LafargeHolcim

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LafargeHolcim Ltd
Image illustrative de l'article LafargeHolcim

Création 2015
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : LHN
SWX : LHN
Slogan A new leader for a new world
Siège social Jona
Drapeau de Suisse Suisse
Direction Eric Olsen (CEO), Wolfgang Reitzle et Bruno Lafont (Co-Chairmen)
Actionnaires Thomas Schmidheiny (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Matériaux de construction
Produits Ciment, béton et granulat
Effectif 115 000 (2015)
Site web http://www.lafargeholcim.com

Capitalisation 29 Mds € (oct. 2016)
Chiffre d’affaires 30 Mds €

LafargeHolcim Ltd est une société œuvrant à l'échelle mondiale dans les matériaux de construction. Elle est issue de la fusion de Lafarge et Holcim. Son siège central se trouve en Suisse, à Jona.

Histoire[modifier | modifier le code]

Déroulement de la fusion[modifier | modifier le code]

Le , le groupe suisse Holcim et le groupe français Lafarge annoncent leur projet de fusion au taux d'une action Holcim pour une action Lafarge[1]. Le 7 juillet 2014, les deux groupes annoncent une liste d’actifs proposés pour désinvestissement afin de permettre la fusion.

En mars 2015, sous la pression des actionnaires d'Holcim, le conseil d'administration d'Holcim envoie un courrier au groupe Lafarge faisant part de nouvelles exigences dans le cadre du projet de fusion entre les deux groupes. Le groupe suisse réclame un relèvement de la parité d'échange en sa faveur (0,875 action Holcim pour une action Lafarge) et un autre président que le français Bruno Lafont pour le nouvel ensemble[2]. Un nouvel accord se met en place pour une nouvelle parité d'échange : 9 actions Holcim pour 10 actions Lafarge[3],[4].

Cependant un mouvement anti-Lafarge semble se dessiner. Après les contestations concernant la parité, les actionnaires contestataires s'en prennent aux objectifs de cette fusion et considèrent les gains chiffrés présentés par les deux groupes comme irréalistes. Le deuxième actionnaire du groupe Holcim avec 10% des actions, le russe Filaret Galtchev, a rejeté le nouveau compromis et trouve les avancées insuffisantes. Par ailleurs des actionnaires individuels se sont réunis et appellent, sur un site internet créé pour l'occasion (Holcimshareholders.ch), à voter contre le projet de fusion qui est présenté à l'assemblée générale du 8 mai 2015[5],[6].

Le , la fusion de Lafarge et d'Holcim est effective et comporte trois changements par rapport au projet de fusion entre égaux initial :

  • le changement de parité en faveur des actionnaires d'Holcim,
  • le renoncement du PDG français de Lafarge, Bruno Lafont, à un poste de direction générale au profit d'Eric Olsen, ancien de chez Lafarge.
  • le choix de la Suisse comme siège du nouveau groupe[7].

Le nouvel ensemble est officiellement lancé le 15 juillet 2015 et prend le nom de LafargeHolcim[8].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

En juillet 2016, LafargeHolcim annonce la vente de ses activités en Inde pour 1,4 milliard de dollars à Nirma, dans le cadre de son plan de désinvestissement[9]. En août 2016, LafargeHolcim annonce la vente pour 520 millions d'euros de sa participation de 65 % de ses activités au Viet-Nam à Siam City Cement. Dans le même temps, LafargeHolcim annonce la vente de sa participation de 56 % dans sa filiale Sichuan Shuangma Cement à Tianjin Circle pour environ 500 millions de francs suisses, ainsi que le restant de ses activités en Chine à Huaxin pour environ 200 millions de francs suisses[10]. En octobre 2016, il vend sa participation de 54% dans sa filiale chilienne Cemento Polpaico, au fonds d'investissement Inversiones Caburga Limitada pour 225 millions de dollars[11].

Toutes ces cessions s'inscrivent dans un plan de 5 Mds € de cessions d'ici fin 2017[12] et de ne demeurer que sur les marchés où il est en position de force (leader, ou peut-être challenger) pour faire respecter ses prix.

Activité[modifier | modifier le code]

Avec un chiffre d'affaires net combiné de 33 milliards de francs suisses (27 milliards d'euros) en 2014, le groupe LafargeHolcim, qui emploie 115 000 personnes, est présent dans 90 pays.

Le siège de l’entreprise se trouve à Jona, en Suisse, et les fonctions centrales sont partagées entre Paris et Zurich. Le Centre de Recherche du Groupe est basé à Saint-Quentin-Fallavier, près de Lyon en France.

Direction[modifier | modifier le code]

Le PDG du groupe est Eric Olsen depuis juillet 2015. Les co-présidents du conseil d’administration sont Wolfgang Reitzle et Bruno Lafont.

En octobre 2015, à la suite du départ de Bruno Lafont, l'AMF décide de saisir le haut comité de gouvernement d'entreprise (HCGE) dans le cadre des modalités de rémunération de son départ[13].

Le 24 avril 2017, Eric Olsen annonce sa démission sur fond de tensions liées aux implications du groupe Lafarge en Syrie en 2013-2014[14]. Son successeur, Jan Jenisch, doit entrer en fonction le 16 octobre 2017[15].

