Bibiana Aído

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Bibiana Aído
Bibiana Aído, en 2009.
Bibiana Aído, en 2009.
Fonctions
Ministre de l'Égalité d'Espagne
Président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero
Prédécesseur Jesús Caldera (Affaires sociales)
Successeur Leire Pajín (Politique sociale)
Biographie
Nom de naissance Bibiana Aído Almagro
Date de naissance (38 ans)
Lieu de naissance Alcalá de los Gazules (Espagne)
Parti politique Parti socialiste ouvrier espagnol
Diplômé de Université de Cadix

Bibiana Aído
Ministres espagnols de l'Égalité

Bibiana Aído Almagro (née à Alcalá de los Gazules, le ) est une femme politique espagnole membre du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE).

En 2008, elle est nommée ministre de l'Égalité d'Espagne, poste nouvellement créé afin de faire progresser les droits des femmes. À seulement 31 ans, elle est la plus jeune ministre de l'histoire du pays. Elle mène à bien la réforme de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, en 2009 et 2010, mais son ministère est supprimé quelques mois plus tard, dans un contexte de rigueur budgétaire. Elle devient alors secrétaire d'État, avant de rejoindre l'ONU Femmes en 2011.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Titulaire d'une licence en direction et administration des entreprises de l'Université de Cadix, où elle a étudié de 1994 à 1999, elle a suivi une partie de ses cours à l'Université du Northumbria, à Newcastle, dans le cadre d'un programme d'échanges internationaux.

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

En , elle est embauchée pour trois mois dans l'entité bancaire de la caisse d'épargne Unicaja. Par la suite, dès novembre, elle travaille pendant dix mois chez Iturri S.A.. Elle retourne dans le secteur bancaire de à , au sein de la caisse d'épargne Caja San Fernando.

Par ailleurs, elle a été employée durant neuf mois par l'Observatoire des entrepreneurs de l'Université de Cadix à partir d'.

Bibiana Aído a également travaillé pour la Junte d'Andalousie. Ainsi, elle a été déléguée du département de la Culture dans la province de Cadix et directrice de l'Agence régionale pour le développement du flamenco de à .

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est la filleule de Manuel Chaves, homme fort du PSOE à partir des années 1990.

Vie politique[modifier | modifier le code]

Ses débuts andalous[modifier | modifier le code]

Elle adhère aux Jeunesses socialistes d'Espagne à l'âge de 16 ans, en 1993, puis au Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) dès sa majorité, deux ans plus tard.

Le , elle est candidate aux élections municipales à Cadix mais n'est pas élue. Cet échec se répète lors des élections du au Parlement d'Andalousie, auxquelles elle se présente dans la province de Cadix. De nouveau candidate huit ans plus tard, cette fois en deuxième position, elle est élue députée régionale d'Andalousie le , mais doit démissionner avant même son entrée en fonction.

La plus jeune ministre d'Espagne[modifier | modifier le code]

Le 14 avril en effet, Bibiana Aído est nommée ministre de l'Égalité dans le second gouvernement de José Luis Rodríguez Zapatero[1]. Dès le mois de juillet suivant, elle déclenche une polémique avec l'Académie royale espagnole (RAE) pour avoir utilisé le terme « miembra » lors de sa première comparution devant le Congrès des députés, un terme non reconnu par les académiciens[2]. Elle est alors la première ministre née après la mort de Francisco Franco.

Elle a intégré la commission exécutive du Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie (PSOE-A) comme secrétaire exécutive sans responsabilité suite au congrès régional extraordinaire du [3]. À propos de l'expulsion d'une lycéenne par son établissement en [4] car elle portait le hijab, la ministre déclare qu'elle « n'aime aucun voile » à l'inverse d'une grande partie du gouvernement, qui préfère éviter le sujet[5].

Réforme de l'avortement[modifier | modifier le code]

Le , en tant que ministre responsable de la réforme de la loi sur l'interruption volontaire de grossesse, elle déclare qu'il est « clair que le fœtus est un être vivant, mais on ne peut parler d'être humain car cela n'a pas de base scientifique »[6].

Quatre mois plus tard, le 17 septembre, le Conseil d'État approuve à l'unanimité son projet de loi de réforme de l'interruption volontaire de grossesse, qui prévoit la possibilité d'avorter librement à partir de 16 ans et durant les quatorze premières semaines de la grossesse, ce qui permet son examen au Conseil des ministres puis aux Cortes Generales[7].

