Shōtoku (prince)

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Sculpture du prince Shōtoku au temple Asuka-dera, Asuka

Le prince Shōtoku (en japonais 聖徳太子, Shōtoku Taishi, 574-622) était un régent et un politicien de la Cour impériale du Japon. Il joua un rôle majeur dans l'implantation du bouddhisme au Japon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Shōtoku était un fils de l'empereur Yōmei, réputé enfant prodige. Sa mère était l'impératrice Anahobe no Hashihito (穴穂部間人皇女, anahobe no hajihito no himemiko). Ses parents étaient tous deux des enfants de l'empereur Kimmei mais de mères différentes. Lorsque la première impératrice, Suiko, monta sur le trône, il fut nommé sesshō (régent) et l'assista. Elle était à la fois sa tante et sa belle-mère car il se maria à sa fille, la princesse Uji no Kahitako.

Selon le Nihonshoki il parvint à mettre en place un gouvernement centralisé durant son règne. En 603, il institua les douze rangs officiels à la cour. La constitution de dix-sept articles fut également promulguée à la même période, et est souvent attribuée au prince Shōtoku, bien qu'aujourd'hui les spécialistes doutent qu'il ait rédigé cette constitution à cause du style utilisé. En 607, il envoya une délégation dirigée par Ono no Imoko auprès de la dynastie Sui, en Chine.

Le prince Shōtoku est surtout connu pour avoir développé le bouddhisme au Japon. Il a composé des commentaires du Sūtra du Lotus, du Sūtra de Vimalakirti et du Sūtra Shrimala. C'est lui qui ordonna la construction du temple Shitennō-ji dans la province de Naniwa (de nos jours Ōsaka). Pour accomplir cette construction, il fit venir des membres de la famille Kongō depuis la Corée, et de cette façon, il eut un rôle central dans la formation du Kongō Gumi, la plus vieille entreprise en activité continue du monde.

Il soutint le temple Hōryū-ji dans le Yamato. Les documents conservés au Hōryū-ji affirment que le temple fut fondé par l'impératrice Suiko et par le prince Shōtoku en 607. Les archéologues modernes ont découverts les ruines de l'antique palais du Prince Shōtoku, Ikaruga-no-miya, sur le site du temple.

D'après la tradition, c'est une résidence de vacances de ce prince qui deviendra le Saihō-ji ou Kokedera (temple des mousses).

On attribue au prince Shōtoku la première utilisation du nom Nihon qui désigne aujourd'hui le Japon. Dans une lettre qu'il aurait écrite au nom de l'impératrice Suiko destinée à l'empereur chinois Yangdi, on peut lire :

« L'empereur du pays où le soleil se lève (nihon/hi iduru) envoie une lettre à l'empereur du pays où le soleil se couche. (Hi izuru no tokoro no tenshi. Hi bossuro no tokoro no tenshi. »

Il est dit aussi qu'en 1054, une boite en pierre fût excavée sur le site de Horyuji, contenant un livre intitulée Journal du Futur de l'état du Japon (日本国未来記 Nihonkoku Mirai-ki). Miraiki est un genre d'ouvrages de la littérature japonaise ancienne entre science-fiction et futurologie, dont on dit qu'il fût inventé par Shōtoku. D'autres pensent que le Miraiki du Prince Shotoku est en fait un apocryphe écrit pendant l'époque Kamakura. Quoiqu'il en soit, ce genre littéraire atteignit le sommet de sa popularité pendant l'époque Edo, avant de tomber progressivement en désuétude lors de l'époque Meiji (où il servait essentiellement d'essais politiques focalisés sur la constitution et la création d'un Etat moderne nouveau) après l'introduction de la Science Fiction moderne de Jules Vernes. On dit que le Prince avait, entre autres capacités surhumaines, celle de prédire l'avenir et la légende affirme que le texte de son Mirai-ki serait retrouvé 430 ans après la mort de Shōtoku (son décès est estimé avoir eu lieu en 622).

