Charles Cousin-Montauban

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Charles Cousin-Montauban
Charles Cousin-Montauban, comte de Palikao.
Charles Cousin-Montauban, comte de Palikao.
Fonctions
Chef du Cabinet
et Ministre de la Guerre
(chef du gouvernement)

(25 jours)
Monarque Napoléon III
Gouvernement Cousin-Montauban
Législature IVe législature
Prédécesseur Émile Ollivier
Successeur Louis Jules Trochu
(président du gouvernement de la Défense nationale)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris, France
Date de décès (à 81 ans)
Lieu de décès Paris, France
Nationalité française
Conjoint Elizabeth Victorine Thurot
Profession Militaire

Charles Cousin-Montauban
Présidents du Conseil des ministres français

Charles Guillaume Marie Apoline Antoine Cousin-Montauban, comte de Palikao, né le à Paris où il est mort le , est un général et homme d'État français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Charles Guillaume Marie Apoline Antoine est le fils de Jean Antoine Cousin et d'Adélaïde Delaunay ainsi que le petit fils du général Delaunay (1736-1825).

En 1814, âgé de 18 ans, il est nommé garde de corps du comte d'Artois sous le nom de Charles Cousin de Montauban. Pendant les Cent-Jours il rejoignit l'armée des Émigrés et resta attaché à la cause des Bourbons. Formé à l’École d'instruction des troupes à cheval de Saumur, il participa en 1823 comme lieutenant volontaire à la guerre d'Espagne, engagée pour restaurer la monarchie absolue dans ce pays.

Après l'avènement de Charles X en 1824, il continua sa carrière et intégra le prestigieux 1er régiment de Grenadiers à cheval de la Garde royale. Mais sa fâcheuse habitude de contracter des dettes le fit un temps révoquer. Il est alors marié et père de trois enfants. En 1830, volontaire pour l'Expédition d'Alger, il est réintégré dans l'armée, y confortant dès lors sa carrière[1].

Conquête de l'Algérie[modifier | modifier le code]

Durant la conquête de l'Algérie, il fut lieutenant au 2e chasseurs d'Afrique en 1831, capitaine en 1833, puis chef d'escadron aux Spahis réguliers d'Oran en 1836. Il fut nommé lieutenant-colonel le et colonel au 2e chasseurs le [2]. C’est entre ses mains qu’Abd el-Kader fit sa soumission le  : La Moricière n’arriva que quelques instants après.

Il devint général de brigade le 21 septembre 1851 et commanda la subdivision de Mostaganem. Dans les derniers jours de novembre 1853, il se rendit avec quelques troupes de réserve à Aïn ben-Khelil où il obtint la soumission des Hammian, des Maïas et des autres tribus qui avaient suivi deux chefs insurgés, El-Gourari et Sidi-ben-Tayeb.

Général de division depuis le , il commanda la division d'Oran. Rappelé en France, il fut mis à la tête de la 21e division militaire, dite La Rouge, dont le siège était à Limoges[3].

Expédition de Chine[modifier | modifier le code]

Pillage de l'ancien palais d'été en 1860.

En 1860, le général Cousin-Montauban fut investi du commandement en chef des troupes françaises de l’expédition de Chine, entreprise conjointement avec l’Angleterre depuis 1857. Le , les Franco-Britanniques dispersèrent les Chinois près du pont de Palikao. Les opérations se poursuivirent par le sac du Palais d'Été, la prise de Pékin et la défaite de l'Empire de Chine. Il fut alors élevé à la dignité de Grand-croix de la Légion d'honneur (26 décembre 1860[4])

Article connexe : Bataille de Palikao.

Son nom, à l'origine Cousin, devint Cousin-Montauban suivant jugement rendu le 24 février 1844 par le tribunal civil de première instance de la Seine. Puis en 1863, un texte de Napoléon III proclama : Nous autorisons le Général Cousin-Montauban à se nommer Cousin de Montauban. Le titre de comte de Palikao passera héréditairement à ses enfants légitimes et à naître[5]. Ce titre lui a été décerné par l'Empereur après les succès de l'expédition de Chine[6]. En 1870, une ville fut créée en Algérie sous le nom de Palikao pour lui rendre hommage. Cousin-Montauban avait épousé Élisabeth Victorine Thurot en 1822, à Chambourcy (Yvelines)[7].

Château du Cosquer, résidence des comtes de Palikao, Combrit, Finistère, France

Commandement en Métropole (1869)[modifier | modifier le code]

À cette date, Cousin de Montauban avait le commandement du 4e corps d'armée à Lyon, qui comprenait 24 départements et 10 divisions militaires. La fusillade de La Ricamarie eut lieu le . La troupe, dirigée par le capitaine Gausserand, tira sur des mineurs en grève, tuant plus de dix personnes et faisant de nombreux blessés[8].

Guerre franco-prussienne (1870)[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, l’impératrice régente le chargea le 9 août 1870 de la constitution d’un nouveau cabinet, dont il prit la direction avec le portefeuille du ministère de la guerre. Montauban constata avec amertume la mauvaise organisation de l'armée. Il s'occupa d'accélérer les marchés d'armes et envisagea la défense de la capitale, mais il n'eut aucune maîtrise sur les combats, engagés par Napoléon III et dirigés par les maréchaux Bazaine et Mac-Mahon. Ceux-ci disposaient de fusils Chassepot performants mais pas de réserves suffisantes de munitions.

La défaite de Sedan et la capitulation de Napoléon III entraînèrent la chute du Second Empire, la proclamation de la République le et la fin de la carrière militaire du général Cousin de Montauban. Il n'a joué aucun rôle pendant la Commune, n'étant pas dans l'armée active versaillaise.

Décorations[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Écartelé : au 1, d'azur, à une épée d'argent, garnie d'or (quartier des Comtes-Militaires) ; au 2, d'argent, à la fasce de gueules, acc. en chef de deux merlettes de sable et en pointe d'une molette du même (Delaunay Page d'aide sur l'homonymie) ; au 3, d'argent, au chevron de gueules, acc. en chef de deux merlettes de sable et en pointe d'un croissant versé du même (souvenir des campagnes d'Algérie) ; au 4, d'azur, à une croix latine d'argent, terrassée de sinople (souvenir du rétablissement du culte catholique en Chine). Sur le tout d'or à un pont d'une seule arche de sable, maçonné d'argent, criblé de boulets (représentation du pont de Palikao)[9],[10].

Supports
deux lions, au naturel.
Devise 
« DEO, IMPERATORI ET PATRIAE. »

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels de Charles Cousin-Montauban sont conservés aux Archives nationales sous la cote 682AP[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie Peltier, Le Général Charles Cousin de Montauban Comte de Palikao, Paris, Chirat, , 134 p. (ISBN 9782746686526)
  2. SHD Vincennes
  3. Philippe Grandcoing, historien
  4. « Notice no LH/618/85 », base Léonore, ministère français de la Culture
  5. Archives nationales MC ET/XLIV/1243 et 682 AP/1-682 AP/4
  6. Sitemestre, « Le général Cousin-Montauban, comte de Palikao », sur www.napoleontrois.fr (consulté le 22 mai 2011)
  7. Archives municipales de Chambourcy
  8. " L’Éclaireur " 17 juin 1869
  9. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen, 1884-1887
  10. « Héraldique - Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments », Co, sur www.euraldic.com (consulté le 22 mai 2011)
  11. Archives nationales.

Liens externes[modifier | modifier le code]