Peinture à la cire

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Hawara (100-110 après J.C.), un des portraits du Fayoum, utilisant la peinture à la cire.

La peinture à la cire ou peinture à l'encaustique est une technique de peinture utilisant la cire d'abeille comme liant, surtout utilisée en peinture sur bois.

Elle est très ancienne puisque l'on trouve déjà l'utilisation de la peinture à la cire pour les portraits du Fayoum (du Ier au Ve siècle en Égypte). Elle prouve par là sa résistance au temps : ces peintures sur sarcophages sont toujours pratiquement intactes aujourd'hui.

Dans le livre XXXV - consacré à la peinture - de son Histoire naturelle, Pline en parle sous les noms de cire (cera) ou d'encaustique (encaustica) : au chapitre XLIX[1], il se dit incapable d'attribuer l'origine de la technique à quiconque, mais la certifie plus ancienne que Lysippe ou qu'Apelle. Au chapitre XLI[2], il explique que l'on employa d'abord la cire sur ivoire repoussée au pointeau, puis que l'on découvrit le moyen de l'utiliser avec un pinceau, après l'avoir liquéfiée en la chauffant ; ce procédé permettant, toujours selon Pline, de peindre les navires de manière à ce que la couleur résiste au soleil, au sel et au vent. Dans le livre XXXIII[3], il explique que pour protéger de la décoloration par la lumière une peinture au cinabre, on l'enduit au pinceau d'une couche de cire fondue préalablement mélangée à de l'huile, que l'on réchauffe ensuite jusqu'à la faire suer, et qu'on lisse enfin à la bougie et au chiffon.

Dans un des chapitres du livre XXI[4], il détaille la fabrication de la cire considérée comme la meilleure de toutes, la cire de Carthage (cera punica), utilisée tant par les artistes que les apothicaires : la cire d'abeille - jaune - est mise à bouillir avec de l'eau puisée en haute mer et additionnée de salpêtre, à la suite de quoi l'on refroidit le tout et l'on récupère en surface la partie la plus blanche. Cette «fleur» de cire est de nouveau mise à bouillir dans de l'eau de mer, le même procédé s'apparentant à une saponification est répété trois fois ou plus, jusqu'à ce que la cire soit on ne peut plus blanche. On y incorpore ensuite divers pigments pour la colorer, cendre de papyrus (charta) pour le noir, orcanète des teinturiers (anchusa) pour le rouge...

Actuellement, la peinture à l'encaustique utilise un procédé de saponification de la cire plus moderne, par exemple à l'essence de térébenthine. On crée ainsi un médium sous forme d'émulsion alcaline très stable, qui permet aussi bien de travailler les glacis et les voiles que d'utiliser son pouvoir couvrant. Les possibilités de variations techniques, sa compatibilité avec les médiums modernes, font de la peinture à la cire l'une des plus souples et des plus durables de l'histoire de l'art.

[modifier] Livres et liens externes

[modifier] Notes

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, Livre XXXV, 122.
  2. ibidem, Livre XXXV, 149.
  3. ibidem, Livre XXXIII, 122.
  4. ibidem, Livre XXI, 83-85.

Le texte de Pline est consultable sur internet, en latin et traduit en français.

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