Éclépens

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Éclépens
Éclépens
Vue du château d'Éclépens
Blason de Éclépens
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Drapeau du canton de Vaud Vaud
District Morges
Communes limitrophes Bavois, Oulens-sous-Échallens, Daillens, Lussery-Villars, La Sarraz, Orny
Syndic Claude Dutoit
NPA 1312
N° OFS 5482
Démographie
Gentilé Eclépanais·e
Population
permanente
1 211 hab. (31 décembre 2018)
Densité 208 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 39′ 00″ nord, 6° 32′ 00″ est
Altitude 459 m
Superficie 5,81 km2
Divers
Langue Français
Localisation
Localisation de Éclépens
Carte de la commune dans sa subdivision administrative.
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Éclépens
Liens
Site web www.eclepens.ch
Sources
Référence population suisse[1]
Référence superficie suisse[2]

Éclépens est une commune suisse du canton de Vaud, située dans le district de Morges.

Histoire[modifier | modifier le code]

Éclépens est assurément d’origine burgonde, comme en témoigne le suffixe -ens de ce toponyme. Sa création remonte vraisemblablement à avant 750 (~400 à 750). On admet généralement que la langue burgonde n’a pas subsisté au-delà de 750[3].

L'une des premières mesures prises par Louis, fils de Charlemagne, après avoir remplacé son père, a été de céder à l´Église divers biens qu´il possédait, dont le domaine d´Éclépens. Cette donation figure dans le premier document citant le nom d’Éclépens, en 814[4], mais l’original ayant été perdu, il nous est seulement parvenu une copie[5] du XIIIe siècle qui fait partie intégrante du Cartulaire de Notre-Dame de Lausanne. Il s’agit de la plus ancienne mention de ce village[6].

Il existe deux versions de cette cession, qui ont été copiées l´une après l´autre, la première mentionnant "villa que dicitur Scepedingus" et la deuxième, "villa que dicitur Sclepedingus".

La deuxième mention d'Éclépens figure dans un document de 1011[7], où le Roi Rodolphe III (descendant de Louis le Pieux) restitue entre-autres au couvent de Romainmôtier un manse à Éclépens. Le document original est déposé aux Archives cantonales vaudoises. Le nom y est écrit "in Islapadencs mansum unum"

Depuis l’érection du château de La Sarraz, en 1049 par Adalbert de Grandson, pour contrôler le passage des marchandises de Milan á Jougne, à la limite du territoire du couvent de Romainmôtier, des Chevaliers de la région se mirent au service de la puissante famille de Grandson.

Parmi eux, figure le Chevalier Othon d’Éclépens (Vtto miles de Esclepens), cité sur un parchemin estimé entre 1120-1130, au sujet d'une manse. Puis en 1147, Jordan d’Éclépens (Iordanus de Sclepens) est témoin d’une confirmation par Amédée de Clermont.

Dès le XVIème siècle on voit apparaître l'orthographe actuelle Éclépens non en avoir eu depuis le XIIème siècle, une vingtaine de variantes.

Trois familles alliées se succédèrent dans le château de La Sarraz : les Grandson-La Sarra (1049-1269), les Montferrand-La Sarra (1269-1541) et les Gingins-La Sarra (1541-1798).

Jusqu’en 1623, Éclépens fait partie de la seigneurie de La Sarraz. Lors du partage des biens de Joseph de Gingins, baron de la Sarraz, en 1626, Éclépens échoit à son fils Albert (3e fils vivant en 1626) et constitue une nouvelle seigneurie.

La photo a été faite par M. Marcel Cavin de l’imprimerie Charles Cavin lorsque je lui ai commandée lors de la publication de mon livre "Éclépens, 814-1994".
Tombeau d'Albert (I) de Gingins d'Éclépens se trouvant dans le chœur de l'église d'Éclépens.

Né en 1592 et décédé en 1664, son tombeau se trouve dans l’église d’Éclépens.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Éclépens est traversée par la Venoge.

Patrimoine bâti[modifier | modifier le code]

L'église, selon un rapport archéologique de M. Werner Stöckli, Jachen Sarott et Ulrike Golnick de 2001, daterait X / XIème siècle. Peut-être qu'en analysant les fondations profondes, on arriverait au IXème siècle, église citée dans le document de 814 ci-dessus.

Le temple réformé, ancienne église Saint-Pierre, d'origine romane, a vu son chœur reconstruit probablement au XIIIe siècle. La façade ouest est rebâtie entre 1673 et 1677 en conservant la porte d'entrée du XVe siècle. La nef est couverte d'une berceau lambrissé, démoli en 1882 et reconstitué en 1927. Quant au clocher, il est surélevé en 1735. À l'intérieur, l'édifice conserve un table de communion de 1654 et la chaire de pierre, de 1675, a été sculptée par David Descombes. Vitraux de 1927 par Guignard & Schmit (Alexis Guignard et Jean Schmit), Kirsch & Fleckner (Vincent Kirsch et Charles Fleckner)[8], [9].

