Owain Glyndŵr

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Owen.
Peinture représentant Owain Glyndwr

Owain Glyndŵr est un prince gallois, né en 1359 et mort vers 1416, qui fut couronné sous le nom de Owain IV de Galles. Il fut le dernier Gallois à se faire appeler « prince de Galles », lui qui descendait des princes de Powys par son père et de ceux de Deheubarth par sa mère. Il déclencha la révolte contre l'emprise anglaise sur son pays. Il est aussi connu sous la forme anglicisée d'Owen Glendower, notamment dans Henry IV de Shakespeare.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Glyndŵr naquit dans une famille prospère de propriétaires terriens au Nord-Est du Pays de Galles. Il faisait partie de la petite noblesse anglo-galloise des Marches galloises, dans un milieu qui faisait à la fois partie de la société anglaise et de la société galloise, occupant des fonctions importantes pour le compte des seigneurs des Marches tout en maintenant, dans la société galloise traditionnelle, leur propre statut de « uchelwyr », c’est-à-dire nobles descendant des dynasties royales d'avant la conquête.

Son père, Gruffudd Fychan (en) deuxième du nom, qui était tywysog (en) (prince) de Powys Fadog (la partie nord du Powys) et seigneur de Glyndyfrdwy, mourut peu après 1370, laissant Owain à sa mère Elen ferch Tomas ap Llywelyn de Deheubarth. Il semble qu'il ait eu un frère ainé, Madog, qui dut mourir en bas âge. Owain ap Gruffydd fut élevé chez le seigneur Sir David Hanmer. De là on pense qu'il fut envoyé à Londres pour étudier le droit aux Inns of Court. Il y étudia comme apprenti pendant sept ans, suffisamment pour y acquérir une bonne connaissance du droit, mais trop peu pour y être connu comme homme de loi. Il était probablement à Londres lors de la révolte paysanne de 1381. En 1383, de retour en Galles, il épousa la fille de Sir David, Margaret, et s'établit comme squire de Sycharth et Glyndyfrdwy.

En 1385, sous les ordres de Richard FitzAlan, comte d'Arundel il participa à la guerre que mena le roi d'Angleterre Richard II contre l'Écosse. En 1387, il participa à la bataille navale de Cadzand au large des côtes hollandaises[réf. nécessaire]. Survint la mort de Sir David, et Owain son exécuteur testamentaire rentra au Pays de Galles s'occuper de ses biens. Pendant dix ans il vécut dans le calme. Le barde Iolo Goch (Iolo le Rouge) qui le visitait régulièrement dans les années 1390, écrivit quelques odes à sa gloire, et célébra sa générosité.

Chute de Richard II et révolte galloise[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1390, une série d'événements poussa Owain à la rébellion. D'abord Richard II avait monté un plan pour consolider son emprise sur le royaume d'Angleterre et briser le pouvoir des seigneurs qui menaçaient constamment son autorité. Comme cela faisait partie de son plan, Richard commença à déplacer ses bases du sud-ouest vers l'ouest. Il établit une nouvelle principauté autour du comté de Cheshire et chercha à renforcer son pouvoir en Galles. Le pays était divisé en États féodaux, évêchés, comtés, partiellement autonomes, et quelques territoires sous administration royale directe. Richard élimina ses rivaux et s'appropria leurs terres pour les distribuer à ses favoris. Ce faisant, il constitua une nouvelle classe de Gallois pour remplir les postes nouvellement créés dans ses nouveaux fiefs. Pour ces hommes les derniers jours du règne de Richard II représentaient des occasions à ne pas manquer. Mais pour la haute noblesse anglaise tout cela prouvait que Richard était devenu incontrôlable.

En 1399, Henry Bolingbroke, héritier du duché de Lancaster, revient d'exil pour réclamer ses terres. Il lève une armée et marche à la rencontre du roi. Richard rentre en hâte d'Irlande pour régler l'affaire. Ils se rencontrent au château de Conwy, sur la côte nord du Pays de Galles. À la fin de la réunion, Richard se retrouve arrêté, prisonnier, déposé, d'abord à Chester, puis au château de Pontefract dans le Yorkshire.

Le Parlement déclare Henry régent puis roi. Richard meurt dans des circonstances mystérieuses à Pontefract, mais sa mort reste non officielle quelque temps.

En Galles on demanda pour la première fois aux hommes importants comme Owain de décider quel parti il prenaient. Le Gallois soutenaient traditionnellement Richard, qui avait succédé à son père comme Prince de Galles. Richard disparu, les chances de promotion des Gallois devenaient tout à coup très réduites. Beaucoup hésitaient.

La querelle avec De Grey[modifier | modifier le code]

La révolte commença par une querelle avec le voisin d'Owain. Les De Greys de Dyffryn Clwyd étaient des seigneurs normands réputés pour être hostiles aux Gallois. Une vieille querelle les opposait à Glyndŵr. En 1399, il en appela au Parlement pour résoudre l'affaire. Reynold de Grey — ami du nouveau roi Henry — usa de son influence pour faire rejeter cet appel. De plus il retint délibérément une sommation faite à Owain de rejoindre le roi lors de sa campagne militaire en Écosse. En droit Owain était tenu de procurer des troupes. Le fait de ne pas y répondre équivalait à une trahison.

La Révolte des Gallois, 1400–1415[modifier | modifier le code]

Article principal : Révolte des Gallois (1400-1415).

Le 16 septembre 1400, Owain passa à l'action et fut proclamé Prince de Galles par ses partisans. La déclaration était une révolution en soi. Les hommes d'Owain s'activèrent dans le nord-est du pays. Le 19 septembre, la forteresse de De Grey à Ruthin fut attaquée et presque détruite. Puis vint le tour de Denbigh, Rhuddlan, Flint, Hawarden, et Holt. Le 22 septembre, la ville d'Oswestry fut mise à sac par un raid d'Owain. Le 24, Owain se dirige vers le sud et c'est le tour de Welshpool. À la même époque, les frères Tudor d'Anglesey entament la guérilla contre l'Anglais. Ces Tudors étaient une grande famille d'Anglesey très liée à Richard. Gwilym et Rhys ap Tudor avaient été capitaines des archers lors des campagnes de Richard en Irlande. Ils firent rapidement allégeance à leur cousin Owain Glyndŵr.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (en) Rees Davies, The Revolt of Owain Glyn Dŵr, Oxford University Press,‎ 1995 (ISBN 0-19-285336-8).
  • (en) J. E. Lloyd, Owen Glendower, Oxford University Press,‎ 1931.
  • (en) Glanmor Williams, Owen Glendower, Oxford University Press,‎ 1966.