London Metal Exchange

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51° 30′ 47.5″ N 0° 04′ 45″ O / 51.513194, -0.07917 ()

Le logo du LME à l'entrée du bâtiment

Le London Metal Exchange (Marché des métaux de Londres, ou LME) est la place boursière de Londres spécialisée dans les contrats à terme portant sur les métaux non ferreux (cuivre, étain, plomb, zinc, aluminium, nickel).

Description[modifier | modifier le code]

Le LME est le premier marché mondial des métaux non-ferreux avec 80 % des échanges mondiaux. En 2011, il s'est échangé sur ce marché 146.6 millions de lots, pour 15 400 milliards de dollars, soit 61 milliards de dollars par jour en moyenne (46 milliards par jour en moyenne en 2010). Seuls sont autorisés à échanger sur le LME les 94 membres, tels que les banques Goldman Sachs, Merrill Lynch, Société générale, Deutsche Bank, Macquarie Bank, Standard Chartered, les entreprises minières Vale, BHP Billiton, Rio Tinto, Teck Cominco, Glencore, ou encore des industriels comme le fabricant de câbles Prysmian ou le sidérurgiste Outokumpu[1]. 70 d'entre eux, les plus anciens, sont également les actionnaires de la place à travers la LME Holdings Limited. Les membres du LME approvisionnent les industries du monde entier grâce à un réseau de 600 entrepôts et prennent en charge la gestion du risque. Les cours du LME servent de base de calcul dans toutes les négociations commerciales sur les métaux.

Il est situé au 56, Leadenhall Street, Londres, dans le quartier d'affaires de la City.

Historique[modifier | modifier le code]

La façade de la bourse

Le LME a été créé en 1877, mais le principe d'une cotation des métaux remonte à 1571 avec le Royal Exchange de Lord Gresham. Le LME et a fermé pendant la deuxième guerre mondiale, avant de rouvrir en 1952. Il a subi une crise dans les années 1990 à la suite de spéculations importantes sur le cuivre, qui ont mis en difficulté le courtier japonais Sumitomo en 1996.

Le 16 juin 2012, la Bourse de Hong Kong rachète le LME pour 1,5 milliard d'euros[2].

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le London Metal Exchange est le marché de référence incontesté de cotation des six grands métaux non ferreux : cuivre, étain (1877), plomb, zinc (officiellement depuis 1920), aluminium (1978), nickel (1979), auxquels s'ajoute depuis 2008 un métal ferreux, l'acier.

Ces six métaux non ferreux de base font l'objet depuis 2000 d'un indice, le LMEX. Cet indice permet aux investisseurs d'échanger des futures et des options sur ces métaux sans traduire ces opérations financières par des transactions réelles, c'est-à-dire sans réaliser les opérations de stockage et de livraison correspondantes[3].

En 2010 sont encore ajoutés le cobalt et le molybdène[3]. Enfin, le LME cote l'or et l'argent en partenariat et pour le compte du London Bullion Market, le marché des métaux précieux de Londres.

Les échanges au LME se font sur 3 plates-formes :

  • sur le Ring, à la criée, selon la méthode traditionnelle, entre 11:40 et 17:00 (heure locale) ; c'est le prix du Ring au moment de la cloche, à la fermeture, qui fixe les cours officiels
  • par téléphone 24h/24 ;
  • sur le LME Select, une plate-forme d'échanges électronique, entre 01:00 et 19:00 (heure locale).

Le LME n'est pas un marché au comptant : il cote uniquement des produits dérivés, futures et options, sur ses métaux.

London Metal Exchange[4]
métal volume du lot type de contrats prix du lot au 24/05/2012 en US$ stock au 15/07/2011 en tonnes
aluminium 25 tonnes futures et options 1 969 $ 4.412 millions
cuivre 25 tonnes futures et options 7 660 $ 462 025
plomb 25 tonnes futures et options 1 934 $ 307 850
nickel 6 tonnes futures et options 16 915 $ 103 194
étain 5 tonnes futures et options 19 655 $ 21 305
zinc 25 tonnes futures et options 1867 $ 891 350
billes d'acier 65 tonnes futures 380 $
molybdène 6 tonnes futures 30 350 $
cobalt 1 tonne futures 30 625 $

La caractéristique du LME par rapport aux autres marchés à termes (CME, ICE, NYMEX, LIFFE), est son mode de cotation. Les cotations ne sont pas au LME à échéances mensuelles mais à dates : le LME cote quotidiennement un délai fixe de trois mois, ce qui crée en pratique autant d'échéances que de jours ouvrables. Cette originalité est l'héritage de l'époque où le temps moyen de transport des navires marchands en provenance d'Amérique du Sud ou d'Extrême-Orient était précisément de trois mois[5].