De façon générale, nombreuses légendes entourent ainsi le Prince Shōtoku, dont les historiens pensent qu'elles se sont construites autour de sa personne longtemps après sa mort. Certaines sont plus vraisemblables que d'autres, allant de son écriture de la Constitution en 17 Articles à sa supposée invention des Sushi.

Shōtoku Taishi est enterré avec son épouse dans un kofun du bourg de Taishi-cho dans la Préfecture d'Osaka. L'accès étant interdit, on a reproduit leur caveau funéraire au Musée préfectoral Chikatsu Asuka[1].

Épouses et descendance[modifier | modifier le code]

  • Princesse Uji Kahitako no Miko, fille de l'empereur Bidatsu et de l'impératrice Nukatabe (impératrice Suiko)
  • Kashiwade no Hokikimi no Iratsume, fille de Kashiwade no Katabuko no Omi, mère de:
    • Princesse Tsukishine-hime no Miko, mariée à son demi frère le prince Yamashiro no Oe
    • Prince Hatsuse no Miko
    • Princesse Kuhata no Miko
    • Princese Hatori no Miko
    • Prince Sakikusa no Miko
    • Prince Itoshiko no Miko
    • Prince Maroko no Miko
    • Princesse Umajako no Miko
  • SOGA Tojiko no Iratsume, fille de SOGA no Umako, mère de:
    • Prince Yamashiro no Oe no Miko (supposément assassiné en 643 par son cousin, Soga no Iruka) marié à sa demi-sœur Tsukishine-hime no Miko, dont il eut:
      • Prince Naniwa no Maroko no Miko
      • Prince Maroko no Miko
      • Prince Yuge no Miko
      • Princesse Sasa no Miko
      • Princesse Mishima no Miko
      • Prince Koka no Miko
      • Prince Ohari no Miko
    • Prince Takara no Miko
    • Prince Hiki no Miko
    • Princesse Kataoka no Oka
  • Inabe no Tachibana no Miko, fille de Ohari no Miko, mère de:
    • Prince Shirakabe no Miko
    • Princesse Teshima no Miko
    • Princesse Pataute no Miko
    • Prince Toyosatomimi no Miko

Titres[modifier | modifier le code]

Shōtoku est connu par plusieurs titres. Son vrai nom était Umayado no ōji (厩戸皇子, littéralement le prince de la porte des étables), car il naquit en face d'une étable.

A ce sujet, il est à noter que cette anecdote suscite la perplexité des historiens... certaines sources prétendent que la mère du Prince était en déplacement ou en contrôle lorsqu'elle dut accoucher d'urgence, en dehors du Palais. D'autres pensent que des troubles à la Cour l'y avaient contraintes. DansOkinagusa, un ancien livre d'Histoire écrit par Kanzawa Teikan, l'un des Empereurs est comparé au Prince Shōtoku et parmi les arguments avancés, il est dit qu'il y avait un incendie le jour de leur naissance. De façon générale, la naissance de Shōtoku est également comparée à celle du Bouddha historique (et par conséquent, celle de Jésus), sa mère ayant été imprégnée de la puissance mystique de Kannon (ou parfois, par celle d'immortels taoïstes) qui seraient la source de ses pouvoirs surhumains.

Il est également connu sous le nom de Toyosatomimi (豊聡耳) ou Kamitsumiyaō (上宮王). Dans le Kojiki, son nom apparaît comme Kamitsumiya no Umayado no Toyosatomimi no Mikoto (上宮之厩戸豊聡耳命). Dans le Nihonshoki, il apparaît également comme Umayado no ōji, et est appelé 豊耳聡聖徳, 豊聡耳法大王, et 法主王.

Le nom beaucoup plus connu de prince Shōtoku apparaît pour la première fois dans le Kaifūsō écrit en 751, soit plus de cent ans après sa mort, et est utilisé abondamment dans les livres écrits lors de l'époque Heian.

Anecdote[modifier | modifier le code]

  • Shōtoku apparaît sur le premier billet de 10 000 yen, qui fut mis en circulation le 1er décembre 1958.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Chikatsu Asuka Museum (Osaka, 1999), p. 34.

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