Le Viager

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Viager.

Le Viager

Réalisation Pierre Tchernia
Scénario Pierre Tchernia et René Goscinny
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Comédie
Sortie 1972
Durée 98 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Viager est un film français, sorti sur les écrans en 1972 et réalisé par Pierre Tchernia, co-auteur du scénario avec René Goscinny.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1930 à Paris, Léon Galipeau, médecin généraliste à la compétence discutable, ausculte Louis Martinet, célibataire de 59 ans. Persuadé que son patient, usé, n'a que deux ans tout au plus à vivre, Galipeau convainc son frère Émile d'acquérir en viager la maison de campagne qu'a Martinet dans un petit village de pêcheurs inconnu : Saint-Tropez. Confiants dans leur affaire, les deux frères acceptent même d'indexer la rente viagère sur le cours d'une valeur, pensent-ils, sans avenir : l'aluminium.

Alors que les années passent, non seulement Martinet garde bon pied bon œil mais encore reprend-il vigueur et entrain sous le soleil provençal.

C'est l'époque de l'essor des aéroplanes : l'aluminium grimpe, la rente viagère augmente sans fin et la famille Galipeau s'impatiente. Lassée d'attendre le trépas de Martinet, elle échafaude des plans pour se débarrasser de l'encombrant crédirentier. Hélas, les événements aidant (Seconde Guerre mondiale, Exode, Occupation allemande, puis épuration), les essais des Galipeau d'éliminer l'innocent Martinet se retournent invariablement contre eux. Un à un, les Galipeau meurent sous le regard toujours candide du vaillant retraité.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

L'élimination des Galipeau[modifier | modifier le code]

1937 : le père d'Elvire meurt quelques mois après que Léon, le beau-frère de sa fille (le docteur Léon Galipeau), a affirmé qu'il avait une santé de fer.

1949 : Marguerite Galipeau meurt d'un infarctus après que la famille a voulu faire subir ce sort à Martinet en lui faisant découvrir la vie parisienne...

1950 : Émile Galipeau meurt noyé après que son pédalo a été tamponné par celui de Bucigny-Dumaine, qui voulait l'embrocher avec sa hallebarde. Avant de mourir, Émile a eu le temps d'abattre son agresseur au révolver. Émile venait pour tuer Martinet et voulait l'entraîner au large pour que la mer Méditerranée ne rende pas le cadavre.

1971 : La mère d'Elvire meurt de vieillesse. Léon Galipeau scie la rambarde de la fenêtre de Martinet pour lui faire faire une chute mortelle... mais c'est Elvire qui tombe ! Peu après, Léon Galipeau meurt d'une crise cardiaque le jour de l'acquittement de son neveu Noël devenu voyou (mort que connaît également l'avocat de Noël, Maître Vierzon, pratiquement au même moment). Noël Galipeau meurt dans l'explosion de la vieille voiture de Jo, son allume-cigare défectueux ayant mis en route les feux d'artifice que Noël voulait activer afin de distraire Martinet, afin de laisser le temps à Jo et à son complice de l'abattre.

Répliques[modifier | modifier le code]

