Lorenzo Mattotti

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Lorenzo Mattotti photographié par Joe Zattere, années 1990-2000.

Lorenzo Mattotti est un illustrateur, peintre et auteur de bande dessinée italien né le 24 janvier 1954 à Brescia.

Sommaire

[modifier] Biographie

Lorenzo Mattotti, désireux dès le collège d'étudier l'art et d'être dessinateur avec son ami Fabrizio Ostani, doit cependant à cause de sa formation secondaire scientifique étudier l'architecture[1], ce qu'il fait à Venise avant de s'orienter vers le graphisme[2]. Durant ses études, il essaie de se faire publier ses bandes dessinées réalisées avec Ostani (qui prend le pseudonyme de Jerry Kramsky), mais ses tentatives d'intégrer Undercomix de Franco Bonvicini, Linus ou le Corriere dei Piccoli échouent, bien qu'il se soit rapproché de l'agence Quipos de Renato Calligaro, où avait pu rencontrer Alberto Breccia, Altant, Carlos Sampayo, etc[1].

En 1975 il publie finalement ses premières bandes dessinées, dans le fanzine français Biblipop puis la revue Circus. En 1976, il dessine un chapitre du recueil collectif Casanova puis publie l'année suivante son premier album, Alice Brum-Brum[Note 1], adaptation très libre et fantaisiste d’Alice au pays des merveilles[3], aux éditions Mondograf. À partir de 1978, il se met à s'intéresser au réel avec Tran Tram Rock[Note 1] puis Incidenti (Incidents). En 1980 il fonde avec d'autres auteurs le collectif d'artistes « Valvoline » qui vise à renouveler l'esthétique et la linguistique de la bande dessinée. Si dans un premier temps, ses bandes dessinées sont marquées par les influences de l'underground américain, il évolue à partir de 1982 et Il Signor Spartaco (Le Signor Spartaco) vers un univers très pictural basé sur l'utilisation d'huile et de pastels.

Il publie à partir de 1984 dans Alter Alter Fuochi (Feux), « long récit salué par la critique comme l'un des chefs d'œuvres du 9e art » qui permet à la critique de voir en lui « l'un des dessinateurs les plus marquants de la nouvelle génération italienne[4] ». Il crée encore quelques bandes dessinées jusqu'au début des années 1990, même si à cette date il se consacre de plus en plus à son travail d'illustrateur, initié en 1984 dans Vanity[Note 2] et qui fait l'objet de nombreux recueils.

En effet Lorenzo Mattotti est un auteur très demandé par les presses américaine et européenne, pour lesquelles il réalise de nombreuses couvertures (Le Monde, Télérama, Paris Match, Libération, Vanity Fair, Cosmopolitan, Glamour, The New Yorker...). C'est également un affichiste recherché. Il a obtenu pour ses dessins de nombreux prix, dont le Grand prix de Bratislava en 1993 pour Eugenio (ensuite adapté en dessin animé) et le Yellow Kid du meilleur illustrateur en 1997 à Rome. Stigmates en 1994, Anonymes en 2000 ou son adaptation de L'Étrange Cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde en 2002 et des participations en 2007 et 2008 à des collectifs des éditions Delcourt montrent cependant qu'il ne se désintéresse pas de la bande dessinée, même s'il admet lui préfèrer à partir de la fin des années 1990 l'illustration[5]. Il participe en 2007 au dessin animé Peur(s) du noir

Résident à Paris depuis 1998, ses livres sont traduits dans le monde entier. Depuis 1977, une quarantaine d'expositions lui ont été consacrées dans des galeries privées.

[modifier] Un auteur de bande dessinée majeur

Intéressé par l'aspect artistique de la bande dessinée, et par une certaine forme de radicalité accentuée par la participation à Valvoline, Mattotti a toujours voulu faire des « histoires bizarres[6] ». Ses œuvres tirent généralement plutôt leur origine du contrôle de « l'irrationnel du dessin[6] » que de la « logique de l'écriture[6] » afin de créer l'histoire à partir de l'image sans virer dans l'illustration pure. Ce qui lui a parfois valu d'être rejeté du champ de la bande dessinée par certains critique, ce qui est « absurde », car Mattotti vient clairement de la bande dessinée[7].

[modifier] Un illustrateur reconnu et recherché

Les illustrations de Mattotti, le plus souvent des pastels, empruntent à tous les courants artistiques des XIXe et XXe siècles[8]. Cependant, si les dessins l'auteur perdent l'exubérance de ses bandes dessinées, ils se caractérisent tous par une « élégance qui fait le fond de toute sa production parce qu'elle est aussi et d'abord la caractéristique de son rapport à l'existence[9] ».

