Guy de Boulogne

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Guy de Boulogne
Image illustrative de l'article Guy de Boulogne
Guy de Boulogne couronnant Grégoire XI
Biographie
Naissance 1313
à Boulogne (France)
Décès 25 novembre 1373
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
20 septembre 1342 par le
pape Clément VI
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Sainte-Cécile
Cardinal-évêque de Porto et Sainte-Ruffine
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 1340
Fonctions épiscopales Archevêque de Lyon
Doyen du Collège des cardinaux

Blason

Gui de Boulogne (1313-1373) ou Guy de Montfort, archevêque de Lyon, cardinal au titre de Sainte-Cécile, puis cardinal-évêque de Porto et Sainte-Ruffine, dit le cardinal de Boulogne (1342-1373)[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Robert VII, comte de Boulogne et d’Auvergne, et de sa seconde épouse Marie de Flandre, il naquit à Boulogne. Il était le petit-neveu de Louis IX, roi de France, et le grand-oncle de Robert de Genève, futur pape d’Avignon sous le nom de Clément VII. Sa demi-sœur était la seconde épouse de Jean II le Bon, il était aussi apparenté par son père à Charles le Mauvais, roi de Navarre, et par sa nièce, Marie de Boulogne, aux Vicomtes de Turenne[1].

Le bon choix de Clément VI[modifier | modifier le code]

Ce neveu de Gui de Boulogne, évêque de Tournai (1301-1324), fut destiné très tôt à la carrière ecclésiastique. Il devint d’abord chanoine du chapitre cathédral d’Amiens puis archidiacre de Thérouanne[1].

Ce fut Clément VI qui le propulsa au plus haut niveau en le plaçant d’abord sur le siège archiépiscopal de Lyon, le 11 octobre 1340. Puis, lors du consistoire du 20 septembre 1342, il le nomma cardinal-prêtre de Sainte-Cécile[1]. Sa première Livrée occupait l’actuelle rue Joseph Vernet et descendait jusqu’aux rives du Rhône. Lors de la construction des remparts d’Avignon, cette Livrée fut coupée en deux. Le cardinal de Boulogne s’installa alors dans celle d’Annibal de Ceccano. Il devint, dès lors, l’un des prélats les plus en vue du Sacré Collège.

Légat pontifical en Italie et en Hongrie[modifier | modifier le code]

Louis Ier le Grand, roi de Hongrie

Après avoir vendu Avignon au pape Clément VI, la reine Jeanne revint à Naples le 17 août 1348. Son cousin, Louis Ier de Hongrie, pour venger l’assassinat de son frère André, premier époux de la souveraine, ravageait ses états.

Cette situation inquiéta Clément VI, suzerain du royaume. Au début de l’automne 1348, il décida d’envoyer en légation les cardinaux Annibal de Ceccano, Guillaume de La Jugie et Guy de Boulogne pour faire signer une trêve aux deux parties[1].

Le cardinal de Sainte-Cécile resta en légation auprès du roi de Hongrie du 15 janvier 1349 au 7 juin 1350[2]. Lors de sa mission, il fut fait évêque suburbicaire de Porto et de Sainte-Rufine[1].

Ce fut à ce titre qu’il ouvrit à Rome le Jubilé. Le 14 février 1350, il présida à Padoue au transfert des reliques de saint Antoine dans la nouvelle église. Puis il tenta, sans succès, d’apaiser le conflit entre Bertrand de Saint-Geniès, patriarche d’Aquilée, et le comte de Gorizia.

Ses missions diplomatiques[modifier | modifier le code]

Sous le pontificat d’Innocent VI[modifier | modifier le code]

À Mantes, à la demande du cardinal de Boulogne, Jean le Bon pardonne à Charles le Mauvais

Le 13 novembre 1352, il devient doyen de Saint-Martin de Tours. À la mort du pape Clément VI, le cardinal ne put arriver à temps pour participer au conclave qui proclama Étienne Aubert pape. Sur les 26 cardinaux, il est le seul absent. Ayant appris la mort du Pape après le 9 décembre, de par la distance qui le séparait d'Avignon, il lui fut quasiment impossible d'arriver avant le 20. Il se rendit cependant à Avignon comme l'atteste une lettre du 13 janvier 1353 du nouveau pape au roi de France[3].