Le LME a agréé plus de 600 entrepôts à travers le monde, notamment à[6] :

  • Europe : Royaume-Uni (Hull, Liverpool), Pays-Bas (Rotterdam, Vlissingen), Anvers, Hambourg, Espagne (Bilbao), Italie (Gênes, Trieste)
  • Asie : Japon (Yokohama), Corée (Busan, Gwangyang, Incheon), Malaisie (Johor, Port Klang), Singapour, Dubai
  • USA : Baltimore, Chicago, Détroit, Mobile, La Nouvelle-Orléans

Les échanges sur le LME se font uniquement en US Dollars, mais le LME donne également les cours de ses produits en livres Sterling, en euros et en yens japonais.

Le LME possède 8,05 % de sa chambre de compensation LCH.Clearnet.

Les autres marchés à terme dans le monde sont par exemple la Bourse de Chicago, le CME spécialisé dans les denrées agricoles, l'ICE à Atlanta qui cote notamment le pétrole brut de Londres, ou le LIFFE à Londres actif dans les produits dérivés financiers.

Membres[modifier | modifier le code]

Les membres sont répartis en sept catégories[1] :

  • Ring Dealing, qui peuvent opèrer sur le Ring, par téléphone et sur le LME Select. Tous les membres du Ring Dealing sont membres du London Clearing House. Ils sont au nombre de 12 et détiennent le droit exclusif de commercer dans le ring :
    • Amalgamated Metal Trading Limited
    • Barclays Bank Plc
    • E D & F Man Capital Markets Limited
    • J.P. Morgan Securities Ltd
    • MAREX Financial Ltd
    • Metdist Trading Ltd
    • INTL FCStone Europe Ltd
    • Natixis Commodity Markets Ltd
    • Newedge Group (branche britannique)
    • Société générale
    • Sucden Financial Ltd
    • Triland Metals Ltd

Les autres membres du LME sont:

  • Associate Broker Clearing, qui opèrent uniquement par téléphone ou sur le LME Select
  • Associate Trade Clearing, qui opèrent par téléphone ou sur le LME Select, mais pour leur compte propre uniquement
  • Associate Broker ; ils opèrent par téléphone ou sur le LME Select, mais ne sont pas membres de la chambre de compensation (LCH.Clearnet)
  • Associate Trade ; ils opèrent pour leur compte propre, uniquement comme clients, ils ne sont pas membres de la chambre de compensation
  • deux catégories regroupent des personnes physiques et des membres honoraires

95 % des membres du LME ne sont pas britanniques. Le LME a ouvert en avril 2010 à Singapour (30 Raffles Place #19-03, The Chevron House) son premier établissement à l'étranger pour répondre aux besoins de ses membres ; les trois quarts de ses membres ont un bureau à Singapour.

Détermination des prix des métaux[modifier | modifier le code]

À l'origine, les prix sur les marchés des métaux sont essentiellement déterminés par la loi de l'offre et de la demande, concrètement les cycles de la production industrielle et les variations de stocks officiels de métal physique du LME, et par les variations de taux de change. À partir des années 1980, avec le développement mondial des mouvements financiers, ces éléments fondamentaux ont été modifiés par l'arrivée d'investisseurs financiers (notamment les grandes banques d'investissement) ayant pour but de diversifier leurs investissements. Reflet de cette situation, la plupart des membres du Ring « ne sont plus des producteurs comme autrefois mais des banques et des sociétés d'investissements spécialisés, dénotant de l'influence de ces nouveaux acteurs sur le marché ». Résultat de l'intérêt spéculatif de ces banques, fonds de pension et hedge funds est la hausse continue et extrêmement forte de certaines commodités tel que le cuivre dans les années 2000 jusqu'à l'éclatement de la crise financière en 2008 sans aucun rapport avec l'économie réelle. Ainsi, selon une étude de l'EPSCI, « le LME est devenu depuis quelques années un marché avant tout spéculatif. La part des marchandises effectivement livrées à la suite de l'établissement d'un contrat sur le LME est tombée à moins de 1 % »[7].

Controverses[modifier | modifier le code]

En octobre 2011, La Tribune se fait le relais de soupçons selon lesquels Goldman Sachs, ainsi que d'autres gros acteurs du marché des matières premières, créeraient artificiellement, avec la complicité du London Metal Exchange, une pénurie de certains métaux pour ainsi spéculer à la hausse sur les cours[8].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « LME - Membership », sur lme.com (consulté en 27/05/2012)
  2. Le London Metal Exchange racheté par la Bourse de Hongkong, Le Monde.fr, 16 juin 2012
  3. a et b « History of the LME », sur lme.com (consulté en 27/05/2012)
  4. « LME - Non-ferrous metals », sur lme.com (consulté en 27/05/2012)
  5. La folle envolée du cuivre, Anne-Sophie Cathala, Le Figaro, 6 février 2011
  6. « LME approved warehouses », sur lme.com (consulté en 27/05/2012)
  7. Fondamentaux dans la fixation du prix des metaux de base, Benjamin ZUILI, Epsci- groupe ESSEC, 2009
  8. « La Tribune : La gestion des entrepôts, véritable poule aux œufs d'or, fait polémique »

Lien externe[modifier | modifier le code]