Fuste
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Une fuste, est une construction en rondins empilés, typique des Alpes du Sud.
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Origine [modifier]
Le nom féminin fuste est traditionnel dans les Alpes du Sud, dans le Queyras en particulier, où il désigne des constructions faites de "fûts" ou troncs d'arbres empilés et entrecroisés aux angles.
La technique de la fuste qui avait pratiquement disparu en France a été réintroduite dans les années 1980 à partir de l'Amérique du Nord. Le meilleur réservoir de savoir faire reste toutefois l'Estonie et les pays nordiques au sens large (Suède, Finlande, Norvège sans oublier le Canada et l'Alaska) où elle a toujours été pratiquée avec de nombreuses variantes dans les entailles, les modes de calfeutrage, les entourages de fenêtres, etc.
Ces maisons sont normalement construites de rondins de bois brut, écorcés et taillés à la main, de diamètre compris entre 20 et 45 cm ou de madriers taillés à la main d'une épaisseur comprise entre 20 et 30 cm, voire de poutres taillées de façon artisanale.
Les procédés de fabrications sont souvent restés traditionnels et artisanaux ce qui fait que chaque fuste est d'une certaine façon unique.
Ce type de construction est appelée de manière générale Construction en rondins empilés.
Technique [modifier]
Chaque tronc ou fût, simplement écorcé, conserve sa forme, ses courbures, et vient épouser celui qui le précède. La technique d'ajustage consiste à tracer chaque fût en suivant la forme de celui qui le précède, puis à le creuser sous sa face inférieure de manière à permettre le croisement à l'angle du mur et l'encastrement en long sur le bois précédent.
La fuste est tout d'abord construite chez le fustier, puis démontée, transportée chez le client et remontée sur une chape viabilisée (eau, électricité, évacuation) ou un vide sur pilotis, elle est modulable, agrandissable, démontable, transportable. Portes et fenêtres sont montées sur rails verticaux car les fûts de bois vont se tasser pendant deux à trois ans, suivant si le rondin a été coupé l'hiver précédent ou deux hivers précédents. Il en découle un tassement qui peut varier entre 1-2 % jusqu'à 5 % si l'arbre venait juste d'être coupé.
La construction chez le fustier, en fonction de la complication, dure deux à trois mois ; le remontage chez le client prend deux à quatre semaines.
Caractéristiques constructives [modifier]
Dans la mesure où les essences employées sont locales, où les processus de transformation sont peu voraces en énergie et non polluants, les système de préservation du bois sont inoffensifs pour l'environnement, la construction d'une fuste est écologique.
La méthode de fabrication de la fuste traditionnelle ainsi que tous les matériaux utilisés sont écologiques et sans trop de conséquences sur l’effet de serre, le produit s’inscrit donc dans le cycle de croissance de la biomasse. Par ailleurs, une fuste a un bilan carbone très positif. Une fuste de 100 m2 faites de rondins de 25 cm de diamètre piège environ 8 tonnes de CO2.
Toutefois le système est à lui seul très difficilement capable d'assurer l'isolation thermique (La conductivité thermique du bois=0,15 à 0,20, est des plus moyennes) et l'étanchéité à l'air du bâtiment. Ce qu'on gagne en énergie grise, se perd éventuellement en énergie dépensée pour le chauffage. Dans les pays ou ce système a été importé, le système est souvent dédoublé par un parement plus mince, et l'interstice rempli d'isolant[1].
Les substances utilisées dans la construction traditionnelle : huiles naturelles, goudron de bois, urine de cheval pour le bardage du toit sont historiquement utilisés et coûtent un peu plus cher que les peintures et les vernis de synthèse de par leur mise en œuvre artisanale. Ces produits peu volatils sont à priori mieux tolérés que les substances issues de la pétrochimie.
La résistance au feu d'une fuste est supérieure à celle d'une maison en maçonnerie, un tronc ne brûle pas il se consume lentement (en cas d'incendie d'une maison conventionnelle, les pompiers ont pour consigne de ne pas y pénétrer mais cette consigne n'existe pas pour les fustes).
La résistance élastique du bois étant supérieure à celle de la maçonnerie, les maisons et autres constructions en bois sont tout indiquées dans les zones à haut potentiel sismique.
La tenue dans le temps d'une fuste est comparable à celle d'une construction en maçonnerie, certaines fustes ont aujourd'hui plus de 400 ans; la déforestation occasionnée par la construction est ainsi largement compensée par un temps de repousse suffisant à la régénération du patrimoine boisé.
Coût [modifier]
Lorsque fabriquée de manière entièrement artisanale, la maison en fuste s'adresse à une clientèle pour qui le prix n'est pas un critère de choix. En effet, elle revient alors nettement plus cher que les chalets en bois de weekend ou les maisons en bois, fabriqués de poutres taillées industriellement, à la fraise et rassemblées de manière industrielle, devenus déjà coutumiers dans certaines parties d’Europe. À noter que ce dernier type de constructions bon marché n’est pas utilisé comme espace à vivre dans les pays nordiques.
Une fuste coûte environ de 650 euros (en autoconstruction) à 1 400 euros (clés en main) du m² au sol, hors complications (cloisons, étages, escaliers) ; pour exemple, en 2009, une fuste de plain-pied, d'une surface de 75 m2 au sol avec une loggia de 30 m2 (soit 105 m² habitables), sur un terrain de 2 000 m2 en Corrèze revenait à 110 000 euros, terrain compris.
Articles connexes [modifier]
Références [modifier]
- Jean-Pierre Oliva. L'isolation écologique. Terre vivante. Mens, 2001
Sources [modifier]
- La maison de bois rond, André Julien, Éditions de Mortagne, 1985, (ISBN 2-89074-198-2)
- L'art de la fuste, M-F et T. Houdart, Bois sacré, 1998, (ISBN 2-9509925-3-6)
- Building with logs, Bernard Allan Mackie, Firefly Books Ltd, 1997, (ISBN 1-55209-102-3)
- Hirsitalo, Risto Vuolle-Apiala, Rakennusalan Kustantajat RAK, 1996, (ISBN 952-9687-85-0)
- Hirsityöt, Risto Vuolle-Apiala, Gummerus Kirjapaino Oy, 1999, (ISBN 951-664-026-5)
Galerie de fustes [modifier]
Constructions en rondins empilés dans toutes sortes d'applications:
Technique de la fusterie [modifier]
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Angle de fuste assemblé à queue d'aronde
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Intérieur d'une fuste de la Prairie. Les joints sont calfeutrés selon la technique du bousillage