Donyale Luna

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Donyale Luna
Naissance 1er janvier 1945
Détroit (Michigan)
Décès 17 mai 1979 (à 34 ans)
Rome (Italie)
Physique
Cheveux Noirs
Yeux Bleus
Taille 1,88 m

Donyale Luna, nom de scène de Peggy Ann Freeman, née le 1er janvier 1945 à Détroit (Michigan) et morte le 17 mai 1979 à Rome (Italie), est un mannequin américain. Elle est également apparue dans plusieurs films : Camp d'Andy Warhol, Qui êtes-vous, Polly Maggoo ? de William Klein, comme compagne de Groucho Marx dans Skidoo d'Otto Preminger, ses rôles notables étant ceux d'Œnothée dans le Satyricon de Federico Fellini et du rôle-titre Salomé du réalisateur Carmelo Bene.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et enfance[modifier | modifier le code]

Donyale Luna naît à Détroit (Michigan)[1]. Elle a fait partie de la prestigieuse Cass Technical High School[2]. Ses parents étaient Peggy et Nathaniel Freeman. Sa mère tua son père, qui abusait d'elle, quand Donyale avait 18 ans. Sa mère voulait qu'elle devienne infirmière.

En dépit de la parenté indiquée sur son acte de naissance, elle insiste sur le fait que son père biologique était un homme dont le nom de famille était Luna, et que sa mère avait des origines indigènes mexicaines et afro-égyptiennes. Selon le mannequin, l'une de ses grands-mères aurait été une ancienne actrice irlandaise mariée à un décorateur d'intérieur noir. Rien ne prouve la véracité, comme l'invention, de ces faits. Au milieu des années 1960, une relation décrit Luna comme ayant été « une enfant étrange, même depuis la naissance, vivant dans un monde merveilleux, un rêve[3]. »

Carrière de mannequin[modifier | modifier le code]

Après avoir été découverte par le photographe David McCabe, elle déménage de Détroit à New York pour entamer une carrière de top modèle. En janvier 1965, une photo de Luna paraît sur la couverture de Harper's Bazaar[3],[4]. Elle devient la première mannequin afro-américaine à faire la couverture de Vogue, l'édition anglaise de mars 1966[5],[6], photo prise par le photographe anglais David Bailey.

En accord avec The New York Times, elle est sous contrat exclusif avec le photographe Richard Avedon pour une durée d'un an au début de sa carrière[3].

Un article dans le Time publié le 1er avril 1966, The Luna Year, la décrit comme « le nouveau corps céleste qui, grâce à sa singularité, promet de rester au top pendant bon nombre de saisons. Donyale Luna, comme elle s'appelle elle-même, est incontestablement le modèle le plus sexy du moment en Europe. Elle a seulement 20 ans, noire, originaire de Détroit et c'est impossible de la louper si vous lisez Harpers's Bazaar, Paris Match, le Queen anglais, les Vogue anglais, français ou américain[4]. »

En 1967, la fabrique de mannequins Adel Rootstein crée un mannequin à l'image de Luna.

Luna apparaît nue sur une photo dans l'édition d'avril 1975 du magazine Playboy. Le photographe est Luigi Cazzaniga.

Carrière d'actrice[modifier | modifier le code]

De la fin des années 1960 jusqu'au début des années 1970, Luna joue dans plusieurs films.

Elle apparaît notamment dans des films d'Andy Warhol, incluant Screen Test : Donyale Luna (1964), pour lequel le critique Wayne Koestenbaum décrit Luna comme « une pure diva, présentant un délicieux excès de maniérisme[7] », et Donyale Luna (1967), un film de 33 minutes dans lequel le mannequin interprète Blanche-Neige.

Dans le Satyricon de Federico Fellini (1969), elle interprète la magicienne Œnothée qui, selon un commentaire, « ayant berné un sorcier amoureux d'elle, celui-ci, pour se venger, met le feu entre ses cuisses. Et c'est un vrai feu, car Fellini nous montre une scène dans laquelle des paysans munis de torches éteintes sont dans une file d'attente au pied du lit d'Œnothée. Quand leur tour vient, ils placent dévotement leur torche entre ses cuisses (sur son bas-ventre), et, poof, leur torche prend feu[8] ».

Luna apparaît également dans The Rolling Stones Rock and Roll Circus, puis dans la comédie d'Otto Preminger, Skidoo (dans lequel elle joue la maîtresse du grand truand « Dieu », interprété par Groucho Marx), et dans le documentaire anglais Tonite Let's All Make Love in London[9].

