Edmond Le Bœuf

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Edmond Le Bœuf
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Fonctions
Sénateur
-
Major général
Armée du Rhin
Ministre de la Guerre
-
Aide de camp
Napoléon III
depuis
Conseiller général de l'Orne
-
Biographie
Naissance
Décès
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BailleulVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nationalité
Allégeances
Formation
Activités
Homme politique, militaireVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Arme
Grade militaire
Général de division (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conflits
Commandements
Distinctions
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Edmond Le Bœuf né à Paris le , mort le au château du Moncel à Bailleul dans l'Orne, est un militaire et un homme politique français. Nommé ministre de la Guerre le par Napoléon III, il a été fait maréchal de France et nommé sénateur du Second Empire le .

Ministre de la Guerre durant la guerre franco-prussienne de 1870, il avait alors affirmé : « Nous sommes prêts et archiprêts. La guerre dût-elle durer deux ans, il ne manquerait pas un bouton de guêtre à nos soldats ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jean-Claude Le Bœuf, maître des requêtes au Conseil d'État et directeur de la comptabilité de la grande chancellerie de la Légion d'honneur, il étudia à l’École polytechnique puis à l'École d'application de l'artillerie et du génie de Metz. Nommé lieutenant en 1833 puis capitaine en 1837, il fut envoyé en Algérie. Au cours des expéditions liées à la conquête de l’Algérie, il fut un remarquable officier d'artillerie. Décoré et élevé au rang de chef d’escadron (1846), il revint en France. Affecté à la direction de l’école polytechnique, il fut promu lieutenant-colonel puis colonel en 1852. Nommé général de brigade en Crimée, il commanda l’artillerie du 1er corps au siège de Sébastopol (1854-1855), puis de retour à Paris il devint général de division en 1857.

Lors de la campagne d'Italie de 1859, il est affecté au Grand Quartier Général de l’armée en tant que commandant de l’artillerie sous les ordres du Maréchal Vaillant, Major-Général[1].

Il devint ensuite aide de camp de Napoléon III, puis Président du comité de l’Artillerie de 1864 à 1866. Dès lors, il ne quitta pas le cercle restreint des généraux siégeant aux diverses commissions d’études de l’armée. Ses avis n’y ont pas toujours été judicieux[2],[3]. Parmi les mesures discutables dont il porte la responsabilité, on peut citer la diminution des réglages de distances d’éclatement des obus à shrapnell, principales munitions de l’artillerie de campagne. L’effet sur la précision des batteries françaises au cours de la campagne de 1870 allait en être particulièrement désastreux[2],[4],[5].

En 1866, après la Troisième guerre d'indépendance italienne, l'Autriche due céder la Vénétie à la France, qui la retroceda à l’Italie. Edmond Le bœuf fut délégué impérial lors de la remise de la province au roi Victor Emmanuel.

Au début de 1869, il prend le commandement du VIe corps à Toulouse qu’il quitte huit mois plus tard, devenant ministre de la Guerre suite au décès du maréchal Niel. Confirmé dans sa fonction par le cabinet d’Émile Ollivier, il atteint l’apogée de sa carrière lors de son élévation à la dignité de maréchal et de son entrée au sénat (mars 1870).

Les 12 mois d’activités d’Edmond Le Bœuf à la tête du ministère de la Guerre laissèrent une impression d’inachevée et sont sévèrement jugés par les historiens militaires[2],[6]. Contrairement à son prédécesseur, le maréchal Le bœuf chercha constamment à ménager Napoléon III et à s’éviter tout conflit avec un corps législatif peu enclin à augmenter les dépenses militaires[7],[2]. Selon Charles Thoumas, alors sous ses ordres au bureau de l’artillerie, Edmond Le bœuf n’était pas convaincu de l’imminence d’une guerre avec la Prusse[7]. Il se borna à superviser l’évolution des effectifs en hommes ainsi que la gestion des matériels et munitions[7]. Malheureusement, il ne se soucia guère des aspects techniques liés à leurs acheminements en temps de guerre[6],[8], se reposant trop, pour cela, sur les différents bureaux du ministère[2]. Il prit le contre-pied des mesures de mobilisation de son prédécesseur et laissa la routine se réinstaller dans le ministère[2]. Enfin il ne fit rien pour accélérer l’équipement et la mise sur pied de la garde nationale mobile crée par Niel[9]. Le 19 juin 1870, tout en gardant son portefeuille de la guerre, il fut nommé Major-Général de l'Armée du Rhin, un poste aux contours mal définis sachant que, selon la constitution, le chef de l'armée était Napoléon III[9].

