Conclave de 1903

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Conclave de 1903
Armoiries pontificales de Pie X.
Dates et lieu
Début du conclave 1er août 1903
Fin du conclave 4 août 1903
Lieu du vote Chapelle Sixtine
Vatican
Élection
Nombre de cardinaux 64
Nombre de votants 62
Nombre de tours 7
Personnages clefs
Camerlingue Luigi Oreglia di Santo Stefano
Doyen Luigi Oreglia di Santo Stefano
Cardinal protodiacre Luigi Macchi
Pape élu
Nom du cardinal élu Giuseppe Sarto
Nom de pape Pie X
Listes des papes : chronologie · alphabétique
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Le conclave de 1903 a élu le pape Pie X pour succéder à Léon XIII.

Un favori contesté[modifier | modifier le code]

Le Sacré Collège qui se réunit au conclave a été entièrement nommé par Léon XIII, dont le pontificat a duré 25 ans, à la seule exception du cardinal Oreglia, créé cardinal par Pie IX. Léon XIII avait cependant pris soin de maintenir l'équilibre entre le courant conservateur et le courant libéral. Le cardinal Rampolla, secrétaire d'État, fait alors figure de favori et représente la poursuite de la politique du pape défunt, avec le soutien du courant libéral. Le courant conservateur, quant à lui, réuni autour du cardinal Oreglia, souhaite une remise en cause de cette politique jugée trop proche du modernisme. L'importance de cette opposition se manifeste lors de la mort brutale de Mgr Volpini, secrétaire du Sacré Collège, qui aurait dû être le secrétaire du conclave. Les cardinaux doivent alors élire son successeur, et le cardinal Rampolla se prononce pour Giacomo Della Chiesa, futur Benoît XV. Mais c'est Merry Del Val qui l'emporte, porté par les partisans d'une rupture conservatrice avec le pontificat de Léon XIII, ce qui augure une élection plus difficile pour Rampolla.

À noter que le doyen du Collège des cardinaux interdit, lors de ce conclave, la procédure de vote par accessus, en usage depuis le XVe siècle.

La dernière "exclusive" de l'histoire[modifier | modifier le code]

Au cours du conclave, le cardinal Puzyna, archevêque de Cracovie, fait connaître le véto de François-Joseph, empereur d'Autriche-Hongrie, détenteur d'un droit d'exclusive, à une éventuelle élection du cardinal Rampolla, jugé progressiste et proche de la France. Cette méfiance est également partagée par l'empereur d'Allemagne, Guillaume II[1],[2]. L'archevêque de Cracovie reçoit d'ailleurs l'appui de Georg von Kopp, prince-évêque de Breslau et proche de Guillaume II[3].

Cette déclaration est mal reçue par les cardinaux, et n'empêche pas Rampolla d'arriver en tête des suffrages, lors des premiers tours, face au cardinal Gotti, qui représente le courant conservateur. Mais il peine à rassembler plus de la moitié des voix, alors qu'il faut atteindre les deux tiers. Les cardinaux français, qui craignent l'élection d'un pape conservateur et hostile à la France, lui demandent alors de se prononcer en faveur d'un autre candidat permettant un compromis. Devant son refus de céder à la pression politique, les deux partis campent sur leurs positions.

De son côté, le discret cardinal Sarto, qui était parvenu au patriarcat de Venise avec l'appui autrichien, reçoit des voix dès le 1er tour de scrutin. Il dissuade plusieurs fois les cardinaux de voter pour lui, mais tout le camp anti-Rampolla finit par se reporter sur lui, ainsi qu'un certain nombre de cardinaux français. Il accepte son élection le 4 août, après avoir obtenu 50 voix contre 10 à Rampolla.

Il choisit le nom de Pie, en souvenir des papes du XIXe siècle qui ont « courageusement lutté contre les sectes et les erreurs pullulantes, » et remplace à la secrétairerie d'État Rampolla par Merry Del Val. Il est couronné le 9 août.

L'une des premières décisions de Saint Pie X est d'abolir la pratique de l'exclusive dans la constitution apostolique Commissum nobis.

Participants[modifier | modifier le code]

  • Retardataires: Aucun.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John K. Zeender, « The German Center Party, 1890-1906 », Transactions of the American Philosophical Society, nouvelle série, vol. 66, no1 (1976), p. 25 [1-125].
  2. Lettre de Paul Cambon, ambassadeur à Constantinople, au ministre des Affaires étrangères, 26 octobre 1898. Cité par Zeender, p. 25.
  3. Zeender, p. 94.