Thomas Nagel

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Thomas Nagel
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Philosophe occidental

Philosophie contemporaine

Thomas Nagel teaching Ethics.JPG

Avril 2008

Naissance
4 juillet 1937 (77 ans)
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
Conscience et expérience subjective ne peuvent être réduites à une activité cérébrale.
Œuvres principales
Influencé par

Thomas Nagel (né le 4 juillet 1937) est un professeur de philosophie et de droit à l'université de New York. Son article le plus célèbre Quel effet cela fait-il d'être une chauve-souris ?, « What is it like to be a bat ? » défend l'irréductibilité de la conscience, de l'expérience subjective, à l'activité cérébrale. Nagel a produit plusieurs contributions importantes en philosophie morale et politique. Il défend, en méta-éthique, l'existence de raisons morales impartiales.

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Il est diplômé de l'université Cornell en 1958, de l'université d'Oxford en 1960, et devient docteur en philosophie de l'université Harvard en 1963[1]. Il est un membre du comité de rédaction de l'Encyclopædia Britannica. Nagel est lauréat du Prix Balzan (2008) pour la philosophie morale.

Anti-réductionnisme psychophysique[modifier | modifier le code]

Dans nombre de ses articles, notamment dans « What is it like to be a bat », Nagel s'attaque à l'orthodoxie dominante en philosophie de l'esprit à l'époque de leur rédaction : le physicalisme, une thèse réductionniste concernant les relations entre conscience et activité cérébrale qui préconise la réduction psychophysique, c'est-à-dire l'identification des états mentaux à des processus neurobiologiques. Par « conscience », il faut ici entendre l'expérience phénoménale, ce que Nagel cherche à capter à l'aide de la métaphore : « l'effet que cela fait pour un organisme d'être ce qu'il est ». Il insiste sur le caractère subjectif de l'expérience phénoménale et oppose deux modes d'accès différents à la conscience : le point de vue objectif et impersonnel de la science qui se réfère à l'activité cérébrale ou au comportement, et le point de vue subjectif qui est celui du sujet de l'expérience vécue. Avec Nagel, l'idée de subjectivité, indissociable de l'idée d'expérience phénoménale, renvoie à un mode spécifique d'accès à l'expérience par lequel elle est vécue par le sujet comme particulière au type d'organisme qu'il est, particulière à celui d'une chauve-souris si le sujet est une chauve-souris par exemple. C'est cette dimension subjective de l'expérience, spécifique à un type d'organisme, qui est laissée de côté par la description scientifique du comportement ou de l'activité cérébrale, description certes valable universellement, mais qui reste abstraite et impersonnelle.

La subjectivité comme point de vue spécifique[modifier | modifier le code]

[pas clair]

L’idée de point de vue subjectif n’est pas à comprendre au sens de caractère privé de l’expérience, mais de caractère particulier ou spécifique de l’expérience. Une expérience est subjective si elle peut être entièrement comprise à partir d’un certain type de point de vue qui peut être partagé par tous les membres d’une même espèce, étant donné que ses membres vivent dans le même univers mental (cf. « Subjective and Objective »). On parle alors de « perspectivisme spécifique » pour indiquer la spécificité du point de vue subjectif qu'un être vivant a sur le monde. Chez Nagel, la subjectivité est toujours, au moins en possibilité, intersubjectivité de l’expérience, et elle s’oppose à l’objectivité comme le particulier s’oppose à l’universel, mais non comme le singulier s’oppose à l’universel. Le critère de la subjectivité est en effet qualitatif, il ne peut donc résider dans le principe quantitatif de la singularité d’une expérience privée. Aussi, la subjectivité ne se limite-t-elle pas à la singularité ou à l’individualité du « moi ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Livres en anglais[modifier | modifier le code]

  • The Possibility of Altruism (1970), Oxford University Press. (Reprinted in 1978, Princeton University Press.)
  • Mortal Questions (1979), Cambridge University Press, ISBN 978 0 521 40676 5. Traduction française Questions mortelles, PUF, Paris, 1983.
  • The View from Nowhere (1986), Oxford University Press.
  • What Does It All Mean?: A Very Short Introduction to Philosophy (1987), Oxford University Press.
  • Equality and Partiality (1991), Oxford University Press.
  • Other Minds: Critical Essays, 1969-1994 (1995), Oxford University Press.
  • The Last Word (1997), Oxford University Press.
  • The Myth of Ownership: Taxes and Justice (2002), (with Liam Murphy) Oxford University Press.
  • Concealment and Exposure and Other Essays (2002), Oxford University Press.
  • Secular philosophy and the religious temperament: essays 2002-2008 (2010) Oxford New York, N.Y: Oxford University Press. ISBN 9780195394115.
  • Mind and Cosmos: why the materialist neo-Darwinian conception of nature is almost certainly false (2012) Oxford New York: Oxford University Press, ISBN 9780199919758

