Heinrich Wölfflin

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Heinrich Wölfflin, photographie de Rudolf Dührkoop

Heinrich Wölfflin, né à Winterthour le [1] et mort à Zurich le , est un historien de l'art, écrivain et professeur suisse. Il était le fils du philologue classique Eduard Wölfflin.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1893, Heinrich Wölfflin succéda à son maître, Jacob Burckhardt, comme professeur d'histoire de l'art à l'université de Bâle. Suivirent des nominations aux universités de Berlin en 1901, de Munich en 1912 et de Zurich en 1924. Parmi ses élèves on trouve August Grisebach, Ernst Gombrich, Sigfried Giedion, Kurt Gerstenberg, Carl Einstein, Hermann Beenken, Naum Gabo et Hans Rose. Il repose à Bâle au cimetière du Wolfgottesacker.

Le formalisme[modifier | modifier le code]

Son approche historique de l'art est connue sous le nom de formalisme, car il considérait les œuvres d'art avant tout en fonction de leur forme extérieure, c'est-à-dire de leur style. Il était l'un des premiers historiens de l'art à utiliser de façon régulière dans ses leçons deux projecteurs de diapositives, ce qui lui permettait de comparer directement deux œuvres l'une avec l'autre [2]. C'est principalement en s'appuyant sur la comparaison d'œuvres de la Renaissance et d'œuvres baroques qu'il a développé dans son principal ouvrage, Kunstgeschichtliche Grundbegriffe (Principes fondamentaux de l'histoire de l'art, 1915), cinq paires de concepts opposés grâce auxquels il est possible de décrire les différences de forme entre les œuvres d'art de la Renaissance et celles du baroque.

Wölfflin a suivi des études de philosophie, mais la thèse qu'il a soutenue pour les conclure était un sujet d'histoire de l'art.

Il s'est intéressé, entre autres, au passage du classicisme au baroque, ainsi qu'à l'architecture. Ses définitions font référence, à tel point que, par exemple, Eugenio d'Ors parle de « baroque wölfflinien[3] » pour expliquer un ensemble de concepts d'analyse esthétique. Son œuvre majeure, Principes fondamentaux de l'histoire de l'art (1915), a largement influencé l'étude stylistique. En effet, c'est par l'invention de concepts et d'un langage propre qu'il devient l'un des théoriciens de l'art les plus importants de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. On peut également citer, parmi ses œuvres connues, Renaissance et baroque(1888)[4] et Prolégomènes à une psychologie de l'architecture.

Heinrich Wölfflin est traditionnellement considéré comme le premier historien de l'art dans l'acception stricte du terme, la première chaire de professeur d'histoire de l'art ayant été créée pour lui, à sa demande.

Parmi les étudiants qu'il a suivis durant sa carrière, on compte notamment Sigfried Giedion, historien de l'architecture du XIXe siècle.

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1886 - Prolegomena zu einer Psychologie der Architektur
  • 1888 - Rinascimento e Barocco
  • 1891 - Die Jugendwerke des Michelangelo
  • 1899 - L'Arte classica. Introduzione al Rinascimento italiano.
  • 1914 - Wie man Skulpturen aufnehmen soll (Probleme der italienischen Renaissance)
  • 1915 - Principi fondamentali della storia dell'arte
  • 1921 - Das erklären von Kunstwerken
  • 1931 - Italien und das deutsche Formgefühl. Die Kunst der Renaissance
  • 1943 - Gedanken zur Kunstgeschichte

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « Wölfflin, Heinrich », notice d'autorité personne n° FRBNF11929331, catalogue Bn-Opale Plus, Bibliothèque nationale de France, créée le 11 février 1983, modifiée le 22 juillet 2005
  2. Ernst H. Gombrich: Die Kunst der Renaissance I. Norm und Form. Réimpression à Stuttgart: Klett 1985, p. 119. ISBN 3608761462.
  3. Eugenio d'Ors, Du baroque, Gallimard, coll. « Idées ».
  4. Heinrich Wölfflin, Renaissance et Baroque, avec une présentation par Bernard Teyssèdre, Paris, Le Livre de Poche, 1967

Liens externes[modifier | modifier le code]