Clotilde de Saxe-Cobourg-Kohary

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Marie Adélaïde Amélie Clotilde de Saxe-Cobourg-Kohary, princesse de Saxe, puis, par son mariage, princesse palatine de Hongrie, est née le 8 juillet 1846 à Neuilly-sur-Seine, en France, et est morte le 3 juin 1927 à Alcsút, en Hongrie. C’est un membre de la Maison de Saxe-Cobourg.

La princesse Clotilde de Saxe-Cobourg.

Famille[modifier | modifier le code]

Le prince Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary, père de Philippe.

Clotilde de Saxe-Cobourg-Kohary est la fille aînée du prince Auguste de Saxe-Cobourg-Kohary (1818-1881) et de son épouse la princesse française Clémentine d'Orléans (1817-1907).

Sœur aînée du roi Ferdinand Ier de Bulgarie, elle est également apparentée, par son père, aux familles royales de Belgique, du Portugal et du Royaume-Uni tandis qu'elle descend, par sa mère, du roi des Français Louis-Philippe Ier.

Le 12 mai 1864, la princesse épouse, à Cobourg, en Allemagne, l’archiduc Joseph de Habsbourg-Lorraine (1833-1905), comte palatin de Hongrie, qui est le fils de l’archiduc Joseph Antoine de Habsbourg-Lorraine (1776-1847), comte palatin de Hongrie, et de sa troisième épouse la princesse Dorothée de Wurtemberg (1797-1855).

De l’union de Clotilde et de Joseph naissent sept enfants :

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

La princesse française Clémentine d'Orléans.

La princesse Clotilde voit le jour au château de Neuilly, en France, où sa mère, la princesse Clémentine d’Orléans, a choisi d’accoucher de ses enfants[1]. Très jeune, la petite fille parcourt l’Europe avec sa famille et passe son temps entre le royaume de son grand-père, le roi Louis-Philippe Ier, celui de Belgique, le duché de Saxe-Cobourg-Gotha, l’Angleterre et les terres de sa famille paternelle, en Autriche-Hongrie[2]. Pendant l’un de ses voyages en France, la princesse assiste d’ailleurs à la Révolution de 1848 et à la fuite des Orléans au Royaume-Uni[3].

Contrairement à la coutume de l’époque, Clotilde est élevée directement par ses parents et la princesse Clémentine est, pour elle et ses frères et sœurs, une mère particulièrement attentionnée[4]. L’éducation qu’elle reçoit lui est donnée par des gouvernantes[5] mais ses progrès sont largement contrôlés par ses parents. Elle étudie ainsi avec attention le dessin, les langues et les sciences humaines. De fait, sa mère a bénéficié d’une éducation raffinée et elle tient à ce que ses enfants soient eux aussi cultivés[6].

Mariage[modifier | modifier le code]

L'archiduc Joseph d'Autriche-Hongrie.

La princesse Clotilde fait ses débuts à la cour de Vienne en janvier 1863. Âgée de seize ans et demi, c’est alors une jeune fille jugée plutôt belle avec ses cheveux bruns et ses yeux bleus typiques des Orléans [7]. La fortune de sa famille, qui possède d’importants domaines en Hongrie, et ses connexions européennes en font par ailleurs un parti idéal et elle ne tarde pas à attirer les regards.

L’été suivant ses premiers bals, Clotilde fait la connaissance de l’archiduc Joseph de Habsbourg-Lorraine, qui appartient à la branche hongroise de la famille impériale autrichienne. Commence alors une courte romance qui aboutit à un somptueux mariage, qui se déroule dans le duché de Saxe-Cobourg-Gotha le 12 mai 1864[8].

Après leur union, Clotilde et Joseph partent en voyage de noces à Verone, en Italie, puis s’installe à Alcsuth, en Hongrie, et enfin à Linz, en Autriche, où l’archiduc Joseph est posté quelque temps[8].

Une famille hongroise[modifier | modifier le code]

Ruines du château d'Alcsuth, résidence principale des Habsbourgs de Hongrie.

