Basilique Saint-Amable de Riom

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Basilique Saint-Amable
Extérieur de la basilique Saint-Amable
Extérieur de la basilique Saint-Amable
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Clermont
Début de la construction XIIe siècle(nef),XIIIe siècle(chœur)
Fin des travaux XIIe siècle,XIIIe siècle
Autres campagnes de travaux Chapelles latérales nord: XVIe siècle-XVIIe siècle et sud : XVIIIe siècle. Le transept et le clocher XIXe siècle.
Style dominant Roman tardif et gothique classique
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)[1].
Géographie
Pays France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Puy-de-Dôme
Ville Riom
Coordonnées 45° 53′ 38″ nord, 3° 06′ 43″ est

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Basilique Saint-Amable

La Basilique Saint-Amable de Riom est le plus vaste édifice clérical d’Auvergne après[2] la Cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Clermont-Ferrand. Située à Riom elle est basilique mineure depuis 1912, date à laquelle l'évêque de Clermont demanda au pape Saint Pie X son élévation à ce titre. Saint Pie X daigna souscrire à cette requête par un bref du 7 mars 1912. Elle est l'une des trois basiliques du diocèse de Clermont avec la basilique Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand et la basilique Notre-Dame d'Orcival à Orcival. Modifiée au cours de l'histoire, elle a été construite en grande partie au XIIe siècle et au XIIIe siècle. Surtout connue pour le saint auquel elle fut dédiée, la basilique Saint-Amable fut un lieu de pèlerinage jusqu'au début du XXe siècle. Aujourd'hui elle est surtout connue pour son clocher et sa flèche en ardoise.

Histoire de la construction[modifier | modifier le code]

Les églises antérieures[modifier | modifier le code]

Avant que l'église Saint-Amable soit érigée, il y eut deux églises :

On ne connait pas la date de sa construction mais on sait qu'elle a existé pendant la vie de Saint-Amable (Ve siècle) et que c'est lui qui a décidé de la détruire pour construire l'église Saint-Bénigne au même emplacement.

Elle fut construite par Saint-Amable au Ve siècle : elle devient une abbatiale en 1077 et fut détruite au XIIe siècle pour construire l'actuelle église Saint-Amable.

L'église actuelle[modifier | modifier le code]

L'église actuelle commença à être érigée au troisième quart du XIIe siècle. Sa longueur de 64,50 mètres[2] et sa largeur de 27 mètres[2] la placent, en termes de superficie, juste après la Cathédrale de Clermont-Ferrand.

Elle est gravement endommagée par les forts séismes qui secouent la région en 1477 et 1490[3].

Description[modifier | modifier le code]

La nef[modifier | modifier le code]

La nef est la partie la plus ancienne de l'église actuelle. Son style roman tardif fait qu'elle réunit à la fois le roman et le gothique. Elle compte 7 travées toutes légèrement asymétriques. Sa hauteur de voûte est de 16,15 mètres et sa largeur de 7,10 mètres[2]. La voûte des bas-côtés est soutenue par des arcs-doubleaux. Les chapiteaux de ses nefs latérales sont absolument identiques, par la forme et la décoration, à ceux de la grande nef. Un décapage des piliers en (1975) a permis de découvrir sur une des voûtes du bas-côté nord des fresques sur fond rouge relatant la vie du Christ qui sont datées du début XVe.

Basilique Saint-Amable, intérieur

Le transept[modifier | modifier le code]

Le transept a été rebâti au XIXe siècle avec des décorations et des mosaïques polychromes, qui sans doute n'existaient pas. Dans les bras nord et sud se trouvent des chapelles qui ont été construites en 1859 lors de la reconstruction du transept par l'architecte Mallay. Dans le bras nord du transept ou peut voir deux tableaux :

Ce tableau s'inscrit dans un courant de renouveau de la peinture qui marque le début de la restauration. Acheté par l'État, il (?) destiné au musée de Riom puis à la mairie et enfin au bras nord du transept de l'église Saint-Amable. Le peintre reste fidèle à son maître David (1748-1825). Cette œuvre fut restaurée en 1996.

  • Saint-Amable de Jean-Jacques Leveque[4]

À la suite de sa guérison le peintre parisien offre une toile aujourd'hui exposée dans la bras nord du transept. On y voit saint Amable recevant un reliquaire de la part d'un ange et guérissant un malade sur fond de ville en flamme. Cet arrière-fond évoque un de ses miracles lors du siège de Riom en 1135. Le serpent au premier plan rappelle un de ses trois dons, celui de chasser le serpent et de guérir les morsures.

Le chœur[modifier | modifier le code]

De style gothique classique, il est de forme polygonale et a été construit entre 1230 et 1235[4]. Il se compose d'un vaisseau central de 12,40 mètres de long et de largeur égale à celle de la nef (7,10 m). Le déambulatoire et les trois chapelles rayonnantes le complètent[2]. Au sommet de la voûte se trouve la clef de voûte représentant un Christ bénissant. À cette clef de voûte aboutissent huit branches venant des huit piliers qui l'entourent.

