Anton Koberger

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Gravure sur bois extraite de la Bible de Koberger, 1483.

Anton Koberger[1] (vers 1443 - 3 octobre 1513) est un orfèvre, imprimeur, éditeur et libraire de détail allemand, qui imprime et fait graver, puis publie les Chroniques de Nuremberg, l'un des incunables les plus fameux.

Cet entrepreneur du monde du livre, ainsi que le terme allemand Verleger le précise, véritable financier qui contrôle l'usage du papier de ses moulins à papier jusqu'à la librairie de détail en passant par l'impression ou l'imposition de motifs gravés, s'impose comme le principal éditeur de l'Europe incunable. Il réussit également en directeur d'éditions par la vente d'ouvrages à d'autres imprimeurs. Il installe dans sa ville natale de Nuremberg la première imprimerie moderne juxtaposée à un atelier de gravure en 1470.

Biographie[modifier | modifier le code]

Danse de la mort, tirée des Chroniques de Nuremberg.

Anton Koberger est né entre 1440 et 1445, probablement en 1443, dans une famille de boulangers de Nuremberg qui étaient déjà bien établis et fait sa première apparition en 1464 dans le registre des citoyens de Nuremberg. En 1470, il épouse Ursula Ingram, puis, après sa mort, se remarie avec une personnalité de l'aristocratie de Nuremberg, Margarete Holzschuher, en 1491. On lui connait en tout vingt-cinq enfants, dont treize qui atteignent l'âge adulte.

Koberger est le parrain d'Albrecht Dürer, dont la famille vit dans la même rue. L'année qui précède la naissance de Dürer, en 1471, il cesse son activité d'orfèvre pour devenir imprimeur et éditeur. Il devient très vite le plus grand imprimeur d'Allemagne[2], absorbant ses rivaux au fil des années, pour finalement devenir une grande entreprise fructueuse, avec vingt-quatre presses opérationnelles imprimant de nombreuses œuvres simultanément, et employant jusqu'à 100 ouvriers (imprimeurs, compositeurs, créateurs de caractères, enlumineurs etc.)[3]. Améliorant sans cesse ses affaires et déployant son marché, il envoie des agents afin d'établir des relations avec des libraires partout en Europe occidentale, y compris à Venise, qui est alors un autre grand centre d'imprimerie, mais aussi Milan, Paris, Lyon, Vienne et Budapest. Pour s'approvisionner en matière première, il obtient deux papeteries.

Sa maison d'imprimerie ne survit à sa mort que jusqu'en 1526, et sa famille qui ne souhaite pas investir dans les affaires éditoriales continue à œuvrer en tant qu'orfèvres et joaillers.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Trouvé aussi dans la documentation contemporaine sous le nom de Koburger, Coberger, Coburger.
  2. Giulia Bartrum, Albrecht Dürer and his Legacy, British Museum Press, 2002, p. 94-96, ISBN 0-7141-2633-0
  3. Walter Gebhardt, « Nürnberg macht Druck ! Von der Medienhochburg zum Printzentrum » dans Marion Voigt (ed), Lust auf Bücher. Nürnberg für Leser. Nürnberg., 2005, p. 11-43.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (en) Anton Koberger, sur Morse Library, Beloit College : Nuremberg Chronicle (consulté le 14 décembre 2010), site très riche présentant en détail les Chroniques de Nuremberg.