À la Réformation, les biens de l’église ont été attribués par les Bernois au baron de La Sarraz. L’ancienne cure, située près de l’église, est alors transformée en maison seigneuriale sous le nom de Château d'En Haut (rue du Village 3). Ce processus a lieu en plusieurs étapes, en 1626 et 1699, puis encore en 1786 par Alexandre de Gingins, seigneur d’Éclépens et de Pompaples. Ce vaste édifice abrité sous une toiture à croupe affiche, côté jardin, une imposante tour d'escalier de plan rectangulaire, en saillie, datée 1699. Le parc, à l’ouest, comporte une allée de platanes. Dans l'alignement de la maison de maîtres, un bâtiment de 1789 abrite habitation et dépendances rurales, tandis qu'au sud de la cour s'élève un ancien rural reconstruit en 1796 puis en 1844[9].

Le 23 novembre 1807, pour le prix de "157 500 livres de Suisse, vins compris", le Château-Dessus d'Éclépens était vendu par Charles Henry Alexandre de Gingins à Paul Coulon, de Neuchâtel (1731-1820), dont la famille en est toujours propriétaire sept générations après ; cette famille acquit également le Château-Dessous le 07 mai 1808 à dame Lautard-Muret. Elle le tenait de son père, M. Muret, de Morges, qui l’avait acquis en 1799 de M. de Gingins-La Sarraz, autrefois résidence des milites d'Éclépens (de 1130 au milieu du XVème siècle). L’anoblissement de Paul Louis Auguste Coulon (le fils de Paul) a été attribué par le roi de Prusse Frédéric Guillaume IV, diplôme signé le 19 juin 1847, pour services rendus à la Principauté de Neuchâtel [10],[11],[12]

Le Domaine du château d’Éclépens exploite l'une des premières parcelles viticoles attestées en Suisse[13].

Le Château d'En Bas (rue du Village 21) est un sobre et imposant édifice [9]. En 1709, une très importante campagne de travaux menée par David-François de Gingins, à la fin de sa vie, change complètement l’image du château. Celui-ci double quasiment la superficie de la maison, construit un bel escalier au nord-est, et surélève vraisemblablement l’édifice, le couvrant d’une belle toiture à croupes. Rappelons qu’au Château d’En-Haut, l’escalier porte la date relativement contemporaine de 1699[14]. Le château d’En-Bas a été rebâti sur un château moyenâgeux dans lequel habitaient les coseigneurs d’Éclépens.[15]

Le canal d'Entreroches passe également sur le territoire de la commune.

Archéologie[modifier | modifier le code]

Avec la commune de La Sarraz, Eclépens partage la colline du Mormont. En 2006, l'archéologie cantonale vaudoise effectue des fouilles préventives à l'occasion desquelles est mis au jour un important site archéologique datant du 1e siècle avant notre ère.

Industrie[modifier | modifier le code]

  • La fabrique de ciment du groupe LafargeHolcim.
  • La filature et draperie Berger installée à Éclépens depuis 1838 a cessé ses activités en 1978[16].
  • BTG SA, fournisseur de lames pour rotatives de papeterie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Population résidante permanente au 31 décembre, nouvelle définition, Vaud », sur Statistiques Vaud (consulté le 25 juillet 2019)
  2. « Statistique de la superficie 2004/09 : Données communales », sur Office fédéral de la Statistique (consulté le 26 août 2017)
  3. Eric Vion, Chemins du Pays de Vaud, , la route, patrimoine oublié, publié dans la Gazette de Lausanne les 11 et 12 juillet 1987, IVS (Inventaire des voies de communication historiques de la Suisse).
  4. 814 Copie, latin dans le Cartulaire de Lausanne, env. 1200-1240 :  villa que dicitur scepedingus ... villa que dicitur sclepedingus, Bibliothèque de la Bourgeoisie de Berne, Cod. B 219, fol. LVI r
  5. (la) Conon d’Estavayer, « Cartularium Lausannense », Bern, Burgerbibliothek, Cod. B 219, fol. LVI r,‎ 1202-1242 environ (lire en ligne)
  6. Philippe André Estoppey, Éclépens aux racines de son Histoire, de l'époque carolingienne à l'aube du vingt et unième siècle, Maceió, COPYMÉDIA, , 758 p., page 16 et pages 19 à 30
  7. 1011 Original, latin Islapadencs (Parchemin déposé auprès des ACV sous la cote C I a 15; Schieffer 253,1) 1011 (Copie 12e s. latin) in Isclapadenes (Schieffer 253,35)
  8. Marcel Grandjean, Les temples vaudois. L’architecture réformée dans le Pays de Vaud (1536-1798), Bibliothèque historique vaudoise, coll. « BHV 51 », , passim
  9. a b et c Guide artistique de la Suisse : Jura, Jura bernois, Neuchâtel, Vaud, Genève, vol. 4a, Berne, Société d'histoire de l'art en Suisse, , 642 p. (ISBN 978-3-906131-98-6), p. 323.
  10. Thierry de Coulon, « Bienvenue sur decoulon.ch », 1999-2017 thierry de coulon (consulté le 8 mars 2020)
  11. François de Coulon, « Bienvenue au Château d'Éclépens », (consulté le 8 mars 2020)
  12. Philippe-André Estoppey Éclépens aux racines de son Histoire "de l'époque carolingienne à l'aube du vingt et unième siècle" 814 – 2014 Mille deux cents ans au fil de l'histoire, Tome II
  13. Site du Château d'Eclépens et de son vignoble
  14. Catherine Schmutz Nicod, historienne des monuments, mars 2009
  15. Ric Berger dans La Contrée de Lausanne
  16. Gilbert Marion, « Berger », sur Dictionnaire historique de la Suisse, (consulté le 9 janvier 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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