Avec son époux, la princesse Clotilde élève ses enfants dans le culte de la Hongrie. Au grand déplaisir des pangermanistes de Vienne[9], les enfants du couple sont ainsi élevés dans la langue magyare et ils participent, dès leur plus tendre enfance, aux fêtes et aux événements qui marquent la vie du peuple hongrois[10]. Clotilde et sa famille tiennent ainsi une place importante au couronnement de l’empereur François-Joseph et de son épouse à Budapest en 1867[11].

De fait, l’intérêt de Clotilde et de son époux pour le royaume de Hongrie ne s’accompagne d’aucune velléité d’indépendance vis-à-vis de la cour viennoise. Militaire de carrière, l’archiduc est un fidèle de l’empereur qui a notamment combattu les Prussiens lors de la guerre austro-prussienne[12]. D’autre part, une fois devenus adultes, la plupart des enfants du couple princier ont épousé des proches de la famille impériale[10].

Une femme d’affaires[modifier | modifier le code]

Bien que propriétaires d’une fortune considérable, la princesse Clotilde et son époux ne se contentent pas de mener une vie de rentiers : ils sont au contraire considérés comme un homme et une femme d’affaires avertis[13]. Ils réalisent ainsi d’importants investissements qui leur permettent d’accroître considérablement leurs biens. Dans les années 1860, les princes font ainsi réhabiliter leurs domaines de l’île Marguerite, située sur le Danube. Ils y font construire un luxueux centre thermal international qui est inauguré en 1869 et qui connaît immédiatement un très vif succès. Fort de ses succès économiques, le couple se porte acquéreur d’une somptueuse villa située à Fiume, sur la côte dalmate[14], et Clotilde acquiert avec passion plusieurs œuvres inspirées du mouvement jugendstil[9].

Cependant, Clotilde a beau être considérée comme une femme d’affaires redoutable, toutes ses entreprises ne connaissent pas un tel succès. De fait, une fois devenue veuve, elle se livre à des spéculations hasardeuses qui lui font perdre toute sa fortune. Il faut alors l’intervention de ses gendres, le duc d’Orléans et le prince de Thurn et Taxis pour la sauver de la banqueroute totale, d’autant qu’on la dit endettée d’une vingtaine de millions[13].

Décès et inhumation[modifier | modifier le code]

La princesse Clotilde de Saxe-Cobourg-Kohary meurt le 3 juin 1927 au château d'Alcsút. Elle est alors inhumée aux côtés de son époux et de ses enfants dans la crypte du château de Buda.

Dans les années 1970, les tombes de la famille sont saccagées et pillées par des inconnus. Elles sont cependant restaurées dans les années 1980 par le professeur hongrois de biologie Stephen Kiszely (1932)[15].

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (fr) Olivier Defrance, La Médicis des Cobourg, Clémentine d'Orléans, Racine, Bruxelles, 2007 (ISBN 2873864869)

Notes et références[modifier | modifier le code]

(hu) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en hongrois intitulé « Szász–Coburg–Koháry Klotild hercegnő » (voir la liste des auteurs)

  1. Olivier Defrance, La Médicis des Cobourg, Clémentine d’Orléans, Racine, Bruxelles, 2007, p. 96.
  2. Olivier Defrance, op. cit., p. 99, 101 et 133-135.
  3. Olivier Defrance, op. cit., p. 110-112.
  4. Olivier Defrance, op. cit., p. 160 et 190.
  5. Olivier Defrance, op. cit., p. 155.
  6. Olivier Defrance, op. cit., p. 200.
  7. Olivier Defrance, op. cit., p. 201.
  8. a et b Olivier Defrance, op. cit., p. 202-203.
  9. a et b Olivier Defrance, op. cit., p. 326.
  10. a et b Olivier Defrance, op. cit., p. 327.
  11. Olivier Defrance, op. cit., p. 221.
  12. Olivier Defrance, op. cit., p. 216-217.
  13. a et b Olivier Defrance, op. cit., p. 345.
  14. Olivier Defrance, op. cit., p. 274.
  15. mek.oszk.hu (tombes de Clotilde de Saxe-Cobourg-Kohary, 5e photo).