La Fille du régiment

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La Fille du régiment est un opéra-comique en deux actes de Gaetano Donizetti sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jean-François Bayard, créé le 11 février 1840 à l'Opéra-Comique de Paris.

L'opéra-comique est particulièrement renommé pour l'aria pour ténor Ah ! mes amis, quel jour de fête ! (parfois appelé, de manière d'ailleurs plus exacte : Pour mon âme), qu'on a surnommé « l'Everest de l'art lyrique », puisqu'elle ne comporte pas moins de neuf contre-ut, qui se succèdent sur un rythme rapproché, requérant à la fois la capacité de maîtriser cette note aiguë et une grande agilité vocale. Parmi les grands interprètes de ce rôle on compte les ténors Luciano Pavarotti et Juan Diego Florez.

Historique[modifier | modifier le code]

Donizetti s'installe à Paris, alors capitale européenne de l'art lyrique, en 1838, comme l'avait fait Rossini avant lui. Il est alors le compositeur italien le plus populaire du moment, et nul rival ne peut lui disputer ce titre : Bellini est mort et Rossini a pris sa retraite.

À Paris, le compositeur montre une grande activité, adaptant notamment sa Lucia di Lammermoor pour la création française, mais c'est avec La Fille du régiment, opéra composé sur un livret français pour l'Opéra-Comique, qu'il rencontre les faveurs du public parisien.

L'opéra rencontre un succès retentissant. « L'ouvrage de Donizetti est remarquable surtout par la simplicité des mélodies, par la fécondité des idées et par les effets du chant. » écrit La France Musicale[1]. Ce succès suscitera les protestations d'Hector Berlioz, mal remis de l'échec de son Benvenuto Cellini et scandalisé que les Parisiens ne fassent bon accueil qu'aux compositeurs étrangers.

Au total, La Fille du régiment fut représentée 55 fois à l'Opéra-Comique jusqu'en 1841. Créée à Paris, la partition fut spécialement adaptée pour sa création italienne, à la Scala, en octobre 1841, mais c'est généralement la version parisienne qui est reprise aujourd'hui.

L'ouvrage est longtemps resté au répertoire par son patriotisme affiché, simple et tendre. En France, il était d'ailleurs d'usage de représenter l'ouvrage, dans les salles lyriques, chaque soir de 14 juillet.

Le 26 avril 2008, l'opéra-comique a été diffusé en direct depuis le Metropolitan Opera de New York dans des salles de cinéma du monde, dans la production de Laurent Pelly, avec Natalie Dessay en Marie et Juan Diego Flórez en Tonio.

Personnages[modifier | modifier le code]

  • Marie, jeune vivandière (soprano)
  • Tonio, jeune Tyrolien (ténor)
  • Sulpice, sergent (basse)
  • La marquise de Berkenfield (mezzo-soprano)
  • Hortensius, intendant de la Marquise (basse)
  • Un caporal (basse)
  • Un paysan (ténor)
  • La duchesse de Crakentorp (soprano)
  • Un notaire
  • Soldats Français, paysans Tyroliens, Seigneurs et Dames Bavarois, Valets de la Marquise

Argument[modifier | modifier le code]

En principe, selon le livret original, l'action devrait se situer peu avant le Risorgimento (réunification de l'Italie), près de Bologne et les soldats être autrichiens, mais dans toutes les représentations de l'œuvre, l'action se situe en 1805 dans le Tyrol, occupé par les troupes de Napoléon Ier, et les soldats sont français.

Acte I[modifier | modifier le code]

La marquise de Berkenfeld, qui retournait chez elle, a été contrainte par la guerre de faire halte à proximité d'un village, au pied des montagnes. Les villageois surveillant les manœuvres des Français dans le lointain annoncent que ceux-ci ont dû faire marche arrière.

Sulpice, un sergent français, apparaît alors brusquement et effraie la marquise qui va se cacher en toute hâte dans une chaumière. Il est suivi par la vivandière Marie, que le régiment a adoptée comme sa fille. Il la presse de questions au sujet de ses rencontres avec un mystérieux jeune homme. Marie répond que les bruits qui courent à ce sujet sont fondés et que le jeune homme en question lui a un jour sauvé la vie.

Les soldats découvrent alors un Tyrolien qui rôde autour du camp, l'amènent, et Marie reconnaît en lui son sauveur, Tonio. On lui souhaite la bienvenue, d'autant plus qu'il a déclaré qu'il soutiendrait désormais la France. Il réussit à s'isoler en compagnie de Marie, et tous deux se confient mutuellement leur amour.

Sortant de sa cachette, la marquise s'approche de Sulpice et le prie de lui accorder sa protection durant son voyage. Durant leur conversation, Sulpice associe le nom de la marquise à celui du capitaine Robert qui dirigea le régiment plusieurs années auparavant. La marquise indique en effet que le capitaine était l'époux de sa sœur. Sulpice devine alors que Marie est leur fille, et le sergent saisit cette occasion pour présenter celle-ci à sa « tante ». Tonio, qui entre-temps s'est engagé, persuade le régiment, son « père » adoptif, de consentir à leur mariage. Toutefois, la marquise décide d'éloigner Marie du régiment et de la ramener dans la maison de sa famille.

Acte II[modifier | modifier le code]

La marquise se propose de marier Marie au duc de Crakentorp. Elle fait venir Sulpice chez elle et lui demande de parler à Marie, qui a certes accepté ce mariage, mais ne s'en réjouit pas. La marquise s'est efforcée de débarrasser la jeune fille des manières peu raffinées qu'elle a acquises au régiment, mais lorsque Marie revoit Sulpice, il est évident qu'elle aspire à retrouver son ancien mode de vie.

Au grand plaisir de Marie, tous ses anciens camarades se montrent alors, et parmi eux Tonio, devenu officier. Ce dernier confie à la marquise combien il aime Marie, mais elle l'informe de ses plans et le congédie. Restée seule avec Sulpice, la marquise avoue alors que Marie est sa propre fille, et elle espère que le mariage qu'elle a arrangé résoudra les difficultés auxquelles la mère et la fille se trouvent confrontées.

La signature du contrat de mariage doit avoir lieu ce même jour, et la mère du duc de Crakentorp paraît parmi les autres invités. Marie arrive enfin ; elle vient d'apprendre que la marquise est sa mère et s'arme de courage au moment de la signature ; mais survient alors Tonio, accompagné de tout le régiment, pour mettre fin à la cérémonie. Il révèle publiquement que Marie a autrefois été vivandière. Les invités sont charmés par cette nouvelle, et la marquise, émue, finit par accepter que sa fille choisisse elle-même son futur mari. Tonio sera bien entendu l'heureux élu, et la duchesse quitte les lieux, cependant que les invités s'apprêtent pour les réjouissances.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La France Musicale, dimanche 16 février 1840.

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