Controverses[modifier | modifier le code]

Collaborations avec Daech[modifier | modifier le code]

Comme révélé par le journal Le Monde le 21 juin 2016[16], le groupe est suspecté d'avoir financé l'État islamique pendant plus d'un an par le biais de sa branche Lafarge Cement Syria (LCS) et de sa cimenterie acquise en 2007 à Jalabiya, au nord-est de la Syrie, à 90 kilomètres de Raqqa. L'association française Sherpa dépose une plainte pénale contre LafargeHolcim le 15 novembre 2016 pour "financement d’entreprise terroriste", "complicité de crimes de guerre et de crimes contre l’Humanité", "mise en danger délibérée d’autrui", "exploitation abusive du travail d’autrui", "négligence" et "recel"[17]. On apprend en janvier 2017, que le Ministre de l'économie, Michel Sapin a déposé plainte contre LafargeHolcim en septembre 2016, en se basant sur la Loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique (plus connue sous son nom abrégé loi Sapin II), sans pour autant rendre clairement public l'objet de la plainte[18].

En mars 2017, le groupe LafargeHolcim reconnait dans un communiqué de presse avoir employé des moyens inacceptables pour assurer l'activité de sa cimenterie implantée en Syrie [19].

« In hindsight, the measures required to continue operations at the plant were unacceptable. Those responsible for the Syria operations appear to have acted in a manner they believed was in the best interests of the company and its employees. However, the investigation revealed significant errors in judgment that are inconsistent with the applicable code of conduct. »

— LafargeHolcim, [20]

Eric Olsen, Directeur Général du groupe, présente sa démissions le 24 avril 2017, officiellement pour apaiser les tensions à propos du sujet syrien[21]. « My decision is driven by my conviction that it will contribute to addressing strong tensions that have recently arisen around the Syria case. While I was absolutely not involved in, nor even aware of, any wrongdoing I believe my departure will contribute to bringing back serenity to a company that has been exposed for months on this case »

Le 3 mai 2017, Médiapart révèle[22],[23] les liens entre Jean-Claude Veillard, directeur de la sûreté du groupe et militant du Front national, parti d'extrême-droite français, et l'organisation terroriste.

Le 20 septembre 2017, Le Monde annonce que l'enquête judiciaire en cours est accablante pour la société[24].

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

LafargeHolcim est inscrit depuis 2015 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2016 pour cette activité 2 collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 100 000 et 200 000 euros[25].

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying de LafargeHolcim aux États-Unis s'élèvent à 1 370 000 dollars en 2015[26].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ave AFP, « Accord de fusion entre Lafarge et Holcim, futur géant mondial du ciment », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  2. Bertille Bayart et Jean-Yves Guerin, « La fusion Lafarge-Holcim en danger », Le Figaro.fr,‎ (lire en ligne)
  3. Nouvelle parité d'échange de 9 actions Holcim pour 10 actions Lafarge, BFM Trading Sat, 20 mars 2015
  4. « La fusion Lafarge Holcim en quatre points clés », La Tribune.fr,‎ (lire en ligne)
  5. Denis Cosnard, « Les anti-Lafarge tirent à vue sur la fusion », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  6. Denis Cosnard, « Lafarge refuse de modifier à nouveau son projet de fusion », Le Monde économie,‎ (lire en ligne)
  7. Michel Albouy, « Lafarge-Holcim, une fusion entre égaux ? », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  8. « LafargeHolcim confirme ses objectifs de synergies », Les Échos.fr,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « LafargeHolcim says agrees to sell Lafarge India to Nirma », Reuters.com,‎ (lire en ligne)
  10. avec Reuters, « LafargeHolcim vend sa filiale au Vietnam », Le Figaro.fr,‎ (lire en ligne)
  11. « LafargeHolcim agrees sale of Chilean business Cemento Polpaico », Reuters.com,‎ (lire en ligne)
  12. « Plan de cessions », La Tribune.fr,‎ (lire en ligne)
  13. « L'AMF étudie la rémunération de l'ex-PDG de Lafarge, Bruno Lafont », Challenges.fr,‎ (lire en ligne)
  14. Pourquoi le directeur général de LafargeHolcim Eric Olsen démissionne, Challenges, 24 avril 2017
  15. Jan Jenisch sera le nouveau patron de LafargeHolcim, Le Temps, 22 mai 2017
  16. Dorothée Myriam Kellou (avec Christophe Ayad, Nathalie Guibert, Allan Kaval et Madjid Zerrouky), « Syrie : les troubles arrangements de Lafarge avec l’Etat islamique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  17. Aurélie M'Bida, « LafargeHolcim admet des arrangements "inacceptables" avec l'Etat islamique », L'Usine Nouvelle, (consulté le 23 août 2017)
  18. Alice Mérieux, « Lafarge et l'Etat islamique en Syrie: Bercy attaque en justice », Challenges, (consulté le 23 août 2017)
  19. « LafargeHolcim admet avoir financé des groupes armés en Syrie », Le Figaro, (consulté le 30 août 2017)
  20. (en) LafargeHolcim, « LafargeHolcim responds to Syria Review », LafargeHolcim, (consulté le 30 août 2017)
  21. Jean-Claude Bourbon, « Eric Olsen, le directeur de LafargeHolcim contraint à la démission », La Croix, (consulté le 30 août 2017)
  22. Fabrice Arfi, Michel Deléan et Julien Antoine, « Un candidat du FN a supervisé la collaboration de Lafarge avec Daech en Syrie », Médiapart.fr,‎ (lire en ligne)
  23. « Un candidat du FN impliqué dans les négociations de Lafarge avec l’Etat islamique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  24. Soren Seelow, « Ce que révèle l’enquête judiciaire sur les agissements du cimentier Lafarge en Syrie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  25. « Registre de transparence », sur europa.eu (consulté le 16 novembre 2016)
  26. (en) « Center for Responsive Politics », sur opensecrets.org (consulté le 16 novembre 2016)