Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
Image illustrative de l'article Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux
La centrale nucléaire de Saint-Laurent
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Centre
Département Loir-et-Cher
Commune Saint-Laurent-Nouan
Coordonnées 47° 43′ 26″ N 1° 35′ 01″ E / 47.723981601269, 1.583490371704147° 43′ 26″ Nord 1° 35′ 01″ Est / 47.723981601269, 1.5834903717041  
Opérateur Électricité de France
Année de construction 1963
Date de mise en service 24 mars 1969
Direction Patrice Dejou
Réacteurs
Fournisseurs Areva NP, Alstom
Type REP
Réacteurs actifs 2 x 900 MW
Puissance nominale 1800 MW
Production d’électricité
Production annuelle d'électricité 12 918 GWh (année 2006) 12 300 GWh (année 2007)
Production moyenne 12 210 GWh (sur 5 dernières années)
Production totale 363 TWh[Quand ?]
Divers
Source froide Loire
Site web EDF : Saint-Laurent

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux

La centrale nucléaire de Saint-Laurent se situe sur la commune de Saint-Laurent-Nouan dans le Loir-et-Cher en bord de Loire, entre Orléans (30 km en amont) et Blois (28 km en aval).

Présentation[modifier | modifier le code]

Cette centrale nucléaire comprend les deux réacteurs nucléaires à eau pressurisée (REP), B1 et B2, qui sont en fonctionnement commercial depuis 1983. Ils ont une puissance unitaire de 900 MW. Les deux tours de refroidissement en font partie[1].

Le site contient également les deux anciens réacteurs nucléaires A1 et A2 de la filière graphite-gaz (UNGG) en phase de déconstruction et les deux silos d'entreposage associés. Ces deux réacteurs avaient été respectivement mis en service en 1969 et 1971[2], ils ont été arrêtés en avril 1990[3] et mai 1992[4].

Environ 780 [5] personnes travaillent à la centrale de Saint-Laurent.

Caractéristiques des réacteurs[modifier | modifier le code]

Les caractéristiques des réacteurs en service sont les suivantes[6].

Nom du réacteur Modèle Capacité [MW] Exploitant Constructeur Début constr. Raccord. au réseau Mise en service comm.
Thermique (MWt) brute (MWe) Nette (MWe)
St-Laurent-B-1[7] CP2 2785 956 915 EDF Framatome mai 1976 janvier 1981 août 1983
St-Laurent-B-2[8] CP2 2785 956 915 EDF Framatome juillet 1976 juin 1981 août 1983

Rejets chimiques[modifier | modifier le code]

Le 18 mai 2010, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a adopté 2 décisions relatives aux prélèvements d’eau et aux rejets d’effluents du site. Ces décisions encadrent les rejets chimiques et gazeux du site ainsi que la surveillance de l'environnement devant être réalisée par l'exploitant[9].

Déchets nucléaires[modifier | modifier le code]

Le site comprend deux silos dans lesquels ont été stockées en vrac près de 2 000 tonnes de chemises graphites hautement radioactives issues du cœur des deux réacteurs en cours de démantèlement. Dans son rapport de février 2005[10] l'Association nationale des commissions locales d'information (CLI), estimait que ce stockage ne répond pas aux critères actuels de sûreté[11].

Accidents nucléaires[modifier | modifier le code]

Fusion partielle du réacteur A1 (UNGG) en 1969[modifier | modifier le code]

Le 17 octobre 1969, une mauvaise manipulation lors du chargement du cœur sur le réacteur graphite-gaz no 1 entraîne la fusion de 50 kg de dioxyde d'uranium. À l'époque, aucune information n'a été révélée à la population, cet accident nucléaire étant qualifié d'incident par EDF car il n'a pas entraîné de dommages vis-à-vis des personnes extérieures au site, des biens ou de l’environnement extérieurs au site. L'accident a été porté ultérieurement au niveau 4 de l'échelle INES[12].

