LafargeHolcim

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LafargeHolcim Ltd
logo de LafargeHolcim

Création 2015
Fondateurs LafargeVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société anonyme
Action Euronext : LHN
SWX : LHN
Slogan A new leader for a new world
Siège social Jona
Drapeau de Suisse Suisse
Direction Jan Jenish (CEO)
Actionnaires Thomas Schmidheiny (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité Matériaux de construction
Produits Ciment, béton et granulat
Effectif 115 000 (2015)
SIREN 302135561[1]Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.lafargeholcim.com

Capitalisation 24,12 milliards d'euros
Chiffre d'affaires 24,33 milliards d'euros

LafargeHolcim Ltd est le leader mondial des matériaux et des solutions de construction. Le Groupe est issu de la fusion de Lafarge et Holcim. Il est domicilié à Jona et son siège se trouve à Zoug, en Suisse

Histoire[modifier | modifier le code]

Déroulement de la fusion[modifier | modifier le code]

Le , le groupe suisse Holcim et le groupe français Lafarge annoncent leur projet de fusion au taux d'une action Holcim pour une action Lafarge[2]. Le , les deux groupes annoncent une liste d’actifs proposés pour désinvestissement afin de permettre la fusion.

En mars 2015, sous la pression des actionnaires d'Holcim, le conseil d'administration d'Holcim envoie un courrier au groupe Lafarge faisant part de nouvelles exigences dans le cadre du projet de fusion entre les deux groupes. Le groupe suisse réclame un relèvement de la parité d'échange en sa faveur (0,875 action Holcim pour une action Lafarge) et un autre président que le français Bruno Lafont pour le nouvel ensemble[3]. Un nouvel accord se met en place pour une nouvelle parité d'échange : 9 actions Holcim pour 10 actions Lafarge[4],[5].

Le deuxième actionnaire du groupe Holcim avec 10 % des actions, le russe Filaret Galtchev, a rejeté le nouveau compromis et trouve les avancées insuffisantes. Par ailleurs des actionnaires individuels se sont réunis et appellent, sur un site internet créé pour l'occasion (Holcimshareholders.ch), à voter contre le projet de fusion qui est présenté à l'assemblée générale du 8 mai 2015[6],[7].

Le , la fusion de Lafarge et d'Holcim est effective et comporte trois changements par rapport au projet de fusion entre égaux initial :

  • le changement de parité en faveur des actionnaires d'Holcim,
  • le renoncement du PDG français de Lafarge, Bruno Lafont, à un poste de direction générale au profit d'Eric Olsen, ancien de chez Lafarge.
  • le choix de la Suisse comme siège du nouveau groupe[8].

Le nouvel ensemble prend le nom de LafargeHolcim[9].

Histoire récente[modifier | modifier le code]

En juillet 2016, LafargeHolcim annonce la vente de Lafarge India pour 1,4 milliard de dollars à Nirma (en), dans le cadre de son plan de désinvestissement[10]. LafargeHolcim continue à opérer en Inde à travers ses filiales ACC Ltd. et Ambuja Cements Ltd.

En août 2016, LafargeHolcim annonce la vente pour 520 millions d'euros de sa participation de 65 % de ses activités au Viet-Nam à Siam City Cement.

Dans le même temps, LafargeHolcim annonce la vente de sa participation de 56 % dans sa filiale Sichuan Shuangma Cement à Tianjin Circle pour environ 500 millions de francs suisses, ainsi que le restant de ses activités en Chine à Huaxin, dans lequel LafargeHolcim détient une participation de 41,8%, pour environ 200 millions de francs suisses[11].

En octobre 2016, il vend sa participation de 54 % dans sa filiale chilienne Cemento Polpaico, au fonds d'investissement Inversiones Caburga Limitada pour 225 millions de dollars[12].

Toutes ces cessions s'inscrivent dans un plan de 5 milliards de francs suisses de cessions d'ici fin 2017[13].

En mai 2017, Jan Jenisch est nommé Directeur général de LafargeHolcim[14].

