2013). Maisha ni kugharimia. DL2A - BULUU PUBLISHING. France. ISBN 9791092789027. 112 p.
  54. Hélène d'Almeida-Topor, L'Afrique du 20° siècle à nos jours, Armand Colin, coll. « U », , epub, chap. 12, empl. 7666
  55. « La vie après un Nobel. L'écrivain discret et constant J. M. Coetzee, 74 ans, Sud-Africain naturalisé Australien en 2006 Prix Nobel de littérature en 2003 », La Croix,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Véronika Görög-Karady, Littérature orale d'Afrique noire : bibliographie analytique, Paris, G.-P. Maisonneuve et Larose, (réimpr. 1992, Conseil international de la langue française) (ISBN 2-7068-0819-5)
  • Lilyan Kesteloot, Anthologie négro-africaine. Histoire et textes de 1918 à nos jours, Vanves, EDICEF, , nouvelle éd., 555 p.
  • 1960-2004, bilan et tendances de la littérature négro-africaine (Actes du colloque international, Lubumbashi, 26-28 janvier 2005), Presses universitaires de Lubumbashi - Agence universitaire de la Francophonie, 875 p. (lire en ligne)
  • Julien Hage, « Les littératures francophones d’Afrique noire à la conquête de l’édition française (1914-1974) », Gradhiva, no 10,‎ , p. 80-105 (DOI 10.4000/gradhiva.1523, lire en ligne)
  • Lilyan Kesteloot, « La littérature négro-africaine face à l'histoire de l'Afrique », Afrique contemporaine, no 241,‎ (DOI 10.3917/afco.241.0043, lire en ligne)
  • (en) Reuben Makayiko Chirambo et J.K.S. Makokha, Reading contemporary African literature: critical perspectives, Amsterdam, New York, Rodopi, , 443 p. (ISBN 978-90-420-3675-8)
  • (en) Bernth Lindfors et Geoffrey V. Davis, African literatures and beyond: a florilegium, Amsterdam, New York, Rodopi, , 428 p. (ISBN 978-90-420-3738-0)
  • (en) Nicki Hitchcott (dir.) et Dominic Thomas (dir.), Francophone Afropean literatures, Liverpool University Press, , 232 p. (ISBN 978-1-78138-034-5)
  • Abdoulaye Imorou, La littérature africaine francophone : mesures d'une présence au monde, Dijon, Éd. universitaires de Dijon, , 277 p. (ISBN 978-2-36441-093-0)
  • (en) Madhu Krishnan, Contemporary African literature in English: global locations, postcolonial identifications, Basingstoke, New York, Palgrave Macmillan, , 222 p. (ISBN 978-1-13-737832-3)
  • Tirthankar Chanda, « Littérature africaine : de la négritude à l'« écritude » avec Alain Mabanckou », RFI,‎

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]