Lacoste (entreprise)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lacoste.

Lacoste

Description de cette image, également commentée ci-après

Logo de Lacoste

Création 1933
Fondateurs André Gillier
René Lacoste
Personnages clés André Gillier
René Lacoste
Bernard Lacoste
Michel Lacoste
Sophie Lacoste
Christophe Chenut
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de France Paris (France)
Direction José Luis Duran
Activité Industrie textile, Luxe
Produits vêtements, parfums, chaussures, maroquinerie, lunettes, montres, ceintures et textiles de maison.
Effectif 1000
Site web www.lacoste.com
Chiffre d’affaires 1,6 milliards d'euros (2011)
1,8 milliards d'euros (2012)

Lacoste (anciennement La Chemise Lacoste) est une entreprise française implantée à Troyes, spécialisée dans la confection de prêt-à-porter haut de gamme masculin et féminin. Elle fut fondée en 1933 par André Gillier et René Lacoste à la suite de la retraite du célèbre joueur de tennis. André Gillier est l'inventeur du polo et de la maille qui fit la renommée de la marque. Lacoste est maintenant un groupe qui distribue vêtements, souliers, accessoires et parfums. En novembre 2012 Lacoste a été racheté par le groupe Suisse Maus Frères Holding pour un coût estimée à plus de 1 milliard d'euros.

Histoire[modifier | modifier le code]

Faits marquants[modifier | modifier le code]

Polo Lacoste de la collection de printemps 2006.

André Gillier et René Lacoste fondent la compagnie suite à l'invention de la chemise (« modèle L 12 12 ») que le joueur de tennis René Lacoste avait popularisée à la fin des années 1920, alors qu'il dominait les palmarès mondiaux de ce sport. Pour la première fois, une marque est ostensiblement visible sur un vêtement de sport. Cette chemise est destinée à l'origine pour les joueurs de tennis mais rapidement aussi pour le golf, René Lacoste étant marié à la championne de golf Simone de la Chaume[1].

Rapidement, un catalogue est distribué et les premières années laissaient présager un certain engouement des consommateurs, atténué pourtant par la Grande Dépression. En 1940, les activités de la firme furent arrêtées en raison de la Seconde Guerre mondiale, mais elles reprirent dès 1946[2]. Au début des années 1950, apparut une gamme de coloris pour la chemise en petit piqué de cotons et commencèrent les exportations vers l’Europe (Italie) et vers les États-Unis. Dans les années 1960, la compagnie diversifia son offre avec une révolution : la raquette de tennis en acier.

En 1968, avec la participation de l'entreprise de parfums Jean Patou, Lacoste mit sur le marché le premier parfum « Lacoste » pour hommes.

Dans les années 1980, l'expansion de l'entreprise s'accéléra avec l'ouverture des premiers magasins de ce qui deviendra une chaîne internationale. En 1985, Lacoste pénétra le marché des souliers de sport.

Depuis 2000, Christophe Lemaire, créateur de sa propre marque depuis 1990, prend la responsabilité de la direction artistique de l’activité vêtements de Lacoste. Pour ses premières créations, Lemaire opte pour une panoplie minimaliste et preppy, simple et fonctionnelle inspirée des vêtements quotidiens et de l'héritage de la marque[3].

En 2001, avec le rachat de la société Jean Patou par le géant américain Procter & Gamble, la chemise Lacoste et celle-ci s'entendent pour permettre à P&G la création, l'élaboration et la mise en marché de produits de beauté et parfums Lacoste, sous licence de cette dernière.

En 2006, Prudence Millinery conçoit des bandeaux et des casquettes pour la maison de sport Lacoste à l'occasion de leur collection printemps / été.

Le 24 septembre 2012 lors d'un conseil d'administration, Sophie Lacoste rallie une majorité des 22 héritiers et prend ainsi la place de son père Michel à la tête du conseil d'administration. Elle se fait ainsi élire à la présidence de l'entreprise, avec le soutien des trois administrateurs représentants l'actionnaire Maus. Ce dernier se ralliant historiquement au choix majoritaire de la famille Lacoste. Michel Lacoste décide alors de vendre ses parts et celles de ses soutiens au groupe Suisse Maus, déjà actionnaire minoritaire de la société via l'entreprise Devanlay[4]. Maus propose alors à l'ensemble des héritiers de la famille Lacoste de racheter leurs parts et acquiert ainsi l'ensemble du capital de l'entreprise Lacoste, alors qu'il en détenait jusqu'alors 35 %. Le prix de ce rachat valorise Lacoste à 1 milliard d'euros[5],[6].

