Olaudah Equiano

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Olaudah Equiano
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Biographie
Naissance
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Isseke (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Activité
écrivain, autobiographe, marin, abolitionniste
Conjoint
Susan Cullen
Enfant
Joanna Vassa (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Statuts
Affranchi (en) (depuis ), esclave (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Domaine
abolition de l'esclavage et de la traite négrière
Membre de
Genres artistiques
Autobiographie, critique sociale (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Œuvres principales
The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Olaudah Equiano, né en 1745 à Isseke, dans l'ancien royaume du Bénin au sud-est de l'actuel Nigeria, et mort dans le quartier de Londres, Westminster, le , plus connu en son temps sous le nom de Gustave Vassa (ou Vasa), est un esclave affranchi (c'est l'un des premiers esclaves à avoir survécu à l'esclavage et à avoir réussi à s'en sortir), marin et écrivain britannique calviniste, qui vécut principalement dans les colonies britanniques d'Amérique et au Royaume-Uni. Il a connu la notoriété internationale par la publication de son autobiographie The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, livre qui, directement ou indirectement, a influencé l’écriture d'autobiographies rédigées par des écrivains afro-américains tels que Frederick Douglass, Booker T. Washington, Zora Neale Hurston, Martin Luther King, Malcolm X et Maya Angelou. Il fait partie des premiers écrivains noirs déportés dans la Nouvelle Angleterre avec Phillis Wheatley et Jupiter Hammon. Il fut une figure importante de l'abolition de l'esclavage et de la traite négrière au Royaume-Uni.

Biographie[modifier | modifier le code]

Page de garde de The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa the African, written by himself (1789).

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Selon son autobiographie[1], Equiano, fils d'une famille igbo aisée, à ses onze ans, lui et sa sœur sont enlevés par des brigands africains, après des péripéties il est séparé de sa sœur et vendu à des marchands d'esclaves qui le livrent à des négriers qui le conduisent sur les côtes américaines où il est acheté par un planteur de la Virginie. Il devient l'esclave d'un officier de la Royal Navy, le lieutenant Michael Henry Pascal qui lui donne par dérision un nom dérivé de celui du roi de Suède Gustave Vasa Gustavus Vassa. Il sera au service de Michael Henry Pascal, faisant office de domestique et d'homme à tout faire. Son maître lui donne une éducation qui lui permet de savoir lire et écrire. Grâce à son maître, il voyage un peu partout dans le monde. En 1763, il est vendu à Robert King, un quaker de Philadelphie, ce dernier remarque les capacités de Gustavus Vassa, et l'affranchit en 1766, en payant les 40 £ de frais de la manumission.[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il exerça la fonction de barbier à Londres en 1767, avant de s'embarquer à nouveau pour rejoindre successivement la Nouvelle-Angleterre, la Turquie, le Portugal, l'Italie, la Jamaïque, la Grenade, le Nicaragua et les régions arctiques au sein de diverses expéditions menées par le docteur Charles Irving[11],[12]. C'est au cours de ses nombreux voyages qu'il a pu observer les traites négrières[6]

Il devint une figure influente de l'abolition de l'esclavage et accompagna l'installation des premiers anciens esclaves noirs jusqu'à Freetown au Sierra Leone[13]. La lutte n'était pas toujours couronnée de succès. Ainsi, en 1783, avec Granville Sharp, il chercha à faire avancer la cause abolitionniste en faisant valoir le fait qu'un esclave n'était pas, sur un navire, une « marchandise » comme les autres[14]. En effet, le propriétaire du navire négrier Zong, dont le capitaine avait été « contraint » en 1781 de jeter à la mer sa cargaison de 132 esclaves touchée par une épidémie[15] afin d'éviter la contagion, s'adressait aux tribunaux britanniques pour déterminer s'il était légitime qu'il soit indemnisé par son assurance comme on pouvait l'être en pareil cas quand il s'agissait d'animaux. Malgré les efforts d'Equiano et de Sharp, le Lord Chief Justice, Mansfield, conclut que, « si choquant que ce fût, le cas des esclaves était exactement assimilable à celui des chevaux[14]. »

À la demande des abolitionnistes, Olaudah Equiano publia en 1789 son autobiographie, sous le titre The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa the African, written by himself, l'un des très rares témoignages direct des traites négrières par un de ceux à l'avoir vécu en tant qu'esclave[15]. Il y raconte le déchirement qu'a été la séparation d'avec sa famille, sa peur d'enfant, les conditions de sa vie d'esclave. Ce témoignage fut largement utilisé par les mouvements abolitionnistes britanniques et sa diffusion contribua fortement à la célébrité de l'ancien esclave.

Ainsi, on connaît d'Equiano un portrait qu'il fit exécuter vers 1780[16]. Il y est représenté encore jeune homme, en habit rouge et perruque. Le fait que ce portrait ait longtemps été attribué à un peintre de la haute société anglaise du XVIIIe siècle, Joshua Reynolds, est un indice de sa célébrité à la fin de sa vie[13]. Ce portrait est toutefois aujourd'hui considéré être celui d'Ignatius Sancho, peint par Allan Ramsay[17].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1790, il épouse une britannique Susan Cullen[6].

