Lady Hamilton

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Lady Hamilton en Bacchante, par Élisabeth Vigée-Lebrun, Naples, 1790–1791

Emma Hamilton dite lady Hamilton, née Amy Lyons le 26 avril 1765 à Ness dans le Cheshire (Angleterre) et morte le 16 janvier 1815 à Calais (France), est connue pour avoir été la maîtresse de lord Horatio Nelson et le modèle du peintre George Romney.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Amy Lyons est la fille d'un forgeron, Henry Lyons, qui meurt alors qu'elle est âgée de deux mois. Sa mère, Mary Kidd, l'élève à Hawarden, mais sans éducation formelle.

À quinze ans, elle se rend à Londres où, d'abord grisette, elle finit par travailler dans une maison de prostitution. Sa beauté la fait remarquer par un baronnet qui la prend sous sa protection. Elle participe alors à des soirées polissonnes de l'aristocratie anglaise au cours desquelles on la fait par exemple monter sur une table habillée de fourrure, prenant des poses lascives. Une rumeur prétend qu'elle aurait eu une fille avec sir Harry Featherstonehaugh, Emma Carew, envoyée vivre avec sa grand-mère au pays de Galles où elle restera toute sa vie.

Elle fait alors la conquête de Charles Francis Greville, frère du deuxième comte de Warwick. Celui-ci, après lui avoir fait changer son nom en Emma Hart, la présente au portraitiste George Romney dont elle devient la muse pendant plus de 10 ans, lui servant de modèle pour une cinquantaine de portraits dans les costumes les plus divers : Cassandre, Circé, etc. C'est à son contact qu'elle apprendra l'art de prendre des poses, lui donnant un air de beauté grecque, art qui fera plus tard son succès et qui donnera naissance à l'expression « les attitudes d'Emma ».

Charles, comprenant rapidement tout le potentiel que cette jeune femme peut lui apporter en société, va organiser sa bonne éducation. Il lui fait ainsi suivre des cours de maintien, de chant, de langue anglaise soutenue. Emma est intelligente et apprend vite. Ses nombreuses lettres adressées à Greville montre la progression rapide de son style. Emma est à cette époque passionnément amoureuse de Greville comme en témoigne sa nombreuse correspondance enflammée. Cet homme l'a sortie de la misère, lui a donné une éducation et lui a fait une place dans la société. Toutefois, Greville ne partage pas ces sentiments. Les responsabilités familiales de Greville et ses nécessités financières le contraignant à un « bon » mariage, il sait en outre qu'il ne peut épouser Emma qui vient d'un milieu social trop modeste.

Bientôt, Emma est devenue une vraie femme du monde. Sa mère joue le rôle de gouvernante sous le nom de Ms Cadogan. L'oncle de Greville, le diplomate sir William Hamilton, ambassadeur d'Angleterre à la cour du roi de Naples, avait déjà fait la connaissance de Emma du temps où il était marié à sa première femme, Lady Hamilton. Mais cet homme bronzé, mince, élancé, d'une grande culture, passionné par l'archéologie était resté auprès de sa première épouse.

À la mort sans descendance de Lady Hamilton première du nom, Greville a l'idée d'envoyer Emma à Naples, sous prétexte de parfaire son éducation culturelle, mais pour la pousser en réalité dans les bras de son oncle. Ce dernier ne pouvant décemment épouser une telle femme, Greville sait que l'héritage de son oncle lui reviendra alors. Ayant obtenu l'assurance que Charles la rejoindrait dès qu'il le pourrait, Emma finit par partir.

Elle est alors reçue avec tous les honneurs par sir William qui a pris soin d'aménager spécialement pour elle une aile somptueuse dans sa villa de Naples. Ce dernier lui fait une cour assidue mais sans succès. Emma dans ses lettres adressées à Charles jure de ne jamais céder à ces avances et s'offusque des réponses de Greville qui lui conseille d'y céder. Elle finit par en devenir la maîtresse puis l'épouse le 6 septembre 1791 à St George's Hanover Square (Londres), devenant lady Emma Hamilton.