Ses déclarations trop optimistes sur l’état de préparation de l’armée engagent indéniablement sa responsabilité dans la déclaration de la guerre contre la Prusse le 15 juillet 1870[3],[6]. Dès l'entrée en guerre, pris entre un empereur malade et apathique et les principaux chefs de l’armée (Mac-Mahon, Frossard, Bazaine) il ne sut pas imposer l’adoption d’un plan de campagne suffisamment élaboré[2],[6]. Après la pagaille de la mobilisation et les premiers revers face aux Prussiens, Edmond Le Bœuf fut relevé de ses fonctions le 12 août 1870[9].

Lorsque la direction de l’armée fut confiée à Bazaine, il reçut le commandement du IIIe Corps en remplacement du général Decaen, mortellement blessé à Borny. Au cours des combats autour de Metz (16-18 août 1870) et malgré sa bravoure habituelle, il montra les mêmes limites tactiques que la plupart des généraux français, figés dans les certitudes de la campagne d’Italie en 1859[2],[3],[9].

Enfermé dans Metz avec le reste de l’armée, il s’opposa à Bazaine et à toute idée de reddition. Le 29 octobre 1870, il fut emmené en Prusse comme prisonnier de guerre. Libéré après l'armistice du 28 janvier 1871, il fut convoqué en tant que témoin devant deux commissions d'enquête du gouvernement de la IIIe République à la fin de 1871. Il rendit Bazaine seul responsable de la reddition de l'armée du Rhin et ne fut pas inquiété. Il se retira ensuite dans son château du Moncel à Bailleul près d’Argentan dans l'Orne.

Il est enterré à Bailleul, dans sa chapelle personnelle.

Il est le beau-père du général Arsène d'Aubigny (1832-1912).

Sources[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. César Lecat Bazancourt, La Campagne d’Italie de 1859, Paris, Amyot, , Tome 1 & 2
  2. a b c d e f g et h Roland Koch, « L'armée du Rhin: 1870, analyse d’une défaite. », Thèse de doctorat en Histoire militaire et études de défense. Université de Montpellier III.,‎ , p. 519 pages
  3. a b et c (en) Geoffrey Wawro, The Franco-Prussian War : The German Conquest of France in 1870-1871, Cambridge, Cambridge University Press, , 346 p. (ISBN 0-521-61743-X, lire en ligne)
  4. lieutenant-colonel Rouquerol, L’Artillerie dans la bataille du 18 août 1870, Paris, Berger-Levrault,
  5. Léonce Rousset, Histoire générale de la guerre franco-allemande (1870-71), Paris, Jules Tallandier,, , 507 & 492 p.
  6. a b c et d (en) Gary Cox, The Halt in the Mud : French Strategic Planning from Waterloo to Sedan., Westview Press, , 258 p. (ISBN 978-0-367-29277-5)
  7. a b et c général Charles Thoumas, Souvenirs de la guerre 1870-1871., Paris, Tours, Bordeaux, La Librairie Illustrée, , 288 p.
  8. (en) Bryan Perrett, The Changing Face of Battle : From Teutoburger Wald to Desert Storm, Cassell, , 320 p. (ISBN 0-304-35307-8)
  9. a b c et d François Roth, La guerre de 70, Paris, Fayard, , 778 p. (ISBN 2-213-02321-2)