Armoiries de la Roumanie

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Armoiries de la Roumanie
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Armoiries moyennes
Détails
Adoption 1992
Usage sur la monnaie nationale (le Leu roumain), dans les classes d'école, au Parlement roumain, sur les bâtiments officiels, les passeports, les cartes d'identité, dans l'en-tête des documents officiels (y compris les diplômes)

Les armoiries de la Roumanie sont l'emblème, la figure symbolique, de la Roumanie.

Description des armoiries de la Roumanie[modifier | modifier le code]

Sur un champ d'azur, figure un aigle d'or, au bec et aux pattes de gueules ; il tient dans son bec une croix chrétienne d'or et, dans ses pattes, un sceptre et une épée d'argent, symboles de la souveraineté. Le sabre est censé être celui du prince de la Principauté de Moldavie, Étienne III le Grand (1433-1504) et le sceptre celui du prince Michel Ier le Brave (1593-1601), prince de Valachie, mais aussi, en 1600, de Transylvanie et de Moldavie. Sur la poitrine de l'aigle, on peut voir un blason composé des écus historiques de Valachie, Moldavie, Transylvanie, Banat, Olténie et Dobrogée.

Le premier quart représente la Valachie. Sur un champ d'azur, figure une aigle d'or avec un bec et des pattes de gueules. Elle tient une croix d'or ; à sa gauche se trouve un soleil d'or et à sa droite une nouvelle lune d'or. À noter que la croix d'or est orthodoxe aux yeux de l'Église orthodoxe roumaine, chrétienne sans précision pour les autres confessions chrétiennes, symbole d'un idéal de morale et de droiture pour les croyants non-chrétiens, et archaïsme qu'il eut fallu enlever au nom de la laïcité pour les libres-penseurs ; historiquement, elle marque le statut spécifique des pays roumains par rapport à l'Empire ottoman : ce n'étaient pas des provinces turques (où s'appliquait la charia) mais des Principautés chrétiennes, reconnues comme telles par le Sultan (leur suzerain mais non leur monarque) et situées dans le Dar el Ahd ("domaine de la trêve", en arabe : دار العهد).

Le second quart représente la Moldavie (dont la Bucovine) et la Marmatie (d'où les fondateurs de la Moldavie sont originaires) : une tête d'Aurochs de sable sur un champ de gueules, avec une étoile à cinq branches entre les cornes (dans d'autres versions, on trouve un soleil d'or), une rose à cinq pétales (à gauche) et un croissant d'argent (à droite).

Le troisième quart représente le Banat et l'Olténie (ancien banat de Severin). Il s'agit d'un champ de gueules, dans lequel est représenté sur des vagues d'azur, le pont sur le Danube de l'empereur romain Trajan, un pont couleur d'or ; il est composé de deux arcades sur lequel il y a un lion rampant armé d'or qui brandit une épée.

Le quatrième quart représente la Transylvanie et la Crișana. Il est composé d'une barre centrale de gueules qui coupe ainsi le quart en deux. Dans sa moitié supérieure, d'azur, une aigle de sable becquée d'or. À sa droite on peut voir un soleil d'or et à sa gauche un croissant d'argent ; dans la moitié inférieure, d'or, sept tours de gueules, cannelées, placées en fasce, quatre sur trois. A noter que pour les Roumains, l'aigle transylvaine symbolise Rome et leur latinité ; pour les Hongrois c'est le Turul, aigle de la mythologie hongroise, tandis qu'aux Allemands elle rappelle les aigles (bicéphales, celles-là) du Saint-Empire romain germanique ou celui des Habsbourg. Quant aux sept tours, elles figurent les sept sedes (sièges) autonomes des Saxons de Transylvanie au Moyen Âge, d'où le nom allemand de ce pays : Siebenbürgen, les « sept châteaux ».

Dans la cinquième part on trouve l'écu de la Dobrogée, d'azur, à deux dauphins d'or, adossés, renversés et nageant en pal, qui ne symbolisent pas de vrais dauphins, mais, le « dauphin » étant un poisson en héraldique, le caractère fluvial et maritime de cette région où se trouvent les bouches du Danube.