Contre toute attente, ce mariage est très bien accueilli par le milieu des diplomates napolitains puis par l'aristocratie anglaise. Sir William, ambassadeur doit demander l'agrément de la Reine pour ce mariage et c'est l'occasion d'un voyage en Angleterre. Emma est accueillie en vraie Lady et c'est pour elle un triomphe. Sur le chemin du retour vers Naples, le couple fait halte à Vincennes où il rencontre le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette qui sont alors en résidence surveillée. La Reine lui confie une lettre destinée à la reine de Naples, sa sœur. C'est ainsi qu'elle devient une amie proche de la reine Marie-Caroline d'Autriche, épouse de Ferdinand Ier de Naples.

Elle mène alors la vie mondaine et luxueuse de l'épouse d'un l'ambassadeur et elle fréquente assidûment la cour de Naples. Elle y fait la connaissance de sir Horatio Nelson en 1793, qui vient chercher des renforts pour contrer les Français qui ont commencé à envahir l'Italie du Nord. Il revient à Naples cinq ans plus tard en tant que légende vivante. Cependant, ses aventures l'ont prématurément vieilli : il a perdu un bras et la plupart de ses dents. Emma s'évanouit quand elle le voit. Elle l'héberge et le nourrit dans la maison de son mari, et organise une fête avec 1800 invités pour célébrer son quarantième anniversaire. Leur relation semble avoir été tolérée et peut-être même encouragée par le vieux sir William, qui avait une grande admiration et un grand respect pour Nelson. Cette relation fait toutefois scandale dans la bonne société anglaise.

Portrait d'Emma, Lady Hamilton, par George Romney (1785)

Emma enceinte revient s'installer dans une ferme Merton,dans le Norfolk offerte par son amant, Lord Nelson. Elle y donne naissance à Horatia Nelson le 3 janvier 1801. Sir William, fera son possible pour ignorer l'accouchement et l'enfant, toutefois lorsqu'il meurt en 1803, son testament désigne son neveu Charles Greville comme son unique héritier.

Emma ne s'en inquiète guère, tout à son amour pour Horatio Nelson. Ce dernier, pressé par Fanny, sa femme, à choisir entre ces deux femmes, décide de vivre avec Emma dans la petite maison de Merton.

Après la mort de Nelson en 1805 à la bataille de Trafalgar, Emma ne touche aucun héritage, le frère de Nelson s'étant arrangé pour détruire le codicille la favorisant. Si Fanny, la femme de Nelson, touchera une partie de l'héritage et Horatia, qui passe alors pour une filleule d' Horatio, touchera une somme modeste, c'est le frère d'Horatio qui est le légataire principal.

Emma se fait passer à cette époque pour la gouvernante de sa fille et ne lui dira jamais qui est sa mère. Sans héritage ni fortune, continuant pourtant de mener grand train, contrainte de vendre au fur et à mesure ses tableaux, son argenterie, ses meubles précieux, Emma s'endette lourdement en dix ans. Alcoolique, bouffie, souffrant d'une cirrhose du foie, elle est harcelée par ses créanciers. Sa correspondance entretenue avec Nelson, dont on ne sait si elle fut volée ou vendue par ses soins, est finalement publiée et fait scandale. Elle s'enfuit alors à Calais et y meurt d'insuffisance hépato-cellulaire à Calais en 1815. C'est M. Cadogan, fils d'un médecin dont le père a eu à son service la mère d'Emma , qui paye les 28 livres et 10 shilling destinés à régler les frais d'enterrement. Son corps ne sera jamais rapatrié en Angleterre comme elle en avait fait la demande.

Apparitions[modifier | modifier le code]

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Liste plus complète sur Internet Movie Database

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Rival, Feux changeants, 1946
  • Oliver Warner, Emma Hamilton and Sir William, 1960
  • Mollie Hardwick, Emma, Lady Hamilton, 1969
  • Paul Gordeaux, Lady Hamilton, coll. « Les Amours célèbres », Minerva, Genève, 1970
  • Norah Lofts, Emma Hamilton, 1978
  • Monique de Huertas, Lady Hamilton : Des bas-fonds de Londres aux palais de Naples, coll. « Les Grandes Dames de l´Histoire », éditions Pygmalion, 2001
  • Flora Fraser, Beloved Emma, 2003

-Gilbert Sinoué, 'l'Amabassadrice'2002 Louise-Élisabeth Vigée-Lebrun qui a peint plusieurs portraits de Lady Hamilton, l'évoque également dans son livre de Souvenirs, H. Fournier éditeur, Paris, 1835-1837, tome 2, p. 86-96 disponible sur Gallica.

Notes et références[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]

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