Bande dessinée historique

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La bande dessinée historique est un genre de bande dessinée qui, à l’instar du roman historique, prend pour toile de fond un épisode (parfois majeur) de l’Histoire, auquel il mêle généralement des événements et des personnages réels et fictifs. Elle a de nombreux représentants dans la bande dessinée franco-belge.

Chronologie[modifier | modifier le code]

À l’époque où la bande dessinée était destinée avant tout à un jeune public, les récits historiques avaient des visées éducatives. Dans le Journal de Spirou édité par le très catholique[1] Charles Dupuis, paraissaient Les Belles Histoires de l'oncle Paul créées dans l’après-guerre. À la même période, le Journal de Tintin concurrent proposait des Histoires authentiques écrites par Yves Duval. Aux États-Unis, EC Comics fait paraître les comics historiques Picture Stories from American History (1945-1947) et Picture Stories from World History (1947). Dans les années 1950, EC Comics édite sous la houlette de Harvey Kurtzman les séries anthologiques Two-Fisted Tales (en) et Frontline Combat(en), qui s’intéressent à des épisodes guerriers : Seconde Guerre mondiale, guerre de Corée

Les éditions Larousse publient entre 1976 et 1978 des fascicules mensuels de leur Histoire de France en bande dessinée, présentée de façon chronologique depuis Vercingétorix (24 fascicules regroupés en 8 albums). La Découverte du monde en bandes dessinées (Larousse, 1978-1980) raconte les voyages des grands explorateurs au cours des siècles (Marco Polo, Jacques Cartier, Richard Byrd par exemple). Une Histoire du Far West est publiée de façon similaire à partir de 1980 (36 fascicules et 12 albums), s’attachant cette fois aux grands personnages et aux épisodes célèbres de la conquête de l'Ouest.

Parallèlement à ces récits strictement didactiques, les auteurs développent des fictions dans un contexte historique. C’est le cas par exemple de la saga des Timour (Dupuis, 1955-1994), qui s’étale sur plusieurs générations à travers les âges. Au cours des décennies suivantes, la documentation historique des dessinateurs prendra de plus en plus d’importance, pour restituer un contexte aussi fidèle que possible. François Bourgeon en fait une composante majeure de sa série maritime Les Passagers du vent[2] (Glénat, 1979-1984). On peut citer également Murena (Dargaud, 1997-2010), pour laquelle le scénariste Jean Dufaux s’est abondamment documenté[3].

Les éditeurs consacrent parfois un pan entier de leur catalogue au domaine de la fiction historique. Ainsi, Glénat crée la collection « Vécu » en 1985 et Delcourt la collection « Histoire & histoires » en 2008, destinées à des œuvres de ce genre : Les 7 Vies de l'Épervier ou Les Tours de Bois-Maury chez Glénat, Le Trône d'argile ou Le Pape terrible chez Delcourt.

Événements associés[modifier | modifier le code]

Le Prix Château de Cheverny de la bande dessinée historique est décerné depuis 2004 ; il récompense « la qualité du scénario, la valeur du dessin ainsi que le sérieux de la reconstitution historique ». Les derniers lauréat sont Jérémie Moreau et Wilfrid Lupano pour leur album Le Singe de Hartlepool.

En janvier 2008 s’est tenu à Briançon le 1er Festival de la bande dessinée historique[4], organisé par les éditions Glénat. Un autre festival sur ce thème, indépendant du premier, s’est déroulé à Senlis (Oise) en décembre 2010[5].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Delisle, Spirou, Tintin et Cie, une littérature catholique ?, Khartala,‎ 2010, « années 1930-années 1980 », p. 35
  2. Michel Thiébaut, Les Chantiers d'une aventure : Autour des passagers du vent de François Bourgeon, Casterman,‎ 1994
  3. collectif, Rome au temps de Néron, L’Histoire,‎ 2009
  4. « 1er Festival de la bande-dessinée historique de Briançon du 11-01-2008 au 13-01-2008 » (consulté le 2 août 2011)
  5. « Premier Festival de la BD historique », sur Le Parisien,‎ 2 décembre 2010