  • Le déambulatoire de largeur variable est voûté par des croisées d'ogive et de doubleau qui reposent sur des colonnes dont les chapiteaux sont ornés de têtes et de feuillage de style XIIe-XIIIe siècle.
  • Les trois chapelles à cinq pans. Elles sont voûtées par six branches d'ogives avec clé à feuillages. Elles sont séparées par d'étroites ouvertures à plein cintre. Le tracé presque trapézoïdal de la chapelle saint Amable est exceptionnel.
  • Les stalles ont été réalisées et mises en place en 1687 par deux artistes : André Boysen, vraisemblablement d'origine flamande, et Noël Mercier, menuisier sculpteur de Gannat. Ces stalles et ces boiseries formaient une barrière ininterrompue. Lors de la restauration du XIXe siècle, l'architecte Mallay estima que ces dorsaux coupaient l'unité de style et la perspective profonde du chœur. Du côté sud, on peut apercevoir un relief de saint Amable portant son reliquaire et tenant une crosse abbatiale.

Les chapelles latérales[modifier | modifier le code]

  • Chapelle latérales nord

Érigées au XVe siècle elles sont surélevées de deux marches. La plupart des fenêtres ont conservé leurs meneaux d'origine; en revanche les vitraux ont été brisés a la Révolution. Les voûtes reposent sur des nervures pariformes qui convergent autour de belles clés de voûte à écussons; leurs retombées s'appuient sur des culs de lampes ornés de petits personnages.

  • Chapelles latérales sud

Érigées en 1747[2] au moment de la destruction du cloître en ruine de l'ancienne abbaye augustinienne de Saint-Amable. Elles sont comparables aux chapelles latérales nord en termes de dimensions et de niveau mais les fenêtres sont cintrées selon la mode de l'époque ainsi que les voutes et les nervures.

La façade[modifier | modifier le code]

Le portail ouest de la basilique Saint-Amable, XVIIIe siècle

La façade occidentale actuelle a été construite en 1750, ses décorations sont de style Louis XV. La partie inférieure est percée d'une grande porte centrale et de deux portes latérales, dont toutes offrent une jolie décoration de style Louis XV. Au-dessus des portes latérales s'ouvre un oculus encadré de guirlandes de feuillages et de fleurs. L'étage supérieur contrebuté par des consoles renversées, présente une vaste baie flanquée de chaque côté de deux pilastres. Un entablement les couronne, surmonté d'un fronton triangulaire dont les angles portent des acrotères ornés : celui du sommet, d'une croix, les deux autres des pots à feu.

La sacristie[modifier | modifier le code]

Créée en 1860, la sacristie actuelle remplace l’ancienne sacristie qui se trouvait adossée au bras nord du transept et au chœur. Elle abrite de magnifiques boiseries réalisées en 1687 par André Boysen, ébéniste à Clermont, et Noël Mercier, menuisier sculpteur, à Gannat. Ces boiseries constituaient les dorsaux des stalles formant tout le long du déambulatoire une barrière ininterrompue.

Le clocher[modifier | modifier le code]

Le clocher de l'église actuelle date du milieu du XIXe siècle ; il a été reconstruit par l'architecte Mallay. Il est surmonté d'une flèche en bois recouverte d'ardoise qui était, avant la Révolution en pierre de taille et de hauteur bien plus imposante. Les deux étages du clocher sont séparés par une moulure en bandeau. Le premier de style roman le second de style gothique. Aujourd'hui il abrite de superbes cloches dont les riomois sont fiers.

Le mobilier[modifier | modifier le code]

Le maître autel[modifier | modifier le code]

Le maître autel a été réalisé de 1765 à 1766 par Jean-Baptiste Arbie, sculpteur à Clermont. Avant lui, il y avait deux autels dans le chœur : l’autel paroissial orné d’un retable du sculpteur riomois Languille, et tout au fond contre le déambulatoire l’autel du chapitre. C’est au XVIIIe siècle qu'on les supprima pour construire un maître-autel biface, l’un tourné vers les fidèles, l’autre vers le chapitre. Il était auparavant placé sous la coupole puis au XIXe siècle, il fut déplacé dans la première travée du chœur.

L’ensemble repose sur trois marches de marbre. Il est constitué d’une cuve en marbre sur lequel repose à ses extrémités deux anges en marbre de Carrare et, au centre, le tabernacle doré est surmonté d’un baldaquin et d’une coupole.

La châsse[modifier | modifier le code]

La châsse initiale fut achevée en 1477 par Jean Adam, orfèvre à Saint-Pourçain. Elle était en argent et elle représentait une petite église surmontée par des lions, elle fut fondue à la Révolution. La châsse actuelle date de 1814 ; elle fut réalisée par Laroze orfèvre à Clermont. Elle est en bois de noyer plaqué d’argent et de vermeil et forme une église à dôme surmontée d’une effigie de saint Amable. Elle se trouve actuellement dans la chapelle axiale de la basilique.

L'orgue[modifier | modifier le code]

Le buffet d'orgue actuel a été réalisé pas le facteur alsacien Joseph Callinet en 1834[4]. Il possède quatre tours rondes en chêne. En 1896[1], le facteur d'orgue Charles Anneessens reconstruit la totalité de la partie instrumentale de l'orgue. Cet orgue romantique est composé de 36 jeux répartis sur 2 claviers et un pédalier (les claviers ont 56 notes : ut à sol, le pédalier, 30 notes : ut à fa).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00092269 et Notice no IA63001049, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a, b, c, d, e, f et g La basilique de Saint-Amable de Riom son passé ses richesses d'art et son culte (ouvrage)
  3. Geneviève Thivet, « L'Auvergne, ce n'est pas l'Italie ! », La Montagne,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  4. a, b, c et d Promenade dans RIOM (Un, Deux...Quatre édition)