Neuf jours plus tard, le « projet de loi organique relatif à la santé sexuelle et reproductive et à l'interruption volontaire de grossesse » est approuvé par le Conseil des ministres afin d'être déposé sur le bureau du Congrès des députés[8]. Il est officiellement reçu le 29 septembre, et transmis à la commission de l'Égalité le 27 octobre[9] afin qu'y soient présentés les différents amendements.

Le 26 novembre, les amendements dits « à la totalité »[Note 1] du texte sont rejetés par 183 voix contre 162 en séance plénière[10], ce qui permet son examen au fond par la commission de l'Égalité. Deux semaines plus tard, le PSOE trouve un accord avec le Parti nationaliste basque (EAJ-PNV) qui, moyennant l'adoption d'amendements obligeant les mineures de 16 et 17 ans à prévenir au moins un parent ou leur tuteur et autorisant l'objection de conscience, soutiendra le texte[11]. Cet accord est crucial dans la mesure où l'EAJ-PNV détient les 7 voix manquant aux socialistes pour obtenir la majorité absolue. Le texte est approuvé par 184 voix contre 158 en séance plénière par le Congrès des députés le 17 décembre[12]. Le , le Sénat rejette en séance plénière les propositions de veto[Note 2] formulées par le Parti populaire (PP), l'Union du peuple navarrais (UPN) et de l'Union démocratique de Catalogne (UDC), permettant l'examen des amendements au texte[13]. Ceux-ci sont tous rejetés dans la même journée, ce qui signifie que le texte a été définitivement adopté par les Cortes Generales[14]. Son entrée en vigueur est prévue le , soit quatre mois après le lendemain de sa publication au Bulletin officiel de l'État (BOE)[15].

Secrétaire d'État, puis conseillère à l'ONU[modifier | modifier le code]

Son ministère est supprimé le , lors d'un ample remaniement ministériel, ce qui la conduit à quitter le gouvernement. Deux jours plus tard, elle devient secrétaire d'État à l'Égalité au sein du ministère de la Santé, qui récupère les compétences précédemment dévolues à son ministre. Le , l'ONU Femmes annonce qu'elle a été recrutée comme conseillère spéciale auprès de la directrice générale de l'institution, Michelle Bachelet, un choix salué par les associations féministes[16]. Elle est officiellement relevée de ses fonctions gouvernementales le 22 juillet, au profit de Laura Seara, jusqu'alors directrice de l'Institut des femmes[17].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les enmiendas de totalidad sont ceux qui concernent l'opportunité, l'esprit ou les principes du texte, ou qui proposent un texte alternatif, selon le Règlement du Congrès des députés
  2. Le Sénat dispose, dans les deux mois suivant la réception d'un projet de loi, de la possibilité d'y mettre son veto par un vote à la majorité absolue de ses membres. Si tel est le cas, le texte est renvoyé au Congrès des députés, selon le Règlement du Sénat

Références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Le nouveau gouvernement : cinq nouvelles têtes et sans Caldera - El País
  2. (es) Aído propose d'inclure le terme « miembra » dans le dictionnaire de la RAE après l'avoir utilisé par erreur - El Mundo
  3. (es) Griñán forme un exécutif avec Velasco comme nouveau vice-secrétaire général et quatre grands thèmes de coordination - Site du PSOE-A
  4. (es) Najwa, expulsée à Pozuelo pout se couvrir la tête avec le « hijab » - El País
  5. (es) La ministre de l'Égalité : « Je n'aime aucun voile » - Público
  6. (es) Aído sur un fœtus de 13 semaines : « On ne peut parler d'être humain car cela n'a pas de base scientifique » - El Día
  7. (es) Le Conseil d'État avalise la loi sur l'avortement - Público
  8. (es) De la Vega : « La loi sur l'avortement est celle qui s'adapte le plus à notre réalité sociale » - El Mundo
  9. (es) Fiche de suivi du texte - Congrès des députés
  10. (es) Aído se demande pourquoi fermer les yeux quand une situation est mauvaise - Público
  11. (es) Le PNV appuiera la loi sur l'avortement après un accord sur l'obligation d'informer les parents - Público
  12. (es) La réforme de la loi sur l'avortement obtient le soutien du Congrès - Público
  13. (es) Le Sénat rejette les vetos du PP à la loi sur l'avortement - Público
  14. (es) La loi sur l'avortement définitivement adoptée - Público
  15. (es) La nouvelle loi sur l'avortement entrera en vigueur le 5 juillet - Público
  16. (es) « Aído deja el Gobierno para asesorar a Bachelet en la ONU », Público, le
  17. (es) « Laura Seara sustituye a Aído en la Secretaría de Estado de Igualdad », El País, le

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]