Histoire des armoiries de la Roumanie[modifier | modifier le code]

Principautés unies de Moldavie et de Valachie (1859-1871)

Avant 1859, les armoiries des principautés roumaines de Valachie et Moldavie étaient déjà fréquemment entrelacées sur les documents publics, les pièces de monnaie et les palais princiers[1], mais cela ne devint systématique (et obligatoire) que lorsque les deux états furent réunis sous le sceptre du prince Alexandru Ioan Cuza. Jusqu'en 1866, il y eut de nombreuses variantes du blason, tant pour la couleur de fond que pour la manière dont étaient placés et représentés les deux éléments principaux : l'aigle valaque et l'aurochs moldave. En 1866, après que Carol I soit devenu roi de Roumanie, l'écu roumain fut divisé en quartiers : dans le premier d'azur et le quatrième d'or figurait l'aigle, dans le deuxième d'azur et le troisième de gueules l'aurochs, les armoiries argent/sable de la famille Hohenzollern-Sigmaringen furent ajoutées au milieu, une liberté allégorique à bonnet phrygien et un lion entourèrent l'écu, surmonté d'une couronne sur fond de manteau d'hermine lui-même couronné. La devise latine Nihil sine Deo (« rien sans Dieu ») figurait sous l'écu.

Principauté de Roumanie (1872-1881)

En 1872 les couleurs des quartiers furent modifiées : azur et gueules en haut, gueules et azur en bas ; en 1879 on incorpora au troisième quartier le lion d'Olténie et au quatrième quartier les deux dauphins de la Dobrogée ; la liberté allégorique fit place à un lion symétrique du précédent.

Royaume de Roumanie (1881-1922)

En 1881, lorsque la principauté devint un royaume, le manteau d'hermine fut surmonté d'une couronne d'acier.

Royaume de Roumanie (1922-1947)

En 1921, l'écu aussi fut surmonté d'une couronne d'acier ; en 1922 l'aigle portant la croix, l'épée et le sceptre sur fond d'azur, symbole d'unité, fut placé derrière l'écu, désormais divisé en cinq parts figurant les blasons des régions historiques peuplées de roumains : aigle de Valachie sur fond d'azur en première part, aurochs de Bucovine, Marmatie et Moldavie sur gueules en deuxième part, lion sur le pont d'Apollodore du Banat et d'Olténie (ancien banat de Severin) sur gueules en troisième part, Transylvanie et Crisanie sur azur et or en quatrième part, dauphins de Dobrogée sur azur en cinquième part. Ces armoiries étaient utilisées en trois versions : simple (l'aigle unitaire avec l'écu aux cinq parts), moyenne (avec les lions, la couronne interne et la devise), et complète (avec la couronne sommitale et le manteau d'hermine).

République socialiste de Roumanie (1965-1989)

Après 1948, les autorités communistes ont changé à la fois le drapeau et les armoiries. Le blason fut remplacé par le logo du régime communiste : un paysage (représentant un soleil levant et un tracteur remplacé au bout de trois mois par un derrick) entouré par des gerbes de blé attachées ensembles avec un ruban tricolore. Jusqu'en 1989, il y a eu quatre variantes : la première fut changée peu après 1948 (proclamation de la République), puis en 1956 (l'étoile rouge du Parti unique a été ajoutée), et enfin en 1966, lorsque la « République populaire de Roumanie » devint la République socialiste de Roumanie.

République roumaine (depuis 1990)

Pendant la Révolution roumaine de 1989, le logo communiste fut découpé (comme cela avait été le cas en Hongrie lors de l'insurrection de Budapest en 1956) et le drapeau retrouva sa forme, sans armoiries, d'avant 1948. Peu après, une commission héraldique fut constituée pour concevoir un nouveau blason, inspiré des armoiries d'avant 1948 mais sans les insignes monarchiques. C'est ainsi que les armoiries actuelles, proches de la « forme simple » de celles utilisées jusqu'en 1947, ont été validées par le Parlement roumain lors de sa session du 10 septembre 1992.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dan Cernovodeanu, Evoluţia armeriilor țărilor Române de la apariţia lor și până în zilele noastre - sec. XIII-XX ("Évolution des armoiries des pays roumains de leur apparition à nos jours (XIIIe-XXe s."), éd. Istros, Brăila 2005.
  1. Dogaru, Maria Dogaru, Din Heraldica României, éd. Jif, Braşov, 1994