Jean Pelet

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Jean Pelet de la Lozère (1759-1842).jpg

Jean Pelet, dit « Pelet de la Lozère », né à Saint-Jean-du-Gard le 23 février 1759, et mort à Paris le 26 janvier 1842, était un homme politique français des XVIIIe et XIXe siècles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Pelet descendait de Pelet, baron de Salgas, qui avait passé 14 ans aux galères, avait été dégradé de la noblesse, avait vu ses biens confisqués et les tours de Salgas rasées pour n'avoir pas abjuré sa foi protestante.

Fils du sieur Jean Pelet négociant, et de Marie Castanier, le jeune Jean, reçu avocat au parlement de Provence, et attaché au barreau de Florac, salua avec joie, comme ses coreligionnaires, l'aurore de la Révolution française.

Révolution française[modifier | modifier le code]

Président du directoire du département de la Lozère en 1791, il fut élu, le 5 septembre 1792 député à la Convention nationale par son département, le 4e sur 5, à la pluralité des voix sur 215 votants. Il inclina, du côté des Girondins, se trouva absent par commission lors du procès de Louis XVI, et prit parti contre Maximilien Robespierre au 9 thermidor an II (27 juillet 1794): « Les proscriptions arbitraires qu'ils secondent, dit-il ensuite, sont le comble de la tyrannie ; c'était l'arme du monstre dont vous avez purgé la terre, et vouant à l'horreur son exécrable mémoire, vous réservez au même supplice les hommes pervers, cruels et abominables qui servaient sa rage, et ceux qui tenteraient d'imiter un exemple aussi révoltant. » Il demanda, comme conséquence, de ne pas continuer leurs pouvoirs aux membres survivants de l'ancien comité de salut public.

Secrétaire de l'assemblée en octobre 1794, il proposa de substituer, en certains cas, le bannissement à la peine de mort, présida l'assemblée (mars - avril 1795), lors de l'émeute de germinal, et, après la séance où fut promenée la tête du député Féraud, il dit : « Vous êtes arrivés à ce point de la Révolution, où il ne vous est plus permis de vous écarter du chemin de la sagesse. Établissons notre république, réalisons les vœux, les espérances de bonheur et de liberté du peuple. Depuis cinq ans, des factions impies ont nourri de vaines promesses notre facile crédulité. N'ajournons plus nos devoirs et nos droits, car l'ambition et le crime, l'ignorance et la famine n'ajourneraient pas leurs ravages. »

Envoyé à l'armée des Pyrénées-Orientales, il entama avec l'Espagne les négociations qui aboutirent à la paix de Bâle (1795).

Après la session conventionnelle, soixante et onze départements l'élurent député au Conseil des Cinq-Cents, le 23 vendémiaire an IV, parmi lesquels la Lozère par 123 voix sur 129 votants. Il présida le Conseil (19 juin 1796), parla en faveur des enfants des émigrés et de la liberté de la presse, et se plaignit « du langage dégoûtant (sic) » d'un député, qui comparait les journalistes aux prostituées. Il sortit du Conseil en mai 1797, et se retira dans son pays natal.

Consulat et Premier Empire[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État du 18 brumaire, Bonaparte le nomma préfet de Vaucluse (11 ventôse an XIII), puis l'appela au conseil d'État (en service ordinaire du 27 fructidor an X à 1810), où il était rattaché à la section de l'Intérieur.

Pelet était également chargé du troisième arrondissement de la police générale de l'Empire en 1805 puis, lors de la réorganisation du ministère de la Police générale, il fut détaché à la direction de la seconde division de la police générale de l'Empire embrassant 42 départements du midi de la France (1806 à 1813). Il occupa ces fonctions jusqu'en 1814. Il n'aimait pas Joseph Fouché, qu’il détestait cordialement et méprisait pour ses intrigues tortueuses, mais resta loyal. C'est lui qui découvrit les ramifications méridionales de la conspiration de Malet en 1812.

Il devint conseiller d'Etat en service ordinaire hors section de 1810 à 1814. Il était également rattaché à la commission des pétitions en 1808 et en 1809.

Il fut nommé est nommé commissaire extraordinaire dans la 9e division militaire (Montpellier) le 26 décembre 1813.

Comblé d'honneur, il avait été fait membre (9 vendémiaire an XII) puis commandeur de la Légion d'honneur (25 prairial an XII), comte de l'Empire (18 mai 1808) et commandeur de l'Ordre de la Réunion en 1813.

Il avait acheté, en 1801, le château du Solier (Lasalle) à la famille Cadolle de Voguë.

Restauration et Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

Il se retira à la campagne au retour des Bourbons, fut nommé, aux Cent-Jours, ministre par intérim de la police générale (23 juin - 9 juillet 1815), et se retira de nouveau de la vie publique après la bataille de Waterloo.

Le 5 mars 1819, Louis XVIII le nomma pair de France, avec une pension de 4 000 francs. Le comte Pelet prêta serment à la monarchie de Juillet, mais l'état de sa santé ne lui permit de siéger à la Chambre haute qu'à de rares intervalles. Il mourut à 83 ans.

Ce membre du Consistoire de l'Église réformée de Paris était également le père de Joseph Pelet de la Lozère (1785-1871), conseiller d'État, pair de France et plusieurs fois ministres sous la monarchie de Juillet.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Ornements extérieurs Comtes de l'Empire français.svg
Blason à dessiner.svg
Armes du 1er comte Pelet de la Lozère

D'azur à trois bandes d'or, au lion d'argent lampassé de même, rampant sur la bande inférieure, bordure de sinople ; franc-quartier de comte conseiller d'Etat.[1],[2]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Roret, Nouveau manuel complet du blason ou code héraldique, archéologique et historique : avec un armorial de l'Empire, une généalogie de la dynastie impériale des Bonaparte jusqu'à nos jours, etc..., Encyclopédie Roret,‎ 1854, 340 p. (lire en ligne)
  2. Louis de La Roque, Armorial de la noblesse de Languedoc, Généralité de Montpellier, vol. 1-2, F. Seguin,‎ 1860 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]