Nectaire (botanique)

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Diagramme d'une fleur à maturité.
Nectaires floraux d'Euphorbia genoudiana

Un nectaire (du latin scientifique nectarium, terme scientifique créé par Carl von Linné en 1735, dérivé du latin classique nectar, « breuvage des dieux » et par analogie « boisson, mets doux et agréable ») est une glande nectarifère dont sont pourvus nombre de végétaux mutualistes. Il sécrète le nectar, nourriture alternative au pollen pour les pollinisateurs.

Ces tissus sécréteurs sont généralement situés sur un disque nectarifère à la base des pièces florales (disque inséré sur le réceptacle floral à la base le plus souvent des pétales, plus rarement des sépales ou des étamines). Ils peuvent parfois être extra-floraux, et se trouver sur les feuilles, les bractées, le pétiole ou même sur une tige ou à la surface des fruits.

Structure[modifier | modifier le code]

Le nectaire floral est un organe constitué typiquement des tissus suivants : un épiderme, avec ou sans stomates[1] et trichomes, qui secrète extérieurement le nectar ; un parenchyme spécialisé qui produit ou stocke le nectar ; un faisceau conducteur qui apporte au parenchyme eau et nutriments[2].

Les nectaires peuvent adopter une structure symétrique (symétrie radiaire ou bilatérale) ou asymétrique, être constitués d'une glande unique ou de plusieurs glandes[3].

Fonctions[modifier | modifier le code]

Au cours de l'évolution, les plantes ont adopté plusieurs stratégies pour nourrir leurs visiteurs et pollinisateurs : nectaires extra-floraux de fougères comme la Pteridium aquilinum, fourniture du pollen par les Gymnospermess et les Angiospermes pour les premiers pollinisateurs, probablement des coléoptères ; sécrétion d'un liquide sucré au niveau des ovules chez les Gymnospermes, des étamines, des carpelles ou des pièces florales (avec un coût énergétique plus faible que la production de pollen) chez les Angiospermes[4]. De nombreuses tissus sécréteurs sont analogues au nectaire, tissus végétaux comme les hydathodes, élaïophores, mais aussi tissus animaux secrétant le miellat[5].

Les nectaires produisent généralement moins d'un microlitre par jour d'un liquide sucré, le nectar, dont se nourrissent les animaux pollinisateurs nectarivores : les insectes comme les abeilles ou les papillons, mais aussi les oiseaux comme les oiseaux-mouches, les Nectariniidae ou les sucriers, ou encore des mammifères comme des petits marsupiaux ou des chauve-souris[6].

Des nectaires extra-floraux ont été recensés chez des plantes issues d’au moins 93 familles et 332 genres (surtout des plantes tropicales et carnivores) qui sont visitées par plus de 10 ordres d'insectes[7]. Le nectar qu'ils produisent attire notamment certaines fourmis myrmécophiles qui, en occupant la plante, chasseront les éventuels prédateurs qui s'y trouvent, par exemple des chenilles et autres insectes phytophages. Il s'agit d'un exemple de mutualisme, où les deux parties impliquées, à savoir les fourmis et la plante, sont gagnantes (nourriture pour la fourmi, défense des plantes contre les herbivores)[8].
Certaines plantes comme le tournesol produisent des nectaires extra-floraux avant leur floraison, ce qui peut avoir pour fonction de permettre la survie et le développement de l'ensemble de la faune pollinisatrice et de plus lui permettre de repérer sa nourriture avant la période de pollinisation[9].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stomates aux cellules de garde modifiées telles que l'ostiole reste toujours ouvert.
  2. (en) Sue W. Nicolson, Massimo Nepi, Ettore Pacini, Nectaries and Nectar, Springer,‎ 2007 (lire en ligne), p. 3
  3. Nicolson, op. cité, p. 34
  4. Nicolson, op. cité, p. 22
  5. Nicolson, op. cité, p.4-5
  6. Nicolson, op. cité, p.7
  7. S. Koptur S, Extrafloral nectary-mediated interactions between insects and plants, Insect-plant interactions, vol 4, 1992, p. 81-129
  8. (en) Roshchina V. V., Roshchina V. D., The excretory function of higher plants, Springer-Verlag,‎ 1993, p. 246-292
  9. Les nectaires extra-floraux

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaston Bonnier, Les nectaires : étude critique, anatomique et physiologique, G. Masson,‎ 1879, 212 p.
  • (en) Bir Bahadur, Nectary biology : structure, function and utilization, Dattsons,‎ 1998, 290 p.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]