Communes du Sénégal

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Politique au Sénégal
Image illustrative de l'article Communes du Sénégal

Les communes du Sénégal sont des collectivités locales du Sénégal, au même titre que les communes d'arrondissement, les régions et les communautés rurales – contrairement aux villages, aux arrondissements et aux départements qui sont des circonscriptions administratives.

Au Sénégal les premières communes ont été créées à la fin du XIXe siècle par l'administration coloniale, notamment celles désignées par l'appellation « Quatre communes » – c'est-à-dire Saint-Louis, Gorée, Dakar et Rufisque. Par la suite, leur statut a subi une série de modifications et leur nombre n'a cessé de croître. Il y en avait 34 à la veille de l'indépendance, il y en a 113 depuis 2008.

Elles sont aujourd'hui administrées par un maire élu, assisté d'un Conseil municipal également élu. Leur mandat est de cinq ans.

Les dernières élections municipales ont eu lieu le 29 juin 2014 et consacrent l´entrée en vigueur de l´Acte III de la decentralisation. Les conseils regionaux disparaissent et se mettent en place des conseils départementaux. Toutes les anciennes communautés rurales sont devenues communes, d´où l´appellation de « communalisation intègrale ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Les communes de Saint-Louis et Gorée sont créées le 10 août 1872. Puis c'est au tour de Rufisque et de Dakar, respectivement créées en 1880 et 1887. Les habitants de ces Quatre communes bénéficient d'un statut privilégié. Ces premières communes, dites « de plein exercice », s'inspirent directement du modèle de la commune française.

Cependant d'autres villes, telles que Thiès, Kaolack et Ziguinchor, prennent une importance croissante tant du fait de leur essor démographique – elles sont plus peuplées que Gorée ou Rufisque – que de leur intérêt économique[1]. Un décret de 1891 ouvre la possibilité de les promouvoir au rang de « communes mixtes », par différence avec les « communes de plein exercice ». Sont ainsi créées[2] Thiès, Louga et Tivaouane (1904) ; Ziguinchor (1907) ; Mekhe (1911) ; Fatick, Foundiougne et Kaolack (1917) ; Diourbel (1918) ; Kébémer et Khombole (1925) ; Bambey, Mbour et Gossas (1926). Dans un premier temps seules les villes situées dans la région côtière peuvent devenir communes mixtes, mais ces dispositions sont étendues à l'ensemble des colonies de l'AOF en 1929. Ces communes sont dotées d'un administrateur-maire et d'une Commission municipale – et non d'un Conseil municipal – dont les membres étaient nommés par le Gouverneur jusqu'en 1939. Ils sont élus à partir de cette date. Une nouvelle vague de créations intervient en 1952 avec Kolda, Mbacké, Guinguinéo, Tambacounda, Matam et Podor[3].

La loi du 18 novembre 1955 portant réorganisation municipale en AOF marque une étape décisive dans le processus de décentralisation : elle réorganise les quatre premières communes, institue des « communes de moyen exercice », dont le maire est un fonctionnaire nommé et le Conseil municipal élu, et érige d'autres localités en communes de plein exercice.

Au moment de l'indépendance en 1960, le Sénégal compte 34 communes, toutes de plein exercice. En 1961, Gorée ayant été rattachée à Dakar, il n'y en a plus que 33.

La loi no 66-64 du 30 juin 1966 définit le Code de l'administration communale et, dans son article 3, stipule que constitue une commune toute localité dont la population est au moins égale à 1 000 habitants et ayant atteint un niveau de développement lui permettant d'avoir des ressources propres à l'équilibre de son budget[4]. Les communes sont considérées comme des personnes morales de droit public. À cette date, les 33 communes sont, dans l'ordre alphabétique, Bakel, Bambey, Bignona, Dagana, Dakar, Diourbel, Fatick, Foundiougne, Gossas, Guinguinéo, Joal-Fadiouth, Kaolack, Kaffrine, Kébémer, Kédougou, Khombole, Kolda, Linguère, Louga, Matam, Mbacké, Mbour, Meckhé, Nioro du Rip, Oussouye, Podor, Saint-Louis, Sédhiou, Tambacounda, Thiès, Tivaouane, Vélingara et Ziguinchor.

En 1983 le décret no 83-1128 crée trois communes à la place de l'ancienne commune de Dakar : Dakar, Pikine et Rufisque. En 1990, par le décret no 90-1134 du 8 octobre 1990, Guédiawaye et Bargny sont détachées de Pikine et Rufisque et érigées en communes. Le décret no 90-1135 du 8 octobre 1990 porte création de 9 communes : Dahra, Koungheul, Ourossogui, Ndioum, Thionck-Essyl, Goudomp, Marsassoum, Diofior et Pout.

La loi no 96-752 du 5 septembre 1996 crée 12 communes supplémentaires : Kahone, Passy, Gandiaye, Ndoffane Laghème, Thilogne, Waoundé, Kanel, Golléré, Semmé, Nguékhokh, Thiadiaye et Sébikotane.

Le décret no 2002-171 du 21 février 2002 procède à 7 nouvelles créations (Diamniadio, Mboro, Kayar, Ranérou, Rosso, Diawara et Niandane), portant ainsi à 67 le nombre de communes urbaines.

