Chadli Bendjedid

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Chadli Bendjedid
شاذلي بن جديد
Portait officiel de Chadli Bendjedid, en février 1979.
Portait officiel de Chadli Bendjedid, en .
Fonctions
Président de la République algérienne démocratique et populaire

(12 ans, 11 mois et 2 jours)
Élection
Réélection
Premier ministre Mohamed Ben Ahmed Abdelghani
Abdelhamid Brahimi
Chef du gouvernement Kasdi Merbah
Mouloud Hamrouche
Sid Ahmed Ghozali
Prédécesseur Rabah Bitat (intérim)
Houari Boumédiène
Successeur Mohamed Boudiaf
(président du Haut Comité d'État)
Président du Front de libération nationale

(12 ans, 11 mois et 4 jours)
Prédécesseur Houari Boumédiène
Successeur Abdelaziz Bouteflika (indirectement, président d'honneur)
Ministre algérien de la Défense

(11 ans, 4 mois et 17 jours)
Prédécesseur Houari Boumédiène
Successeur Khaled Nezzar
Membre du Conseil de la Révolution

(11 ans, 5 mois et 20 jours)
Président Houari Boumedienne
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Bouteldja (Algérie)
Date de décès (à 83 ans)
Lieu de décès Alger (Algérie)
Nationalité algérienne
Parti politique Front de libération nationale (FLN)
Conjoint Halima Bourokba
Profession Militaire
Écrivain
Résidence Palais d'El Mouradia, Alger

Chadli Bendjedid
Présidents de la République algérienne
démocratique et populaire
Colonel Chadli Bendjedid
Origine Algérie
Allégeance Armée de libération nationale
Armée nationale populaire
(Algérie)
Grade Colonel
Commandement Chef maquisard de la base de l'est
Chef de la 5e région militaire
Chef de la 2e région militaire
Conflits Guerre d'Algérie
Autres fonctions Homme politique, homme d'État

Chadli Bendjedid, (en arabe : شاذلي بن جديد), né le à Bouteldja dans l'actuelle wilaya d'El Tarf, et mort le à l'hôpital militaire Aïn Naâdja d'Alger[1], est un militaire, écrivain et homme d'État algérien. Il est le 3e président de l'Algérie de 1979 à 1992.

Militaire de carrière, membre du conseil de la Révolution de à . Désigné secrétaire général du FLN en janvier 1979, à l’issue du 4e congrès, puis candidat à l’élection présidentielle[2]. il fut élu le troisième président de la République algérienne démocratique et populaire, du jusqu'à sa démission le . Il fut aussi ministre de la Défense du au .

De plus, il a été président du Front de libération nationale durant son mandat à la présidence de la République. Président de 1979 à 1992, il meurt le 6 octobre 2012 à Alger des suites d'un cancer à l'âge de 83 ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Chadli Bendjedid rejoint le Front de libération nationale (FLN) en 1955, durant la guerre de libération nationale algérienne, de 1954 à 1962, au sein duquel il exerce plusieurs fonctions et responsabilités. Il est ainsi chef de bataillon puis chef d'un sous-groupement de 6 000 hommes. En mission pour le compte de l'État-major du colonel Houari Boumédiène, il est fait prisonnier en juillet 1962 par le commandement ALN de la wilaya II (Nord Constantinois), dirigé alors par le colonel Salah Boubnider dit « Sawt el-Arab », le 5 juillet 1962, date de la proclamation de l'indépendance de l'Algérie.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

À l’indépendance de l'Algérie en 1962, Chadli Bendjedid est nommé commandant de la région militaire de Constantine jusqu'en 1964. Il prend ensuite en charge la seconde région militaire, celle d'Oran, de 1964 à 1978, où il a la mission de permettre l'évacuation des forces militaires françaises stationnées à Mers el-Kebir conformément aux Accords d'Évian et la surveillance de la frontière entre l'Algérie et le Maroc sujette à de multiples tensions avec le Maroc. Il reste à ce poste pendant quinze années, jusqu'à sa nomination à Alger par le colonel Houari Boumedienne comme coordonnateur de l'ensemble des services de sécurité.

Houari Boumedienne nomme Chadli Bendjedid membre du conseil de la révolution à la suite de son coup d'État militaire du . Il conserve ce poste jusqu'à la mort de Boumedienne.

Chadli Bendjedid est promu au grade de colonel en 1969. Il accède à la présidence de la République, de par son grade le plus élevé et parce qu'il est le plus ancien dans la hiérarchie militaire. Son accession au pouvoir a été facilitée par un conclave de militaires[3].

Présidence[modifier | modifier le code]

Chadli Bendjedid élu le 7 février 1979, avec 99,40 % des suffrages lors de l'élection présidentielle de 1979 et devient le 3e président de l'Algérie. Réélu deux fois après en tant que président de la République, cumulant treize ans d'exercice. Pendant son mandat, il fait libérer le premier président de la République, Ahmed Ben Bella, emprisonné par Boumedienne depuis le coup d'État de 1965. Il autorise le retour en Algérie des opposants historiques tels que Hocine Aït Ahmed et Bachir Boumaza.

Durant sa présidence, certains haut-gradés de l'état major prennent de l'importance dans le paysage politique algérien, parmi eux on peut citer Larbi Belkheir, Khaled Nezzar, Mohamed Lamari et Mohammed Touati qui seront, pour un temps, des personnalités influentes pendant les années de crise de l’ère post-Bendjedid.