Olaudah Equiano meurt le à Londres (quartier de Westminster) laissant derrière lui sa veuve et leurs deux filles[3],[7],[18].

Olaudah Equiano est inhumé au Cimetière d'Abney Park de Londres[19].

Œuvre (autobiographie et correspondance)[modifier | modifier le code]

  • The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano, or Gustavus Vassa, the African (New York: W. Durrell, 1791).
    (en) Olaudah Equiano, The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano: Written by Himself, Boston, Bedford/St. Martin's, 1789, rééd. 7 avril 2006, 260 p. (ISBN 9780312442033, lire en ligne).
  • (fr) Olaudah Equiano, Ma véridique histoire. 1790, Mercure de France, , traduction en français de The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano.
  • (en) Olaudah Equiano, The Letters and Other Writings of Gustav Vassa, Markus Wiener Publishers, , 304 p. (ISBN 9781558765580),

Archives[modifier | modifier le code]

Les archives d'Olaudah Equiano sont déposées et consultables à la British Library (Bibliothèque nationale du Royaume-Uni)[18].

Héritage[modifier | modifier le code]

Son autobiographie a inauguré un style qui est celui de la narration des esclaves fugitifs inspirant de près ou de loin les récits de Frederick Douglass, Mary Prince, William Wells Brown, Henry Bibb , Sojourner Truth, Solomon Northup, Ellen et William Craft[20],[21] et trouve un écho dans les autobiographies d'écrivains contemporains comme Maya Angelou[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les origines d'Olaudah Equiano sont controversées. Vincent Carretta avance ainsi qu'il serait né en Amérique du Nord de parents esclaves. Vincent Carretta, Equiano the African. Biography of a Self-Made Man, Athens, Georgia, University of Georgia Press, p. XIV-XV, cité dans Edmond Dziembowski et Michel Rapoport, Le débat sur l'abolition de l'esclavage, Grande-Bretagne 1787-1840, Atlande, 2009, p. 248.
  2. (en-GB) « BBC - History - Olaudah Equiano », sur www.bbc.co.uk (consulté le )
  3. a et b (en) « Olaudah Equiano | Biography, Summary, Book, Autobiography, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  4. (en-US) Benjamin Griffith Brawley, Early Negro American Writers, University of North Carolina Press, 1 janvier 1935, rééd. 1976, 1 mars 2013, 316 p. (ISBN 9781469609232, lire en ligne), p. 56
  5. (en) Olaudah Equiano, The Life of Olaudah Equiano, Dover Publications, 1789, rééd. 26 janvier 1999, 196 p. (ISBN 9780486406619, lire en ligne), p. 23-36
  6. a b et c (en-US) « Olaudah Equiano | Encyclopedia.com », sur www.encyclopedia.com (consulté le )
  7. a et b (en-US) « Olaudah Equiano in Georgia », sur New Georgia Encyclopedia (consulté le )
  8. (en) « Olaudah Equiano (c.1745-1797): The Former Slave, Seaman & Writer: The Abolition of Slavery Project », sur abolition.e2bn.org (consulté le )
  9. (en-US) Benjamin Griffith Brawley (dir.), Early Negro American Writers, University of North Carolina Press, 1 janvier 1935, rééd. 1mars 2013, 326 p. (ISBN 9781469609232, lire en ligne), p. 56
  10. (en-US) « Olaudah Equiano (c.1745-1797): The Former Slave, Seaman & Writer: The Abolition of Slavery Project », sur abolition.e2bn.org (consulté le )
  11. (en) « Equiano's World », sur equianosworld.org (consulté le )
  12. (en-US) « Olaudah Equiano, b. 1745 », sur Bibliothèque de l'université de la Caroline du Nord à Chapel Hill
  13. a et b Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les traites négrières », Documentation photographique, no 8032, mars-avril 2003, p. 46.
  14. a et b Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières : essai d'histoire globale, Gallimard, 2004, p. 235.
  15. a et b Nelly Schmidt, L'Abolition de l'esclavage : cinq siècles de combats XVIe – XXe siècle, Fayard, Paris, 2005, p. 138.
  16. Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les traites négrières », Documentation photographique, no 8032, mars-avril 2003, p. 47.
  17. (en-GB) BBC, « Trading faces », sur www.bbc.co.uk (consulté le )
  18. a et b (en-GB) « The Life of Olaudah Equiano », sur The British Library (consulté le )
  19. « Olaudau Equiano (1745-1797) - Mémorial Find a... », sur fr.findagrave.com (consulté le )
  20. (en) « Slave narrative | American literature », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  21. (en-US) « Slave Narratives », sur New Georgia Encyclopedia (consulté le )
  22. (en-US) « Slavery Narratives », sur MoAD Museum of African Diaspora (consulté le )

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Anglophone[modifier | modifier le code]

