Chadli Bendjedid

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Chadli Bendjedid
شاذلي بن جديد
Illustration.
Portait officiel de Chadli Bendjedid, en .
Fonctions
Président de la République algérienne démocratique et populaire

(12 ans, 11 mois et 2 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Mohamed Ben Ahmed Abdelghani
Abdelhamid Brahimi
Chef du gouvernement Kasdi Merbah
Mouloud Hamrouche
Sid Ahmed Ghozali
Prédécesseur Rabah Bitat (intérim)
Houari Boumédiène
Successeur Mohamed Boudiaf
(président du Haut Comité d'État)
Président du Front de libération nationale

(12 ans, 11 mois et 4 jours)
Prédécesseur Houari Boumédiène
Successeur Abdelaziz Bouteflika (indirectement, président d'honneur)
Ministre algérien de la Défense

(11 ans, 4 mois et 17 jours)
Prédécesseur Houari Boumédiène
Successeur Khaled Nezzar
Membre du Conseil de la Révolution

(11 ans, 5 mois et 20 jours)
Président Houari Boumedienne
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bouteldja (Algérie)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Alger (Algérie)
Nationalité algérienne
Parti politique Front de libération nationale (FLN)
Conjoint Halima Bourokba
Profession Militaire
Écrivain
Résidence Palais d'El Mouradia, Alger

Chadli Bendjedid
Présidents de la République algérienne
démocratique et populaire

Chadli Bendjedid
Origine Algérie
Allégeance Armée de libération nationale
Armée nationale populaire
(Algérie)
Grade Colonel
Commandement Chef maquisard de la base de l'est
Chef de la 5e région militaire
Chef de la 2e région militaire
Conflits Guerre d'Algérie
Autres fonctions Homme politique, homme d'État

Chadli Bendjedid, (en arabe : شاذلي بن جديد), né le à Bouteldja dans l'actuelle wilaya d'El Tarf, et mort le à l'hôpital militaire Aïn Naâdja d'Alger[1], est un militaire, écrivain et homme d'État algérien. Il est le 3e président de l'Algérie de 1979 à 1992.

Militaire de carrière, membre du conseil de la Révolution de à . Désigné secrétaire général du FLN en janvier 1979, à l’issue du 4e congrès, puis candidat à l’élection présidentielle[2]. il fut élu le troisième président de la République algérienne démocratique et populaire, du jusqu'à sa démission le . Concentrant les pouvoirs, il fut aussi ministre de la Défense du au ainsi que président du parti unique Front de libération nationale (FLN), durant ses trois mandats présidentiels consécutifs.

Il est présenté aussi comme étant le père de l'initiative démocratique en Algérie à partir de 1989 : il met fin au système du parti unique en engageant le pays dans le multipartisme (quoique toujours dépendant de l'État), libère l'expression publique de la possible répression de la police politique, met fin à toute restriction de quitter le territoire, alloue une allocation annuelle en devise à tout citoyen voyageant à l'étranger pour motifs touristiques.

Il meurt le 6 octobre 2012 à Alger des suites d'un cancer à l'âge de 83 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Chadli Bendjedid rejoint le Front de libération nationale (FLN) en 1955, durant la guerre de libération nationale algérienne, de 1954 à 1962, au sein duquel il exerce plusieurs fonctions et responsabilités. Il est ainsi chef de bataillon puis chef d'un sous-groupement de 6 000 hommes. En mission pour le compte de l'État-major du colonel Houari Boumédiène, il est fait prisonnier en juillet 1962 par le commandement ALN de la wilaya II (Nord Constantinois), dirigé alors par le colonel Salah Boubnider dit « Sawt el-Arab », le 5 juillet 1962, date de la proclamation de l'indépendance de l'Algérie.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

À l’indépendance de l'Algérie en 1962, Chadli Bendjedid est nommé commandant de la région militaire de Constantine jusqu'en 1964. Il prend ensuite en charge la seconde région militaire, celle d'Oran, de 1964 à 1978, où il a la mission de permettre l'évacuation des forces militaires françaises stationnées à Mers el-Kebir conformément aux Accords d'Évian et la surveillance de la frontière entre l'Algérie et le Maroc sujette à de multiples tensions avec le Maroc. Il reste à ce poste pendant quinze années, jusqu'à sa nomination à Alger par le colonel Houari Boumedienne comme coordonnateur de l'ensemble des services de sécurité.

Houari Boumedienne nomme Chadli Bendjedid membre du conseil de la révolution à la suite du coup d'État militaire du . Il conserve ce poste jusqu'à la mort de Boumedienne.

Chadli Bendjedid est promu au grade de colonel en 1969. Il accède à la présidence de la République, de par son grade le plus élevé et parce qu'il est le plus ancien dans la hiérarchie militaire. Son accession au pouvoir a été facilitée par un conclave de militaires[3].