  • Léon Galipeau : « Faites-moi confiance ! » (phrase fétiche de Léon, qui se trompe toujours)
  • Marguerite Galipeau (chaque Noël depuis 1930) : « Je vous ai apporté du boudin blanc ! » Emile Galipeau répond en général « Oh, quelle bonne surprise ! »
  • Marguerite Galipeau à Noël 1943 : « Je vous ai apporté UN boudin blanc ! »
  • Maître Vierzon : « En ce temps-là, Cicéron disait à ses disciples dans une épître bien connue... »
  • Léon Galipeau à la domestique bretonne en 1938 : « Tiens, tu es encore là, toi ? Ça va faire deux ans, hein... Deux ans de suite...» (quelques instants plus tard, bruit de vaisselle cassée en cuisine) – Elvire Galipeau : « Bon, et ben, vous ne la reverrez pas l'année prochaine ! » (Tout au long des années 1930, on constate que les Galipeau changent de bonne chaque année)
  • Elvire Galipeau à son beau-frère, Noël 1939 : « On devrait vendre la France en viager aux Allemands. On serait tranquille avec vous ! »
  • Marguerite Galipeau (dormant à la belle étoile en 1940) : « Oh, une étoile filante, il faut faire un vœu » – Elvire Galipeau (regardant haineusement Martinet) : « C'est fait ! »
  • Marguerite Galipeau (portant un toast) : « À votre bonne santé, M. Martinet ! » (airs furibonds de sa famille, on entend une mouche voler) et, quelques instants plus tard : « Vous nous enterrerez tous ! »
  • Léon Galipeau le jour de Noël 1933 : « Vous avez lu les journaux ? Ils me font bien rire... Qu'est-ce que c'est, Hitler ? C'est un petit peintre en bâtiment ! Il ne fait pas le poids devant Hindenburg, petit caporal... Qu'est-ce que c'est le nazisme ? C'est un feu de paille ! Faites-moi confiance ! »
  • Noël Galipeau (furieux, à Jo) : « Ne m'appelle plus "môme", je viens d'avoir 40 ans, et le viager aussi a 40 ans ! Tandis que le vieux, il vient d'en avoir 100. Et demain il en aura 110, 120, 150 ! »
  • Louis Martinet : « Ton oncle ne laisse que des regrets ! » – Noël Galipeau : « C'est à peu près tout ce qu'il laisse... »
  • Noël Galipeau à 5 ans (chantant) : « As-tu vu le Négus sur la route de Djibouti qui grattait les puces à Mussolini... »
  • Léon Galipeau : « Mais vous allez voir ce que vous allez voir ! L'année prochaine, on-va-rire ! » (et au printemps de l'année suivante, la Wehrmacht et la Luftwaffe déferlent sur la moitié nord de la France)
  • Général britannique : « We will land at Saint-Tropez » – officier britannique : « Saint what ? »
  • Louis Martinet : « Un petit village de pêcheurs tranquille, Saint-Tropez » Léon Galipeau « Saint quoi ? »
  • Marguerite Galipeau : « Tu me fais danser, Léon ? » – Léon Galipeau : « Non ! »
  • Maître d'école : « Guerre dé 100 ans... Ach ! Gross malheur ! »
  • Bucigny-Dumaine : Arrêté à la Libération, il est interrogé par le chef des résistants « Tu vas me dire que tu jouais le double jeu ? », il répond « Jawohl, mein Herr... euh, je veux dire, certainement, Monsieur ! »
  • Un gangster joué par Gérard Depardieu : « Tes pétards, l'a fallu qu'on aille les acheter à Toulon... y a de quoi saborder la flotte !! »
  • Louis Martinet (tenant son chien dans les bras et voyant le feu d'artifice qui tue accidentellement le dernier Galipeau) : « Tu vois Kiki, c'était le bouquet ! »

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Pour interpréter le personnage de Martinet, Michel Serrault a demandé à porter un faux nez.
  • Il s'agit du dernier long métrage tourné par Noël Roquevert, mort en 1973.
  • Après la scène où l'on voit les actualités ciné, le projectionniste demande au facteur où est Martinet. On aperçoit alors la mystérieuse affiche d'un film intitulé Ah ! Si j'étais restée pucelle. On voit aussi d'autres affiches de films, comme Fabiola, Le Castillan et Monsieur Vincent.
  • Quand on veut montrer que l'officier de marine a commis « une petite erreur », on lui montre un journal avec un navire en train de couler. Il s'agit en réalité de La Bourrasque, coulée lors de la débâcle de Dunkerque.
  • Les drapeaux américains, au 15 août 1944, arborent 50 étoiles. Hors en 1944 il n'y en avait que 48 car Hawaï et l'Alaska n'ont rejoint l'union qu'en 1949.
  • Le générique précise que la scène de l'explication du viager par des dessins enfantins est signée « du petit Gotlib ». Il la reprendra avec Goscinny dans les planches de Trucs-en-vrac, en inversé.
  • Première réalisation au cinéma de Pierre Tchernia, Le Viager rencontra un succès public, attirant 2 191 183 spectateurs.
  • La fiction se trouvera dépassée par la réalité des années plus tard, avec la longévité exceptionnelle de Jeanne Calment, qui avait elle aussi vendu sa maison en viager (non à son médecin, mais à son notaire) à l'âge de 90 ans, soit 32 ans avant sa mort. Comme Martinet, Jeanne Calment a survécu à son débiteur.
  • Le film Un éléphant ça trompe énormément (1976) réalisé par Yves Robert, pourrait être perçu comme un clin d'œil à la chanson homonyme chantée par les boy-scouts belges dans Le Viager, au moment où le capitaine Bucigny-Dumaine (incarné justement par Yves Robert) doit arrêter Martinet.

Liens externes[modifier | modifier le code]