Bertrand de Saint-Geniès

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Bertrand de Saint-Geniès
Image illustrative de l'article Bertrand de Saint-Geniès
Bertrand de Saint-Geniès, Cathédrale d'Udine
Biographie
Naissance 1260
Saint-Geniès (Dordogne) Drapeau de la France France
Décès 6 juin 1350
Richinvelda Modèle:Patriarcat d'Aquilée
Patriarche d'Aquilée (en)
début de l'automne 13346 juin 1350
Précédent Pagano della Torre

Blason
Montcuq et son château, lieu de naissance de Bertrand de Saint-Geniès

Bertrand de Saint-Geniès (1260-1350), professeur à l’Université de Toulouse, patriarche d’Aquilée et homme de guerre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naquit dans le Quercy, au château de Montcuq. Il fit ses études de droit canon à l’Université de Toulouse où il devint ensuite professeur. Tout au long de sa carrière universitaire, il s’était fait remarquer pour sa sagesse et pour son habileté diplomatique. Jean XXII qui avait enseigné avec lui à Toulouse avait pour lui estime et affection.

Le château des comtes de Gorizia

Le patriarche d’Aquilée[modifier | modifier le code]

Peu avant sa mort, au début de l’automne 1334, le pape le nomma responsable du patriarcat d’Aquilée où il se rendit le 28 octobre[1]. En dépit du marasme régnant, le nouveau patriarche et prince du Saint-Empire fit preuve d’une grande fermeté dans la réorganisation de sa principauté. Il se rendit vite compte que son principal adversaire était le comte de Gorizia, allié des Habsbourg.

De la crosse à l’épée[modifier | modifier le code]

Dès 1336, le patriarche fit preuve de poigne et d’audace. À la tête de ses soldats, délaissant la crosse pour l’épée, il partit en campagne, s’empara tout d’abord de Venzone, puis écrasa à Braulins les gens d’armes du comte, victoire qui lui ouvrit les portes de Cormons.

Le traité d’Udine avec l’empereur[modifier | modifier le code]

Trois ans plus tard, en 1339, l’empereur Charles IV de Luxembourg se rendit dans le Frioul afin de signer une alliance avec le patriarche d’Aquilée. Il fut reçu d’abord à Cividale puis à Udine où ils signèrent leur accord. Par ce traité, l’empereur Charles promettait son total appui au patriarche contre les comtes de Gorizia, en contrepartie celui-ci l’aidait à contrôler le Tyrol[2].

Fort de cet appui, lors de la Noël 1340, après avoir célébré sa messe en armure, le patriarche prit la tête de son armée et s’en fut mettre le siège devant Gorizia où le comte s’était enfermé. L’affaire se conclut par une trêve.

L’organisateur de sa principauté[modifier | modifier le code]

Au cours de l’année 1341, cette trêve permit au patriarche de se consacrer à sa principauté. Il put créer un marché à Venzone, cité permettant de contrôler la route Pontebbana, voie de liaison entre l’Empire et l’Italie. Il favorisa le développement d’Udine et fonda une Université à Cividale.

L’assassinat du patriarche[modifier | modifier le code]

Udine, lieu d'inhumation de Bertrand de Saint-Geniès, patriarche d'Aquilée

Le Frioul profita de la paix pendant une décennie. Puis le comte Gorizia reprit les hostilités. Au printemps 1350, le cardinal Guy de Boulogne quitta Rome où se déroulait le Jubilé pour se rendre dans le patriarcat d’Aquilée. Son but était de faire entendre raison aux deux protagonistes et de mettre un terme à leur lutte armée. Sa mission est un échec.

Le 6 juin, le patriarche qui retournait de Padoue, escorté par Frédéric de Savorgnano, fut attaqué par des mercenaires à la solde du comte de Gorizia. Le patriarche fut pris et massacré au gué du Tagliamento, près de San Giorgio della Richinvelda.

Béatifié par son successeur[modifier | modifier le code]

Le corps du patriarche fut transporté à Udine où il reçut des funérailles solennelles avant d’être enterré dans l’église Sainte-Marie. Son successeur, Nicolas de Luxembourg, demi-frère de l’empereur Charles, le béatifia.

Pendant ce temps, le duc d’Autriche, sous le prétexte de défendre l’Église d’Aquilée, réalisait le vieux rêve des Habsbourg en entrant avec ses troupes dans le patriarcat pour l’annexer.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette principauté du Frioul était vitale pour le Saint-Empire Romain germanique en tant que frontière orientale et habituelle voie d’entrée de toutes les invasions en Italie.
  2. Le Tyrol était une importante voie de passage entre la Germanie et l’Italie. Son contrôle permettait de plus de surveiller la Carinthie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Clément Tournier, Le bienheureux Bertrand de Saint-Geniès, professeur de l’Université de Toulouse, Éd. Privat, Toulouse-Paris, 1929.
  • Giordano Brunettin, Bertrand de Saint-Geniès, patriarca di Aquilea (1334-1350), uomo di Curia, diplomatico et principe ecclesiastico. Ascesa et caduta di un alto prelato della prima metà del XIV secolo, Thèse de doctorat de l’Université de Padoue, 1998.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]