Irène Frachon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Frachon.
Irène Frachon
Portrait de Irène Frachon
Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata (54 ans)
à Boulogne-BillancourtVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays de nationalité FranceVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Profession MédecinVoir et modifier les données sur Wikidata

Irène Frachon, née le à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est un médecin pneumologue français, qui, en poste au CHU de Brest, a joué un rôle décisif dans l'affaire du Mediator (benfluorex), médicament produit par les laboratoires Servier de 1976 à 2009 et qui aurait provoqué la mort d'au moins 2 000 malades.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Irène Frachon, née Allier, est issue d’une famille protestante des Charentes et revendique l'influence d’Albert Schweitzer, « la foi protestante chevillée au corps »[1].

Fille d’un ingénieur, elle est la petite-fille de l’amiral Hubert Meyer, chargé en 1944 de négocier la reddition du commandant allemand des poches de La Rochelle et de Rochefort[2], et du banquier Jacques Allier[3], chargé en 1940 de sécuriser l'eau lourde dans le cadre de ses fonctions d'attaché au cabinet du ministre Raoul Dautry. Elle est l'arrière-petite-fille de Raoul Allier, doyen de la faculté de théologie protestante de Paris et dreyfusard[4].

Irène Allier s'est mariée à Bruno Frachon, polytechnicien et ingénieur militaire, spécialiste en hydrographie maritime, directeur général du service hydrographique et océanographique de la Marine depuis 2010[5],[6]. Elle est mère de quatre enfants[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

Elle obtient son diplôme de docteur en médecine en 1988. Elle se spécialise en pneumologie à l’hôpital Antoine-Béclère à Clamart où elle est interne en 1990[8], puis exerce à l’hôpital Foch à Suresnes. En 1996, elle s’installe à Brest où elle prend un poste au CHU.

L’affaire du Mediator[modifier | modifier le code]

En 2007, Irène Frachon constate des cas d'atteintes cardiaques chez des patients, qui sont ou ont été, tous traités par le benfluorex (principe actif du Mediator), un médicament très largement diffusé en France (300 000 traitements) : le benfluorex serait responsable de plusieurs cas de valvulopathies, une maladie touchant les valves cardiaques. Précédemment alertée sur des problèmes similaires dus à une molécule de la même famille également commercialisée par les laboratoires Servier, la dexfenfluramine (nom commercial, Isoméride), elle débute alors une longue étude épidémiologique, qui confirmera ses inquiétudes et aboutira au retrait du médicament en novembre 2009 par l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).

Malgré de nombreuses sollicitations auprès des agences de pharmacovigilance, l'affaire n'est révélée au grand public que près d'un an plus tard, lorsque la CNAMTS (Caisse nationale de l’assurance maladie des travailleurs salariés) dévoile officiellement le chiffre d'au moins 500 morts. Quelques mois plus tôt, en juin 2010, Irène Frachon publie un livre, Mediator 150 mg, Combien de morts ?, qui relate tout son combat pour faire interdire le benfluorex. Le sous-titre Combien de morts ? fit l'objet d'un procès en référé à Brest, intenté par les laboratoires Servier, lesquels estimaient cette mention « accusatoire grave, inexacte et dénigrante[9] ». Le jugement, en faveur du laboratoire, sera annulé en janvier 2011 par la cour d'appel de Rennes[10].

Le 11 octobre 2011, elle reçoit le Prix Éthique catégorie Lanceur d’alerte citoyen, lors des Prix Éthiques et Casseroles 2011 de l’association Anticor.

En 2015, elle proteste publiquement contre la promotion au grade de commandeur de la Légion d'honneur d'Henri Nallet, alors que celui-ci était conseiller spécial et personnel de Jacques Servier entre 1997 et 2008, à l'époque où l'attitude des laboratoires Servier fut la plus critiquable[11]. La remise de sa médaille est, par conséquent, mise en suspens[12].

Le film La Fille de Brest (2016) retrace le rôle d'Irène Frachon dans la mise en évidence de la responsabilité du Mediator dans la survenue de valvulopathies chez les utilisateurs du produit[13].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Irène Frachon. Le cri du care », Philosophie Magazine, 17 novembre 2014.
  2. Estelle Saget, « Irène Frachon : “Je suis devenue, sans le vouloir, Mediatorologue” », L’Express, 5 mai 2012.
  3. André Encrevé, « Jacques Allier », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 45 (ISBN 978-2846211901)
  4. Émeline Cazi, « Irène Frachon, vigie de la santé », Le Monde, no 21931,‎ , p. 26.
  5. Décret du 22 juin 2010 portant affectation d'officiers généraux.
  6. Décret du 10 juin 2016 portant nomination du directeur général du service hydrographique et océanographique de la marine.
  7. Éric Faverau, « Du cœur au ventre », Libération, 19 novembre 2010
  8. Pierre Bienvault, « Le long combat d'Irène Frachon contre le Mediator », La Croix, 22 décembre 2010.
  9. « Le livre Mediator, combien de morts ? attaqué en justice », Le Télégramme.com -
  10. Anne Jouan, « Mediator : Irène Frachon gagne la bataille de la censure », Le Figaro, 25 janvier 2011
  11. « Légion d'honneur d'Henri Nallet : la lettre au Président d'Irène Frachon », sur Libération, (consulté le 30 novembre 2016)
  12. « Mediator : la Légion d'honneur d'Henri Nallet en suspens », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  13. Le Parisien | 27 novembre 2015

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources de presse[modifier | modifier le code]

Vidéos[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]