Idole japonaise

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Une idole japonaise, ou idol (アイドル, Aidoru?, lit. Idol) du terme anglais utilisé au Japon, est une sorte d'idole des jeunes avec des spécificités notables, le terme désignant en fait une activité professionnelle artistique et non un statut social comme l'idole contemporaine en Occident. Ces idols sont de jeunes artistes très médiatisés, à la fois chanteurs, acteurs, animateurs, modèles, sous contrat pour une durée limitée pendant quelques mois ou années. Elles sont produites en nombre au Japon depuis les années 1960 par une importante industrie du divertissement, la plupart d'entre elles n'accédant pas à la célébrité ou à la richesse contrairement à ce que leur appellation pourrait laisser supposer. Le concept s'est répandu plus récemment dans d'autres pays d'Asie (Hong Kong, Taïwan, Corée du Sud…), et même en amérique latine (Mexique…).

Définition courante[modifier | modifier le code]

Au Japon, le terme idol désigne principalement de jeunes artistes des deux sexes, sélectionnés adolescents pour leur physique lors d'auditions organisées par des maisons de production et des agences d'artistes. Celles-ci les forment ensuite au chant, à la danse, à la comédie, pour promouvoir leur image dans les médias et l'exploiter dans de nombreux produits et supports à destination d'un public adolescent ou adulescent : disques en solo ou en groupes (girls ou boys band), photobooks (livres de photos), objets à collectionner et produits dérivés divers. On les fait aussi animer des émissions radio ou TV et tourner dans des publicités, films, séries télévisées, pièces de théâtre, comédies musicales. Cependant, la majorité de leurs gains reviennent en fait à leurs producteurs et agences, qui leur reversent généralement un simple salaire, plus ou moins élevé selon leur notoriété acquise.

Le propre des idols étant d'être des adolescents(es) à l'image gaie, sympathique et innocente, leurs carrières sont brèves et s'arrêtent souvent à leur majorité, ou avant suite à un manque de succès, ou à des scandales relatifs (liaisons, dérapages, délits mêmes mineurs) dont sont friands les médias nippons et qui ternissent leur image auprès de fans exigeants, comme ceux qui coûtèrent sa carrière d’idol à la pourtant populaire Ai Kago. Elles sont alors délaissées par leurs producteurs qui ne renouvellent pas leurs contrats, et retournent souvent à l'anonymat.

Quelques-unes arrivent cependant à poursuivre une carrière dans le divertissement à l'âge adulte, en se spécialisant généralement dans un domaine artistique précis. Celles qui ont connu un certain succès se reconvertissent souvent en talento, célébrités des médias. Certaines deviennent de véritables idoles au sens occidental, le succès prolongeant leur carrière, comme Namie Amuro dans la chanson, Ryoko Shinohara en tant qu'actrice, ou le boys band SMAP toujours actif avec succès plus de vingt ans après ses débuts.

Bien que mixte, le terme idol est plus souvent associé aux artistes féminins, les artistes masculins étant plutôt désignés par l'appellation Johnnys, du fait du quasi-monopole de l'agence Johnny & Associates sur la production des idols masculins. La notion d’idol a évolué et s'est diversifiée au fil des ans, et en arrive parfois à désigner improprement par extension tout jeune artiste ou célébrité, quel que soit son statut ou activité réels. Les seiyū les plus jeunes sont ainsi souvent assimilés à des idols et leur image exploitée de la même manière, d'autant que de plus en plus d'idols font également du doublage d'anime dans le cadre de leurs activités, comme par exemple Koharu Kusumi des Morning Musume. Le terme est désormais également utilisé pour désigner de jeunes modèles et mannequins photographiques, les Junior idols et Gravure idols, et même, dans un domaine loin de l'image innocente initiale, les jeunes actrices pornographiques AV Idols.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les termes et concepts d’idol dériveraient du succès au Japon des jeunes idoles yéyé françaises des années 1960, notamment de Sylvie Vartan, révélée là-bas par le film Cherchez l'idole de 1964, gros succès au Japon sous le titre Idol o sagase qui aurait lancé le phénomène : des producteurs japonais s'en seraient inspiré pour lancer leur propres chanteuses adolescentes, aux chansons légères et occidentalisées, apparaissant aussi dans des films[1]. Le Japon était cependant déjà familiarisé avec le concept des chanteuses/actrices adolescentes à succès, avec Hibari Misora dès les années 1940 ou The Peanuts dans les années 1950.