[modifier | modifier le code]

Selon René Lacoste lui-même, l'origine du logo de la marque (un crocodile vert) viendrait d'un pari que lui avait lancé le capitaine de l'équipe de France de tennis lors de la Coupe Davis en 1927 : celui-ci lui aurait promis une valise en crocodile s'il gagnait un match important. Le public américain aurait alors retenu ce surnom, qui « soulignait la ténacité dont [il faisait] preuve sur les courts de tennis, ne lâchant jamais [sa] proie ». C'est Robert George qui lui dessine le crocodile qu'il porte désormais sur son blazer, sur le court ou en dehors, et qui deviendra le symbole de la marque[7].

L'entreprise[modifier | modifier le code]

Magasin Lacoste à Munich.

Lacoste fait partie du Comité Colbert et était détenue à 65 % par la famille descendante de René Lacoste, la société Devanlay, licencié mondial des vêtements Lacoste, contrôlant les 35 % restants.

Le 1er septembre 2005, Bernard Lacoste qui présidait l'entreprise démissionne pour raisons de santé (il décèdera en mars 2006) et c'est son frère Michel Lacoste qui est nommé président directeur général de Lacoste S.A.

Le 22 juin 2006, Franck Riboud (PDG de Danone) rejoint le conseil d'administration.

Le 21 avril 2008, Christophe Chenut devient le Directeur Général de la société, Michel Lacoste demeure le président.

Le 14 novembre 2012, le groupe Suisse Maus Frères Holding prend le contrôle de 100 % de l'entreprise[8].

Le 21 décembre 2012, le Conseil d'administration entérine le remplacement de Christophe Chenut par José Luis Duran, PDG de Devanlay, à la Direction générale de l'entreprise[9].

Chiffres clés[modifier | modifier le code]

En 2007, on estime que 59 millions d'articles de toute nature sont vendus chaque année, représentant un chiffre d'affaires de gros de 1,557 milliard d'euros dans 112 pays, à travers un réseau de magasins de sport, de détaillants spécialisés, dans les 1010 boutiques Lacoste et plus de 2000 autres points de vente[10].

En 2011, le C.A. atteint 1,6 milliard d’euros, les Etats-Unis étant le premier marché du groupe (15 %) devant la France (9 %), l’Italie et la Chine (6 % chacun)[11].

Cette année, Devanlay, titulaire des licences de fabrication des produits de la marque[12], possède des usines en France, en Tunisie, au Maroc, en Roumanie, au Pérou et au Salvador[13].

En novembre 2012, le groupe Maus frères valorise l'entreprise Lacoste à hauteur de 1 milliard d'euros[14].

Le modèle économique[modifier | modifier le code]

Le modèle économique de la société repose sur l’idée de René Lacoste visant à additionner les expertises. Le groupe se positionne comme une marque de luxe, 80 % de ses clients étant des hommes CSP+. La société Lacoste, propriétaire de la marque Lacoste, anime, contrôle et coordonne les licences accordées aux différents partenaires : Devanlay pour les vêtements (60 % du chiffre d’affaires du groupe en 2011) et la maroquinerie (3 %), Pentland pour les chaussures (17 %), Procter & Gamble pour les parfums (14 %), Marchon pour les lunettes (2 %), Movado pour les montres (2 %), Zucchi (et Uchino au Japon) pour le linge de maison (1 %) et GL Bijoux pour les bijoux (1 %)[15],[11].

Communication[modifier | modifier le code]

Le « cas Lacoste » est souvent utilisé en marketing comme exemple pour l'étude de la communication d'entreprise. En effet, dans les années 1990, la marque s'adressant à un cœur de cible BCBG se retrouva associée aux jeunes de banlieue parisienne. Ainsi, elle dut changer sa politique de communication pour mieux marquer ses valeurs[16] et retrouver sa clientèle originelle. C'est donc un exemple parfait de positionnement voulu (par la marque) et de positionnement perçu (par les consommateurs).

La communication chez Lacoste a fait, en mai 2007, le pari de l'inscription dans la modernité en organisant sur Second Life un concours de mannequinat. Les modèles qui ont gagné le concours se sont partagé une somme de 1 000 000 Linden Dollars, la monnaie interne au métavers[17].

