Église Saint-Michel d'Aiguilhe

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Église Saint-Michel d'Aiguilhe
Rocher St Michel à Aiguilhe.JPG
L'église sur son rocher
Présentation
Type
Diocèse
Style
Construction
969
Propriétaire
Commune
Statut patrimonial
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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L’église Saint-Michel est une église romane située à Aiguilhe, commune limitrophe du Puy-en-Velay, dans le département français de la Haute-Loire et la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Édifiée sur un piton volcanique, le rocher d’Aiguilhe, de 82 mètres de hauteur, l'église dédiée à Saint Michel est accessible par un escalier de 269 marches.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines et légendes[modifier | modifier le code]

Si le folklore humoristique local nomme le rocher « la fiente de Gargantua »[1], la science explique très simplement qu'il s'agit d'un neck, dernier relief d'une éruption surtseyenne dégagé par l'érosion[2].

L’évêque Gotescalc, premier pèlerin franc reconnu de Saint-Jacques-de-Compostelle est à l’origine de la fondation d'une chapelle construite par le chanoine Truanus (Truand) doyen de la cathédrale. Elle est achevée en 961 dans un style préroman prenant la forme d'un oratoire aulique. Certains évoquent antérieurement un temple dédié à Mercure[3]et pensent que l'institution religieuse a voulu ainsi opérer une substitution de cultes à la divinité lumineuse Lug-Mercure[4]. Aucune trace archéologique n'a été retrouvée, l'aménagement de l'escalier d'accès date de cette époque et le texte de fondation contemporain de son érection évoque que seuls quelques hommes très agiles escaladaient ce rocher.

Une histoire renforce la renommée du rocher, celle du saut de la pucelle: une jeune fille accusée d'inconduite est jetée du haut du rocher à titre de châtiment probatoire; elle en réchappe prouvant son innocence; après avoir une autre fois renouvelé le miracle, infatuée elle recommence et se tue[5].

Dès sa fondation elle dépend du chapitre de la cathédrale tant pour le matériel et les revenus que pour le service liturgique; le chapitre restera jusqu'à la révolution seigneur d'Aiguilhe. Le pèlerinage est le plus souvent une étape de la dévotion à la cathédrale mais l'histoire a retenu l'ascension de certains pèlerins célèbres: Charles VII, Louis XI et Charles VIII[6]. Si des ermites ont occupé des grottes sur le chemin de la chapelle il n'y a pas de preuve d'une occupation permanente du rocher; en l'absence de documents écrits la signification des traces de constructions en dehors de trois oratoires n'est pas encore comprise[5].

En 1245 la foudre frappe le clocher.

Transformations Renaissance[modifier | modifier le code]

Trois oratoires sont construits qui émaillent l'escalier d'accès : deux sont dédiés aux archanges Raphaël et Gabriel, le troisième est dédié à saint Guinefort lévrier sanctifié dont le culte est condamné en vain par le Concile de Trente. Ce chien serait évoqué dans les sculptures du portail. Ils ne sont plus qu'à l'état de vestiges en 1809.

En 1420 il est question d'intégrer Aiguilhe déjà close et fortifié jusqu'au sommet du rocher (chemin de ronde autour de l'église) à la ville du Puy, ce projet ne verra finalement pas le jour.

En 1562 les protestants détruisent la statue de Saint Michel[5].

la révolution[modifier | modifier le code]

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Renaissance du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

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Restaurations modernes[modifier | modifier le code]

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Classement[modifier | modifier le code]

L'édifice est classé à l'inventaire des monuments historiques depuis 1840[7] : il fait partie de la première liste de monuments historiques français, la liste des monuments historiques de 1840, qui comptait 1034 monuments. Le pèlerinage est placé sous la responsabilité des prêtres de la communauté Saint-Martin.

L'église Saint-Michel a été élue 4e monument préféré des Français en 2014. Elle est située à proximité de la cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay, elle-même élue deuxième monument préféré des Français en 2015. Depuis mai 2017, ces deux monuments et trois autres aux alentours bénéficient d'un spectacle d'illuminations nocturnes baptisé « Puy de Lumières »[8].