Livres traduits en français[modifier | modifier le code]

  • Questions mortelles [« Mortal Questions »], PUF,‎ 1983, 247 p. (ISBN 978-2130380818)
  • Qu'est ce que tout cela veut dire ? : Une très brève introduction à la philosophie [« What Does It All Mean?: A Very Short Introduction to Philosophy »], L'éclat,‎ 1993, 96 p. (ISBN 978-2905372796)
  • Le Point de vue de nulle part [« The View from Nowhere »], L'éclat,‎ 1993, 289 p. (ISBN 978-2905372840)

Articles[modifier | modifier le code]

  • 1959, « Hobbes's Concept of Obligation », Philosophical Review, p. 68-83.
  • 1959, « Dreaming », Analysis, p. 112-6.
  • 1965, « Physicalism », Philosophical Review, p. 339-56.
  • 1969, « Sexual Perversion », Journal of Philosophy, p. 5-17.
  • 1969, « The Boundaries of Inner Space », Journal of Philosophy, p. 452-8.
  • 1970, « Death », Nous, p. 73-80.
  • 1970, « Armstrong on the Mind », Philosophical Review, p. 394-403 (a discussion review f A Materialist Theory of the Mind by D. M. Armstrong).
  • 1971, « Brain Bisection and the Unity of Consciousness », Synthese, p. 396-413.
  • 1971, « The Absurd », Journal of Philosophy, p. 716-27.
  • 1972, « War and Massacre », Philosophy & Public Affairs, vol. 1, p. 123-44.
  • 1973, « Rawls on Justice », Philosophical Review, p. 220-34 (a discussion review of A Theory of Justice by John Rawls).
  • 1973, « Equal Treatment and Compensatory Discrimination », Philosophy & Public Affairs, vol. 2, p. 348-62.
  • 1974, « What Is it Like to Be a Bat? », Philosophical Review, p. 435-50. Online text
  • 1976, « Moral Luck », Proceedings of the Aristotelian Society Supplementary vol. 50, p. 137-55.
  • 1979, « The Meaning of Equality », Washington University Law Quarterly, p. 25-31.
  • 1981, « Tactical Nuclear Weapons and the Ethics of Conflict », Parameters: Journal of the U.S. Army War College, p. 327-8.
  • 1983, « The Objective Self », in Carl Ginet and Sydney Shoemaker (eds.), Knowledge and Mind, Oxford University Press, p. 211-232.
  • 1987, « Moral Conflict and Political Legitimacy », Philosophy & Public Affairs, p. 215-240.
  • 1994, « Consciousness and Objective Reality », in R. Warner and T. Szubka (eds.), The Mind-Body Problem, Blackwell.
  • 1995, « Personal Rights and Public Space », Philosophy & Public Affairs, vol. 24, no. 2, p. 83-107.
  • 1997, « Assisted Suicide: The Philosophers' Brief » (with R. Dworkin, R. Nozick, J. Rawls, T. Scanlon, and J. J. Thomson), New York Review of Books, March 27, 1997.
  • 1998, « Reductionism and Antireductionism », in The Limits of Reductionism in Biology, Novartis Symposium 213, John Wiley & Sons, p. 3-10.
  • 1998, « Concealment and Exposure », Philosophy & Public Affairs, vol. 27, no. 1, p. 3-30. Online text
  • 1998, « Conceiving the Impossible and the Mind-Body Problem », Philosophy, vol. 73, no. 285, p. 337-352. Online PDF
  • 2000, « The Psychophysical Nexus », in Paul Boghossian and Christopher Peacocke (eds.) New Essays on the A Priori, Oxford: Clarendon Press, p. 432-471. Online PDF
  • 2003, « Rawls and Liberalism », in Samuel Freeman (ed.) The Cambridge Companion to Rawls, Cambridge University Press, p. 62-85.
  • 2003, « John Rawls and Affirmative Action », The Journal of Blacks in Higher Education, no. 39, p. 82-4.

Littérature secondaire[modifier | modifier le code]

  • Thomas Nagel, Alan Thomas, Acumen Publishing, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [1].

Liens externes[modifier | modifier le code]