Géminien de Modène

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Géminien de Modène ou Saint Géminien (en italien San Geminiano) ( (Cognento, 312Modène, 397) fut diacre puis évêque de la ville de Modène (Italie).

Géminien de Modène est un saint chrétien reconnu par les Églises catholique et orthodoxe, fêté le 31 janvier[1].

Il lutta contre le joviniarisme, hérésie de Jovinien, moine du IVe siècle qui niait la possibilité du péché après le baptême.

Il est le patron des villes de Modène, Pontremoli, San Gimignano et Vielmur-sur-Agout.

Biographie[modifier | modifier le code]

Saint Géminien est né en Italie, à Cognento, aux abords de la ville de Modène en Émilie et fut l’évêque de Modène au IVe siècle. Saint Géminien est reconnu en tant que thaumaturge et exorciste. Il est le fervent défenseur du culte à la Vierge Marie et le protecteur des villes où il est invoqué. Il protège les personnes, surtout les enfants qui apparaissent toujours sur les représentations du saint, statues ou tableaux. Ceci était certainement vrai sur le tableau de Vielmur mais celui-ci ayant été découpé pour l’intégrer dans le cadre baroque cette représentation dut disparaître.

Il fut invoqué à plusieurs reprises au cours de l’histoire de Modène pour venir au secours de ses habitants en proie à des famines, des épidémies de peste, ou à des épisodes guerriers. Il protégea la ville de l’invasion des Huns menée par Attila, et celle des français lorsque Charles d’Amboise mit le siège devant Modène le 18 février 1511. Avec beaucoup d’autres miracles et de signes, saint Géminien continue à exercer sur ses fidèles une protection qui, aujourd’hui encore, est perçue par tous comme la preuve la plus évidente d’une présence ininterrompue et jamais affaiblie dans le cours de l’histoire de la cité. De nombreux faits lui sont attribués qui conduisent au maintien de la paix, au rétablissement de la concorde sociale, et plus généralement au progrès et au bien être de la population de Modène ou des villes qui lui adressent leurs prières.

Intervention également du saint protecteur dans la guérison par l’eau qui surgit d’une source qui lui est dédiée toujours présente à Cognento di Modena avec des capacités curatives et miraculeuses pour les maladies humaines.

Les reliques de saint Géminien furent transférées solennellement en 1106 en présence de la comtesse Mathilde de Canossa et de l’évêque de Modène Dodonne dans une nouvelle cathédrale à Modène.

Saint Géminien un patronyme unique en France.

En France, la présence de saint Géminien semble toujours liée à des personnes touchant de près à l’aristocratie et à l’histoire de Modène. Il est cité en deux lieux différents qui confirment cette hypothèse.

Tout d’abord on trouvait des reliques du saint au Monastère Royal de la Visitation de Chaillot, qui furent offertes vers 1690, au couvent par Marie-Béatrix d’Este fille du feu duc de Modène et épouse de Jacques II d’Angleterre en exil dans notre pays.
« Ces reliques se trouvaient dans une châsse de forme carrée portée par quatre petits chérubins avec six petits anges et une croix, le tout d’argent et renfermant le chef (partie de la tête) de saint Géminien. Cet ensemble reposait sur un pied d’argent. Dans l’église du couvent, il y avait deux chapelles, l’une dédiée à saint François de Sales et l’autre à sainte Jeanne de Chantal. Il n’est pas impossible que la piété populaire ait attribué le nom de Saint Géminien à la chapelle où reposait la châsse.
Dans l’église du monastère près des reliques, on trouvait (Abbayes, monastères.. etc… page 518) : « …. Puis sur la grande tribune, à laquelle on accède par « quatre marches de bois de chêne », voici « un sarcophage en bois, recouvert d’un baldaquin en velours noir à franges et galons d’argent, renfermant le cercueil de Marie d’Este …. ».

Saint Géminien est également cité à Vielmur entre 1090 et 1095.
En 951 Ermengaud d’Albi, fils de Raymond II comte de Rouergue, duc d'Aquitaine, marquis de Gothie et comte de Quercy et d’Albigeois et du comté de Narbonne, donne une terre dans la vicomté de Lautrec pour établir un futur monastère. C’est sur un emplacement situé à Vielmur qu’en 1028, le monastère Sainte-Marie sera fondé à Vielmur par Isarn de Lautrec et son épouse Guisle de Cerdagne.
En 1038, le monastère Sainte-Marie de Vielmur est remis par les Lautrec au chapitre du Puy-en-Velay. En 1041, Raymond IV de Saint-Gilles est seigneur du Velay et de la ville du Puy[2]. Il est marié en premières noces en 1065 avec Bertrande de Provence. Leur fils Bertrand, qui sera comte de Tripoli, épouse vers 1090 la nièce de Mathilde de Canossa (ou Mathilde de Toscane). Celle-ci amène certainement le culte de saint Géminien à Vielmur. Cette nièce ne vivra pas longtemps puisque Bertrand se remarie avec Alix de Bourgogne cinq ans après, en 1095. Mais elle eut le temps d’installer une chapelle en l’honneur de saint Géminien[3].
L’autorisation de fonder cette chapelle ne posa certainement aucun problème auprès de l’abbesse du monastère de Vielmur, vassale du comte de Toulouse et celle du chapitre du Puy puisque Raymond IV de St Gilles était seigneur du Puy (voir plus haut). Elle obtient par l’intermédiaire de sa tante (la grande) Mathilde de Toscane, les reliques du saint.

Autre hypothèse : comme la nièce de Mathilde ne vécut que cinq ans après son mariage avec Bertrand comte de Toulouse, il se pourrait que Mathilde de Canossa ait envoyé à sa nièce, atteinte d’une maladie grave, les reliques de St Géminien pour la protéger, et les ait fait placer dans une chapelle du monastère de Vielmur.

On retrouve cette notion de protection avec Marie-Béatrix d’Este qui vivait en exil.

Le nom de l’église du Monastère Notre-Dame disparaitra à la Révolution avec la vente du monastère au titre des biens nationaux. C’est saint Géminien qui en deviendra alors le titulaire[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nominis : Saint Géminien
  2. Guillaume de Castel, Mémoires de l’Histoire du Languedoc, p. 313.
  3. Testament de Magdelaine Galise, 29 avril 1743
  4. Association Culturelle du Pays Vielmurois