Après l’assassinat de Charles de la Cerda, favori de roi Jean II, le 6 janvier 1354, par Charles le Mauvais, pour éviter tout conflit, le pontife délégua à la Cour de France le cardinal de Boulogne. Sa diplomatie calma le roi. Chevaleresque, celui-ci décida de pardonner si le Mauvais venait implorer son pardon à genoux[4]. Il obtempéra le 4 mars et le cardinal de Boulogne lui répondit, au nom du roi de France, que celui-ci lui pardonnait de bon cœur et volonté[5].

Le 19 avril 1358, au milieu d’une foule en liesse et en présence du pape, le cardinal de Sainte-Cécile consacra la chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon.

Philippe de Rouvres, duc de Bourgogne, étant mort sans postérité, le 27 novembre 1361, le roi de France fit main basse sur ce duché le 28 décembre. Il chargea de cette annexion Jean Ier de Boulogne, dit le Grand, et son frère le cardinal de Sainte-Cécile. Grâce à leur célérité, Jean II, le 15 janvier 1362, put remettre ce duché en apanage à son fils Philippe le Hardi.

Sous le pontificat d’Urbain V[modifier | modifier le code]

Charles IV de Luxembourg

Le nouveau pape l’envoya en légation à Naples. Le cardinal en profita pour proposer à la reine Jeanne de marier sa filleule Jeanne de Duras à un membre de sa famille. Il présenta d’abord son frère Geoffroy puis son neveu Aimon de Genève. Ce dernier eut la préférence. Il arriva à Aversa le 15 novembre 1363 et des promesses d’accordailles furent échangées devant l’archevêque de Naples.

Mais il suffit que cette information arriva à Avignon pour que le cardinal Hélie de Talleyrand-Périgord prit parti contre son rival de Boulogne et incita le pape à faire rompre les fiançailles de la demoiselle[6].

En compensation, le légat fut nommé doyen du Collège des cardinaux en 1364. Ce fut à ce titre qu’il accompagna Urbain V à Rome[1]. Là, le 1er novembre 1369, il participa au couronnement de l’épouse de Charles IV de Luxembourg. Lors de son séjour en Italie, l’empereur le nomma Vicaire impérial en Toscane. Il assuma cette charge à Lucques du 3 février 1369 au 26 mars 1370.

Sous le pontificat de Grégoire XI[modifier | modifier le code]

Le 30 décembre 1370, les cardinaux du Sacré Collège se réunirent dans la grande salle du conclave du palais des papes d’Avignon. Pour succéder à Urbain V, ils choisirent le candidat de Guy de Boulogne. C’était le cardinal de Sainte-Marie-la-Neuve, le neveu de Clément VI, qui choisit le nom de Grégoire XI. Pour la seconde fois, le cardinal de Sainte-Cécile eut l’insigne honneur de déposer la tiare sur le chef d’un Souverain Pontife[1].

Tu es Petrus et super hanc petram ædificabo ecclesiam meam et tibi dabo claves regni cœlorum prononça celui qui faisait les papes et qui ne le devint jamais. Et ce fut lui qui l’ordonna prêtre le 4 janvier 1371.

La diplomatie pontificale eut connaissance que dans la péninsule ibérique, le royaume de Castille avait des visées sur le Portugal et celui d’Aragon sur la Castille. Immédiatement Grégoire XI délégua Guy de Boulogne auprès des rois d’Aragon, de Castille et du Portugal[1].

Le cardinal obtint non seulement la réconciliation entre les rois Ferdinand du Portugal et Henri de Castille, mais les galères portugaises et castillanes organisèrent, au début de l’été 1372, le blocus du port de la Rochelle défendu par le Captal de Buch, le connétable anglais. Résultat, le 23 août, Jean de Grailly fut fait prisonnier à Soubise par le prince Owen Glendower, prétendant au trône de Galles et allié du roi de France[7].

