Grignotage (urbanisme)

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la Vallée d'Ossau
Vallée d'Ossau : le recul du pastoralisme soumet les paysages naturels à la pression de l’aménagement foncier avec l’extension des infrastructures et le mitage du paysage.

En urbanisme, le grignotage ou mitage est une conséquence de l'étalement urbain. Il désigne l'implantation d'édifices dispersés dans un paysage naturel.

En France, le mitage s'oppose au caractère concentré des villages traditionnels.

Définition[modifier | modifier le code]

Le grignotage désigne l'installation progressive de bâtiments dans un paysage non urbain. On parle également de mitage pour marquer le fait que ce phénomène est insidieux : une maison apparaît, puis une autre, puis un lotissement est construit, puis d'autres constructions. Le paysage perd ainsi progressivement son caractère rural au profit d'une coexistence de zones vertes et de zones construites comportant une faible densité de bâtiments et de services collectifs.

Ce phénomène est un des traits de l'étalement urbain et de la périurbanisation. Il tire son origine de l'envie des citadins de posséder une maison avec jardin à l'extérieur de la ville tout en restant à proximité de celle-ci, et de la faiblesse des prix des terrains. Lorsque les terrains libres commencent à atteindre un certain niveau de prix, le grignotage s'étend vers des zones moins chères, augmentant ainsi le degré d'étalement.

La SAFER rapporte que la France a vu le territoire urbain augmenter de 10 % entre 1990 et 2004, passant de 10 à 11 millions d'hectares, ajoutant que sur 198 000 maisons construites en 2003, plus de 152 000 l'ont été en secteur diffus (mitage) plutôt qu'en secteur concentré[1].

L'impact du mitage est de plusieurs ordres :

  • Une dégradation du paysage rural qui perd son homogénéité.
  • Une extension coûteuse des réseaux et services (électricité, eau, ramassage des déchets, ramassage scolaire) dont l'entretien est à la charge de la collectivité.
  • Une augmentation des déplacements et de la consommation d'énergie associée.
  • Une explosion des coûts pour les ménages: pour un célibataire, le seul poste "transport en voiture individuelle" (plus de 5000 euros/an) équivaut au montant du loyer d'un T1 bis en centre ville (420 euros à Bordeaux). Même pour un ménage dont la maison est payée, les coûts du logement sont conséquents en raison de la taille de la maison : impôts fonciers, taxe d'habitation, entretien, réfections et réparations, etc.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La fin des paysages, livre blanc publié par la Fédération nationale des SAFER, 2004.