Le décret no 2008-748 du 10 juillet 2008[5] accroît de manière significative le nombre de communes – désormais 108 – avec 41 créations : Karang Poste, Soum, Nganda, Birkelane, Malem Hodar, Keur Madiabel, Saraya, Salemata, Médina Yoro Foulah, Pata, Dabo, Salikégné, Saré Yoba Diéga, Kounkané, Diaobé-Kabendou, Guéoul, Sinthiou Bamambé-Banadji, Dembancané, Hamady Hounaré, Mpal, Ross Béthio, Gaé, Mboumba, Guédé Chantier, Démette, Galoya Toucouleur, Diannah Malary, Samine, Tanaff, Diattacounda, Bounkiling, Madina Wandifa, Kidira, Goudiry, Kothiary, Koumpentoum, Saly Portudal, Ngaparou, Somone, Popenguine et Diouloulou.

Six mois plus tard, le 31 décembre 2008, soit quelques semaines avant les élections locales du 22 mars 2009, la communalisation de cinq nouvelles localités est décrétée, compte tenu de leurs potentialités économiques, de leur position géographique et de leur taille démographique[6], l'une dans le département de Koumpentoum, Malem Niani, et les quatre autres dans le département de Podor : Aéré Lao, Pété, Walaldé et Bodé Lao.

Depuis cette date, le Sénégal compte 113 communes dites « communes de ville », auxquelles s'ajoutent 46 communes d'arrondissement pour les très grandes villes.

Organisation[modifier | modifier le code]

Liste des communes du Sénégal[modifier | modifier le code]

La liste ci-dessous est celle qui était en vigueur lors des élections municipales du 22 mars 2009.

Région de Dakar[modifier | modifier le code]

Région de Diourbel[modifier | modifier le code]

Région de Fatick[modifier | modifier le code]

Région de Kaffrine[modifier | modifier le code]

Région de Kaolack[modifier | modifier le code]

Région de Kédougou[modifier | modifier le code]

Région de Kolda[modifier | modifier le code]

Région de Louga[modifier | modifier le code]

Région de Matam[modifier | modifier le code]

Région de Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Région de Sédhiou[modifier | modifier le code]

Région de Tambacounda[modifier | modifier le code]

Région de Thiès[modifier | modifier le code]

Région de Ziguinchor[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gerti Hesseling, Histoire politique du Sénégal : institutions, droit et société (traduction Catherine Miginiac), Karthala, 2000, p. 146(ISBN 2865371182)
  2. Régine Bonnardel, Saint-Louis du Sénégal : mort ou naissance ?, L'Harmattan, Paris, 1992, p. 136 (ISBN 2-7384-0781-1)
  3. R. Bonnardel, op. cit., p. 136
  4. Organisation administrative et territoriale du Sénégal de 1960 à nos jours [1]
  5. Décret no 2008-748 du 10 juillet 2008 portant création de communes dans les régions de Fatick, Kaffrine, Kaolack, Kédougou, Kolda, Louga, Matam, Saint-Louis, Sédhiou, Tambacounda, Thiès et Ziguinchor, Journal officiel de la République du Sénégal, no 6446 du 31 décembre 2008
  6. Décret no 2008-1496 du 31 décembre 2008, Journal officiel de la République du Sénégal, no 6446 du 31 décembre 2008

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

.Barka Cissé, Doctorant en Géographie, Spécialité Aménagiste- Urbaniste, travaillant sur les problématiques d'Aménagement numérique

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • (en) G. Wesley Johnson, The emergence of black politics in Senegal : the struggle for power in the four communes, 1900-1920, Stanford, Stanford University Press, 1971, 260 p. (ISBN 0804707839)
  • (fr) Élections municipales : recueil des textes applicables au 15 octobre 1956, Saint-Louis, 1957, 98 p.
  • (fr) Marie-Claire Bouat et Jean-Louis Fouilland, Les finances publiques des communes et des communautés rurales au Sénégal, Dakar, Éditions Clairafrique, 1983, 271 p.
  • (fr) Ibrahima Diallo, Le droit des collectivités locales au Sénégal, Paris, L'Harmattan, 2007, 380 p. (ISBN 978-2-296-03770-0)
  • (fr) Djibril Diop, Décentralisation et gouvernance locale au Sénégal. Quelle pertinence pour le développement local ?, Paris, L'Harmattan, 2006, 268 p. (ISBN 2-296-00862-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Mamadou Diouf, « L'idée communale en Afrique », Politique africaine, 1999, n° 74
  • (fr) Henri Jacques Légier, « Institutions municipales et politique coloniale : les communes du Sénégal », Revue française d’histoire d’Outre-Mer, 1968, tome 55. n° 201, p. 414-464
  • (fr) L'aménagement du territoire (Mamadou DJIGO - AfricADT) (articles): http://www.africadt.com
  • (fr) Mamadou DJIGO, ingénieur en aménagement du territoire, spécialiste de l'action territoriale, Directeur de AfricADT: http://www.djigom.com (Sénégal : Un territoire à aménager)

Liens externes[modifier | modifier le code]