En mars 2018, LafargeHolcim a lancé sa nouvelle stratégie 2022 « Building for Growth »[15] visant à engendrer une croissance rentable et à simplifier son modèle opérationnel afin de générer des rendements solides et de la valeur attractive pour les actionnaires.

Cette stratégie est basée sur quatre facteurs de valeur : Croissance, Simplification & Performance, Solidité financière et Vision & Collaborateurs.

En mai 2018, LafargeHolcim annonce la fermeture de ses bureaux à Paris et à Zurich, entraînant une suppression d'environ 200 postes. En Suisse, des postes sont transférés à Holderbank, où la première cimenterie d'Holcim avait ouvert en 1912, et vers le bureau de Zoug. En France, les postes sont transférés du siège historique de Lafarge à Paris, où travaillent 200 à 300 personnes, à Clamart en banlieue parisienne. Le groupe annonce également l’achèvement de la fermeture de ses sièges régionaux de Singapour et Miami, ainsi que la suppression d’un niveau de management[16].

En novembre 2018, LafargeHolcim a signé un accord avec Semen Indonesia en vue de céder sa participation de 80,6 % dans Holcim Indonesia, pour une valeur d'entreprise de 1,75 milliard de dollars US[17]. Dans le cadre de sa Stratégie 2022 – « Building for Growth », le Groupe s’est engagé à céder des actifs d'une valeur d’au moins 2 milliards de francs suisses.

Activité[modifier | modifier le code]

Avec un chiffre d'affaires de 26,1 milliards de francs suisses en 2017[18], le groupe LafargeHolcim, qui emploie 81 000 personnes, est présent dans près de 80 pays.

Le siège de l’entreprise se trouve en Suisse. Le Centre de Recherche du Groupe est basé à Saint-Quentin-Fallavier, près de Lyon en France.

Le groupe est présent dans environ 80 pays en juin 2018. Il dispose en Europe de 892 sites qui emploient 21 317 personnes, en Asie-Pacifique de 539 sites qui emploient 24 153 personnes, en Afrique de 286 sites qui emploient 12 901 personnes, en Amérique du Nord de 523 sites qui emploient 12 697 personnes, et en Amérique latine de 139 sites qui emploient 9305 personnes[19].

Tiré par l’augmentation rapide de la population mondiale[20], l’urbanisation incessante et le besoin croissant en infrastructures, le secteur des matériaux de construction est très porteur. En tant que leader mondial des matériaux et des solutions de construction, LafargeHolcim s’appuie sur son implantation mondiale et sur son savoir-faire pour offrir à ses clients les matériaux et solutions les meilleurs et les plus innovants.

Direction[modifier | modifier le code]

Le Directeur général du groupe est Jan Jenisch depuis septembre 2017[21]. Il succède à Eric Olsen qui, après avoir mené avec succès le projet de la fusion[réf. souhaitée], a annoncé sa démission le 24 avril 2017[22] sur fond de tensions liées aux implications du groupe Lafarge en Syrie en 2013-2014[23].

En 2017, Beat Hess a été réélu Président du Conseil d’administration.

Affaire judiciaire[modifier | modifier le code]

Collaborations avec Daech du groupe français Lafarge[modifier | modifier le code]

Comme révélé par le journal Le Monde le 21 juin 2016[24], le groupe français Lafarge, avant sa fusion avec le groupe Holcim, est suspecté d'avoir financé l'État islamique pendant plus d'un an par le biais de sa branche Lafarge Cement Syria (LCS) et de sa cimenterie acquise en 2007 à Jalabiya, au nord-est de la Syrie, à 90 kilomètres de Raqqa. L'association française Sherpa dépose une plainte pénale le 15 novembre 2016 contre LafargeHolcim pour les conditions d'activité, en 2013 et 2014, de la cimenterie Lafarge de Jalabiya, en Syrie. Elle mentionne notamment "financement d’entreprise terroriste", "complicité de crimes de guerre" et "complicité pour crimes contre l’Humanité"[25]. On apprend en janvier 2017 que le Ministre de l'économie, Michel Sapin, a déposé une plainte en septembre 2016 contre les activités de Lafarge en Syrie, en se basant sur la Loi relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique (plus connue sous son nom abrégé loi Sapin II), sans pour autant rendre clairement public l'objet de la plainte[26].