Il a été le père de l’affaiblissement volontaire des appareils répressifs de l’État. Affaiblissant le pouvoir de la DGSN (Sureté nationale), qui était aussi important s'agissant de mœurs, de civisme et de sureté publique que celui de la Sécurité militaire dans son rôle de police politique et garant de la sécurité nationale ; la Sécurité Militaire qui se verra d'ailleurs divisée en trois entités distinctes durant sa présidence, amoindrissant ainsi le pouvoir de cette structure.

Il est présenté aussi comme étant le père de l'initiative démocratique en Algérie dans les années 1980 : il met fin au système du parti unique en engageant le pays dans le multipartisme (quoique toujours dépendant de l'État), libère l'expression publique de la possible répression de la police politique, met fin à toute restriction de quitter le territoire, alloue une allocation annuelle en devise à tout citoyen voyageant à l'étranger pour motifs touristiques.

Par ailleurs, il rompt petit à petit avec le monopole de l'État instauré par son prédécesseur, Houari Boumedienne.

Le 12 janvier 1984, il est réélu président avec 99,42 % des suffrages lors de l'élection présidentielle.

Sur le plan économico-social, il réalise d'importantes infrastructures ; routes, barrages, logements, le sanctuaire du martyr, etc. bien que deux des six projets de zones industrielles engagés pendant l'ère Boumedienne aient été annulés. Il favorise les importations au détriment du développement local ; beaucoup de secteurs productifs se sont effondrés. La chute des prix du pétrole à partir de 1986 mettra fin à cette politique socio-économique.

En diplomatie, il nomme Mohamed Seddik Benyahia en tant que ministre des affaires étrangères, avec comme objectif la mise en œuvre d'un dispositif pour rééquilibrer les relations extérieures de l'Algérie, notamment en matière d'armement. Ainsi, les États-Unis vont être au centre de cette nouvelle politique. Il sera même le premier président de l'Algérie à se rendre en visite officielle aux États-Unis (du temps du président Reagan), les relations avec ce pays ne cesseront de se renforcer, notamment depuis le rôle qu'avait joué l'Algérie dans le dénouement de la prise d'otages américains à Téhéran (Iran). Après les événements d'octobre 1988, ce lien sera quelque peu affaibli ; incitant ainsi le gouvernement à engager le pays dans une nouvelle expérience politique – « la voie démocratique ».

En 1988, ont lieu les manifestations durement réprimées d'octobre 1988, qui entraînent l’effondrement du système du parti unique (FLN) un an avant la chute du mur de Berlin de novembre 1989. À la suite de celles-ci, il annonce l'instauration du pluralisme politique. Le 10 octobre 1988, Chadli Bendjedid annonce un référendum révisant la Constitution de 1976, et instituant le principe de responsabilité du gouvernement devant l'APN. Cette première brèche est suivie, le 23 octobre, par la publication d'un projet de réformes politiques qui, en théorie, remet en cause le monopole de l'organisation et de l'expression politique organisée par le FLN.

Le 22 décembre 1988, il est réélu pour une troisième fois à la tête de l'État, avec 93,26 % des suffrages lors de l'élection présidentielle. Le 23 février 1989, il fait approuver la quatrième constitution instaurant le multipartisme par un référendum. Le 25 mai 1991, le Front islamique du salut (FIS) appelle à une grève générale illimitée et multiplie les marches de protestation et occupations des places de la capitale jusqu'à la première intervention, le 2 juin, des brigades anti-émeutes. Le 5 juin 1991 il annonce la proclamation de l'état de siège pour une durée de quatre mois sur l’ensemble du territoire. Le 26 décembre 1991, le Front islamique du salut (FIS) remporte 188 des 430 sièges de l’Assemblée populaire nationale (APN) lors du premier tour des élections législatives et il est bien placé pour remporter la majorité absolue de 216 sièges au second tour le 16 janvier[4].

Le 4 janvier 1992, il dissous l’Assemblée populaire nationale (APN) [5]. Le 11 janvier 1992, Chadli Bendjedid annonce sa démission. Le Haut conseil de sécurité (HCS) annule les législatives le 12 janvier 1992.

Après la présidence[modifier | modifier le code]

Après les événements de janvier 1992, il est assigné à résidence jusqu'en 1999[6].

Devant le danger latent des islamistes et la montée de l'extrémisme, les généraux janviéristes, qu'il a lui-même placés, décident d'interrompre le processus électoral qui a permis au FIS de gagner aux élections législatives. Cette opération a entraîné la société dans des affrontements qui mèneront le pays à la guerre civile, qui durera dix ans.

L'approche politique dégagée avec son chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, tient toujours : les développements politiques de la crise algérienne au lendemain de l'annulation du second tour des élections législatives de janvier 1992, confirment la tendance voulue par le tandem Chadli-Hamrouche pour la construction d'une "autre" Algérie ouverte et moderne...[évasif]

Chadli reste un homme politique très important pour comprendre l’Algérie d’aujourd’hui[évasif]. Il est le seul et unique maquisard à avoir exercé de hautes responsabilités sans discontinuer de février 1955 à janvier 1992 : chef maquisard de la base de l'est, chef de la 5e région militaire, chef de la 2e région militaire regroupant les plus importantes forces de l'ANP, coordinateur des services de sécurité, et président de la République.

La publication de ses Mémoires est annoncée pour le , date coïncidant avec le 58e anniversaire du déclenchement de la guerre de Libération nationale[7].

Mort[modifier | modifier le code]

Au début de l'année 2012, il est hospitalisé à Paris pour un cancer[8]. Admis dans le service de réanimation à l'hôpital militaire Aïn Naâdja, à Alger, le 3 octobre 2012, il souffre d'un cancer du rein assez avancé, en plus d'une insuffisance rénale[9]. Sa mort est annoncée le à l'âge de 83 ans[10]. Un deuil national de huit jours est alors décrété[11].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]