Le cardinal de Boulogne poursuivit sa mission dans la péninsule ibérique et trépassa le 25 novembre 1373, à Lérida, sans doute sous l’effet d’un poison. Il fut inhumé à l’abbaye de Notre-Dame de Bouchet, dans le diocèse de Clermont d’Auvergne[1].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de l'Auvergne.svg

Les armes du cardinal de Boulogne se lisent : d'argent au gonfanon de gueules frangé de sinople.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Salvador Miranda, Cardinal Guy de Boulogne, University Park, Miami, FL 33199, 2009
  2. Louis Ier de Hongrie, malgré les assurances de paix donnée au cardinal Guy de Boulogne, recommença dès le printemps 1350 ses préparatifs de guerre. Il embarqua le 18 avril à Segna (de nos jours Zeng) et débarqua à Manfredonia le 23 (ou 24) avril. Le 1er juillet, le roi de Hongrie mit le siège devant Aversa où il reçut une grave blessure à la mi-juillet.
  3. Bibliothèque de l'École des chartes, Volume 131, Partie 1, Société de l'École des chartes (France), 1987, isbn : 978-2-600-05162-0, page 105
  4. Le meurtrier accepta. Aussi le 23 février, au traité de Mantes, Jean II cédait à son gendre de Navarre le comté de Beaumont-le-Roger, les places de Conches, Breteuil, Pont-Audemer et la moitié du Cotentin.
  5. Au cours du mois d’août 1354, un bruit courut que le légat Gui de Boulogne et Robert de Lorris, le Grand Chambellan du roi, étaient du parti du Mauvais. Jean II commit l'erreur de le croire et sans vérifier exila en septembre son chambellan et renvoya à Avignon le cardinal-légat qui était aussi l’oncle de la reine de France.
  6. Cf. E. G. Léonard, Histoire de Jeanne 1re, reine de Naples, comtesse de Provence, T. I, II et III, Monaco, 1932-1937.
  7. Ce fut Ambrosio de Boccanegra, marin d’origine génoise, devenu amiral de Castille sous Henri de Trastamare, qui imposa aux Anglais le blocus de la Rochelle. Le Captal de Buch avait été fait Connétable d’Aquitaine en 1371 par le Prince Noir.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fr. du Chesne, Histoire de tous les cardinaux françois de naissance ou qui ont été promus au cardinalat par l’expresse recommandation de nos roys, Paris, 1660.
  • É. Baluze, Vitae paparum Avenionensium, sive collectio actorum veterum, Vol. I et II. Paris, 1693.
  • É. Baluze, Histoire générale de la maison d’Auvergne, T. I et II, Paris, 1708.
  • A. de Sainte-Marie, Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de France, des pairs, grands officiers de la Couronne et de la maison du roi, des anciens barons du royaume avec les qualités, l’origine, le progrès et les armes de leurs famille, Paris, 1712.
  • H. Fisquet, La France pontificale, histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l’établissement du christianisme jusqu’à nos jours, divisée en dix-sept provinces ecclésiastiques, Paris, 1864-1873.
  • P. Pansier, Les palais cardinalices d’Avignon aux XIVe et XVe siècles, Fasc. 1, 2 et 3, Avignon, 1926 – 1932.
  • Guillaume Mollat, Contribution à l’histoire du Sacré Collège de Clément V à Eugène IV, Revue d’histoire ecclésiastique, T. XLVI, 1961.
  • M. Dykmans, Les palais cardinalices d’Avignon, Mélanges de l’École Française de Rome, Vol. 83, n° 2, 1971.
  • P. Jugie, L’activité diplomatique du cardinal Gui de Boulogne en France au milieu du XIVe siècle. Bibliothèque de l’École des Chartes. Tome CXLV, 1987.
  • P. Jugie, Le vicariat impérial du cardinal Gui de Boulogne à Lucques en 1369-1370, Mélanges de l’École Française de Rome, vol. 103, 1991.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]