Présidence[modifier | modifier le code]

Chadli Bendjedid élu le 7 février 1979, avec 99,40 % des suffrages lors de l'élection présidentielle de 1979 et devient le 3e président de l'Algérie. Il est le seul candidat, sous les couleurs du Front de libération nationale (FLN), toutes les autres formations politiques étant interdites depuis 1962[4]. Il sera réélu deux fois, toujours dans les mêmes conditions d'un seul parti autorisé. Il cumulera treize ans d’exercice du pouvoir en tant que président.

En 1980, il fait libérer le premier président de la République, Ahmed Ben Bella, emprisonné par Boumedienne depuis le coup d'État de 1965. Il n'existe pas de liberté de la presse, ni de syndicalisme indépendant : un seul journal est autorisé El Moudjahid, de même qu'un seul syndicat[4].

Durant sa présidence, certains haut-gradés de l'état major prennent de l'importance dans le paysage politique algérien, parmi eux on peut citer Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohamed Lamari et Mohammed Touati qui seront, pour un temps, des personnalités influentes pendant les années de crise de l’ère post-Bendjedid.

Il a été le père de l’affaiblissement volontaire des appareils répressifs de l’État. Affaiblissant le pouvoir de la DGSN (Sureté nationale), qui était aussi important s'agissant de mœurs, de civisme et de sureté publique que celui de la Sécurité militaire dans son rôle de police politique et garant de la sécurité nationale ; la Sécurité Militaire qui se verra d'ailleurs divisée en trois entités distinctes durant sa présidence, amoindrissant ainsi le pouvoir de cette structure.

De 1980 à 1984 Benjedid met en oeuvre un plan quinquennal qui donne la priorité à l'agriculture, à l'hydraulique et à l'habitat[4]. il rompt petit à petit avec le monopole de l'État instauré par son prédécesseur, Houari Boumedienne. La corruption est cependant omniprésente, notamment lorsqu'il s'agit d'autoriser des sociétés étrangères à s'établir sur le territoire algérien[4].

En 1980, le printemps berbère remet en cause la vision d'une Algérie uniquement arabophone et culturellement arabe[5],[6]. Les Berbères revendiquent la reconnaissance par l’État algérien de leur culture et de leur langue[7] .Bendjedid choisit de réprimer ce mouvement.

Élections de janvier 1984 (2ème présidence)[modifier | modifier le code]

Le 12 janvier 1984, Chadli Bendjedid est réélu président avec 99,42 % des suffrages lors de l'élection présidentielle.Il est le seul candidat, sous la couleur du Front de libération nationale (FLN).

Sur le plan économico-social, il réalise d'importantes infrastructures ; routes, barrages, logements, le sanctuaire du martyr, etc. bien que deux des six projets de zones industrielles engagés pendant l'ère Boumedienne aient été annulés. Il favorise les importations au détriment du développement local ; beaucoup de secteurs productifs se sont effondrés. La chute des prix du pétrole à partir de 1986 mettra fin à cette politique socio-économique.

En diplomatie, il nomme Mohamed Seddik Benyahia en tant que ministre des affaires étrangères, avec comme objectif la mise en œuvre d'un dispositif pour rééquilibrer les relations extérieures de l'Algérie, notamment en matière d'armement. Ainsi, les États-Unis vont être au centre de cette nouvelle politique. Il sera même le premier président de l'Algérie à se rendre en visite officielle aux États-Unis (du temps du président Reagan), les relations avec ce pays ne cesseront de se renforcer, notamment depuis le rôle qu'avait joué l'Algérie dans le dénouement de la prise d'otages américains à Téhéran (Iran). Après les événements d'octobre 1988, ce lien sera quelque peu affaibli ; incitant ainsi le gouvernement à engager le pays dans une nouvelle expérience politique – « la voie démocratique ».

Du 4 au 10 octobre 1988, ont lieu de violentes manifestations, durement réprimées. Plusieurs centaines de personnes meurent au cours de ces événements[8]. Le 6 octobre, le président déclare l'état de siège. Le 10 octobre, Chadli Bendjedid annonce son intention d'amender la Constitution de 1979. Cette première brèche est suivie, le 23 octobre, par la publication d'un projet de réformes politiques qui, en théorie, remet en cause le monopole de l'organisation et de l'expression politique organisée par le FLN.

Élections de décembre 1988 et instauration du multipartisme[modifier | modifier le code]

Le 22 décembre 1988, il est réélu pour une troisième fois à la tête de l'État, avec 93,26 % des suffrages lors de l'élection présidentielle. Il est le seul et unique candidat, et ce pour le parti du Front de libération nationale.

Le 23 février 1989, il fait approuver la quatrième constitution instaurant le multipartisme par un référendum. Il est ainsi mis un terme à 26 ans de monopole du Front de libération nationale (FLN) : de nouveaux partis sont créés ou légalisés en septembre 1989, la presse jouit de davantage de liberté tandis que la direction militaire se retire des instances du FLN[9]. De nombreuses associations voient le jour[7].