En mars 2017, le groupe LafargeHolcim reconnait dans un communiqué de presse que le groupe français Lafarge a employé des moyens inacceptables pour assurer l'activité de la cimenterie Lafarge implantée en Syrie[27].

« Rétrospectivement, les mesures prises pour poursuivre les activités de l’usine étaient inacceptables. Les responsables des opérations en Syrie semblent avoir agi d’une façon dont ils pensaient qu’elle était dans le meilleur intérêt de l’entreprise et de ses employés. Néanmoins, l’enquête révèle des erreurs de jugement significatives en contradiction avec le code de conduite alors en vigueur. »

— LafargeHolcim, [28]

Suite à une enquête interne, Eric Olsen, Directeur Général du groupe LafargeHolcim, DRH puis directeur général adjoint du groupe français Lafarge à l’époque des faits, présente sa démission le 24 avril 2017, officiellement pour apaiser les tensions à propos du sujet syrien[29] : « Ma décision est guidée par la conviction qu’elle contribuera à apaiser les fortes tensions qui sont récemment apparues autour de la question de la Syrie. Bien que je n’ai été en aucune manière impliqué, ni même informé d’actes répréhensibles, je pense que mon départ contribuera à ramener de la sérénité à une société qui a été exposée depuis des mois sur ce sujet. »

Le 20 septembre 2017, Le Monde annonce que l'enquête judiciaire en cours est accablante pour la société Lafarge[30]. Le 14 novembre 2017 une perquisition a lieu au siège parisien du groupe. L'enquête judiciaire aboutit le à la mise en examen de trois cadres de Lafarge pour «financement d’une entreprise terroriste», «violation du règlement européen» concernant l’embargo sur le pétrole syrien et «mise en danger de la vie d’autrui»[31],[32],[33]. Dans le cadre de l’enquête sur la cimenterie de Jalabiya, le 7 décembre 2017 Eric Olsen, DRH puis directeur général adjoint du groupe français Lafarge à l’époque des faits et ex-directeur général de LafargeHolcim, est mis en examen des chefs de financement d’une entreprise terroriste et mise en danger de la vie d’autrui et placé sous contrôle judiciaire (avec un cautionnement)[34]. Le lendemain, le 8 décembre, l’ancien PDG de Lafarge Bruno Lafont et son ex-directeur général adjoint opérations Christian Herrault sont mis en examen pour financement d’une entreprise terroriste et mise en danger de la vie d’autrui. Tous deux ont été placés sous contrôle judiciaire avec caution[35].

Activité de lobbying[modifier | modifier le code]

LafargeHolcim est inscrit depuis 2015 au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2016 pour cette activité 2 collaborateurs à temps plein et des dépenses d'un montant compris entre 100 000 et 200 000 euros[36]. L'entreprise déclare avoir exercé des activités de lobbying pour un montant de 350 000 euros en 2017 auprès de l’État français[37].

