Khaled Nezzar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nezzar.

Khaled Nezzar
Khaled Nezzar

Naissance (80 ans)
Seriana (Algérie)
Origine Drapeau : Algérie Algérie
Allégeance Algérie
Arme Armée nationale populaire
Grade Général-major
Conflits Guerre civile algérienne
Autres fonctions Homme politique

Khaled Nezzar né le à Seriana dans l'actuelle wilaya de Batna en Algérie, est un général major et un ancien ministre de la Défense entre 1990 et 1993. Il est actuellement à la retraite.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Seriana dans la Wilaya de Batna, fils d'un sous-officier de l'armée française ayant fait la Première Guerre mondiale, il rejoint, en 1955 (fin de sa cursus scolaire), l'école de Strasbourg puis l’École nationale des sous-officiers d'active à Saint-Maixent-l'École, d'où il sort sous-officier. Il déserte de l'Armée française et rejoint l'Armée de libération nationale.

En 1964, il intègre l'Académie militaire Frounze, en Union soviétique, puis en 1975, l’École de Guerre à Paris. Il mène ensuite une carrière militaire, qu'il achève au poste de chef d'État-Major et ministre de la Défense algérienne.

Le 12 janvier 1992, Khaled Nezzar est le principal artisan du coup d'état qui interrompt le processus électoral qui aurait certainement conduit le Front islamique du salut (FIS), parti islamiste, au pouvoir. Le président Chadli Bendjedid est destitué le même jour et sa fonction remplacée par un Haut Comité d'État (HCE). C'est le coup d'état des « janviéristes ». De 1992 à 1994, Khaled Nezzar a été l'un des cinq membres de ce Haut Comité d’État (HCE). Cette junte militaire est présidée par Mohamed Boudiaf, Après l'assassinat de ce dernier, le 29 juin 1992, Ali Kafi, représentant du FLN le remplace à la présidence du HCE, dont le général Nezzar reste le principal membre. L'Algérie a connu alors une période de guerre civile qui dura environ 10 ans. Cette guerre civile, fit selon les estimations, entre 60 000 et 200 000 morts ou disparus.

Khaled Nezzar échappe à un attentat en 1993 et se retire de la vie politique à l'arrivée de Liamine Zeroual la même année.

Il publie ses Mémoires en 2000.

Par ailleurs, le général Nezzar a porté plainte pour diffamation contre Habib Souaïdia, auteur du livre La sale Guerre publié en 2001 et dénonçant l'utilisation de la torture par l'armée et d'exécutions extrajudiciaires. L'éditeur étant français et l'auteur résidant en exil en France, c'est le tribunal correctionnel de Paris qui est saisi. Il se prononce pour la relaxe de Souaïdia.

Arrêté à Genève le 20 octobre 2011 à la suite d'une dénonciation de TRIAL (Association suisse contre l’impunité), puis à la plainte de deux victimes, l’accusant de crimes de guerre commis durant les premières années de la guerre civile algérienne (1992-2000). Khaled Nezzar a été entendu deux jours durant par le Ministère public de la Confédération (MPC). Il a été remis en liberté sur la promesse de participer à la suite de la procédure [1]. Invoquant son immunité, M. Nezzar a contesté la procédure ouverte à son encontre.

Le 25 juillet 2012, le Tribunal pénal fédéral suisse a rendu une décision historique en considérant qu’il était exclu d’invoquer une immunité pour des faits si graves qu’ils pourraient constituer des crimes internationaux, en l'occurrence des crimes de guerre. Toutefois, en janvier 2017, le parquet suisse décide de classer l'affaire[2]. La décision a été cassé en juin 2018 par le Tribunal pénal fédéral; ce dernier estime en effet que les conditions de la notion de conflit armé telles que définies par le CICR sont remplies[3]. La procédure pénale va dès lors reprendre.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1]
  2. La justice suisse rejette les plaintes contre le général Nezzar, El Watan, 17 janvier 2017.
  3. « Le Tribunal pénal fédéral refuse de classer l’affaire Nezzar », Le Temps,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Journal de guerre - Éditions Publisud, Paris, 2004 (ISBN 2-8660-0835-9)
  • Algérie : échec à une régression programmée - Éditions Publisud, Paris, 2004 (ISBN 2-8660-0796-4)
  • Algérie, arrêt du processus électoral, enjeux et démocratie - Éditions Publisud Paris, Alger, 2001 (ISBN 2-86600-948-7)
  • L'Armée algérienne face à la désinformation - Édition Médiane, Paris, 2003 (ISBN 2-915161-01-1)
  • Sur le front égyptien - Édition Alpha, Alger, 2010 (OCLC 778780986)
  • Le sultanat de Bouteflika - Éditions Apic (Alger), Transbordeurs (Paris), 2003 (ISBN 2-912728-07-X)
  • La mafia des généraux - Hichem Aboud - Éditions JC Lattès, Paris, 2002 (ISBN 2-7096-2337-4)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]