[modifier] Œuvres publiées

[modifier] Bandes dessinées

[modifier] En français

Dans des revues
En albums
  • Le Signor Spartaco, Les Humanoïdes associés, 1983
  • Incidents, Artefact, coll. « Contagion », 1984
  • Feux, Albin Michel, 1986, rééd. Seuil, 1997
  • Labyrinthes (dessin), avec Jerry Kramsky (scénario), Albin Michel, 1988, rééd. Seuil, 1999
  • Nocturne, L'Atelier, 1989
  • Doctor Nefasto (dessin), avec Jerry Kramsky (scénario), Albin Michel, 1989
  • Murmure (dessin), avec Jerry Kramsky (scénario), Albin Michel, 1989, réed. Seuil, 2001
  • L'Homme à la fenêtre (dessin), avec Lili Ambrosi (scénario), Albin Michel, 1992, réed. Casterman, 2003
  • Le Voyage de Caboto (dessin), avec Jorge Zentner (scénario), Albin Michel, 1993
  • « Stigmate » (dessin), avec Claudio Piersanti (scénario), dans Le Retour de Dieu, Autrement, 1994. Réed. en album Seuil, 1998
  • L’Arbre du penseur, Amok, coll. « Feu », 1997
  • Docteur Jekyll & Mister Hyde (dessin), avec Jerry Kramsky (scénario), Casterman, 2002
  • « Les 2 bossus » (dessin), avec Jerry Kramsky (scénario), dans Little Lit, t. 1 : Contes de fées, contes défaits, Seuil, 2002
  • Le Bruit du givre (dessin), avec Jorge Zentner (scénario), Seuil, 2003
  • Lettres d'un temps éloigné, Casterman, 2005
  • Monsieur Spartaco, voyage d'un épicentrique, Seuil, 2005
  • Chimère, collection Ignatz, Coconino-Press / Vertige Graphic, 2006
  • « Une femme sur la route », dans Paroles sans papiers, Delcourt, 2007
  • « A Hard Rain's a-Gonna Fall », dans Bob Dylan Revisited, Delcourt, 2008

[modifier] Illustrations

  • Pour Vanity, Albin Michel, 1987
  • Pinocchio de Carlo Collodi, Albin Michel Jeunesse, 1990
  • Mattotti, Albin Michel, 1990
  • Eugenio, récit de Marianne Cockenpot, Seuil Jeunesse, 1993
  • Un Soleil lunatique, récit de Jerry Kramsky, Seuil Jeunesse, 1994
  • D'autres formes le distrayaient continuellement, Seuil, 1995
  • Grands dieux, récit de Jerry Kramsky, Seuil Jeunesse, 1997
  • Ligne fragile, Seuil, 1999
  • Anonymes, texte de Claudio Piersanti, Seuil, 2000
  • Parole pour un adieu, texte d'Anne Jonas, Albin Michel Jeunesse, 2001
  • Fantasmes dans la chambre, P.M.J. Éditions, 2002
  • Les Affiches de Mattoti, Seuil, 2003
  • La Chambre, Seuil, 2004
  • Angkor, carnet de voyage pour le magazine Géo, avec Pierre Sorgue, Seuil, 2004
  • Nell’Acqua, Casterman, 2005
  • Aerkaos, roman de Jean-Michel Payet, Panama, 2007

[modifier] Divers

[modifier] Filmographie

[modifier] Annexes

[modifier] Documentation

[modifier] Ouvrages

  • Lorenzo Mattoti et Eddy Devolder, Métamorphoses, Vertige Graphic, 1992. Longue conversation illustrée

[modifier] Interviews et entretiens

[modifier] Articles

[modifier] Internet

[modifier] Notes et références

Notes

  1. ab Jamais traduit en français.
  2. L'édition italienne de Vanity Fair.

Références

  1. ab Mattotti (2003), p. 47
  2. Pour toute cette biographie, sauf précision complémentaire : Gaumer (2004)
  3. Mattotti (2003), p. 48
  4. Thierry Groensteen, « Lorenzo Mattotti », dans La Bande dessinée depuis 1975, MA Éditions, coll. « Le monde de... », 1985, p.114
  5. Mattotti (2003), p. 54
  6. abc Mattotti (2003), p. 49
  7. Samson (2003), p. 68
  8. Groensteen (2003)
  9. Id., p. 61
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