Au pied du rocher d'Aiguilhe se trouve un autre édifice roman remarquable : la chapelle Saint-Clair d'Aiguilhe, édifice du XIIe siècle à plan centré octogonal; elle est la chapelle de l'hopital Saint-Clair que Bernard, gardien du sanctuaire, fonde en 1088 pour soigner les pèlerins de Saint Michel [9].

Architecture et décors[modifier | modifier le code]

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Certains relient l'architecture et le décor aux réalisations de l'art omeyyade par le biais de l'influence des pèlerins le long des grandes routes françaises du Pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle et, en particulier, le long de la Via Podiensis qui passe par Aiguilhe [10], cette idée très répandue au XIXe siècle et début du XXe siècle est remise en cause. La critique souligne que l'influence hispanique est peu probable pour la première construction contemporaine du pèlerinage initial et que l'église Saint-Michel n'a pas d'édifice frère sur cette voie de pèlerinage. Il semble que l'inspiration vienne plutôt de Rome vers laquelle se tournaient la société carolingienne et de la route du Mont Gargan sanctuaire de Saint Michel[11].

Architecture[modifier | modifier le code]

L'oratoire aulique du Xe siècle[modifier | modifier le code]

L'édifice initial de

La chapelle de pèlerinage du XIIe siècle[modifier | modifier le code]

Décors[modifier | modifier le code]

Façade[modifier | modifier le code]

Peintures murales et chapiteaux[modifier | modifier le code]

La porte est encadrée de deux colonnes surmontées chacune d'un chapiteau sculpté de feuilles d'acanthe et d'un motif anthropomorphe ou zoomorphe. Elle est surmontée d'un linteau sculpté orné de deux sirènes affrontées, qui supporte un tympan bordé d'une frise de rinceaux. Sur cette frise s'appuie l'arc trilobé, orné de rinceaux et de motifs anthropomorphes. L'intérieur des lobes est ornées de scènes sculptées, dont l'agneau pascal.

Au-dessus de l'arc prend place un décor de mosaïques de pierres polychromes surmonté d'arcatures sous lesquelles est représenté le Christ entouré de Saint Jean, la Vierge, l'archange Michel et Saint Pierre.

État et usage actuels[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Peyrard, Histoire secrète de l'Auvergne, Albin Michel, , p. 52.
  2. Yves Grimault, « La Commission de volcanisme dans le Velay : Volcans dans le bassins [sic] du Puy », SAGA Information : Bulletin de la Société Amicale des Géologues Amateurs, no 269,‎ , p. 12-14 (lire en ligne [PDF]).
  3. Éloïse Mozzani, Légendes et mystères des régions de France, Robert Laffont, , p. 57.
  4. Jean Markale, Le Mont Saint-Michel et l'énigme du dragon, Pygmalion/Gérard Watelet, , p. 97.
  5. a b et c Martin de Framond, « Saint-Michel d'Aiguilhe, un site et une chapelle », Les cahiers de la Haute-Loire, vol. Actes du colloque Saint-Michel d’Aiguilhe de 2009,‎ , p. 15-35 (ISSN 0575-0717).
  6. « Pélerinage », sur Rocher Saint-Michel d'Aiguilhe (consulté le 14 octobre 2018).
  7. « Église Saint-Michel », notice no PA00092565, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. Site puydelumieres.fr.
  9. http://www.paysdauvergne.fr/haute-loire/aiguilhe-43.html.
  10. Les influences musulmanes dans l'art roman du Puy, compte rendu par Louis Bréhier de l'ouvrage d'Ahmad Fikry, L'art roman du Puy et les influences islamiques, Journal des savants, année 1936, volume 1, numéro 1, pp. 5-19.
  11. Xavier Barral, « Saint Michel d'Aiguilhe : observations sur la sculpture et la polychromie des chapiteaux », Les cahiers de la Haute-Loire, vol. Actes du colloque Saint-Michel d’Aiguilhe de 2009,‎ , p. 225-263 (ISSN 0575-0717).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]