Kurt von Schuschnigg

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Kurt von Schuschnigg
Kurt von Schuschnigg en 1936.
Kurt von Schuschnigg en 1936.
Fonctions
15e chancelier fédéral d'Autriche

(&&&&&&&&&&&013213 ans, 7 mois et 12 jours)
Président fédéral Wilhelm Miklas
Prédécesseur Ernst Rüdiger Starhemberg (intérim)
Successeur Arthur Seyss-Inquart
Chancelier fédéral d'Autriche
(par intérim)

(&&&&&&&&&&&&&&011 jour)
Président fédéral Wilhelm Miklas
Prédécesseur Engelbert Dollfuss
Successeur Ernst Rüdiger Starhemberg (intérim)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Riva del Garda (Autriche-Hongrie)
Date de décès (à 79 ans)
Lieu de décès Mutters (Autriche)
Nationalité autrichienne
américaine (1956-1977)
Parti politique Front patriotique
Profession Avocat
Militaire

Kurt von Schuschnigg
Chanceliers fédéraux d'Autriche

Kurt Alois Josef Johann von Schuschnigg ( - ) est chancelier fédéral d'Autriche du au .

Un jeune homme bien né[modifier | modifier le code]

Né dans l'ancien Empire austro-hongrois, le à Riva del Garda (maintenant en Italie), Kurt von Schuschnigg est issu d'une ancienne famille noble et autrichienne. Il fait ses études au collège Stella Matutina de Feldkirch.

Ce n'est qu'en 1915, après avoir passé son baccalauréat, qu'il s'engage comme volontaire dans l'armée où il devient lieutenant. Il est fait prisonnier par les Italiens.

Un jeune avocat et politicien[modifier | modifier le code]

Après la Guerre, il commence des études de droit à Innsbruck où il obtient en 1922 un diplôme et ouvre son propre cabinet. En 1926, alors qu'il entre au parti social-chrétien, il rencontre Herma Masera avec laquelle il se marie et aura un fils. L'année suivante, il est élu député à l'âge de trente ans devenant ainsi le plus jeune élu du Parlement. En 1930, il fonde le « Ostmärkische Sturmscharen », un groupe politique paramilitaire et catholique.

Un chancelier dictatorial[modifier | modifier le code]

En 1932, Schuschnigg est nommé ministre de la Justice puis en 1933, ministre de l'Instruction publique. Lors de l'auto-dissolution du Parlement le , il participe activement à l'organisation de la nouvelle dictature. Et le , à la suite de l'assassinat du chancelier Engelbert Dollfuss par les nazis autrichiens, Schuschnigg est appelé à lui succéder. En même temps, il garde son poste de ministre de l'Instruction et prend celui des Affaires étrangères.

Bien décidé à continuer la politique de son prédécesseur, il poursuit les répressions des partis politiques et essaie de stabiliser l'économie du pays. Mais à la différence de Dollfuss, il tente un rapprochement avec l'Allemagne nazie.

En 1935, son épouse décède.

Le traité avec l'Allemagne[modifier | modifier le code]

En 1936, la situation économique est au plus mal, le chômage augmente alors de 20 %. Cette situation désastreuse rend ainsi indispensable, aux yeux de Schuschnigg, un traité avec l'Allemagne. Et le , Schuschnigg signe un accord avec Hitler. Ce rapprochement dû à l'ambassadeur allemand Franz von Papen, stipule qu'en échange de la levée de l'embargo et la reconnaissance du statu quo par l'Allemagne, l'Autriche cesse toutes les persécutions contre les nazis et appelle deux ministres pro-nazi dans son gouvernement.

Un isolement politique[modifier | modifier le code]

Assuré de l'indépendance de l'Autriche, et manipulé par Papen, Schuschnigg laisse s'installer le nazisme dans le pays. Il envisage, en 1937, de restaurer la monarchie en faisant revenir l'archiduc Otto de Habsbourg mais doit y renoncer devant les réticences d'Hitler et de Mussolini. D'ailleurs Mussolini, le « grand ami » de l'Autriche, à la suite de la création de l'Axe Rome-Berlin, abandonne toute protection qu'il aurait pu accorder à l'Autriche. Après la perte de ses soutiens français et anglais, l'Autriche se retrouve totalement isolée.

L'Anschluss[modifier | modifier le code]

Début 1938, Schuschnigg apprend qu'un attentat pro-nazi se prépare contre lui. Il comprend alors qu'Hitler n'a jamais eu l'intention de respecter ses engagements : il cherche alors à tout prix un rapprochement avec les sociaux-démocrates. Trop tard, il est convoqué sans ménagements par le führer à Berchtesgaden. Ce dernier l'oblige à céder les ministères de l'Intérieur et de la Guerre à des sympathisants nazis et à libérer tous les prisonniers nazis.

Schuschnigg cherche désespérément une solution et, dans un dernier espoir, annonce le 9 mars un plébiscite sur la question de l'indépendance de l'Autriche. Profondément outré, Hitler exige le 11 mars sa démission et la nomination à son poste du ministre de l'Intérieur Arthur Seyss-Inquart. Le lendemain, le , c’est l'Anschluss, l'annexion pure et simple de l'Autriche.

Sept ans en prison[modifier | modifier le code]

Cet événement lui vaut d'être incarcéré à la prison de Vienne où il est logé comme un invité de marque. Ainsi, il s'installe avec sa nouvelle épouse, Vera Fugger (née comtesse Czernin), qu'il épouse en prison, en juin 1938. De cet amour naît en prison une fille, en 1941.

La même année, lui et toute sa famille sont transférés, avec un traitement spécial, au camp de concentration de Sachsenhausen où il partagera le même baraquement que Herschel Grynszpan, puis en 1944 à celui de Dachau. Le , aux derniers jours du Troisième Reich, un ordre d'exécution est lancé contre lui mais il est sauvé in extremis par les Américains lors de la libération du camp.

Un Américain modèle[modifier | modifier le code]

À sa libération, l'Autriche refuse son rapatriement. Il s'installe alors en Italie où il se met à écrire des articles ainsi que son autobiographie Requiem, publiée en 1946. Il donne de nombreuses conférences aux États-Unis où finalement il s'installe en 1947, dans le Mississippi. Il devient professeur de sciences politiques et de droit international à l'université catholique de Saint-Louis. En 1956, il obtient la nationalité américaine et reçoit par la suite de nombreuses récompenses universitaires.

Les années 1950 sont aussi pour Schuschnigg celles de la réconciliation avec son pays. Il peut ainsi de nouveau rentrer en Autriche où il passe désormais toutes ses vacances. En 1959, sa seconde épouse meurt.

Et en 1967, après avoir pris sa retraite, il s'installe en Autriche à Innsbruck. Il écrit de nouveau de nombreux articles et fait un voyage en 1972 en Amérique du Sud. Le , il meurt à Mutters, près d'Innsbruck.

Sources[modifier | modifier le code]