En 2011, l'entreprise eut de nouveau un problème d'image car Anders Behring Breivik, condamné le 24 août 2012 pour les attentats de 2011 en Norvège, portait un polo Lacoste sur certaines photographies[18].

En Asie, Lacoste s'attaque particulièrement à la contrefaçon dont elle est notoirement victime.

Usine en France[modifier | modifier le code]

Le groupe Devanlay, qui produit la totalité des polos et chemises griffés Lacoste, emploie près de 8 000 personnes dans 114 pays (dont 2 000 en France) répartis sur 20 sites dans le mondes dont 12 en France. Sur le site de productions troyen de Devanlay, six hectares sont dédiés à la confection en plein cœur de la ville. L’entreprise assure la fabrication du renommé polo Lacoste, ainsi que des autres articles textiles griffés du célèbre crocodile. Lacoste fait partie des rares entreprises qui produise encore une partie de ses produits dans son pays d'origine alors que les concurrents tel que Ralph Lauren ont choisi de délocaliser toutes leurs productions vers la Chine ou autres pays à bas coût[réf. nécessaire].

Concurrence[modifier | modifier le code]

Quelques entreprises concurrentes en matière de polo essentiellement :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Christophe Chenut, émission Sport Eco sur BFM Business, 26 mai 2012
  2. « Lacoste », sur tendances-de-mode.com,‎ 13 février 2009 (consulté le 23 septembre 2013)
  3. Frédéric Martin-Bernard, « Christophe Lemaire dans la peau du croco Lacoste », Madame Figaro, 26 mai 2007.[réf. insuffisante]
  4. Le Suisse Maus croque le crocodile Lacoste - Libération du jeudi 8 novembre 2012[réf. insuffisante]
  5. Lacoste : le rachat bouclé - Le journal Les Échos du 16 novembre 2012[réf. insuffisante]
  6. Thiébault Dromard, « Comment le clan Lacoste a fini par céder le joyau familial », Entreprise, sur challenges.fr, Challenges,‎ 15 novembre 2012 (consulté le 20 décembre 2012)
  7. http://www.lacoste.com/library/pdf/LACOSTE_history_histoire.pdf
  8. « Le Suisse Maus prend le contrôle de 100 % du capital de Lacoste », sur fashion-dailynews.com, Éditions Larivière,‎ 15 novembre 2012 (consulté le 15 novembre 2012)
  9. http://www.fashion-dailynews.com/marques/lacoste-remanie-sa-direction-generale-et-son-conseil-d-administration.html
  10. [PDF] (fr) LACOSTE SA., « Kit de Presse »,‎ 2008
  11. a et b « Lacoste retrouve un appétit de crocodile », sur Tribune de Genève,‎ 6 mars 2012
  12. « Un crocodile dans le lac Léman. Devanlay, fabricant de Lacoste, se vend en Suisse. », sur Libération,‎ 19 mars 1998 (consulté le 15 septembre 2013).
  13. « Devanlay-Lacoste sélectionne les solutions d’automatisation de services de CA Technologies pour optimiser la planification de sa production mondiale », sur CA Technologies,‎ 30 mai 2011 (consulté le 15 septembre 2013).
  14. 1 milliard d'euros le prix de Lacoste - Le Figaro Économie, le 16 novembre 2012
  15. http://www.lacoste.com/library/pdf/LACOSTE_presskit_FR.pdf
  16. Lacoste victime de sa popularité L'Express 2000
  17. Un (fr) article au sujet de cette campagne de marketing viral
  18. « Lacoste ne veut plus voir Anders Behring Breivik avec un croco », Libération,‎ 6 septembre 2011 (consulté le 7 septembre 2011)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Patricia Kapferer et Tristan Gaston-Breton, La Légende Lacoste, Le Cherche Midi,‎ 2002 (ISBN 2862749117)
  • Patricia Kapferer et Tristan Gaston-Breton, Le Style René Lacoste, L'Équipe,‎ 2008 (ISBN 2915535698)

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • Thiébault Dromard, « Lacoste passe au mode féminin », Challenges, no 288,‎ 16 février 2012, p. 48 à 49 (ISSN 0751-4417)
  • Thiébault Dromard, « Lacoste fatale déchirure », Challenges, no 317,‎ 18 octobre 2012, p. 42 à 45 (ISSN 0751-4417)
    Cet article décrit longuement et avec précision la généalogie de la famille Lacoste et les pouvoirs de chacun juste avant le rachat de fin 2012 par Devanlay.

Liens externes[modifier | modifier le code]