Notices dans des encyclopédies et manuels de référence[modifier | modifier le code]
Essais[modifier | modifier le code]
  • (en-US) Angelo Costanzo, Surprizing Narrative: Olaudah Equiano and the Beginnings of Black Autobiography, Praeger, , 156 p. (ISBN 9780313256332),
  • (en-US) Olaudah Equiano, Ann Cameron, The Kidnapped Prince: The Life of Olaudah Equiano, New York, Knopf Books for Young Readers, , 160 p. (ISBN 9780679856191, lire en ligne),
  • (en) James Walvin, An African's life: the life and times of Olaudah Equiano, 1745-1797, Continuum International Publishing Group, 2000,
  • (en-US) Robert Hume (ill. Cheryl Ives), Equiano: The Slave with the Loud Voice, Stone Publishing House, , 180 p. (ISBN 9780954990916, lire en ligne),
Articles[modifier | modifier le code]
  • (en-US) S. E. Ogude, « Facts into Fiction: Equiano's Narrative Reconsidered », Research in African Literatures, Vol. 13, No. 1,‎ , p. 31-43 (13 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Susan M. Marren, « Between Slavery and Freedom: The Transgressive Self in Olaudah Equiano's Autobiography », PMLA, Vol. 108, No. 1,‎ , p. 94-105 (12 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Katalin Orban, « Dominant and Submerged Discourses in The Life of Olaudah Equiano (or Gustavus Vassa?) », African American Review, Vol. 27, No. 4,‎ , p. 655-664 (10 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Adam Potkay, « Olaudah Equiano and the Art of Spiritual Autobiography », Eighteenth-Century Studies, Vol. 27, No. 4,‎ , p. 677-692 (16 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Akiyo Ito, « Olaudah Equiano and the New York Artisans: The First American Edition of "The Interesting Narrative of the Life of Olaudah Equiano », Early American Literature, Vol. 32, No. 1,‎ , p. 82-101 (20 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Tanya Caldwell, « "Talking Too Much English": Languages of Economy and Politics in Equiano's "The Interesting Narrative" », Early American Literature, Vol. 34, No. 3,‎ , p. 263-282 (20 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Íde Corley, « The Subject of Abolitionist Rhetoric: Freedom and Trauma in "The Life of Olaudah Equiano" », Modern Language Studies, Vol. 32, No. 2,‎ , p. 139-156 (18 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Samantha Manchester Earley, « Writing from the Center or the Margins? Olaudah Equiano's Writing Life Reassessed », African Studies Review, Vol. 46, No. 3,‎ , p. 1-16 (16 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Douglas Anderson, « Division below the Surface: Olaudah Equiano's "Interesting Narrative" », Studies in Romanticism, Vol. 43, No. 3,‎ , p. 439-460 (22 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Vincent Carretta, « A New Letter by Gustavus Vassa/Olaudah Equiano? », Early American Literature, Vol. 39, No. 2,‎ , p. 355-361 (7 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Ross J. Pudaloff, « No Change without Purchase: Olaudah Equiano and the Economies of Self and Market », Early American Literature, Vol. 40, No. 3,‎ , p. 499-527 (29 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Michael Wiley, « Consuming Africa: Geography and Identity in Olaudah Equiano's "Interesting Narrative" », Studies in Romanticism, Vol. 44, No. 2,‎ , p. 165-179 (15 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) James H. Sweet, « Mistaken Identities? Olaudah Equiano, Domingos Álvares, and the Methodological Challenges of Studying the African Diaspora », The American Historical Review, Vol. 114, No. 2,‎ , p. 279-306 (28 pages) (lire en ligne),
  • (en-US) Andrew Kopec, « Collective Commerce and the Problem of Autobiography in Olaudah Equiano's "Narrative" », The Eighteenth Century, Vol. 54, No. 4,‎ , p. 461-478 (18 pages) (lire en ligne),

Francophone[modifier | modifier le code]

  • Carmen Bernand, In "Au miroir de l'anthropologie historique. Mélanges offerts à Nathan Wachtel" : L'Inca platonicien et l'Africain éclairé, Garcilaso de la Vega, Olaudah Equiano et la Terre Promise, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne), p. 53-62
  • Ann Cameron (trad. de l'anglais), Le prince esclave, Évreux, Rageot, coll. « Cascade », , 170 p. (ISBN 2-7002-2780-8)
    Adaptation de la biographie de Olaudah Equiano par Ann Cameron.
  • Nelly Schmidt, L'Abolition de l'esclavage. Cinq siècles de combats XVIe – XXe siècle, Paris, Fayard, , p. 137
  • Arlette Frund, Écritures d'esclaves : Phillis Wheatley & Olaudah Equiano, figures pionnières de la diaspora africaine américaine, Paris, Michel Houdiard Éditeur, , 116 p. (ISBN 978-2-912673-48-0 et 2-912673-48-8)
  • Marcus Rediker, À bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, Seuil, , 548 p. (ISBN 978-2-02-109290-5 et 2-02-109290-9)
    Traduit de l'anglais.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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