Luna interprète le personnage principal dans le film italien de 1972 Salomé du réalisateur Carmelo Bene.

Question d'identité raciale[modifier | modifier le code]

D'après la journaliste Judy Stone, qui établit un profil de Luna dans The New York Times en 1968, le mannequin est « secrète, mystérieuse, contradictoire, évasive, d'humeur changeante, et insistante sur sa lignée multiraciale — exotique, un brin caméléon entre indigène-mexicaine, indonésienne, irlandaise et la dernière, mais pas des moindres, africaine. » Un magazine londonien la salue comme « la totale nouvelle image de la femme noire. La mode se retrouve dans une position instrumentale pour changer l'histoire, cependant légèrement, car ceci est sur le point de révéler au grand jour la vénération, l'adoration, l'idolâtre pour les Noirs[3]... »

Quand Stone lui demande si ses apparitions dans des films hollywoodiens a joué en la faveur des actrices noires, Luna répond, « si cela créé des emplois pour les mexicains, asiatiques, indiens d'Amérique, africains, tant mieux. Ça peut être bénéfique, ça peut être mauvais. Ça ne pourrait pas m'être plus égal[3],[5]. »

Vie privée[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1960, Luna est mariée a un acteur pendant 10 mois[4]. Plus tard, elle aurait été fiancée à l'acteur autrichien Maximilian Schell, à un photographe danois, et à Georg Willing, un acteur allemand qui apparaît dans des films européens d'horreur (tel que Necropolis, 1970)[3].

Aux alentours de 1969, Luna entame une relation amoureuse avec l'acteur allemand Klaus Kinski. Ils posent ensemble pour de nombreux photographes. Sa relation avec Kinski prend fin lorsqu'il demande à son entourage de quitter sa maison de Rome : il avait peur que leur consommation de drogue nuise à sa carrière[10].

Luna épouse le photographe italien Luigi Cazzaniga[11]. En 1977, ils ont une fille : Dream Cazzaniga.

Usage de la drogue et décès[modifier | modifier le code]

Vers la fin des années 1960, dans une interview, Luna exprime sa dépendance au LSD : « Je pense que c'est génial. J'ai appris que j'aimais vivre, j'aime faire l'amour, j'aime vraiment quelqu'un, j'aime les fleurs, j'aime le ciel, j'aime les couleurs lumineuses, j'aime les animaux. Le LSD m'a montré aussi des choses malheureuses — que j'étais obstinée, égoïste, déraisonnable, je veux dire que je pouvais être nuisible aux autres. »

Luna meurt accidentellement après une overdose de drogue dans une clinique de Rome (Italie)[12].

Témoignages[modifier | modifier le code]

« Donyale Luna était une actrice, mais aussi l’un des mannequins les plus en vue de l’époque[13] : afro-américaine, incroyablement grande et longiligne[14], avec de magnifiques yeux bleus, elle venait juste de tourner avec Fellini dans Satyricon, où elle joue le rôle d’Œnothée. »Valérie Lagrange[15]

Films et apparitions télévisées[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. While some sources give her birth name as Peggy Anne Donyale Aragonea Pegeon Freeman, the name on her birth certificate is Peggy Ann Freeman.
  2. Parade - The Modesto Bee, 8 January 1967
  3. a, b, c, d, e et f Judy Stone, "Luna, Who Dreamed of Being Snow White", The New York Times, 19 May 1968.
  4. a, b et c (en) « Fashion: The Luna Year », Time,‎ 1 April 1966 (lire en ligne)
  5. a et b Iconic Cover Girls - Coco & Creme
  6. 230 British Vogue Covers – History of Fashion in Pictures … - All Women Stalk
  7. (en) Wayne Koestenbaum, « "Andy Warhol: Screen Tests": Moma Qns, New York - Critical Essay », ArtForum,‎ 2003 (lire en ligne)
  8. David R. Ignatius, "The Moviegoer: Fellini Satyricon at the Cheri 3", The Harvard Crimson, 6 April 1970
  9. The role of God's mistress was originally written for Faye Dunaway.
  10. Christian David: Kinski: Die Biographie. Aufbau Verlag, Berlin 2006, p. 194-195.
  11. Luigi Cazzaniga:::Photographer
  12. "Donyale Luna", The New York Times, 22 May 1979, page C16.
  13. Fin des années 1960-début des années 1970.
  14. Elle mesurait 1,88 m
  15. Extrait de son autobiographie Mémoires d'un temps où l'on s'aimait, Éditions Le Pré aux clercs, Paris, 2005 (ISBN 2-8422-8207-8)

Lien externe[modifier | modifier le code]