Fusion partielle du réacteur A2 (UNGG) en 1980[modifier | modifier le code]

Le 13 mars 1980, un accident conduisit à la fusion de 20 kg de dioxyde d'uranium du réacteur graphite-gaz no 2. Gravement endommagé, le réacteur fut indisponible pendant trois ans et demi environ. Cet accident nucléaire, porté au niveau 4 de l'échelle INES, est le plus grave jamais répertorié sur un réacteur en France[12].

Par la suite, une campagne de prélèvements de sédiments en Loire conduite par un laboratoire universitaire a établi la présence de traces de plutonium depuis Saint-Laurent jusqu’à l’estuaire, dont l’origine est à imputer soit à l’accident de 1980, soit à celui de 1969[13].

Incidents[modifier | modifier le code]

Centrale A[modifier | modifier le code]

Le matin du 12 janvier 1987, vers h 30, par suite du gel exceptionnel de la Loire, la glace obstrue les prises d'eau de la centrale A1 (UNGG) et entraine la perte du refroisissement normal de celle-ci, ce qui provoque l'arrêt automatique du réacteur graphite-gaz. Le système de refroidissement à l'arrêt, nécessaire pour évacuer la puissance résiduelle, est alors alimenté par le réseau électrique de l'Ouest de la France car les diesels qui auraient dû alimenter ce système ne fonctionnent pas. Ils ont pu être remis en service avant l'effondrement du réseau qui a eu lieu vers midi à la suite d'une panne de la centrale thermique de Cordemais[14]. La glace qui obstruait les prises d'eau a ensuite été brisée par des explosifs mis en place par l'armée française[15].

Centrale B[modifier | modifier le code]

Le 12 mai 2004, du sodium radioactif a été rejeté dans l'atmosphère lors d'un test d'étanchéité de nouveaux générateurs de vapeur d'un des réacteurs. L'incident, qui a entraîné l'arrêt automatique du réacteur, est sans conséquence pour l'environnement selon la direction EDF de la centrale. Le réseau sortir du nucléaire a cependant précisé que lors de l'arrêt automatique du réacteur, des barres de contrôle « sont restées bloquées pour une raison encore inconnue »[16].

Le 19 août 2011, le réacteur numéro 1 s'est arrêté à la suite d'une panne, selon le Réseau de transport d'électricité (RTE)[17].

Risques[modifier | modifier le code]

Saint-laurent-nouan.JPG

Le rapport TSN de 2010 ne met pas en évidence de dégradation des résultats de sûreté[18].

Risque sismique[modifier | modifier le code]

La centrale de Saint-Laurent des Eaux est située dans une des zones sismiques les plus faibles de France. Selon un rapport de l'Autorité de sûreté nucléaire datant d'octobre 2002, certaines fonctions de sauvegarde assurant le refroidissement du réacteur pourraient ne plus être assurées en cas de séisme[19]. Cette même année, un programme de modifications permettant de restaurer la tenue au séisme de très forte intensité de ces réservoirs a été mis en place. L'évaluation complémentaire de la sûreté de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux remise le 15 septembre 2011 à l'Autorité de Sûreté Nucléaire montre que « pour les ouvrages du site, la réévaluation du SMS a mis en évidence un léger dépassement du spectre de dimensionnement de site (EDF 0,1 g) pour des fréquences supérieures à 7 Hz. Les analyses menées ont permis de vérifier l’absence d'impact de ce dépassement sur le dimensionnement du génie civil et des matériels des ouvrages du site[20]. » La nouvelle évaluation du niveau sismique a été réalisée pour le prochain réexamen de sûreté de la 3ème visite décennale de Saint-Laurent des Eaux. Cette évaluation est conforme à la RFS 2001-01 [21] et s'appuie sur des données sismo-tectoniques plus récentes.

Risque d'inondation[modifier | modifier le code]

L'emplacement du site a été surélevé de 3,5 mètres, mais une crue majeure de la Loire d'un débit supérieur à 12 500 mètres-cubes par seconde[22] qui correspond au débit de crue millénale majoré[23], pourrait noyer l'installation et perturber le fonctionnement d'une partie des circuits de secours dont la fonction est de refroidir le réacteur. Dans le cadre du renforcement de la sécurité inondation à la suite de l’inondation de la centrale nucléaire du Blayais, un projet de construction d'une digue avait été envisagé puis finalement abandonné[24].