Les premiers groupes d'idols apparaissent dans les années 70, dans la foulée du succès des Candies qui donne naissance au wotagei de fans. Le phénomène idol connait un "âge d'or" dans les années 1980, avec notamment le succès de Seiko Matsuda, et d'Onyanko Club sous l'égide du producteur Yasushi Akimoto qui lance le concept du groupe géant avec sous-groupes, membres lancées en solo, émissions télé dédiée, concept qui sera souvent repris par la suite. Le succès de certaines idols de l'époque comme Noriko Sakai et Shizuka Kudo s'étend même à d'autres pays d'Asie.

Momoiro Clover Z a Japan Expo 2012 a Paris.

Mais la mode des idols gaies et innocentes s'éteint au milieu des années 1990, sous l'influence de la mode des gyaru, jeunes femmes mûres et indépendantes à l'image plus sexy ; les jeunes artistes de l'époque (Namie Amuro, MAX, Ayumi Hamasaki, et même SPEED) rejettent alors l'appellation idol et les styles vestimentaires et musicaux afférents, se définissant comme de "vrais" artistes post-idol sachant chanter et danser, contrairement à l'image plus amateur véhiculée par les idols "classiques". Celles-ci sont alors reléguées au marché de niche de l'anime, interprétant les chansons des génériques et doublant les personnages. Elles reviennent cependant sur le devant de la scène médiatique à la fin des années 1990, à la faveur du succès des Morning Musume du producteur Tsunku ; celui-ci s'inspire alors du modèle d'Onyanko Club pour lancer le Hello! Project qui marque la scène idol des années 2000, popularisant l'appellation wota pour désigner les fans d'idols y compris hors des frontières du Japon. Son inspirateur Yasushi Akimoto reprend le flambeau à la fin de la décennie avec ses propres productions, AKB48 et ses groupes dérivés SKE48, NMB48 et HKT48.

Momoiro Clover Z composé d'idoles japonaises et ayant débuté leur carrière en mai 2008[2]. Elles ont commencé à tourner un peu dans des événements de rue en 2008. En 2012, le groupe fait un passage très remarqué à Japan Expo, donnant plusieurs concerts et un show pour les 20 ans de Sailor Moon en duplex du Japon, lors duquel elles annoncent leur future participation pour l'opening du nouvel animé prévu[3].

Ambiguïtés[modifier | modifier le code]

Trois stars de la chanson sont souvent qualifiées à tort en occident d'« idols célèbres », en dehors de la confusion des termes idol et idole :

  • Hikaru Utada n'a jamais été produite comme idol, uniquement comme chanteuse ; la confusion venant de ce qu'elle a débuté avec succès encore adolescente, comme les idols. Elle n'a donc jamais été une « idol célèbre ».
  • Ayumi Hamasaki a quant à elle été produite comme idol au milieu des années 1990, mais sans succès. Elle fut relancée comme chanteuse quelques années après, rencontrant alors la gloire. Elle a donc bien été une idol, mais pas une « idol célèbre. »
  • Namie Amuro fut elle aussi produite comme idol au début des années 1990, mais sans succès jusqu'à deux singles sortis en 1995 qui la révèlent au public. Elle est alors signée comme chanteuse par un nouveau producteur, et connait la gloire depuis. Elle a donc bien été une idol, mais pas vraiment une « idol célèbre », hormis peut-être pendant quelques mois avant un changement de statut.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Islands of Eight Million Smiles: Idol Performance and Symbolic Production in Contemporary Japan (Hiroshi Aoyagi, Harvard)
  2. (ja) « ももクロ、初のAKB超え タレントパワーランキング », Nihon Keizai Shimbun,‎ 2013-6-24 (consulté le 2013-7-26)
  3. « The nations that make it easier for bands to leap overseas », Japan Times,‎ 2013-02-21 (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]