Alain Manesson Mallet

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Alain Manesson Mallet
Détail d'un portrait de Manesson Mallet gravé par Pierre Landry et publié dans la Description de l'Univers (1683).
Détail d'un portrait de Manesson Mallet gravé par Pierre Landry et publié dans la Description de l'Univers (1683).

Naissance 1630
Paris
Décès 1706
Paris
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Flag Portugal (1667).svg Royaume de Portugal
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Arme Génie militaire
Grade Sargento-mor (commandant)
Conflits Guerre de Restauration
Autres fonctions Cartographe
Maître de mathématiques

Alain (quelquefois orthographié Allain) Manesson[1] Mallet, né à Paris en 1630 et mort dans cette même ville en 1706, est un ingénieur militaire, géographe et cartographe français de la seconde moitié du XVIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alain Manesson[1] étudia les mathématiques et la géométrie auprès de l'ingénieur militaire Philippe Mallet (1606-1679)[2], qui enseignait depuis 1654 au collège de Bourgogne. Manesson Mallet devint ensuite mousquetaire dans le régiment des gardes de Louis XIV.
En 1663, à l'instar de Pierre de Massiac, il partit pour le Portugal, alors en proie à la dernière phase de la guerre de Restauration, pour entrer au service d'Alphonse VI. Sous les ordres du maréchal de Schomberg, il servit comme ingénieur des camps et armées du roi puis comme sargento-mor (grade équivalent à celui de commandant[3]) d'artillerie dans la province d'Alentejo. Il fortifia notamment les châteaux d'Arronches (1666) et de Ferreira (1667) et apporta des réparations aux systèmes défensifs d'Évora et d'Estremoz[4].
Après la signature du traité de Lisbonne (1668), Manesson Mallet revint en France, où il fut nommé maître de mathématiques des pages de la Petite Écurie.

En 1671, il publia la première édition de son manuel illustré de poliorcétique et de science militaire. Les Travaux de Mars, ou l'art de la guerre furent traduits dès l'année suivante en allemand par Philipp von Zesen (Den Arbeid van Mars, Amsterdam, Jacob van Meurs, 1672) et plusieurs fois contrefaits, ce qui atteste du succès de cette œuvre dont une nouvelle édition augmentée en trois volumes parut en 1684.
Vauban, qui avait rencontré Manesson Mallet en 1674, possédait un exemplaire de cette somme dans sa bibliothèque et Pierre Bayle souligna « l'utilité et l'importance » d'un ouvrage « estimé par les plus savants du métier »[5].
Les Travaux de Mars tenaient compte des publications récentes, telles que les traités de Stevin, d'Errard et de De Ville ou encore les Fortifications du comte de Pagan, que Manesson Mallet connaissait personnellement[4].

En 1683, Manesson Mallet fit publier une Description de l'Univers en 5 volumes. Ce grand ouvrage, rédigé d'après de nombreux livres de géographie (quelquefois obsolètes) et de récits de voyage, était également recherché par les connaisseurs, principalement pour ses cartes et ses nombreuses gravures plus pittoresques qu'exactes. Bayle le considérait comme « un ramas curieux de mille choses concernant la Géographie et l'Histoire »[5].

En 1702 parut sa troisième et dernière publication, La Géométrie pratique, fondée sur les cours de Philippe Mallet. Elle est ornée de plusieurs centaines de gravures de vues et de monuments réalisées par Manesson Mallet d'après des œuvres d'Israël Silvestre et des Pérelle[6].

Bien qu'il ait annoncé dans l'« Avertissement » introduisant cette Géométrie pratique qu'il continuait de rédiger sur la géographie et la marine, Manesson Mallet n'eut pas l'occasion de faire publier un quatrième ouvrage : il mourut en effet quatre ans plus tard, en 1706.

Alexandre Dumas lui a rendu hommage en le mentionnant dans le chapitre LXIX du Vicomte de Bragelonne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Il est probable qu'à son véritable patronyme, Manesson (attesté à Paris sous l'Ancien régime), il ait ajouté le nom de Mallet en hommage à son maître.
  2. Charles Brainne, Les Hommes illustres du département de l'Oise, vol. 2, Paris/Beauvais, Aubry/Tremblay, 1864, p. 318-319.
  3. Au Portugal, le grade de sargento-mor était inférieur à celui de lieutenant-colonel et supérieur à celui de capitaine.
  4. a et b Édouard de La Barre-Duparcq, « Note du traducteur », Heinrich Adolf von Zastrow, Histoire de la fortification permanente, 3e édition, t. I, Paris, 1856, p. 308-313.
  5. a et b Pierre Bayle, « Catalogue de livres nouveaux accompagnés de quelques remarques - II », Nouvelles de la Républiques des Lettres, janvier 1685, p. 103-107.
  6. Alfred Bonnardot, Histoire artistique et archéologique de la gravure en France, Paris, 1849, p. 97, n. 1.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications de Manesson Mallet[modifier | modifier le code]

Autoportrait de l'auteur et présentation de ses ouvrages en tête de La Géométrie pratique (1702).
  • Les Travaux de Mars, ou l'art de la guerre, Paris, Jean Henault et Claude Barbin, 1671.
  • Description de l'Univers, contenant les différents systèmes du monde, 5 volumes, Paris, Denis Thierry, 1683.
  • Les Travaux de Mars, ou l'art de la guerre nouvelle édition augmentée, 3 volumes, Paris, Denis Thierry, 1684.
  • La Géométrie pratique, 4 volumes, Paris, Anisson, 1702.

Sur Manesson Mallet[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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