Jean-Bertrand Féraud

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Jean Bertrand Féraud (Album du Centenaire)
Boissy d'Anglas saluant la tête du député Féraud, par Frégonard.

Jean Bertrand Féraud, né le 3 août 1759 à Arreau et tué le 20 mai 1795 à la convention nationale Paris, est un homme politique et révolutionnaire français.

Famille, études[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de la bourgeoisie locale, il est le fils de Jean-Baptiste Féraud, notaire royal, successeur de son père, et de Jeanne-Marie Casteret.

Son oncle Félix Féraud, lui aussi notaire, était le secrétaire de la dernière assemblée des États à Arreau en 1789.

Il fait des études de droit, lit les encyclopédistes, devient franc-maçon, puis membre de la Garde nationale d'Arreau, dès sa création, et obtient le grade de capitaine. Il est envoyé à ce titre à Paris lors de la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Membre du Club des Jacobins, proche de Robespierre et de Danton, Jean Bertrand Féraud est élu en 1792 député à la Convention par le département des Hautes-Pyrénées. Il proteste contre l'expulsion des girondins.

Il prononce un discours le 9 germinal An I (29 mars 1793) à la Société populaire de Tarbes à l'église Saint Jean où on brûle le pape en effigie.

En mai 1793, il est nommé représentant en mission de la Convention auprès de l'armée des Pyrénées (occidentales). Il prend un arrêté interdisant de détenir et d'utiliser de la monnaie d'or ou d'argent, imposant de l'échanger contre des assignats, sous peine de mort.

Le 6 septembre 1793 il est nommé représentant en mission auprès de l'Armée du Rhin et de la Moselle qui pénètre s'apprête à envahir l'Allemagne. Il reçoit ses instruction de Lazare Carnot et du Comité de salut public.

À la Convention, il réclame la peine de mort pour les commerçants en grains accapareurs, vote pour la mort du roi sans appel ni sursis, mais aussi attaque Jean-Paul Marat, l'accusant de prêcher l'incendie, le pillage, le meurtre et l'anarchie.

Ses missions d'envoyé en province lui permettent d'échapper à la proscription qui frappe ses amis girondins. Attaqué à son retour pour son vote contre Jean-Paul Marat et ses liens avec la Gironde, il se justifie en évoquant son action aux armées.

Le 9 thermidor an II, il se joint aux adversaires de Maximilien de Robespierre et envahit avec Paul Barras et des troupes sûres l'Hôtel de ville où s'étaient réfugiés les hors-la-loi.

On le voit ensuite s'occuper de la réorganisation des Comités de salut public et de sûreté générale, puis à l'armée du Nord où il témoigne du même courage, de la même témérité qu'aux Pyrénées. Son collègue Antoine Merlin de Thionville dit de lui que c'était « le collègue le plus fou que l'on puisse rêver ».

Sa mort[modifier | modifier le code]

Au début de l'An II (1795), pendant l'hiver et le printemps, l'agriculture, le commerce et la monnaie sont totalement désorganisés, la population des villes est affamée, les prix des vivres sont devenus très élevés. La Convention qui a mobilisé toutes ses troupes dans des guerres extérieures et dans plusieurs répressions en Province, a du mal à contenir les émeutes à Paris. Pendant la Journée du 1er prairial an III, la foule se porte par surprise à la Convention pour réclamer du pain et force l'entrée.

Étant chargé de l'approvisionnement de Paris depuis le mois de mai 1795, Jean-Bertand Féraud tente de haranguer la population en attendant des renforts de la garde nationale, mais une citoyenne excédée le tue d'un coup de pistolet à bout portant. Sa tête est tranchée et mise au bout d'une pique, selon l'usage bien établi à l'époque depuis la journée du 14 juillet 1789[1]. Le barrage cède, les manifestant entrent dans la salle et la tête du ci-devant représentant Féraud est portée devant le président de la Convention, Théodore Vernier (et non Boissy d'Anglas), qui venait de succéder à Emmanuel-Joseph Sieyès.

Dans le tumulte, Jean Tinelle, un garçon serrurier fut arrêté et condamné à mort le 5 prairial an III « pour avoir porté la tête du représentant Féraud ». Il est le 2807e et dernier condamné à mort du Tribunal révolutionnaire avant sa suppression.

On possède plusieurs représentations graphiques, officielles et non officielles, de cette journée, gravures, peintures, ainsi que de nombreuses relations écrites, journaux, correspondances[2].

La Convention rendit à Feraud les honneurs funèbres.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Avec l'assassinat du gouverneur de la Bastille puis du maire de Paris.
  2. Une correspondance de Louvet au citoyen Villenave, 4 jours après les faits, le relate ici À Mathieu-Guillaume-Thérèse Villenave