Le 25 mai 1991, le Front islamique du salut (FIS) appelle à une grève générale illimitée et multiplie les marches de protestation et occupations des places de la capitale jusqu'à la première intervention, le 2 juin, des brigades anti-émeutes. Le 5 juin 1991 il annonce la proclamation de l'état de siège pour une durée de quatre mois sur l’ensemble du territoire. Le 26 décembre 1991, le Front islamique du salut (FIS) remporte 188 des 430 sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN) lors du premier tour des élections législatives et il est bien placé pour remporter la majorité absolue de 216 sièges au second tour le 16 janvier[10].

Dissolution de l'Assemblée populaire nationale (APN) et démission[modifier | modifier le code]

Le 4 janvier 1992, il dissout l’Assemblée populaire nationale (APN)[11]. Le 11 janvier 1992, Chadli Bendjedid annonce sa démission dans allocution télévisée[11]. Le Haut conseil de sécurité (HCS) annule les législatives le 12 janvier 1992.

Après les événements de janvier 1992, il est assigné à résidence jusqu'en 1999[12].

Devant le danger latent des islamistes et la montée de l'extrémisme, les généraux janviéristes, qu'il a lui-même placés, décident d'interrompre le processus électoral qui a permis au FIS de gagner aux élections législatives. Cette opération a entraîné la société dans des affrontements qui mèneront le pays à la guerre civile, qui durera dix ans.

L'approche politique dégagée avec son chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, tient toujours : les développements politiques de la crise algérienne au lendemain de l'annulation du second tour des élections législatives de janvier 1992, confirment la tendance voulue par le tandem Chadli-Hamrouche pour la construction d'une "autre" Algérie ouverte et moderne...[évasif]

Chadli reste un homme politique très important pour comprendre l’Algérie d’aujourd’hui[évasif]. Il est le seul et unique maquisard à avoir exercé de hautes responsabilités sans discontinuer de février 1955 à janvier 1992 : chef maquisard de la base de l'est, chef de la 5e région militaire, chef de la 2e région militaire regroupant les plus importantes forces de l'ANP, coordinateur des services de sécurité, et président de la République.

La publication de ses Mémoires est annoncée pour le , date coïncidant avec le 58e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale[13].

Mort[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 2012, il est hospitalisé à Paris pour un cancer[14]. Admis dans le service de réanimation à l'hôpital militaire Aïn Naâdja, à Alger, le 3 octobre 2012, il souffre d'un cancer du rein assez avancé, en plus d'une insuffisance rénale[15]. Sa mort est annoncée le à l'âge de 83 ans[16]. Un deuil national de huit jours est alors décrété[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'ancien président Chadli Bendjedid est décédè à l'âge de 83 ans sur www.siwel.info.
  2. Biographie de l'ancien président Chadli Bendjedid|site=www.reflexiondz.net|consulté le=30 octobre 2015
  3. Benjamin Stora, Algeria, 1830-2000: A Short History, Cornell University Press, Ithaca, NY, 2004 (ISBN 0801489164) - (ISBN 9780801489167)
  4. a, b, c et d Julien Rocherieux, « L'évolution de l'Algérie depuis l'indépendance », Sud/Nord, vol. no 14, no 1,‎ , p. 27–50 (ISSN 1265-2067, DOI 10.3917/sn.014.0027, lire en ligne)
  5. A. Kersani, « Marches commémoratives du printemps berbère », Le Soir,‎ (lire en ligne)
  6. « Anniversaire du Printemps berbère : la chanson kabyle demeure l’arme de tous les combats – JeuneAfrique.com », JeuneAfrique.com,‎ (lire en ligne)
  7. a et b Salem Chaker, « La voie étroite : la revendication berbère entre culture et politique », Annuaire de l'Afrique du Nord, vol. 28,‎ , p. 281-296 (lire en ligne)
  8. « Algérie : chronologie historique », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  9. Myriam Aït-Aoudia, L'expérience démocratique en Algérie: 1988-1992 : apprentissages politiques et changement de régime, Paris, Presses de Sciences Po, (lire en ligne)
  10. [1]
  11. a et b Éclairage sur la démission de Chadli, publié le 11 octobre 2012 par Zouhir Mebarki, sur le site de L'Expression (consulté le 3 avril 2018)
  12. « Algérie : l’ancien président Chadli Bendjedid est décédé - RFI », sur RFI Afrique (consulté le 20 février 2016)
  13. jeuneafrique.com
  14. Chadli Bendjedid et Ahmed Ben Bella hospitalisés à Paris, Le Matin, 5 janvier 2012.
  15. Chadli Bendjedid en soins intensifs à Aïn Naâdj, El Watan.
  16. Chadli Bendjedid est décédé, El Watan, 6 octobre 2012.
  17. Algérie : l'ex-président Bendjedid décédé, Le Figaro, 6 octobre 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]