En 2010, l’ASN a rendu un rapport d’observation qui estime que « la mise en place en 2010 d’une enceinte géotechnique autour des silos d’entreposage de chemises graphite irradiées renforce la sûreté de cette installation face au risque d’inondation par la Loire. »

Risques liés à la proximité d'une école[modifier | modifier le code]

En 2012, les communes de Lestiou et Avaray déposent un permis de construire un groupe scolaire à 2 km de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des Eaux[25]. Après avoir ajourné le projet et demandé un rapport d’étude complémentaire, le préfet du Loir-et-Cher a autorisé la construction en février 2013[26].

Particularités[modifier | modifier le code]

Lors de la conception, la hauteur des réfrigérants a été limitée à 120 m afin de réduire leur visibilité depuis Chambord[27].

Sur les tours de Saint Laurent A nichent des faucons pèlerins en vue de faire fuir les pigeons.

Photos[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. EDF, « Saint-Laurent » (consulté le 21 mai 2009)
  2. ASN, « La centrale de Saint-Laurent » (consulté le 21 mai 2009)
  3. WNA Reactor Database - St. Laurent-A1, France "Shutdown 18 April 1990"
  4. WNA Reactor Database - St. Laurent-A2, France "Shutdown 27 May 1992"
  5. http://energie.edf.com/fichiers/fckeditor/Commun/En_Direct_Centrales/Nucleaire/Centrales/Saint-Laurent/Publications/documents/DP%20St%20Laurent%202012.pdf
  6. (en) « Reactors in operations, 31 dec 2009 », sur www-pub.iaea.org/ (consulté le 28 avril 2011)
  7. (en) « Nuclear Power Reactor Details - ST-LAURENT-B-1 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  8. (en) « Nuclear Power Reactor Details - ST-LAURENT-B-2 », sur www.iaea.org (consulté le 28 avril 2011)
  9. 9
  10. La Sûreté des silos de stockage des chemises de graphites irradié de Saint-Laurent-des-Eaux (février 2005)
  11. Avis sur la sûreté des silos de stockage de graphite de Saint Laurent des Eaux
  12. a et b Le Point - 24/03/2011 : Le jour où la France a frôlé le pire (page86)
  13. Contrôle 137, novembre 2000 Les rejets des installations nucléaires ([PDF] Télécharger le dossier page 77)
  14. Les jeux de l'atome et du hasard, Jean-Pierre Pharabod et Jean-Paul Schapira, Editions Calmann-Lévy, 1988.
  15. Le canard enchainé, 23/03/2011 : Petits pépins deviendront grands
  16. Rejet radioactif à la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux, AFP du 13 mai 2004
  17. Arrêt inattendu du réacteur 1 de la centrale de Saint-Laurent-des-Eaux sur Trading Sat le 19 août 2011
  18. [1]
  19. Erreur de conception affectant la résistance au séisme de réservoirs d'eau de plusieurs réacteurs de 900 MWe - Autorité de sûreté nucléaire
  20. [2]
  21. [3]
  22. "La centrale nucléaire de Saint-Laurent est robuste" dans l'Usine Nouvelle du 8 décembre 2011
  23. [4]
  24. Les Echos - 18/03/11 - A Saint-Laurent, EDF a renoncé à construire une digue contre les inondations
  25. http://www.ccbl.fr/dynamic/pdf/gobion_na_49_octobre_2012.pdf
  26. http://www.lanouvellerepublique.fr/Loir-et-Cher/Actualite/Environnement/n/Contenus/Articles/2013/02/02/Feu-vert-pour-le-groupe-scolaire-de-Lestiou-Avaray
  27. 2. Une réflexion poussée en matière d’architecture et d’insertion dans le paysage - Des choix innovants en matière de réfrigération atmosphérique

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]