Selon le Center for Responsive Politics, les dépenses de lobbying de LafargeHolcim aux États-Unis s'élèvent à 1 370 000 dollars en 2015[38].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Global LEI index, consulté le
  2. ave AFP, « Accord de fusion entre Lafarge et Holcim, futur géant mondial du ciment », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  3. Bertille Bayart et Jean-Yves Guerin, « La fusion Lafarge-Holcim en danger », Le Figaro.fr,‎ (lire en ligne)
  4. Nouvelle parité d'échange de 9 actions Holcim pour 10 actions Lafarge, BFM Trading Sat, 20 mars 2015
  5. « La fusion Lafarge Holcim en quatre points clés », La Tribune.fr,‎ (lire en ligne)
  6. Denis Cosnard, « Les anti-Lafarge tirent à vue sur la fusion », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne)
  7. Denis Cosnard, « Lafarge refuse de modifier à nouveau son projet de fusion », Le Monde économie,‎ (lire en ligne)
  8. Michel Albouy, « Lafarge-Holcim, une fusion entre égaux ? », Les Échos,‎ (lire en ligne)
  9. « LafargeHolcim confirme ses objectifs de synergies », Les Échos.fr,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « LafargeHolcim says agrees to sell Lafarge India to Nirma », Reuters.com,‎ (lire en ligne)
  11. avec Reuters, « LafargeHolcim vend sa filiale au Vietnam », Le Figaro.fr,‎ (lire en ligne)
  12. « LafargeHolcim agrees sale of Chilean business Cemento Polpaico », Reuters.com,‎ (lire en ligne)
  13. « Plan de cessions », La Tribune.fr,‎ (lire en ligne)
  14. (en) « Jan Jenisch appointed new CEO of LafargeHolcim Group », sur LafargeHolcim.com, (consulté le 17 janvier 2019)
  15. (en) « LafargeHolcim launches new growth strategy », sur World Cement, (consulté le 17 janvier 2019)
  16. Denis Cosnard, « LafargeHolcim, numéro un mondial du ciment, va fermer son siège de Paris », sur Le Monde,
  17. (en) « Semen Indonesia Is Poised to Buy LafargeHolcim Unit », sur Bloomberg.com,
  18. « Rapport annuel 2017 », sur lafargeholcim.com
  19. (en)Where we operate, lafargeholcim.com, consulté le 29 juin 2018
  20. « La population », sur www.un.org, (consulté le 17 janvier 2019)
  21. Jan Jenisch sera le nouveau patron de LafargeHolcim, Le Temps, 22 mai 2017
  22. (en) « Eric Olsen, CEO, to leave LafargeHolcim in July 2017 », sur LafargeHolcim.com, (consulté le 17 janvier 2019)
  23. Pourquoi le directeur général de LafargeHolcim Eric Olsen démissionne, Challenges, 24 avril 2017
  24. Dorothée Myriam Kellou (avec Christophe Ayad, Nathalie Guibert, Allan Kaval et Madjid Zerrouky), « Syrie : les troubles arrangements de Lafarge avec l’Etat islamique », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 3 mai 2017)
  25. Aurélie M'Bida, « LafargeHolcim admet des arrangements "inacceptables" avec l'en septembre 2016Etat islamique », L'Usine Nouvelle, (consulté le 23 août 2017)
  26. Alice Mérieux, « Lafarge et l'Etat islamique en Syrie: Bercy attaque en justice », Challenges, (consulté le 23 août 2017)
  27. « LafargeHolcim admet avoir financé des groupes armés en Syrie », Le Figaro, (consulté le 30 août 2017)
  28. (en) LafargeHolcim, « LafargeHolcim responds to Syria Review », LafargeHolcim, (consulté le 30 août 2017)
  29. Jean-Claude Bourbon, « Eric Olsen, le directeur de LafargeHolcim contraint à la démission », La Croix, (consulté le 30 août 2017)
  30. Soren Seelow, « Ce que révèle l’enquête judiciaire sur les agissements du cimentier Lafarge en Syrie », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 21 septembre 2017)
  31. « Perquisition au siège de LafargeHolcim soupçonné de financement d’entreprise terroriste », Le Monde, (consulté le 1er décembre 2017)
  32. « Lafarge en Syrie: un premier cadre poursuivi, deux autres déférés », Libération, (consulté le 1er décembre 2017)
  33. Myriam Chauvot, « Trois mises en examen dans le dossier Lafarge en Syrie », Les Échos, (consulté le 1er décembre 2017)
  34. « Lafarge en Syrie : l’ex-directeur général Eric Olsen mis en examen », sur lemonde.fr, .
  35. « Lafarge en Syrie : mises en examen de l’ancien PDG Bruno Lafont et de l’ex-directeur général adjoint Christian Herrault », Le Monde,
  36. « Registre de transparence », sur europa.eu (consulté le 16 novembre 2016)
  37. Olivier Petitjean, « De Paris à Washington, les sociétés du CAC 40 ont dépensé au moins 60 millions d’euros pour influencer les politiques », sur Bastamag (consulté le 12 janvier 2019)
  38. (en) « Center for Responsive Politics », sur opensecrets.org (consulté le 16 novembre 2016)